dimanche 23 août 2026

La Confession de foi de Pierre

 


23 août 2026

 21ème dimanche du Temps Ordinaire (semaine I du Psautier) — Année A

Lectures de la messe






Chers Frères et Sœurs,

Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église … Je te donnerai les clés du royaume des Cieux…

Mystérieuse clef que celle de la maison de David dont le véritable détenteur est le Seigneur. Isaïe le fait comprendre dans la première lecture. Tout ce que nous sommes et avons est un don de Dieu, confié à nous afin que, entre ses mains, nous puissions être les uns pour les autres, instruments de salut dans la justice, disait le pape Léon hier soir.

Nous avions entendus dans les Evangiles qui rapportaient le récit de tempêtes apaisées que les gens se posaient des questions. Quel est celui-ci à qui la mer et le vent obéissent ? Puis lors du deuxième récit, Pierre essaye courageusement de le rejoindre et tout à coup il s’enfonce et crie :  Seigneur sauve-moi ! Jésus le étend la main et le saisit en lui disant « Homme de peu de foi ». Cela sonne comme un reproche. Une pierre qui coule en quelque sorte.

Le Seigneur va lui faire prendre confiance, lui donner des signes et lui parler pour que sa foi grandisse. Voilà que maintenant il pose une question, la grande question : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? Cette question il ne la pose pas dans un contexte tragique, il n’y a pas de tempête.  Pierre seul répond : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! ».

Quel chemin  pour apprendre à reconnaître l’identité de Jésus ! Mais il lui faut aller plus loin encore :  Quelle profondeur dans la richesse, la sagesse et la connaissance de Dieu !  Pierre a compris spirituellement qui est Jésus. Il est le Christ, le Fils du Dieu vivant, hier, aujourd’hui, demain, à jamais. Mais cela ne suffit pas, Pierre devra encore apprendre quelles sont les pensées de Dieu. Nous connaissons les représentations du Messie qu’Israël attendait. Le Seigneur va reprendre vertement Pierre quelques lignes plus bas, avec un arrière Satan retentissant. Il ne sait pas tout de Jésus. Il doit encore apprendre qui Il est en profondeur.  Il est Messie qui appelle à  une transformation intérieure pour être accueilli, non seulement par Lui, mais en nous. Nous savons que le lieu le plus véritable pour trouver du rafraîchissement, où rencontrer Dieu pour vraiment se rencontrer, n’est pas à l’extérieur, dans le chaos, mais en nous, au plus profond de l’âme (Léon IX). Le Seigneur dit à Pierre qu’elle est sa mission. Elle nécessite pour lui d’abord de rejoindre Jésus et d’être rejoint par lui pour avancer sur un chemin où il ne voudra pas aller. Le don de soi-même comme Jésus est ce qu’il y a  de plus difficile : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle. »

Il doit établi sa demeure en nous. Elle se fait avec en coordination et avec le « réel ».

La mission de Pierre est un service, comme celle de chacun de nous. Le Pape François avait dressé un portrait original de Pierre bien éloigné des représentations gigantesques du Vatican : « Pierre a reçu les clés du Royaume non pas parce qu’il était parfait : c’est un pécheur ; mais parce qu’il était humble, honnête et que le Père lui avait donné une foi sincère (cf. Mt 16, 17). C’est pourquoi, s’en remettant à la miséricorde de Dieu, il a su soutenir et fortifier aussi ses frères, comme cela lui était demandé (cf. Lc 22, 32). » Il arrivait à corriger en lui ce qui devait l’être pour remplir la mission que le Seigneur lui avait confiée et annoncer l’Evangile. « Seigneur, tu sais tout, tu sais bien que je t’aime ! »

Chacun de nous avons reçu deux clefs pour apprendre à connaître Jésus, celle de notre foi et celle de l’amour, conduits par l’étoile de l’espérance. Elles ouvrent la porte qui lui permet de rentrer chez nous, puis de nous quitter nous-mêmes et de mettre nos pas dans les siens et lui dans les nôtres, et de le laisser grandir en nous, fils et filles d’un seul Père.. Jésus n’est pas qu’un maître spirituel qui va disparaître ensuite, une image. Il n’est pas un dieu qu’on se fabrique, une sorte d’image ou un avatar, un véhicule temporaire. Il est Dieu avec nous, en notre temps avec son identité pour toujours et de toujours, et nous la nôtre. Il ne s’agit pas de rejoindre un jour une divinité universelle, un champ d’énergie auquel nous serions assimilés. C’est lui qui est là personnellement et nous invite déjà à sa table. Sommes-nous capables de reconnaître les signes qu’il nous a donné dans notre vie et dans celle des autres?  Avons-nous le souci de lui maintenir ouverte la porte de notre cœur ? Les anciens ont fréquemment des soucis de clés égarées… Habituellement on commence par dire : je les égarées, puis on me les a volés… enfin, qu’est-ce que j’ai encore fait.  Nous avons heureusement des alertes, un bouton sur lequel appuyer. Pardon pour la comparaison, mais la foi de Pierre et son service sont pour un GPS, un avertisseur. N’oublions pas d’y avoir recours. L’histoire nous apprend aussi qu’il faut parfois des saints pour réveiller Pierre. C’est l’amour du Christ qui sauve le monde. Je pense à Catherine de Sienne par exemple. 

