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lundi 23 avril 2018

Saint Georges et les horreurs de la guerre


Nous fêtons ce matin saint Georges, patron non seulement de Chermignon mais d'un village du Jura vaudois. Il l'est aussi de l'Angleterre. Notre M. "Je sais tout", Wikipedia nous rapporte qu'il le devint sous Edouard III, pour un motif peu édifiant, à la place de saint Edouard le confesseur, lequel n'avait pas consommé son mariage. Edouard III avait instauré l'ordre de la Jarretière pour apprendre à ses gentilshommes ce qu'il peut en coûter de se moquer de sa maîtresse qui avait perdu la sienne.
L'entrée des femmes fut admis dans cet ordre sous Elisabeth II, seulement. God Save the Queen (92 ans et quelle forme pour la royale grand-maman!).



Honi soit qui mal y pense, bien entendu, malappris. 

Une pensée pour tous les Georges et les Georgette, dont ma chère grand-mère qui avait beaucoup prié pour qu'il y ait un prêtre dans sa famille et le regretté cardinal Georges Cottier.


S. Georges : Le Tintoret.

Saint Georges de Lydda ; L'Ordre de la Jarretière ; La légende dorée saint Georges ; Edouard III ;

dimanche 30 avril 2017

L'Echo du Vorbourg a sonné


600 ans de Nicolas de Flüe

Berne, 30.04.2017 - Discours de la Présidente de la Confédération Doris Leuthard, Cérémonie officielle – commémoration nationale, 30 avril 2017, Landenberg bei Sarnen (OW)


(Seules les paroles prononcées font foi)
Mesdames, Messieurs,
Beaucoup de récits lui ont été consacrés.
Je laisse ça à l'histoire.
Beaucoup se le sont approprié, chacun avec ses convictions – mais il appartient à chacun d'entre nous.
Pour beaucoup, il a été, est et restera un véritable guide et soutien – pour moi aussi.
Mais comment Nicolas de Flüe réussit-il encore à dégager une telle force tant de siècles plus tard?
Parce qu'il était unique et qu’il inspirait la confiance!
On lui faisait confiance!
Son message était écouté!
Nicolas de Flüe a été l'homme de la situation, arrivé au bon endroit au bon moment.
Il était accepté pour les valeurs qu’il incarnait au quotidien et la vie qu’il menait.
Il a pu vivre sa vie de cette façon grâce à sa femme Dorothea qui a accepté ses convictions, sa foi et sa vie d’ermite.
Elle a respecté sa décision et a fait preuve de tolérance.
Elle lui a accordé sa confiance.
Et surtout, elle a eu confiance en elle, en ses compétences et en ses enfants.
La confiance est quelque chose qui se mérite.
Nous savons tous combien il est facile de tomber dans le confort de la solution de facilité.
Nous savons tous combien il est difficile d’affronter les préjugés.
Nous savons tous que certaines valeurs, une fois perdues, le sont à jamais – la confiance en fait partie.
C'est exactement pour cette raison que chacun doit continuellement s’efforcer de préserver ces valeurs :
les responsables politiques et administratifs envers les citoyennes et les citoyens,
les supérieurs envers leurs employés dans les entreprises,
les parents envers leurs enfants.
Ce n'est pas gagné d'avance.
Mais le préambule de la Constitution fédérale peut nous servir de fil conducteur.
Il nous appelle à assumer nos responsabilités envers la Création.
À nous engager pour la liberté et la démocratie, l'indépendance, la paix dans un esprit de solidarité et d'ouverture au monde.
À assumer nos responsabilités envers les générations futures.
Pour assurer le fonctionnement de notre démocratie, nous devons aussi avoir confiance dans les autres, dans les compétences des spécialistes, dans le fonctionnement des institutions et dans la séparation des pouvoirs.
Nous faisons confiance et sommes reconnaissants envers nos pompiers, nos policiers, nos enseignants, envers les constructeurs de tunnels et nos aides-soignants.
Nous sommes reconnaissants pour la sécurité juridique et la stabilité de nos institutions.
