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dimanche 15 mars 2026

L'aveugle-né Homélie 4ème dimanche de Carême

 

L’Aveugle né, de la basilique Sant’Angelo in formis de Capoue


15 mars 2026

 4ème Dimanche de Carême, de Lætare (semaine IV du Psautier) — Année A

 

Chers frères et sœurs chers amis,

Les textes de ces dimanches de Carême sont particulièrement long. Saint Augustin à l’occasion de son commentaire à ses auditeurs disait lui-même que s’il voulait expliquer ce passage dans tous ses détails, un jour ne suffirait pas. Le pasteur est sensible à ce problème. Il le prend pour excuse pour n’expliquer que ce qui est important. Excellent motif  pour tenter d’être sobre soi-même.

De la première lecture , nous retenons le choix de David et son onction. Nous pouvons nous rappeler que le Seigneur dans les Evangiles porte régulièrement mais discrètement le titre de Fils de David. Nous notons également l’onction d’huile de David par Samuel. Elle accompagne la venue de l’Esprit pour lui donner la lumière et la force d’accomplir la mission pour laquelle il a été choisi.

Il est le berger du psaume et il doit mener son peuple vers la maison du Seigneur où il devra demeurer pour l’éternité. Comme au désert il habitera dans une tente avant d’entrer dans le temple et l’éternité bienheureuse avec son Père.

Saint Paul nous dit que dans le Seigneur, nous sommes lumière et que nous avons à nous conduire en enfants de lumière, appelés à ressusciter : « relève-toi d’entre les morts, et le Christ t’illuminera. »

Saint Jean dans l’Evangile nous rapporte qu’en sortant du Temple, Jésus rencontre un aveugle-né. Ce sont ses disciples qui l’interpellent sur la cause de son mal. Ils ne vont pas rechercher des explications scientifiques, mais ils se tournent vers une cause spirituelle. Qui a péché, lui ou ses parents ? Cela nous paraît absurde, comme pécher avant de naître ? Nous dirions aujourd’hui pourquoi en plus mettre une responsabilité sur des parents ? Saint Augustin commente en disant que nous sommes des aveugles de naissance et avons besoin du Christ pour voir clair. Il fait allusion au péché originel. Comme nous sommes en carême, nous pouvons nous rappeler la définition du catéchisme : « 1849 Le péché est une faute contre la raison, la vérité, la conscience droite ; il est un manquement à l’amour véritable, envers Dieu et envers le prochain, à cause d’un attachement pervers à certains biens. Il blesse la nature de l’homme et porte atteinte à la solidarité humaine. »

Nous allons retenir cet aspect de manquement à l’amour. Jésus ne se lance pas dans des explications, il connaît le diagnostic mieux que tout le monde. Il vient guérir et réparer : « Ni lui, ni ses parents n’ont péché. Mais c’était pour que les œuvres de Dieu se manifestent en lui. » C’est lui, Jésus qui apporte la solution et le remède. Il est la solution et le remède, il vient révéler que la rupture provoquée par l’homme peut être abolie. Ce n’est pas une petite affaire, en voyant ce que nous sommes encore capables de faire aujourd’hui en matière de guerres et d’inégalités et d’injustice. Nous ne pouvons pas nier l’obscurité qui nous entoure encore. Il donne toutefois des signes. Cet aveugle-né en a été un à son époque.

Jésus lui met de la boue qu’il confectionne sur les yeux et l’envoie se laver à la fontaine de Siloé qui veut dire envoyé nous dit l’Evangile. Si vous faites une recherche sur la toile, vous découvrirez que les archéologues ont bien découvert ce bassin et une inscription Siloé. Il appartient au monde réel.

Dans la symbolique, nous pouvons faire un rapport entre la création de l’homme au commencement dans l’Ecriture, Dieu l’a tiré de la terre. Jésus confectionne de la boue et envoie cet aveugle se laver. Il recouvre la vue avec de l’eau, ce qui nous fait penser au baptême, mais aussi aux habitudes de purification juive.

Les ophtalmologues disent qu’aujourd’hui, selon le type de cécité, il est possible pour certains bébés d’être soignés et de guérir. « Le cerveau des bébés est beaucoup plus adaptable qu’on ne le pensait dit un article : même si la vue manque au tout début de la vie, il peut ensuite apprendre à reconnaître le monde qui l’entoure. » Si l’œil est malade, cela a des conséquences sur le cerveau, le phénomène est connu.