Nous avons à demander chaque jour à Jésus, le Christ, le Fils du Dieu vivant, né de la Vierge Marie de nous accompagner sur notre chemin avec Pierre. Amen.


dimanche 16 août 2026

Assomption



Notes pour la Solennité de l'Assomption de la Vierge Marie

La fête de l’Assomption est une grande joie parce qu’elle signifie que l’humanité dans ses qualités corporelles masculine et féminine, se trouve maintenant introduite auprès de Dieu. Il est manifesté que Dieu accueille pleinement sa création dans sa communion. C’est en soi incompréhensible, car comment de la matière peut-elle être capable de rencontrer Dieu et le voir. Nous serons transformés, c’est évident et nécessaire, comme Marie et le Seigneur l’ont été. Le Seigneur partageait encore son repas avec ses Apôtres à la résurrection.
Marie a attendu et appelé la venue de l’Esprit sur l’Eglise à la Pentecôte, elle a accompagné  ses premiers pas. A l’Assomption  la tradition dit que Marie avait environ 60 ans. Est-elle partie à Ephèse ou à Jérusalem ? A Ephèse, dans la Turquie actuelle, on voit la mer au loin. Ephèse est la ville de saint Jean à qui Jésus avait confié Marie.
Les Orientaux parlent plutôt de Dormition, Marie pour eux serait morte à l’imitation de Jésus, mais Pie XII avait laissé la question en raison d’une autre tradition et des propos d’un enfant Gilles Bouhours… mais elle est bien entrée dans la gloire avec son corps et son âme. Dans les icônes on représente habituellement les Apôtres encore vivants ramenés par les anges auprès du corps de Notre-Dame et le Seigneur qui tient son âme entre ses bras sous la forme d’un petit enfant. L’image est, il est vrai touchante.
L’image de l’Apocalypse est grandiose, Marie représente l’Eglise. Celle qui a enfanté le Christ est portée au désert, à l’abri et soutient maintenant de là-haut ceux qui bataillent spirituellement pour la foi. Elle nous aide et nous accompagne. Il nous faut la prier. 
Ce qu’il faut aussi souligner pour nous, c’est l’importance de la corporéité et de la résurrection de nos corps au dernier jour. Nous avons été baptisé dans la mort et la résurrection du Christ.
Ces derniers jours, j’ai relu une biographie d’une extraordinaire psychiatre d’origine suisse qui a initié l’accompagnement des personnes en fin de vie. Elle a rappelé l’indispensable compassion qui doit leur être manifestée, elles sont des personnes jusu’au bout. Elle avait été marquée dans sa jeunesse par des dessins de papillons qu’avaient représentés des enfants dans une salle de camp de concentration, exprimant que leur âme allait s’échapper de leur corps. Ce sont des lignes déchirantes. La foi  va encore plus loin et nous enseigne que le dernier mot appartient à Dieu pour notre âme et notre corps. Nous le verrons des yeux de notre corps transformé en raison d’une grâce du Christ. Nous avons entendu saint Paul : de même que tous les hommes meurent en Adam, de même c’est dans le Christ que tous recevront la vie.
Dieu ne néglige et ne rejette pas ce qu’il a créé, il assumé notre chair. Nous ressusciterons à la manière du Christ au dernier jour. Le Christ est vraiment ressuscité, l’homme tout entier est ressuscité et pourquoi ne pas laisser Dieu nous faire une extraordinaire surprise.  
Et Marie ? Nous avons tous été impressionnés, les plus anciens en particulier, par ce rendez-vous du soleil avec la lune, de quoi nous rappeler Charles Trénet. Ca n’était une apocalypse, mais une éclipse. Même avec 10% de soleil, je voyais bien le Carmel à plus de 500 mètres. Le soleil brille très fort… La lune peut-elle vraiment cacher le soleil ? C’est très bref. Je crois que les anciens n’arriveront plus à revoir le phénomène dans sa totalité en 2081 avant de rencontrer le Seigneur, sinon de haut ou de prendre l’avion pour une autre partie de la planète.
Marie est figurée par la lune dans la symbolique, mais elle l’a sous ses pieds, la couronne de 12 étoiles est celle des Apôtres et de l’Eglise. Au contraire de l’éclipse du soleil, elle ne fait pas obstacle à la lumière du Christ. Elle est totalement transparente à la grâce. Saint Bernard parle d’Aqueduc. Elle nous amène au Christ et nous rapproche de lui qui est la résurrection et la vie. 
Le pape Léon hier matin a mentionné deux images de Marie, dont celle de la dormition. La plus récente, occidentale, nous montre en revanche la Vierge Marie debout dans le ciel, enveloppée de lumière, souvent entourée d’anges et de saints. Ici, se trouve au centre le corps glorifié de la Vierge. Marie a été élevée au ciel corps et âme, c’est-à-dire dans l’intégralité de sa personne. Cette femme qui, sur terre, a donné chair et sang au Verbe incarné et l’a suivi jusqu’à l’union parfaite dans le sacrifice d’amour, a été attirée par Lui pour toujours dans la gloire.
Nous aussi avec notre chair transformée par l’amour du Rédempteur, nous vivrons éternellement, dans une fête sans fin. 
Louons le Seigneur, qui a fait de grandes choses en sa Très Sainte Mère et en la nôtre ! Amen !