Au temps de la surinformation, des faits alternatifs et des « fake news », il n’est pas aisé de gagner la confiance des citoyens.
Nicolas de Flüe avait pourtant réussi, sans relations publiques ni médias sociaux.
Malgré son isolement à Ranft, il restait informé des événements importants et était doué pour les relations humaines.
Il a bénéficié de la confiance des dignitaires ecclésiastiques et séculiers, tout comme de celle des simples citoyens.
Parce qu'il savait écouter, les gens venaient le consulter.
Parce qu'il considérait les arguments des autres avec attention et empathie, il pouvait régler les conflits.
Parce qu'il pesait le pour et le contre sans préjugés.
Parce qu'il faisait confiance et n'abusait pas de la confiance d'autrui.
Aujourd'hui encore, nous pouvons donc nous inspirer de son parcours.
C'est pour cela que l'éducation et l'accès au savoir sont si importants, pour que chacun puisse mener sa vie comme bon lui semble.
Personne ne détient la connaissance absolue.
Personne n'a le droit d’opprimer les autres, d’imposer sa notion du droit et de la justice, sa religion ou sa vision d'un État idéal.
Ni en Suisse, ni ailleurs dans le monde.
Aujourd'hui plus que jamais, nous devons nous lever, faire entendre nos voix face aux populistes, aux démagogues et aux autocrates.
Aujourd'hui encore, nous devons tous, politiciens, entrepreneurs et citoyens, prendre position et assumer nos responsabilités.
Avec la démocratie directe, nous avons développé en Suisse un système qui fonctionne : la démocratie encourage la prise de responsabilités.
Grâce aux différentes cultures et aux quatre langues, nous avons appris à écouter les autres, à réfléchir et à participer tout en respectant les autres même lorsque les avis diffèrent et en préservant nos acquis.
Notre système collégial au Conseil fédéral, dans les cantons et dans les communes et le système de milice dans les parlements, les conseils cantonaux et communaux et les associations nous obligent à faire confiance, nous poussent à la solidarité, à la coopération, au consensus et au compromis.
Sans cette culture du compromis (pour lequel à l'époque on en venait encore bien souvent aux mains) qui s'est instaurée au fil des décennies, des siècles, la Suisse ne fonctionnerait pas aussi bien aujourd’hui.
Nous incarnons ces valeurs.
Nous devrons également continuer à les défendre à l'avenir.
Par conséquent, dans notre pays, les fractures sociales, économiques et politiques de taille ne sont pas toujours programmées.
Nicolas de Flüe a toujours incité à aller vers l’autre, même si lui-même vivait dans un isolement quasi complet lui permettant de se concentrer sur l’essentiel.
Il n'a pas prêché comme un dévot, mais a incarné ses valeurs, ce qu'il attendait des autres.
C'est ainsi que la confiance lui a été accordée.
C'est avec ses conseils qu'il a pu empêcher des affrontements à Stans, à Berne ou encore à Constance et à Wurtzbourg.
Nicolas de Flüe a œuvré pour la confiance et contre la méfiance.
C'est un fait : la méfiance endurcit les âmes, réduit le champ de vision et paralyse.
Les huit anciens cantons en ont fait l'expérience à Stans.
C'est ce que nous vivons aujourd'hui, lorsque nous sommes appelés à coopérer, en politique ou avec notre voisin.
Il n’est pas aisé de faire confiance, mais cette confiance motive, encourage, et mène finalement à des solutions constructives.
Avoir confiance dans ses propres compétences, dans la bonne volonté de l'autre et dans la force de nos pairs.
Nous devons inciter à la confiance.
Avons-nous besoin d'un nouveau Nicolas de Flüe?
Ou pouvons-nous y arriver seuls?
Nous y parviendrons, en nous unissant, en écoutant, en discutant ouvertement et en travaillant ensemble, pour l’avenir de notre beau pays.
Merci à tous.