« Moi, je suis la lumière du Monde » : Le Seigneur veut nous rendre la capacité de le voir et de le reconnaître spirituellement. Nous demeurons dans une certaine obscurité, mais nous avons une capacité intérieure de percevoir le Seigneur par les yeux de la foi, mais aussi nos frères. La foi n’est pas un acte aveugle ni une abdication de la raison insistait le pape Léon ce midi à l’angélus. On ne peut contraindre qui que ce soit à croire.

Ceux qui reçoivent cette grâce reconnaissent le Fils de Dieu, ils n’en restent pas à la constatation et aux  interrogations face à un phénomène extraordinaire. Il s’agit donc d’une capacité de discernement intérieur que Dieu donne. Les pharisiens en restent à une constatation  externe :  « Cet homme-là n’est pas de Dieu, puisqu’il n’observe pas le repos du sabbat. ». Jésus guérit le jour du sabbat, donc pour eux, il travaille pendant le repos de Dieu… Mais celui qui est Dieu peut-il se reposer ? C’est impossible. Et qui peut empêcher celui qui reconnaît d’annoncer la Bonne Nouvelle : Celui qui est la lumière des nations peut être vu et sa lumière transmise. Cet aveugle-né voit Jésus avec ses yeux guéris. Mais avec la foi, il peut dire : « Je crois, Seigneur ! » et voir en profondeur. Dieu est déjà présent en tout homme, avec la foi il ne peut que le deviner comme à tâton. Nous avons à respecter l’action de l’Esprit-Saint dans ceux qui sont encore en chemin. Ce don de Dieu n’est pas non plus un acquis lorsque nous sommes en chemin. La finalité de notre chemin de foi est de voir Dieu dans la vision bienheureuse, et plus encore de ressusciter avec le Christ. Celui qui me suit ne marche pas dans les ténèbres.

Vous me permettrez en conclusion de mentionner le commentaire du Pape Léon sur « Lumen Gentium » à l’audience générale mercredi dernier.  « Le Christ, Lumière des Nations, par le don de son Corps et de son Sang, rassemble définitivement ce peuple en lui de toutes les nations ; il est unifié par la foi en lui, par l’adhésion à lui, par une vie animée par l’Esprit du Ressuscité. » Marie Mère de l’Eglise, prie pour nous ! Amen.


dimanche 8 mars 2026

La Samaritaine

 

Porrentruy - Fontaine de la Samaritaine

8 mars 2026

 3ème Dimanche de Carême (semaine III du Psautier) — Année A


Lectures de la messe

Eléments pour la célébration de ce dimanche de la Samaritaine

Introduction

Chers Frères et Sœur, bonjour à tous et à toutes.

Je suis heureux de pouvoir venir célébrer avec vous ce 3ème dimanche de Carême avec une des lectures traditionnelles à cette occasion, celle de l’Evangile de la Samaritaine. Jésus vient auprès d’elle et lui demande à boire. La situation est particulière, juifs et samaritains ne s’entendaient pas depuis la séparation des 2 royaumes de Juda et d’Israël 1000 ans avant cette rencontre. Jésus ne se laisse pas arrêter par nos limites humaines et notre péché. Aujourd’hui est célébré traditionnellement un des derniers temps de préparation pour les baptisés de Pâques. Cela se fait à Sainte-Marie à Bienne. Nous allons donc prier pour eux.   Il faut savoir qu’en France par exemple, il y a un accroissement du nombre de baptêmes d’adultes. En France, il y en a eu 17.800 l’an passé.  

etc...

Chers Frères et Sœurs, chers amis,

Il est particulier de venir parler à la Neuveville d’un puits, du puits de la Samaritaine. Vous êtes riches d’un si beau lac et dans la forêt vous avez quelques cascades avec de superbes vasques! De l’eau vive ! L’eau de manque pas. Au pays de l’or noir on parle d’or bleu, et on craint pour les centrales de désalinisation en ce temps sinistre de guerres là-bas. Mais c’est d’eau spirituelle dont il est question. A Porrentruy il y a une remarquable fontaine qui illustre l’Evangile d’aujourd’hui. D’après ce que j’ai vu elle a été réalisée par un certain Laurent Perrenoud de Cressier en 1564. Il y en a une à Fribourg dans la Basse-ville.

