10 mai 2026
6ème Dimanche de Pâques (semaine II du Psautier) — Année A
Fêtes des mères en Suisse :
10 mai 2026
6ème Dimanche de Pâques (semaine II du Psautier) — Année A
Fêtes des mères en Suisse :
Chers Frères et Sœurs, chers amis,
Le Seigneur dans l’Evangile se présente comme le « bon
berger ». Ce thème du berger est bien connu dans les Ecritures et fait
certainement d’abord référence à David, le jeune homme que Dieu était allé
chercher derrière son troupeau pour devenir roi d’Israël. Les références ne
manquent pas d’Abel le juste à Abraham et Isaac, Jacob, Moïse. Nous gardons
encore en Eglise un peu de ce langage avec la pastorale justement.
Ce passage de l’Evangile de saint Jean se déroule dans un
contexte conflictuel avec les pharisiens. Le Seigneur fait un mystérieux
rapprochement. A propos de cette bergerie, il mentionne un portier qui ouvre la
porte au berger. Saint Augustin en commentant
ce passage réfléchit à plusieurs options. La bergerie est le peuple de Dieu,
les pharisiens et responsables religieux sont les portiers. Ici ils sont sourds
à l’appel. Le Seigneur devient la porte. Le Saint-Esprit, le portier qui
l’ouvre. Nous pouvons sans peine faire un rapprochement sur un autre plan, personnel,
avec notre cœur, notre propre conscience et notre discernement qui nous rendent
sensible à l’appel du Seigneur.
Il frappe ! Alors qui est ce pasteur et que
veut-il ? « Quel pasteur, en effet, appelle ses brebis par leur nom,
et les conduit de ce monde jusqu’à la vie éternelle ? ». Le Seigneur à
coup sûr il nous a créés pour entrer en communion avec nous et il nous parle au
coeur. Nous avons tous une vocation, un appel à le suivre.
Le pape Léon nous a
donné un message pour la journée mondiale des vocations. Il en est de
nombreuses dans l’Eglise, mais les vocations sacerdotales et religieuses ainsi
qu’une réponse positive ont une grande importance. Je crois qu’à Moutier nous
en sommes conscient.
Il nous y dit notamment que « Dans l’Évangile de Jean,
Jésus se définit littéralement comme le “beau berger” (ὁ ποιμὴν ὁ καλός) ( Jn
10, 11). Cette expression désigne un berger parfait, authentique, exemplaire,
car il est prêt à donner sa vie pour ses brebis, manifestant ainsi l’amour de
Dieu. » J’ai été surpris par l’utilisation du mot « beau » à la
place de « bon » : le bon berger. Le grec kalos est
traduit par beau ou bon. En français, nous avons dans l’oreille le
« bon » maître. Mais c’est agathos qui est utilisé. Jésus dit avec ce
mot, dans ce contexte-là que Dieu seul est bon. La Bible des Septante utilise
le mot καλὸν lorsqu’elle traduit l’arbre de la connaissance du bien et du mal.
C’est tov en hébreu. Nous retrouvons derrière ces 2 mots en grec un idéal de l’antiquité
Kalos kagathos , littéralement : « bel et bon ». Il s’agissait d’un idéal d'harmonie de corps
et d'esprit dont l'athlète grec aurait été le modèle. Vous aurez remarqué que
le bon berger a été mentionné dans le verset de l’alléluia, mais pas dans
l’Evangile pourtant il suit bien le passage lu. Lire l’Ecriture est passionnant,
et c’est toujours une véritable enquête qui nous dévoile des trésors. Je vous
laisse poursuivre par vous-mêmes, mais ni perdons pas notre latin… Surtout
n’oublions pas que le plus important est notre frère et notre sœur : Nous
avons aussi un voix intérieure, un instinct spirituel qui nous guide et doit
être éclairé.
Le Seigneur ne se laisse pas arrêter par les portes du
Cénacle à la résurrection. Elles sont closes par peur des Juifs et voilà qu’il
est là. L’Esprit va faire ouvrir toute grande à la Pentecôte celles du Cénacle.
Si vous me permettez, il y a aussi là une relation avec la Vierge Marie. Les 3
étoiles sur son vêtement signifient Vierge, avant, pendant et après
l’enfantement. Ce qui est impossible sans une action de Dieu. Il n’y a pas
besoin d’être médecin pour poser cette affirmation.
Le berger a donc ouvert et reconnu le chemin par sa mort, sa
descente aux enfers et sa résurrection. Il protège et défend ses brebis. Elles
doivent grandir, selon un idéal de bonté et de beauté évangélique, à l’image de
leur pasteur. Il ne s’agit pas de rester un de ces petits agneaux qui vous font
craquer au printemps. Ils devraient tout le temps rester ainsi. La clef de
notre croissance est la charité. Si la production de laine est problématique en
Suisse, le Seigneur veut valoriser les produits de notre charité pour le
royaume.
Le Seigneur et l’Esprit veulent que ses disciples grandissent
à son image pour entrer dans le royaume et ressusciter. Ce qui n’est pas
confortable, je crois que nous ne nous faisons pas d’illusions. Mais lui est
là, il est notre gardien. Il nous conduit vers notre nouvelle naissance. Elle a
commencé par notre baptême. Sa résurrection est déjà en nous. Chaque année par
la liturgie, il vient nous le rappeler pour nous inviter à la confiance et nous
rassurer. Nous le rencontrons dans son Eglise par les sacrements, la méditation
des Ecritures, et des frères pour nous accompagner. Il est le bon et le beau
berger qui veille toujours à la porte de notre coeur et nous aide dans nos
discernements.