mercredi 5 avril 2017

Célébrations valides des mariages à la FSSPX

LETTRE DE LA COMMISSION PONTIFICALE “ECCLESIA DEI” AUX  ORDINAIRES DES CONFÉRENCES ÉPISCOPALES CONCERNÉES AU SUJET DES PERMISSIONS POUR LA CÉLÉBRATION DE MARIAGES DE FIDÈLES DE LA FRATERNITÉ SAINT PIE X

Prot. : 61/2010
Éminence,
Excellence Révérendissime,

Comme vous le savez, différents types de rencontres et d’initiatives sont en cours depuis longtemps pour ramener la Fraternité sacerdotale Saint Pie X dans la pleine communion. Ainsi le Saint-Père a-t-il récemment décidé d’accorder à tous les prêtres de cet institut les pouvoirs de confesser validement les fidèles (Lettre Misericordia et misera, n. 12), de manière à assurer la validité et la licéité du sacrement qu’ils administrent et à ne pas laisser les personnes dans le doute.
Dans la même ligne pastorale, qui veut contribuer à rasséréner la conscience des fidèles, malgré la persistance objective, pour le moment, de la situation canonique d’illégitimité dans laquelle se trouve la Fraternité Saint Pie X, le Saint-Père, sur proposition de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi et de la Commission Ecclesia Dei, a décidé d’autoriser les Ordinaires du lieu à concéder aussi des permissions pour la célébration de mariages de fidèles qui suivent l’activité pastorale de la Fraternité, selon les modalités suivantes.
Dans la mesure du possible, la délégation de l’Ordinaire pour assister au mariage sera donnée à un prêtre du diocèse (ou du moins à un prêtre pleinement régulier) pour qu’il reçoive le consentement des parties dans le rite du Sacrement qui, dans la liturgie du Vetus ordo, a lieu au début de la Sainte Messe ; suivra alors la célébration de la Sainte Messe votive par un prêtre de la Fraternité.
En cas d’impossibilité ou s’il n’existe pas de prêtre du diocèse qui puisse recevoir le consentement des parties, l’Ordinaire peut concéder directement les facultés nécessaires au prêtre de la Fraternité qui célébrera aussi la Sainte Messe, en lui rappelant qu’il a le devoir de faire parvenir au plus vite à la Curie diocésaine la documentation qui atteste la célébration du Sacrement.
Certaine que, de cette façon aussi, on pourra éviter les débats de conscience chez les fidèles qui adhèrent à la FSSPX et les doutes sur la validité du sacrement de mariage, tout en facilitant le chemin vers la pleine régularisation institutionnelle, cette Congrégation sait qu’elle peut compter sur votre collaboration.
Au cours de l’audience du 24 mars 2017 accordée au Cardinal Président soussigné, le Souverain Pontife François a approuvé la présente Lettre et en a ordonné la publication.
Rome, au siège de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, 27 mars 2017.


Gerhard Card. Müller
Président

+ Guido Pozzo
Archevêque titulaire de Bagnoregio
Secrétaire

samedi 1 avril 2017

Les Sanctuaires passent à la Nouvelle Évangélisation


Motu Proprio : le Pape confie les sanctuaires à la Nouvelle Évangélisation

2017-04-01 Radio Vatican

(RV) Les sanctuaires ne dépendront plus de la Congrégation pour le clergé, mais du Conseil pontifical pour la promotion de la Nouvelle Évangélisation selon un Motu Proprio signé le 11 février et rendu public ce samedi 1er avril. Le Pape François y officialise un important transfert de compétence, en expliquant que les sanctuaires sont des lieux d’évangélisation.

Le premier sanctuaire : le tombeau du Christ

Depuis toujours, les pèlerinages ont emmené les croyants sur les origines de la foi. Les premiers pèlerins allaient voir le tombeau du Christ à Jérusalem, puis plus tard, la tombe des apôtres, avant qu’au fil des siècles ces pèlerinages s’élargissent aux hauts lieux des apparitions de la Vierge Marie, ou des lieux liés à la vie des Saints et des Bienheureux. Pour le Pape François, c’est un important témoignage de piété populaire, expression de la foi simple et humble des croyants.

Tous les pèlerins ne sont pas forcément croyants

Les sanctuaires attirent aussi ceux qui viennent chercher un temps de pause, de silence et de contemplation pour rompre avec le rythme frénétique de leur vie quotidienne. Ces personnes viennent se ressourcer et peuvent se redécouvrir à travers ces pèlerinages. Pour le Saint-Père, cette démarche exprime un «acte d’évangélisation qui mérite d’être valorisé». «Le sanctuaire est un lieu sacré», écrit François dans son Motu Proprio, «un lieu d’évangélisation où se manifeste l’action puissante de la miséricorde de Dieu».

Une spiritualité spécifique

Quant à la spiritualité de chaque sanctuaire, elle permet de guider le pèlerin dans une «pédagogie de l’évangélisation» vers un engagement toujours plus responsable. Le sanctuaire contribue de façon significative à l’engagement catéchétique de la communauté chrétienne. Il enrichit la vie des croyants. Il ouvre aussi grand ses portes aux malades, aux personnes handicapées et surtout aux pauvres, aux marginaux, aux réfugiés et aux migrants. C’est donc pour renforcer un significatif aspect pastoral des pèlerinages aux sanctuaires et aux lieux de dévotion que le Saint-Père a décidé ce transfert de compétence.

Les compétences

Le Conseil Pontifical pour la promotion de la Nouvelle Évangélisation sera dorénavant chargé de l’érection des nouveaux sanctuaires, d’en approuver les statuts, de favoriser leur rôle d’évangélisateurs, de promouvoir les rencontres afin de favoriser un travail commun de renouvellement de la pastorale de la piété populaire, d’assurer la valorisation artistique et culturelle des sanctuaires selon la Via Puchritudinis (chemin privilégié d’évangélisation et de dialogue), de la formation du personnel des sanctuaires, et de garantir au pèlerin une assistance spirituelle cohérente et soutenue.