Mais nous sommes au pays de Jésus aujourd’hui, plutôt au-delà de ses frontières, près de Samarie au pied du Mont Garizim, à Naplouse. C’est à mi-chemin entre Jérusalem et le lac de Tibériade. C’est la sixième heure et il a soif, la sixième heure, c’est midi. Cela nous fait penser par contraste à sa 5ème parole sur la croix et au psaume 69, « Dans ma soif ils m’ont donné du vinaigre. » Du côté de Jésus coulera du sang et de l’eau. 

L’image est présente dans l’Apocalypse : L’ange me montra l’eau de la vie : un fleuve resplendissant comme du cristal, qui jaillit du trône de Dieu et de l’Agneau. L’Esprit et l’Épouse disent : « Viens ! » Celui qui entend, qu’il dise : « Viens ! » Celui qui a soif, qu’il vienne. Celui qui le désire, qu’il reçoive l’eau de la vie, gratuitement. On n’en finirait pas. Cette Samaritaine est très étonnée. La tradition dit qu’elle s’appelait Photine qui veut dire lumière on pense à Lucille en pays latin. 

Jésus a soif, il a un profond désir de notre amour, de l’amour de cette femme qui nous représente. Sa mission apparaît dans sa demande à la Samaritaine et il la lui explique. Il commence par piquer sa curiosité. D’abord c’est une samaritaine, donc issue d’un peuple qui, pour un juif n’a pas été fidèle à l’alliance et s’est allié à des occupants. Elle est aussi une femme, et s’adresser à une femme dans des conditions qui ne respectent pas les codes sociaux de l’époque était mal vu. Maurice Zundel le dit avec ses mots : « Comment peut-il lui adresser la parole après des siècles d’inimitié entre son peuple à lui et son peuple à elle? Elle ne se prive pas de lui en faire la remarque. Il répond d’une manière énigmatique, pour éveiller en elle cette soif que lui seul peut étancher. Si elle savait qui il est, c’est elle qui lui aurait demandé à boire. » Le dialogue est passionnant. « Mais, lui dit-elle sans ménagement, il n’a rien pour puiser l’eau vive qu’il se targue de pouvoir lui donner. Il renchérit alors sur son offre, en promettant une eau qui éteindrait définitivement la soif de celui qui la boirait, en devenant en lui une source jaillissant en vie éternelle. »

On n’aimerait à cette occasion n’être que spectateur, tellement c’est humainement amusant, mais nous sentons le désir nous aussi de recevoir de cette eau au vertu si particulière. On nous vante tellement les vertus de certaines sources aujourd’hui. De l’eau, chez nous, nous avons la chance de la voir venir dans nos maisons. Mais une source jaillissant en vie éternelle, c’est une autre affaire ! Ce thème est très présent chez saint Jean. 

L’image de Moïse qui frappe dans le désert le rocher mais avec une foi insuffisante pour en faire jaillir l’eau, est singulière : « Puisque vous n’avez pas eu assez de foi pour manifester ma sainteté devant les fils d’Israël, vous ne ferez pas entrer cette assemblée dans le pays que je lui donne. » Le Seigneur demande la foi, et non de jouer éventuellement, seulement, à pile ou face. Heureusement il y a la grâce.

Nous n’en finirions pas de commenter et d’apprécier cet Evangile, mais aussi l’épitre de Saint Paul qui contient ces mots fondamentaux de foi, d’espérance, d’amour et de grâce et tout cela pourquoi ? Pour être en paix avec Dieu. Dieu nous aime dans notre situation, la preuve en est que le Christ est mort pour nous.  

 Cet Evangile paraît avoir habité notre pape Léon au début de son pontificat. Il en déjà parlé à 3 reprises. «Si tu savais le don de Dieu!» (Jn 4, 10). Jésus révèle à cette femme qu’il existe une eau vive  qui désaltère pour toujours, une source jaillissante qui ne s’épuise jamais: c’est la vie même de Dieu donnée à l’humanité. 

