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mardi 22 septembre 2020

Saint Maurice et ses compagnons, "enfants de Marie"?


 

« Ma mère et mes frères sont ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la mettent en pratique. » entendons-nous dans l'Évangile du Jour.

Des soldats de l’armée romaine avaient joué le rôle que nous connaissons lors de la Passion, une fois livré à Pilate. Reconnaissons un certain contraste avec les martyrs de la légion thébaine. La flagellation, le couronnement d’épines, les moqueries, l’exécution, et même la lance. Et puis ces mots dans saint Matthieu que nous fêtions hier : le centurion et ceux qui, avec lui, gardaient Jésus, furent saisis d’une grande crainte et dirent : « Vraiment, celui-ci était Fils de Dieu ! ». Ils furent aussi les premiers témoins des événements entourant la résurrection ces soldats qui sont fréquemment représentés en peinture.

Pour impressionner ces militaires et leur provoquer de la crainte, tellement habitués à la violence qu’ils étaient, il devait y avoir un juste motif. Et en plus témoigner « Vraiment celui-ci était le Fils de Dieu » il y a de quoi impressionner, alors qu’ils se moquaient C’est manifestement l’intention de Matthieu, le plus judaïsant des synoptiques.

Ce témoignage, Saint Maurice et ses compagnons, vont le porter jusque chez nous. Ils sont devenus là-bas en Valais, les frères de Jésus et les enfants de Marie, vous me permettez ce rapprochement délicat s’agissant de militaires. Il est vrai que dans leur esprit, ils auraient pu faire le lien avec la mère des empereurs qui avaient un rôle politique. Si nous connaissons celui de Sainte Hélène, nous n’ignorons pas le sort de la mère de Néron qu’il écarta, et fit assassiner.

Passons et confions-nous avec ces vaillants témoins à Marie pour nous conduire sur les chemins de son Fils et vivre de ses mystères.

Un passage pour conclure de l'hymne acathiste à Saint Maurice  :

 

Kondakion 9

La constance dans l’épreuve est grande vertu* Par tes paroles tu affermis le courage* De tous tes compagnons que menaçait le glaive* Et tels des agneaux conduits par le Bon Pasteur* Tous rejoignirent le Seigneur en psalmodiant: Alléluia !

 

Ikos 9

Sur la terre d’Agaune où Dieu vous attendait* En chef valeureux tu conduisis ta légion* Dans l’honneur de Christ et dans sa fidélité* Des portes de la mort à l’huis du paradis* Tandis qu’aux cieux les anges te louaient ainsi : 

Réjouis-toi Soldat de la sainte et glorieuse milice

Réjouis-toi Guerrier infatigable qui défit le Diable

Réjouis-toi Combattant sur les champs de bataille de l’âme

Réjouis-toi Héros qui mena sa troupe vers la victoire

Réjouis-toi Chef qui fut à la tête des martyrs d’Agaune

Réjouis-toi Vainqueur ayant revêtu l’armure du Christ

Réjouis-toi Saint Maurice martyr de la légion thébaine !

dimanche 13 septembre 2020

Le pardon des offenses

 


13 septembre 2020

24ème dimanche du Temps Ordinaire — Année A
 
Première lecture « Pardonne à ton prochain le tort qu’il t’a fait ; alors, à ta prière,... Si 27, 30 – 28, 7
Psaume Le Seigneur est tendresse et pitié,
lent à la colère et plein d’amour. Ps 102 (103), 1-2, 3...

Deuxième lecture « Si nous vivons, si nous mourons, c’est pour le Seigneur » Rm 14, 7-9
Évangile « Je ne te dis pas de pardonner jusqu’à sept fois, mais jusqu’à 70 foi... Mt 18, 21-35
 

Mes sœurs, cher frère diacre, chers frères et sœurs, 

Nous sommes rejoints ce matin par le Seigneur sur un des sujets les plus difficiles et récurrents de notre vie quotidienne et de notre prière, particulièrement dans le Notre Père, à savoir le pardon des offenses et le pardon tout court. C’est le prix de notre liberté blessée. Mais liberté ô combien précieuse aux yeux de Dieu, à l’image de la sienne.