(BH-JCP)
(Tratto dall'archivio della Radio Vaticana)

mardi 21 mars 2017

600ème anniversaire de la naissance de Saint Nicolas de Flüe

Nicolas de Flüe est venu nous rendre visite pour son anniversaire. Merci à lui et tous nos voeux à Gérald qui avait tout préparé et n'a pu venir. L'abbé Claude Schaller a présidé la célébration et la paroisse de Sachseln a prêté des reliques de frère Nicolas.










samedi 18 mars 2017

Notre-Dame des Marches





Notre-Dame des Marches de Joseph Bovet (en français)

Refrain

Notre-Dame des Marches ! (bis)
Nous avons bien raison de compter sur vous Pour nous appuyer dans les mauvais moments Auprès de votre fils, vous faut prier pour nous Et puis nous garder tous dans le bon chemin Notre-Dame des Marches ! (bis)

1er couplet

Il en est déjà passé dans votre petite chapelle Des gens qui ont prié, de ceux qui ont pleuré Sur votre bel autel nous vous laissons pas seule Ceux qui ont du souci ils viennent vous implorer

2ème couplet

Venez nous aider, nous en avons grand besoin Pour faire toujours bien comme il faut Nous semble quelquefois que le ciel est bien tant haut Que nous pourrons jamais grimper jusque là-haut

3ème couplet


Quand il nous faudra mourir, c'est à vous qu'il faut nous prendre Nous vous avons tant et tant dit qu'il vous faut pas nous oublier Donc pas trop longtemps ne nous laissez attendre Devant le paradis sans nous y faire entrer.

Notre-Dame del Sasso


mercredi 8 février 2017

Sainte Léonie Françoise de Sales Aviat




La plaque ex-voto de la sainte fondatrice
des soeurs de Soyhières a été posée dans la chapelle.

mardi 7 février 2017

Le bestiaire du Pape

Du moyen-âge à l’époque moderne
Le bestiaire du Pape
Giovanni Cerro
page 12
jeudi 2 février 2017, numéro 5