Nous avons la chance, malgré des situations personnelles difficiles de ne pas être soumis aux drames que vivent certaines autres personnes dans le monde. Ces fuites  sur les routes, les nuages de poussière et d’explosions nous scandalisent . Nous en avons assez de voir tant dans de violences. Mais sous un autre angle ne passons-nous pas par une période de désertification et de soif spirituelle ? Il serait certainement utile de retourner à nos puits spirituels et peut-être les dégager de tous ces débris contemporains qui les obstruent. Vous les énumérez encore mieux que moi : le vacarme médiatique, les injustices discrètes et bruyantes, la consommation. Le carême  nous aide à désencombrer notre cœur et à écouter le Seigneur et à raviver le don de Dieu. Il ne s’agit pas de la garder pour nous-mêmes, mais de le transmettre . « Celui donnera à boire un verre d’eau fraîche seulement à un de ces petits à titre de disciple, je vous le dis en vérité, il ne perdra pas sa récompense. »  La mission est là : devenir des portes lumières.

Je vous propose de terminer ce moment de méditation par une des prières pour ceux qui se préparent au baptême. 

Père des miséricordes, 

par ton propre Fils, tu as manifesté ta tendresse

à l’égard de la Samaritaine,

Et dans ton amour paternel

tu as voulu offrir à tous les pécheurs le salut ;

Regarde tout particulièrement

ceux qui désirent recevoir tes sacrements

pour devenir tes fils d’adoption :

Délivre-les de l’esclavage du péché et du joug pesant du démon,

Pour qu’ils reçoivent le joug du Christ, doux et léger ;

Protège-les au milieu de tous les dangers,

Pour qu’en te servant fidèlement dans la paix et la joie ils puissent

toujours te rendre grâce. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. AMEN.  



Fribourg - Fontaine de la Samaritaine


dimanche 1 mars 2026

Transfiguration

 


1 mars 2026

 2ème Dimanche de Carême (semaine II du Psautier) — Année A

Lectures de la messe

Nous célébrons ce matin le 2ème dimanche de Carême avec l’Evangile de la Transfiguration. Nous avons cette année ces 5 Evangiles durant le Carême : Les Tentations de Jésus, la Transfiguration, la Samaritaine, l’Aveugle-né et Lazare. Vous avez de quoi méditer sur ces mystères avec Marie. On peut être inventifs. 

Hier matin, en préparant la célébration, contrairement à mon habitude pour éviter les réveils négatifs j’ai consulté les informations et ô mauvaise surprise, j’ai appris qu’une nouvelle guerre s’était déclenchée ce qui nous en fait deux pour cette semaine. L’Evangile de la Transfiguration est un encouragement pour nous qui sommes en chemin, mais certaines circonstances historiques l’ont rattaché au bombardement de la communauté chrétienne de Nagazaki le 6 août 1945. Nous avons eu droit par hasard sur cath.ch à un excellent article sur le médecin et écrivain catholique japonais Takashi (Paul) Nagai qui a vécu ce drame, et est mort de ses conséquences. Nous allons prier pour la paix et surtout pour les enfants, c’est une intention particulièrement obligée. J’ai encore le souvenir de la chute du Shah d’Iran en 1979. Ce pays n’en finit pas de souffrir depuis 70 ans.


Chers frères et sœurs,

Cet Evangile de la Transfiguration, nous l’apprécions tous, me semble-t-il. Il est un encouragement voulu par la liturgie sur notre chemin de Carême. Nous nous rappelons que cet événement se produit alors que Pierre vient de faire sa confession : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. » Jésus annonce qu’Il doit souffrir beaucoup, mourir et ressusciter. Nous connaissons la réaction de Pierre qui le rabroue et la réplique de Jésus : « Arrière Satan ! » Pire encore, si vous me permettez, il nous annonce que ce programme est le nôtre. Il y a de quoi frémir. Pourtant le plus remarquable est qu’il nous annonce qu’il revient bientôt comme roi. Il vient dans son règne. La pédagogie de Jésus est surprenante, mais il est donné une sorte de sceau à ses paroles dans la Transfiguration. Le mot utilisé par le texte grec est metemorphote… qui nous fait penser à métamorphose en français. Un changement se produit, ce qui est caché en lui se révèle aux yeux des 3 Apôtres. L’apparence est glorieuse. Jésus apparaît entre Moïse et Elie, le législateur et le prophète. L’icône de la transfiguration porte ce titre de Metamorphosis. Et nous voyons Pierre, Jacques et Jean dans des postures diverses, renversés souvent. Pierre veut même dresser trois tentes : une pour Lui, une pour Moïse et une pour Elie. Benoît XVI commente avec Saint Augustin. Nous avons une seule demeure: le Christ ; lui, « est la Parole de Dieu, Parole de Dieu dans la Loi, Parole de Dieu dans les Prophètes ». Il ne peut donc y avoir qu’une seule tente.