Dans l’Évangile le Seigneur fait des comparaisons extrêmes : pardonner jusqu’à 70 fois sept fois, puis il parle d’une dette extraordinaire, dix mille talents, c’est-à-dire soixante millions de pièces d’argent. Sous Alexandre : le talent valait 26,160 de nos kg certains disent que la somme était plutôt de 200 millions. Judas avait reçu 30 petits deniers pour avoir livré Jésus, soit un peu plus de 3900 francs ou euros, au choix.

Dépassons cette comptabilité de grands et petits argentiers, pour en rester à la symbolique.

Nous connaissons dans l’Écriture l’importance du roi source du pouvoir politique et de l’autorité, et son lien particulier avec Dieu et l’attente d’un roi-messie qui viendrait restaurer la souveraineté d’Israël. Cette attente était si fortement présente pour qu’elle ne laisse pas indifférent son auditoire. L’argent étant de tout temps une sorte d’étalon universel, et un signe de puissance, Jésus l’utilise pour nous faire comprendre notre situation. Nous sommes les gérants des biens de Dieu et de la création.

Nous avons en conséquence une relation privilégiée avec le Seigneur. De toute évidence, la dilapidation des biens reçus doit être reliée au péché, un non à son amour, qui provoque la perte d’un bien immense. Son pardon vient la rétablir. Qui aurait pu le faire, sinon le roi-messie.

Ce pardon-là, dans l’échelle des millions qui nous est donnée par Jésus, paraît donc le plus important. Une des questions que nous pourrions nous poser est celle de savoir si nous en avons bien conscience et si nous ne le minimiserions pas ? « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, de tout cœur, de toute ton âme et de toute ta force. » Pourquoi l’aimer, sinon parce que c’est un bien pour nous et même le plus grand bien, une richesse quasi-infinie. Il nous a créés pour que nous puissions vivre toujours avec lui, vivre dans le plus grand bonheur, en union avec lui. Pardonnez-moi de rappeler des évidences. Il s’agit d’un don qui ne peut être que total et réciproque. Celui venant de Dieu est immense, et il nous demande un oui à notre mesure et à sa mesure à lui.

Il nous demande d’agir comme lui envers notre prochain. « Tu aimeras ton prochain comme toi-même », en pardonnant et en lui annonçant la Bonne Nouvelle du don que le Seigneur veut lui faire. Celui qui est pardonné manifeste habituellement de la reconnaissance ; il se demande pourquoi il l’a été, à moins d’être totalement ingrat. Dieu attend de nous que nous devenions comme Lui, radicalement, que nous pardonnions les offenses. La question que nous nous posons est de savoir comment y parvenir. S’il vous est arrivé d’avoir été gravement offensé dans votre honneur, accusé injustement, humilié, trompé, volé, si on a attenté à votre intégrité spirituelle, corporelle, à votre vie même, ne venez pas me dire que c’est une affaire simple et évidente. Chacun a son tempérament, cela peut prendre plus ou moins de temps. Il faut beaucoup de courage parfois, pour oser repasser ces événements dans notre cœur et pardonner, prendre la décision de faire comme Jésus, ne pas nous venger. Les vengeances, il y en a de petites et de grandes qui vont de la dégustation de voir celui qui nous a fait du mal, subir lui-même un échec, c’est bien fait, il ne l’a pas volé, jusqu’aux mesures de rétorsion. Nous connaissons tous ou presque tous ces mesquineries intérieures et ces vengeances éternelles ou avec des souhaits de purgatoires.

Il y a aussi toute la question de l’attente de la réponse positive de l’offenseur pour amener à une réconciliation pleinement humaine, l’attente du moment opportun. Mais en attendant, ce poids-là, il nous faut le déposer aux pieds du Seigneur, en lui disant : je ne veux pas me venger, aide-moi. Cela ne peut se faire de manière générale, mais dans les détails en partageant avec Lui nos mécontentements. Cela peut prendre beaucoup de temps, pour lâcher ce poids qui nous paralyse et nous tirer de ce bain de colle. Cela me rappelle un épisode comique, celui de Bourvil dans Rabbi Jacob, où les protagonistes étaient plongés dans un bain de chewing-gum. La poisse et la glu… Comment avancer sur les chemins du Seigneur dans un pareil état de paralysie ? Le pardon doit prendre des chemins humains pour se réaliser, avec l’aide de la grâce, c’est évident. Il relève toutefois d’une décision libre que nous avons à prendre. Nous avons un oui de libération à nous donner et à donner à notre prochain. Des traces des blessures reçues, il nous en restera, mais elles seront glorieuses à l’image de celles de Jésus à la résurrection.