Au cours des dernières décennies, la recherche historiographique a accompli des progrès importants dans l’analyse de la riche symbologie des animaux en relation avec la papauté. Une contribution déterminante dans cette direction a été offerte par les chercheurs italiens, parmi lesquels une place importante est occupée par Agostino Paravicini Bagliani, auteur du récent ouvrage II bestiario del papa (Turin, Einaudi, 2016, 378 pp., 32,00 euros), dans lequel, à travers la relecture d’un vaste éventail de sources textuelles et iconographiques, il explore le rapport symbolique et métaphorique qui unit la papauté et les animaux, du moyen-âge à l’époque moderne.
Le lecteur est accompagné dans un parcours divisé en trois parties. Dans la première, il est question de deux figures dont la connotation symbolique semble être très ancienne, comme la colombe et le dragon, alors que dans la deuxième sont considérés les animaux traditionnellement liés à l’autoreprésentation du rôle des Souverains Pontifes, en premier le cheval et l’éléphant. La troisième, enfin, est liée au renversement parodique et polémique subi par certains de ces symboles, aussi bien dans les soi-disant prophéties papales que dans les satires nées dans le milieu protestant.
L’histoire du perroquet, dont les origines remontent au XIe siècle, est curieuse et peut-être peu connue. Dans une des Vitae de Léon IX, attribuée à Wibert de Toul, on raconte qu’un certain «rex Dalamarcie» — que l’on peut peut-être identifier avec Etienne Ier, roi de Croatie et de Dalmatie — envoya un perroquet en don au Pape, qui était non seulement en mesure de répéter la phrase «Je vais chez le Pape», mais aussi de l’appeler par son nom.
Et cela sans que personne ne le lui ait enseigné. Quand le Pape rentrait dans son appartement privé, la compagnie du perroquet l’encourageait et le réconfortait, en lui apportant un délassement par rapport à ses graves préoccupations quotidiennes.
S’il est difficile de retrouver un antécédent historique dans lequel on attribue au perroquet la fonction de consoler l’homme, dans la littérature latine existent en revanche des exemples où on lui reconnaît la capacité d’annoncer des personnages de haut rang: Martial célèbre l’habilité de ce volatile à saluer l’empereur et Macrobe raconte qu’Auguste, après la bataille d’Actium, acheta un corbeau et un perroquet qui l’avaient acclamé vainqueur et imperator.
Selon une chronique du Xe siècle, même l’empereur de Byzance avait l’habitude de se faire accompagner par un perroquet à des banquets et des cérémonies officielles. Au haut moyen-âge, l’éloquence de cet animal devient l’objet d’éloges, également dans le milieu chrétien : Théodulph d’Orléans, abbé de Fleury, le considère en mesure de rivaliser avec les muses d’Homère et le moine anonyme auteur de l’Ecbasis captivi, une parodie épique sur le monde animal, compare la voix du perroquet à la mélodie de la harpe du roi David.
Dans la Rome papale, le perroquet fait son apparition vers 1280 dans les fresques de l’aile du palais apostolique, que Niccolô III fit construire et décorer et qui prendra ensuite le nom de «Sala vecchia degli Svizzeri». Avec Boniface VIII, l’utilisation du perroquet comme motif décoratif s’intensifie, au point que dans certains tissus précieux en soie de Lucques, son blason est représenté entre des perroquets verts et que cet animal se retrouve dans beaucoup des parements qu’il donna à la cathédrale d’Anagni, sa ville natale. Au début du XVe siècle, est mentionnée pour la première fois une salle du perroquet dans le palais apostolique, dans laquelle le Pape réunissait les cardinaux en consistoires, se préparait avant de participer à des cérémonies solennelles, recevait les princes et les souverains et donnait des bénédictions.
La fonction du perroquet renvoie donc à des gestes rituels de souveraineté, qui ont pour but de séparer la sphère privée de celle publique. Ce sera avec Léon X que ce symbolisme atteindra son apogée: il suffit de penser à la représentation sur la porte de la Salle du perroquet, œuvre de Raphaël et de son école, dans laquelle Jean-Baptiste a le regard tourné vers un petit perroquet sud-américain. Il s’agit bien évidemment d’une référence au Pape comme représentant du Christ sur la terre.
On doit à Léon x non seulement l’institution d’une véritable ménagerie dans la cour du Belvédère, mais également l’introduction à la cour papale d’un éléphant blanc, don du roi du Portugal Manuel Ier. Débarqué à Rome après un voyage aventureux en bateau, accompagné par un dompteur indien et un gardien sarrasin, le pachyderme resta pendant longtemps gravé dans la mémoire des romains en raison de sa beauté et de sa majesté.
Le Pape était particulièrement attentif à la sécurité d’Hanno — tel est le nom qui fut donné à l’éléphant — et pour éviter qu’il ne se blesse les pattes, il refusa de l’envoyer à la cour des Médicis et auprès du roi de France en visite à Bologne. Si le perroquet et l’éléphant peuvent apparaître comme des animaux exotiques, un tableau plus intime et familier nous parvient de Musetta, la petite chienne de Pie II.
Selon le témoignage d’Enea Silvio Piccolomini lui-même dans ses Commentarii, la petite chienne aimait faire des bêtises. Un jour, alors que le Pape se trouvait dans un jardin où il recevait des délégations diplomatiques, elle tomba dans une citerne et fut sauvée avec difficulté; le lendemain elle fut mordue par un gros cercopithèque qui faillit la tuer. Musetta mourut une dizaine de jours plus tard en tombant de la fenêtre de la résidence papale et Pie il s’inspira de son histoire pour rappeler, avec un exemplum efficace, la vertu de la prudence.
De l’examen minutieux et original d’Agostino Paravicini Bagliani apparaît aussi bien la persistance de plusieurs animaux symboliques, qui au cours du temps ont assumé des fonctions différentes, que le caractère transitoire d’autres, qui avec la transformation des pratiques institutionnelles et politiques et des sensibilités religieuses, sont allés vers un déclin parfois soudain, parfois graduel, jusqu’à disparaître complètement.
La longue tradition du rapport entre les Papes et les animaux semble aujourd’hui avoir laissé de côté les élaborations symboliques complexes du passé, pour revêtir en revanche un connotation plus concrète, caractérisée par l’engagement et le respect pour la création, comme le démontre la récente encyclique Laudato si’ du Pape François.




vendredi 18 novembre 2016

Les indulgences



« Sobald das Geld im Kasten klingt, Die Seel’aus dem Fegfeuer springt » 

Le slogan dont l'archevêque de Mayence, Albert de Brandebourg, serait l'auteur, est dans tous les inconscients encore un peu christianisés.




Cueilli sur Wikipedia : 

En Suisse, le Pape afferma le commerce des indulgences à un moine franciscain, Bernardin Samson. Par ce trafic, beaucoup d'argent sortit de Suisse, ce qui déplut aux autorités civiles. Cet épisode est à l'origine du bon accueil des suisses à la colère de Luther contre les indulgences, d'autant que le protestant suisse Zwingli a lui aussi dénoncé le commerce des indulgences. Dès 1524, seulement sept ans après les 95 thèses de Luther, Zurich était la première ville prise par la Réforme2.

L'argent déjà ne laissait pas les seuls autorités religieuses indifférentes.


La querelle des Indulgences

Il faut distinguer, dans toute offense faite à Dieu, la faute proprement dite, et la peine méritée par cette faute : deux choses intimement unies, mais qui, pourtant, ne se confondent pas ; si bien qu’il est possible de concevoir le pardon de la faute sans l’immédiate rémission de la peine.

Dieu peut évidemment remettre du même coup la faute et la peine, mais il peut aussi remettre la faute en exigeant néanmoins que le coupable expie encore la peine due à la faute.

