14 déc. 2025
3ème Dimanche de l'Avent, de Gaudete (semaine III du Psautier) — Année A
Notes pour l'homélie du 3e Dimanche de l'Avent
Frères et Sœurs,
Nous avons entendu : Le désert et la terre de la soif, qu’ils
se réjouissent ! Mais il fait encore soif !
Et par saint Jacques : Frères, prenez pour modèles
d’endurance et de patience les prophètes qui ont parlé au nom du Seigneur. Lorsque
parle saint Jacques, le Seigneur est déjà venu, il est monté au ciel.
L’endurance et la patience sous-entendent que ce n’était pas encore le paradis .
Le verset de l’Alléluia nous dit : « L’Esprit du Seigneur est sur moi
: il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres. » … Oui, mais des
pauvres il y en a encore et vous en aurez toujours dit le Seigneur… Il doit
s’agit des pauvres de cœur aussi. Mais que faire ?
« Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un
autre ? » Le Seigneur donne des signes, au point que certains l’accuseront
d’être un guérisseur qui exerce son métier. Mais il fait dire à Jean-Baptiste dans sa prison : « Heureux celui pour qui je ne suis pas une
occasion de chute ! » . Il va même insister : « Parmi ceux qui sont
nés d’une femme, personne ne s’est levé de plus grand que Jean le
Baptiste. » Jean est un veilleur et un messager de l’espérance. Mais dit
le Seigneur : « Le plus petit
dans le royaume des Cieux est plus grand que lui. » Comment interpréter « ce plus
petit » ? Qui est-il ? Certains disent que c’est le Christ
lui-même. Il est aussi possible de
conclure : que « le plus petit » dans le Royaume, est celui qui vit déjà
de la grâce du Christ ressuscité. Il est plus grand que Jean, car il participe
à une réalité que Jean n’a pas encore connue pleinement : la rédemption est accomplie.
Belle réponse. Qui peut prétendre avoir la qualité et la profondeur du regard
du Seigneur sur chacun de nous et sur la place qu’il nous destine au cœur de la
Trinité.
Ne sommes-nous pas un peu comme Jean-Baptiste dans sa prison,
prisonniers de nos habitudes, de nos expériences de vie ? De nos
interrogations ? Nous ne comprenons pas. Le Seigneur va demander à Jean
d’accepter de faire pleinement le don de sa vie, en croyant simplement en sa
promesse. Mais, me direz-vous Jean a vécu il y a très longtemps, c’était un
primitif, il n’avait même pas d’ordinateur et de téléphone portable, pas de
satellite. Bien sûr, il n’avait que son cœur, la connaissance de l’Ecriture, et
l’Esprit-Saint qui venait lui parler. Ils sont bien dans un des ouvrages que M. Sarkozy dit avoir apporté en
prison, je ne sais pas s’il a eu le temps de le relire : Jean-Christian
Petitfils, Jésus. Vous pouvez toujours offrir ce titre comme cadeau de Noël, il est excellent.
Offrir un livre qui parle de Jésus est une manière de ramener le petit Jésus
dans votre crèche si on l’a oublié et Jean-Baptiste. L’auteur explique ainsi le
drame de Jean : « Il se voit en prison, seul, face à sa propre mort, sans
secours spirituel, abandonné de Dieu. Il a vu croître le mouvement de son
cousin de Nazareth avec un intérêt certain, tout en poursuivant sa propre
prédication, mais voilà que le nouveau venu s’éloigne de son
enseignement. » Le plus petit dans le Royaume est plus grand que Jean.
Être le plus petit, ne serait-ce pas être celui qui donne le
plus de place au Seigneur, être celui qui accueille la grâce. La grâce fait
grandir le Seigneur en nous. C’est une histoire d’amour, une Alliance qui
ne peut pas être ennuyeuse. Douloureuse, oui, mais joyeuse, aussi, et pleine
d’espérance pour nous faire entrer dans la gloire.
Nous ne pouvons que désirer sortir de nos prisons… Parfois,
c’est par le dedans, sans voir ce qui se réalise , ni savoir ce qui va advenir,
dans la confiance. Puisque ce 14 décembre est aussi celui la fête de Jean de la
Croix, je me sens porté à rappeler un épisode de la vie de ce docteur de
l’Eglise et maître de la voie contemplative. Dans la nuit du 2 décembre 1577,
Jean de la Croix est fait prisonnier par une troupe armée, dirigée par un
carme, opposant à la réforme des carmes déchaussés qu’il menait. Il va rester
enfermé 8 mois à Tolède et s’échapper de manière mystérieuse. Cette épreuve
sera une nuit de la foi, et il va écrire dans cette période son cantique
spirituel, des poèmes. Il considèrera ce temps en prison comme une naissance à
lui-même. Si vous avez la fibre poétique, prenez le temps de le lire en douce,
tranquillement, chez vous. Il est sur la toile en libre accès. Cela vaudra
toujours mieux que les programmes télé.
Une prison pourrait parfois permettre un retour sur soi-même,
mais pas toujours. Il y a des sortes d’enfer sur terre. Il est important de
prier pour ceux qui sont contraints de passer par là et pour le personnel
pénitentiaire. Je crois que nous avons tous eu de tristes échos de geôles
d’Europe, de Chine, de Russie, d’Amérique du Sud et d’ailleurs.
La venue du Seigneur est un signe de joie, mais elle
interpelle… « Allégresse et joie les rejoindront, douleur et plainte
s’enfuient. », nous a dit Isaïe. Pourtant nous sommes conscients que vivre
le mystère du Christ implique pour nous d’être conformés à lui. Il ne s’agit
pas d’être un homme habillé de façon
raffinée et de vivre dans les palais des rois ou d’avoir le pouvoir entre ses
mains à la façon d’aujourd’hui. Le bonheur n’est pas la satisfaction d’un
pouvoir politique et financier qui rend capable de violence économique. Il
s’agit de vivre à la manière du Christ pour devenir comme lui, pour devenir
d’autres Christ disent certains saints. Lui être conformé dans ses mystères
nous fait entrer dans une joie supérieure à celle promise à Adam, mais quel
chemin de misères, parfois. Il doit nous rendre encore plus assuré de la
volonté de Dieu de nous faire participer à son bonheur.
Le pape Léon a rappelé dans son homélie de ce matin que le 26
décembre dernier, le Pape François, en ouvrant la Porte Sainte de l’église du
Notre Père, dans une maison d’arrêt avait lancé une invitation à chacun : «
Prenez la corde en main, avec l’ancre de
l’espérance. Deuxièmement : ouvrez en grand les portes du cœur ». Il a encore
mentionné Saint Paul VI disant à la fin de l’Année jubilaire 1975 : « La
charité voudrait être, surtout sur le
plan de la vie publique, le principe de la nouvelle heure de grâce et de bonne
volonté que le calendrier de l’histoire ouvre devant nous : la civilisation de
l’amour ! » Le Seigneur est déjà avec nous en Marie, grâce à elle, le Seigneur
est proche, il marche avec nous. Avec Lui
à nos côtés et avec Marie, quelque chose de beau et de joyeux arrivera
toujours. Amen.
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