On voit et lit parfois des expressions telles que celui du pardon à donner à Dieu. - Tu as de telles exigences, Seigneur, c’est impossible de te suivre jusque-là ! Le sujet est douloureux pour le Seigneur lui-même d’abord ! il y a au fond la question de la révolte contre Dieu. Certains me diront, il y aurait tout de même de justes motifs, Seigneur tu exagères vraiment parfois avec tes exigences. Et même avec ton Fils, c’est révoltant ce que tu as permis là. Pierre n’a-t-il pas voulu épargner la croix à Jésus ? Quelle leçon : Arrière Satan ! Et si vous méditez votre chapelet, ne vous interrogez-vous pas sur ce grand mystère de Jésus au Jardin des Oliviers ? - Père que cette coupe s’éloigne de moi. Mais non pas ma volonté, mais la tienne ! Les anges venaient le réconforter. La croix de Jésus que nous fêterons demain n’est-elle pas révoltante ? Le détail des souffrances des condamnés et de celles de Jésus sont-elles acceptables ? Au nom de la justice, de quelle justice ? Et pourtant elle est victorieuse cette croix. Elle est le moyen choisi pour que soit manifesté dans notre réalité l’amour de Dieu pour nous. Qui pourra mesurer aussi les souffrances de Jésus et sa déréliction sur elle. Là, pourtant et aussi, il a pardonné : - Père, pardonne-leur ils ne savent pas ce qu’ils font ! Il s’est offert en sacrifice. C’est un moment que nous oublions un peu en notre temps. En unissant notre pardon au sien, c’est aussi à son sacrifice que nous nous unissons, une manifestation de l’amour, de son amour pour tous les hommes. Une blessure reçue d’autrui, les souffrances de la maladie, sont une participation au mystère du Christ souffrant. Il les transforme non pas en révolte, mais en sacrifice et en amour. L’amour porté au plus haut point. Lorsque nous célébrons l’Eucharistie, nous ne nous rendons pas bien compte de ce que nous faisons et de ce à quoi nous sommes associés. La croix est glorieuse, parce que le Seigneur est ressuscité, il n’est plus sur elle, mais c’est à son sacrifice que nous devons d’être ce que nous sommes, des pardonnés, des enfants de Dieu. Mais elle est encore là pour nous rappeler que nous sommes appelés à le suivre pour que son amour soit partagé et annoncé au monde. Notre liberté d’aimer est en quelque sorte libérée de ses chaînes.

Aucun d’entre nous ne vit pour soi-même, et aucun ne meurt pour soi-même. Nous vivons et mourrons pour le Seigneur. Si le Christ a connu la mort, puis la vie, c’est pour devenir le Seigneur et des morts et des vivants. Très Sainte Vierge Marie, Notre Dame de la Compassion. Mère pleine de miséricorde et de tendresse. Nous te confions le secret de nos vies. Que ta douce lumière nous accompagne. Dans la joie comme dans l'épreuve. Fais de nos déchirures un passage, et de nos blessures un chemin. Ne laisse jamais en nous, pénétrer l'indifférence. Nous te saluons Marie pleine de grâce, et nous nous confions à Toi. Amen.

 

dimanche 30 août 2020

Porter sa croix et suivre Jésus : Non à la foi magique.

 



30 août 2020

22ème dimanche du Temps Ordinaire — Année A
Lectures de la messe
Première lecture « La parole du Seigneur attire sur moi l’insulte » Jr 20, 7-9
Psaume Mon âme a soif de toi,
Seigneur, mon Dieu ! Ps 62 (63), 2, 3-4,...