II en est de Dieu comme du père de famille que son fils a gravement offensé. Si le fils se repent et implore le pardon, le père peut ou bien lui pardonner sans aucune restriction ou bien lui pardonner tout en lui infligeant l’un ou l’autre châtiment.

Dieu a pardonné sans restriction aucune au bon larron, mais après avoir pardonné à David il lui a infligé un sévère châtiment.

Mais, en règle générale, la justice exige qu’au pardon soit adjointe l’expiation de la faute.

Selon le dogme catholique, admis dès la primitive Eglise où les pénitences publiques étaient si rigoureuses, l’expiation de toute faute a lieu ou en ce monde ou en l’autre. En l’autre, c’est en purgatoire. En ce monde, elle s’accomplit soit par des pénitences personnelles, soit par les indulgences qui sont précisément la remise des peines dues au péché, qui restent à subir, après que le pécheur a reçu, par le repentir sincère et le sacrement de pénitence, le pardon de ses fautes et la libération du châtiment éternel.

Comme l’aumône est maintes fois donnée, par la Bible elle-même, comme un moyen d’expier et de racheter les fautes, rien d’étonnant que l’Eglise ait attaché à certaines aumônes bien déterminées une indulgence, car — il faut le répéter — si l’Eglise a le pouvoir de remettre les péchés, elle jouit également du pouvoir de remettre les peines dues aux péchés.

La Bible revient souvent sur la vertu d’expiation de l’aumône. Dans le Livre de Tobie nous lisons des déclarations aussi explicites que celles-ci : « L’aumône délivre de tout péché et de la mort, et elle ne laissera point l’âme descendre dans les ténèbres... L’aumône délivre de la mort, et c’est elle qui efface les péchés et qui fait trouver la miséricorde, et la vie éternelle... ». L’Ecclésiaste proclame que « l’eau éteint le feu le plus ardent et l’aumône expie les péchés ».

Ces principes connus, il n’y a donc rien à redire aux actes par lesquels les papes du siècle de la Réforme, Jules II, puis son successeur, Léon X, accordèrent d’importantes faveurs spirituelles à ceux qui, contrits et confessés, verseraient une aumône pour l’achèvement de la célèbre et coûteuse basilique de Saint-Pierre à Rome.

Mais, bien sûr, hélas ! l’indulgence subordonnée à l’aumône, l’indulgence-aumône comme on dit encore souvent, ne laissait pas d’offrir des dangers. Quand les faveurs spirituelles sont en rapport avec des versements d’argent, les abus sont toujours à craindre. Et des abus furent commis et il est vrai que la prédication des indulgences ne fut pas exempte de propos et de procédés impudents.

Ces propos demeurent le fait de prédicateurs de second ordre et l’odieux n’en peu rejaillir ni sur l’institution des indulgences, ni sur l’Eglise, ni sur le Souverain Pontife.
C’est ce que Luther lui-même laisse entendre, note fort justement Mgr Besson, dans plusieurs de ses fameuses thèses du 31 octobre 1517.

Il ne s’en prend pas encore tant au pape qu’aux prédicateurs d’indulgences, qu’il accuse de ne point parler suivant les directions du pape et de travestir sa pensée. Le pape, dit-il, s’il savait comment se comportent les prédicateurs d’indulgences, préférerait voir brûler la basilique de Saint-Pierre plutôt que de laisser exploiter ses brebis.

(Docendi sunt christiani quod si papa nosset exactiones venialium predicatorum, mallet Basilicam S. Petri in cineres ire quam aedificari cute, carne et ossibus ovium suarum : il faut enseigner les chrétiens que si le pape connaissait les exactions des marchands d’indulgences, il préférerait voir la basilique de Saint-Pierre réduite en cendres plutôt qu’édifiée au prix de la peau, de la chair et des os de ses brebis. Thèse 11,25).

Dans la Thèse IV, 16, il dit : Si les indulgences étaient prêchées suivant l’esprit et la pensée du pape, les objections qu’on leur oppose se résoudraient facilement ou même n’existeraient pas.

C’est après seulement, quand le feu des polémiques l’eut entraîné plus loin, que Luther s’en prit ouvertement à l’autorité du pape.

Il est d’ailleurs établi que l’affaire des indulgences ne fut qu’une occasion ou qu’un prétexte : les points principaux de la doctrine essentielle de Luther étaient déjà nettement fixés dans son esprit avant 1517. Dès 1515 déjà, il avait, au fond, cessé d’être catholique.

A l’action de Luther — d’ailleurs pour la favoriser singulièrement — s’est ajouté ceci que les abus, déplorés même par de saints personnages qui demeurèrent fidèlement attachés au catholicisme, furent particulièrement remarqués dans les milieux déjà prévenus contre le pape et mécontents de voir tant d’argent sortir de l’Allemagne pour aller servir à la construction d’une somptueuse basilique romaine. On sut les exploités à fond !