Un autre étonnement réside dans le fait qu’au milieu de cette gloire, le Seigneur s’entretient avec ses interlocuteurs de sa montée vers Jérusalem, donc de sa Passion et de sa résurrection. Il ne s’agit pas de règne ou de royauté à la manière humaine. La voix du Père se fait entendre au final, c’est une épiphanie, une manifestation de Dieu : «  Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie : écoutez-le ! ». Comment Dieu peut-il trouver le comble de la joie dans ce que va vivre son Fils, sinon qu’il va répondre à tout son amour en lui manifestant le sien.

Nous pourrions nous demander : Comment n’ont-ils pas été convaincus ? Malgré ce dont ils ont été témoins ils n’arrivent pas encore à l’intégrer. Peut-on connaître un sujet par une petite lecture ou par l’écoute d’un discours ? Ne faut-il pas manger ce petit livre comme dans l’Apocalypse et faire passer son contenu dans son vécu, dans son être de chair ? Seul Jean se tiendra au pied de la croix avec les femmes. Leur sensibilité cache une force qui dépasse souvent les fanfaronnades masculines. Pourtant le Seigneur est fidèle à ses Apôtres. Nous avons tous en tête les Evangiles de la Résurrection et les Actes des Apôtres. Cela ne peut que nous nous inviter à la confiance. Il est miséricorde.

La Transfiguration est là pour aider toute l’Eglise sur son chemin. Pourquoi nous étonner de nos résistances, de nos difficultés ? Les Apôtres ont eu tellement de peine  à croire en la parole du Seigneur. Moïse qui a vu Dieu sur sa montagne, a été pris par les doutes et pour cette raison n’a pu entrer dans la Terre Promise nous dit l’Ecriture. Comme à Abraham dans la première lecture, Le Seigneur nous demande à tous d’effectuer une migration par la foi et de le suivre sur la même route difficile avec sa grâce. Car sa grâce nous accompagne maintenant.

Saint Paul nous parle des difficultés de ce parcours, de la suite du Christ. « Fils bien-aimé, avec la force de Dieu, prends ta part des souffrances liées à l’annonce de l’Évangile. » Il a eu aussi droit à son illumination, à la vision du Christ glorieux.

Dans certaines religions non chrétiennes on parle d’illumination et de cessation de toutes souffrances, il ne s’agit pas de l’union personnelle à un Dieu personnel. Le Seigneur vient donner un sens à ce que nous vivons et le vivre avec nous, en union à Lui. La résurrection personnelle et l’importance du corps sont fondamentales pour les disciples du Christ. Nous ne sommes pas qu'un mauvais rêve ou une illusion. Notre vécu non plus! Avec lui le Seigneur construit son Royaume, il étend sa tente.

Le Carmel se souvient du symbole qu’est la prière de Consécration à la Sainte Face de Sainte Thérèse Jésus, le 6 août 1896 en la fête de la Transfiguration (Prière n°12.) L’année qui suivit elle vécut à la même date une terrible tentation contre la foi.

Le Seigneur nous a dit saint Paul, nous a tous appelés à une vocation sainte, non pas à cause de nos propres actes, mais à cause de son projet à lui et de sa grâce. il a détruit la mort, et il a fait resplendir la vie et l’immortalité par l’annonce de l’Évangile.

Elle est de première importance. Le Seigneur est venu sauver l’homme et tout l’homme et tout homme et son histoire. Il se montrera avec ses plaies à ses disciples. Notre vécu n’est pas qu’un mauvais rêve.

Cette semaine nous fêtions saint Grégoire de Narek, arménien et docteur de l’Eglise du 10ème siècle par la volonté du pape François. Il a fait un long poème sur la Transfiguration. Vous me permettez un court extrait :  Les lys, baignés de rosée, Scintillaient en guirlandes de perles. Les fleurs s’enivrèrent de toute la rosée, La rosée du nuage, la nuée du Soleil. Et les étoiles entrèrent dans la ronde, Légion par légion, tout autour de la lune. Légion par légion, elles se déployèrent en croix, Sur un front embrassant les cieux : Gloire au Père et au Fils, à jamais, À l’Esprit Saint, maintenant et toujours !

Notre-Dame de la Paix priez pour nous. Amen.