Deuxième lecture « Présentez votre corps en sacrifice vivant » Rm 12, 1-2
Évangile « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même » Mt 16, 21-27

Frères et Sœurs,

Ne nous sommes-nous pas tous demandés au moins une fois dans notre existence, comment comprendre Jésus ? L’Evangile que nous venons d’entendre est une démonstration de la difficulté qu’il y a le faire, en se fiant à nos seules réflexions et à notre seule expérience humaine. Il se déroule juste avant la Transfiguration. Pour Pierre et les Apôtres, quel chemin a déjà été parcouru avec Jésus et pourtant ils n’ont encore presque rien compris… Pierre vient juste de faire sa confession de foi : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu Vivant. » et le Seigneur a proclamé sa Primauté : « Tu es Pierre et sur cette pierre, je bâtirai mon Église ». Pierre se voit déjà dans une sorte de fauteuil de 1er Ministre, au 7ème Ciel de l’autorité, grand conseiller, donnant les orientations politiques et grand maître des comportements du Seigneur. Celui-ci doit le faire redescendre plutôt sèchement de sa nacelle et de son siège de direction imaginé qui n’est pas celui de la croix. Le pauvre a encore beaucoup à apprendre.  

Réalisons-nous la situation ? « Pierre prenant Jésus à part, se mit à lui faire de vifs reproches »… Il faut prendre la mesure de la violence de l’invective. Le même mot en grec, est employé par Matthieu pour qualifier la manière dont Jésus ordonne aux vents de s’apaiser. Pierre ne lui demande pas humblement, Seigneur explique-moi ce que tu veux dire. Il croit tout savoir et tout résoudre parce que l’Esprit-Saint lui a inspiré les bonnes paroles. Cela ressemble presque à ce qu’on appelle parfois une forme de pensée magique : dire les bons mots provoquent l'accomplissement automatique de désirs, l'empêchement d'événements ou la résolution de problèmes. Curieuse approche qui pourrait s’expliquer par un moment d’émotion de la part de Pierre qui paraît, comment dire, impulsif et secondaire sous un certain angle. Malheureusement, pour lui dire les mots justes à un certain moment ne suffit pas. Il aura besoin d’un grand souffle d’Esprit-Saint et encore, tout ne fut pas facile. Il aura besoin d’une conversion dans la durée. Paul dut intervenir plus tard, nous nous souvenons de l’épisode. Pauvre Pierre, mais bienheureux Pierre, dont on peut admirer l’humilité, la persévérance, l’amour du Seigneur et aussi l’effet de la grâce en lui.

Ce passage paraît interpeller notre pape François, c’est chez lui qu’il revient le plus fréquemment. « Qui est Jésus pour nous ? ce que nous avons appris, étudié dans le catéchisme n’est pas suffisant ». Car pour connaître vraiment Jésus « il est nécessaire de faire le chemin qu’a suivi Pierre ». En effet, « après cette humiliation, il est allé de l’avant avec Jésus, même après l’avoir renié». À ce moment précis, dit-il, « il a appris cette science si difficile — plus qu’une science, une sagesse — des larmes, des pleurs ». Pierre « a demandé pardon » au Seigneur.  Mais pour vous, qui suis-je ?  ne se comprend qu’au cours d’une route, après une longue route. Une route de grâce et de péché ».  

Comment avons-nous appris à connaître Jésus ? Avec nos parents, nos grands-parents, les initiations religieuses de notre enfance, Noël, Pâques, en oubliant la Passion, ce n’était pas jour de congé en pays catholique… Pâques la résurrection, les œufs, les lapins, le chocolat, n’est-ce pas plus intéressant ? Puis viennent l’Ascension et la Pentecôte, la Fête-Dieu, tout un ensemble printanier surtout intéressant en raison des jours de congés. Sans nous mettre à la suite réelle du Seigneur, sans prendre notre croix, nous nous transformons en lanternes japonaises, une fine couche de papier qui s’élève, vide, dans la nuit, et tout à coup s’enflamme pour disparaître… c’est joli, mais il n’y a plus rien du tout, quelques cendres qui retombent. Se mettre à l’école de Jésus et de son Esprit, n’est-ce pas tout autre chose ? Il veut nous emporter plus haut que les cieux, au-delà des nuées, mais avec toute notre humanité bien réelle. Quelles transformations pour y arriver ! Pour reprendre un mot de Mgr Jeanbart, l’archevêque d’Alep, n’avons-nous pas besoin  « de rafraîchir notre foi en Celui qui nous libère de la servitude d’une vie, souvent tumultueuse, mais tout compte fait éphémère et absurde sans l’éclairage de la résurrection. »

« Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. » Aucun de nous ne peut faire l’économie de la croix de Jésus pour entrer avec lui dans la gloire. Les actualités médiatiques récentes, au Liban par exemple, nous rappellent que nous sommes des privilégiés, même dans les difficultés actuelles et celles qui nous sont annoncées, génératrices d’inquiétudes.

Le Seigneur vient nous séduire pour marcher à sa suite, ainsi qu’il l’a fait pour Jérémie. « Seigneur, tu m’as séduit, et j’ai été séduit ; tu m’as saisi, et tu as réussi »… Avec quels résultats ? La croix de Jésus de toute évidence, croix qui ne peut qu’être portée et annoncée : « À longueur de journée je suis exposé à la raillerie, tout le monde se moque de moi. » Pourquoi donc ?  Chaque fois que j’ai à dire la parole, je dois crier, je dois proclamer : « Violence et dévastation ! ». Réfute, menace, exhorte, à temps et à contre-temps, cela n’entraîne pas un vivre ensemble de tout repos, et pourtant le Seigneur nous a séduit, il a séduit Pierre qui l’a renié, il a séduit Jean qui demeure fidèle au pied de la Croix, Jean qui précédera  Pierre au matin de la Résurrection, mais le laissera entrer le premier dans son tombeau. Pour aller jusqu’où ? Pour le rejoindre non seulement dans ce qu’il a fait, mais dans ce qu’il est. Comment ? Je vous exhorte, frères, par la tendresse de Dieu, à lui présenter votre corps – votre personne tout entière –, en sacrifice vivant, saint, capable de plaire à Dieu. C’est offrande ne sera complète et vraiment sainte qu’au moment de la rencontre. Mais en attendant, il n’y a qu’une méthode : « suivre Jésus avec nos vertus » et « aussi avec nos péchés. Mais suivre toujours Jésus ! ». La transformation qui doit s’opérer en nous pour revêtir le Christ, s’opère au rythme du Seigneur. Il nous demande deux choses, la fidélité et l’humilité, vivre l’extraordinaire, dans l’ordinaire, sans magie. Ne pas vouloir donner de leçon au Seigneur, est parfois bien difficile, lorsque nous sommes sûrs de nous-même, mais également dans l’obscurité lorsque montent en nous murmure et révolte. Nous ressemblons souvent aux Apôtres qui fuient la croix de Jésus. Ne pourrions-nous pas lui demander aujourd’hui la grâce de la fidélité avant tout ? Il apaise les tempêtes, il abaisse pour relever. Il le fera non pas pour nous enfermer dans un cocon ouaté, bien au chaud et à l’abri, mais pour l’accompagner à la Croix et nous prendre dans sa résurrection bienheureuse. Il est le chemin, la vérité et la vie. Il n’y en a pas d’autre. Concluons avec une prière de Mariam Baouardy, Sœur Marie de Jésus crucifié, la petite mystique palestinienne que nous avons fêtée cette semaine.

« Aux pieds de Marie, de ma Mère chérie, j'ai retrouvé la vie. Ô vous tous qui souffrez, venez à Marie, aux pieds de Marie, j'ai retrouvé la vie. Ô vous qui travaillez dans ce monastère, et partout ailleurs, Marie compte tes pas et tes sueurs. Dites-vous à vous-mêmes : aux pieds de Marie, j'ai retrouvé la vie. Ton salut et ta vie sont aux pieds de Marie. Aux pieds de Marie, j'ai retrouvé la vie. » Marie n’a pas fui la croix. Elle est restée au pied de celle de Jésus   certaine par sa foi de la résurrection Amen.