Dans quelle atmosphère commença la révolte de Luther, nous le verrons prochainement.

C.

lundi 14 novembre 2016

Jubilé des défavorisés


Le manteau de Saint Martin pour les défavorisés romands à Rome. Il est le saint protecteur des mendiants avec Benoît Joseph Labre.


Homélie du Pape à l’occasion du Jubilé des personnes socialement exclues le 13 novembre 2016 à la Basilique Saint-Pierre
« Pour vous […] le Soleil de justice se lèvera : il apportera la guérison dans son rayonnement » (Ml 3, 20). Les paroles du prophète Malachie, que nous avons entendues dans la première lecture, éclairent la célébration cette journée jubilaire. Elles se trouvent à la dernière page du dernier prophète de l’Ancien Testament et sont adressées à ceux qui ont confiance dans le Seigneur, qui mettent leur espérance en lui, en le choisissant comme le bien suprême de la vie et en refusant de vivre uniquement pour soi et pour ses intérêts personnels. Pour ceux-là, pauvres de soi mais riches de Dieu, se lèvera le soleil de sa justice : ils sont les pauvres en esprit, à qui Jésus promet le royaume des cieux (cf. Mt 5, 3) et que Dieu, par la bouche du prophète Malachie, appelle « mon domaine particulier » (Ml 3, 17).


lundi 24 octobre 2016

Statistiques de l'Eglise - 2016

VATICAN - Les statistiques de l'Eglise catholique 2016

Il s'agit en fait de celles de 2014. Même si la qualité a son importance la quantité en a aussi une, attendu qu'il s'agit de personnes... destinées à bénéficier de la Miséricorde.

Cité du Vatican (Agence Fides) – A l’occasion de la Journée missionnaire mondiale, qui parvient cette année à sa 90ème célébration, le Dimanche 23 octobre, l’Agence Fides présente comme d’habitude un certain nombre de statistiques choisies de manière à offrir un panorama de l’Eglise dans le monde. Les tableaux sont extraits du dernier Annuaire statistique de l’Eglise (mis à jour au 31 décembre 2014) et concernent les membres de l’Eglise, ses structures pastorales, les activités dans le domaine sanitaire, de l’assistance et de l’éducation. Entre parenthèses est indiquée la variation – augmentation (+) ou diminution (-) – par rapport à l’année précédente, selon la comparaison effectuée par l’Agence Fides.


mardi 18 octobre 2016

Tremblement de terre de Bâle




Aujourd'hui fêtant saint Luc, nous faisons aussi mémoire du tremblement de terre qui détruisit la ville de Bâle et les châteaux du Vorbourg le 18 octobre 1356. Effet de la miséricorde divine? La petite chapelle du Vorbourg ne fut pas totalement détruite...



http://musee-sismologie.unistra.fr/comprendre-les-seismes/notions-pour-petits-et-grands/la-sismicite/le-seisme-de-bale-1356/

"En l'an de grâce 1356, le jour de la Saint-Luc, avant vêpres, il y eut à Bâle et dans ses environs jusqu'à une distance de deux milles un tremblement de terre qui provoqua la chute de nombreux bâtiments, églises et châteaux et la mort de nombreuses personnes. Les secousses se poursuivent dans la même journée et la nuit suivante avec une violence telle que les habitants fuirent la ville, s'installèrent dans les champs, dans les cabanes et les fermes pour de nombreux jours. Même les soeurs cloîtrées se rendirent dans un jardin appelé Vögelisgarten et restèrent là de nombreux jours, sous des cabanes avec de nombreuses autres personnes des deux sexes et, une fois retournées chez elles, vécurent encore longtemps dans la grange avant de réintégrer leur cloître. Au cours de cette même nuit, vers une heure, se déclara un incendie qui dura plusieurs jours et consuma presque toute la ville à l'intérieur des remparts. Les faubourgs furent épargnés. Le feu, propagé jusqu'à la cathédrale, fit s'embraser le clocher dans lequel se trouvait la grosse cloche et la détruisit, ainsi que les précieuses orgues, de cette maison de Dieu. Les tremblements de terre avaient été si violents que pas un seul bâtiment, notamment ceux construits en pierre, n'échappa à une destruction partielle ou totale. Là-dessus survint une troisième calamité: le lit de la Birs fut obstrué par les bâtiments détruits et l'eau s'infiltra dans les caves où la population avait stocké ses provisions et les gâta. Parmi les premières secousses, certaines avaient été si fortes que les cloches avaient sonné. Ainsi entendit-on sonner trois fois la cloche du cloître des frères prêcheurs sans que quiconque la remue ni ne la tire. Pendant une année, presque chaque mois, la terre trembla. On peut voir qu'est arrivé ce que le Seigneur disait dans l'évangile de Saint-Luc [21-11]: un peuple supplantera un autre peuple, un royaume un autre royaume et il y aura çà et là de grands tremblements de terre".

samedi 15 octobre 2016

Un enfant victime des francs-maçons

Un enfant victime des Francs-Maçons sera canonisé dimanche.
José Luis Sánchez del Río, né le 28 mars 1913 à Sahuayo et mort le 10 février 1928 dans la même localité, est un jeune mexicain, « cristero », tué à l’âge de 14 ans pour n’avoir pas voulu renier sa foi catholique. Il est déclaré martyr et béatifié le 20 novembre 2005. Le 21 janvier 2016, le pape François lui reconnait un deuxième miracle. Il sera ainsi canonisé le 16 octobre 2016.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Jos%C3%A9_Luis_Sanchez_del_Rio



Les bienheureux qui seront canonisés

SALOMONE LECLERCQ
Fratello professo
Martire
GIUSEPPE SÁNCHEZ DEL RÍO
Laico
Martire
MANUEL GONZÁLEZ GARCÍA
Ve s c o v o
Fondatore dell’Unione Eucaristica Riparatrice
e della Congregazione delle Suore Missionarie Eucaristiche di Nazareth
LODOVICO PAVONI
Sacerdote
Fondatore della Congregazione dei Figli di Maria Immacolata
ALFONSO MARIA FUSCO
Sacerdote
Fondatore della Congregazione delle Suore di San Giovanni Battista
GIUSEPPE GABRIELE DEL ROSARIO BROCHERO
Sacerdote
ELISABETTA DELLA SANTISSIMA TRINITÀ CATEZ
Monaca professa

Livret de la célébration

mercredi 12 octobre 2016

Le Pape François : Oui, je viendrai à Porrentruy !



Hélas, le Saint-Père n'a pas prononcé la phrase magique. Il sera encore nécessaire d'attendre ou peut-être de se contenter d'une nouvelle légende ajoulote. Le temps étant au beau, nous nous réjouissons avec les pèlerins du Jura Pastoral, avec les abbés Nicolas et Hyacinthe, qui ont participé à l'audience générale ce matin. Ils retiendront la méditation du pape.

Speaker :
Frères et sœurs, par sa parole et par ses gestes, Jésus est l’incarnation de la miséricorde du Père envers nous. Mais il ne suffit pas de faire l’expérience de cette miséricorde dans notre vie, nous devons en être les signes et les instruments pour les autres. Il ne s’agit pas d’accomplir des actions difficiles, mais plutôt de petits gestes qui ont une grande valeur aux yeux du Seigneur. Ces œuvres de miséricorde corporelles et spirituelles dont nous parlerons les prochaines fois, sont des moyens concrets de vivre la miséricorde envers les personnes les plus faibles et qui sont, le plus souvent, toutes proches de nous. Au cours des siècles ces œuvres ont été mises en pratique par beaucoup de personnes simples qui ont donné ainsi un authentique témoignage de leur foi. Véritable remède contre le virus de l’indifférence, les œuvres de miséricorde réveillent en nous l’exigence et la capacité de rendre vive et opérante notre foi par la charité.

Santo Padre:
Saluto cordialmente i fedeli di lingua francese, in particolare i pellegrinaggi delle Diocesi di Quimper, Le Havre e Cahors, accompagnati dai loro vescovi, lo Studium di Notre Dame de Vie, il Liceo San Giovanni Hulst di Versailles, come pure i pellegrini venuti da Haïti, dalla Repubblica Democratica del Congo e dalla Svizzera.
Cari pellegrini, attraverso la carità che essi esprimono, dei semplici gesti di misericordia possono compiere una vera rivoluzione culturale di cui il nostro mondo indifferente ha bisogno. Lasciamo che lo Spirito Santo accenda in noi il desiderio di portare agli altri la tenerezza e la prossimità di Dio. Dio vi benedica!

Speaker :
Je salue cordialement les personnes de langue française, en particulier les pèlerinages des diocèses de Quimper, du Havre et de Cahors accompagnés de leurs évêques, le Studium de Notre Dame de Vie, le Lycée Saint Jean Hulst de Versailles, ainsi que les pèlerins venus de Haïti, de la République Démocratique du Congo et de Suisse.

Chers pèlerins, par la charité qu’ils expriment, de simples gestes de miséricorde peuvent accomplir une véritable révolution culturelle dont notre monde indifférent a besoin. Laissons le Saint Esprit allumer en nous le désir de porter aux autres la tendresse et la proximité de Dieu. Que Dieu vous bénisse !

Résumé Radio - Vatican