« Le Seigneur de la vie nous connaît et éclaire notre cœur de
son regard d’amour » dit le pape Léon dans son message. Il nous accompagne dans
nos choix et les missions qu’il nous donne, pour nous-même, nos familles, dans
la société et l’Eglise. « Toute vocation, dit-il, ne peut que commencer
par la conscience et l’expérience d’un Dieu qui est Amour (cf. 1 Jn 4, 16) : Il
nous connaît profondément, il a compté les cheveux de notre tête (cf. Mt 10,
30) (et ceux que nous avons déjà perdu) et il a pensé pour chacun un chemin
unique de sainteté et de service. »
Les appels et vocations au service de l’ Eglise, en
particulier, le sacerdoce et la vie religieuse sont particulièrement importants
aujourd’hui. Nous ne prions pas, seulement aujourd’hui, pour les vocations. Je
vous rappelle que le service romand des vocations nous a communiqué que
2026 et 2027 est une année de prière pour les vocations. Je vous laisse
consulter leur site. Une vocation naît dans le cœur de la personne. C’est le
rôle de la famille et de la communauté de l’accompagner et de l’aider à mûrir. Ne
l’oubliez pas. Le réservoir de prêtres s’amenuise. La communauté a besoin de
bergers pour célébrer et poursuivre sa marche.
Reine du ciel, réjouis-toi ! Alléluia !
3ème Dimanche de Pâques (semaine III du Psautier) — Année A
Chères
Frères et Sœurs,
Les disciples d’Emmaüs se sont mis en chemin, mais dans quel
état ? Les pauvres ne paraissent plus croire à rien et en rien. Le Jésus
qu’ils imaginaient roi d’Israël et souverain de son peuple, est mort crucifié
comme un bandit. Le moins que l’on puisse dire est qu’ils n’étaient pas
crédules. Ils partent mais Jésus ne les abandonne pas. Il vient lui-même les
rechercher alors que les témoignages du tombeau vide et des femmes n’ont pas pu
les convaincre de la résurrection. Ils se sont mis en chemin vers Emmaüs, à 2
heures de Jérusalem. Emmaüs a été localisé à 2 ou 3 endroits. Les croisés ont
bâti une église sur l’un d’eux des cites présumés, l’actuel monastère des
bénédictins olivétains d’Abu Gosh, un autre à Emmaüs-Nicopolis et le 3ème
à Kiriath-Jearim près d’Abu Gosh justement. Un bon nombre d’interpellation avec
le tombeau vide, les premiers témoignages et difficultés à croire, l’aide du
Seigneur qui culmine dans l’Eucharistie.
Nos deux disciples dont l’un se nomme Cléophas paraissent
bien sceptiques. La tradition dit que Cleophas était le père de Jacques le
Mineur, l’époux de la sœur de Marie, mère de Jésus, et le frère de Joseph. Se
peut-il qu’il n’ait pas cru ce que disait sa femme ? Son nom signifie
« mes échanges »… Cela fait penser à un commerçant méfiant. Nous nous
disons qu’ils auraient tout de même pu attendre. S’agit-il de la peur d’une
psychose collective selon l’appellation d’aujourd’hui ?
J’aime à souligner ces jours la diversité des témoignages de
la résurrection, ils sont de bons signes en sa faveur. Nous n’avons pas affaire
à un mot à mot d’une version unique dictée directement par Dieu à une sorte de
saint notaire, mais de témoignages de communautés et des témoignages personnels.
Ces deux disciples avancent sur leur chemin et voilà qu’ils
sont interpellés par un inconnu qui chemine avec eux. Ils témoignent de ce
qu’ils ont vécu, et de leur réaction devant l’annonce de ce fameux tombeau vide
surtout avec des femmes qui ont vu des anges… Nous sentons une certaine retenue
masculine devant le témoignage féminin et celui d’une possibilité du témoignage
des anges. Pourtant ils ont bien été les premiers témoins de la résurrection, tout
comme les messagers de la nativité… Mais il faut des témoignages humains celui
d’hommes plus durs à convaincre. Ils verront Jésus ressuscité et ils ne seront
que 11 Apôtres en plus des autres disciples. Selon certaines opinions
rabbiniques, à l’époque, les femmes ne pouvaient témoigner que de la mort de
leur mari, notamment. Parmi les pécheurs que nous sommes, Marie Madeleine a
pourtant été l’Apôtre des Apôtres ayant vu la première Jésus ressuscité. La
mort du Christ, oui, en quelque sorte, mais sa résurrection ! C’est autre
chose. La résurrection paraît être non une lumière mais un obstacle insurmontable,
pour la plupart. Elle est un de ces surplombs en montagne qui cache le ciel de
la connaissance. Heureusement pour moi, je ne suis pas varappeur. J’aurais trop
peur et l’âge venant c’est problématique. Excusez mon jeu de mot.
L’obstacle du mot « résurrection » est un de ceux
qui font le plus peur aujourd’hui. On en rit facilement. Mais pourquoi la
résurrection serait-elle moins impossible que la création de notre univers visible
? Il paraît bien avoir eu un commencement minuscule mais il est si
complexe et si merveilleux dans son déploiement. Affirmer que nous ne
serions que matière n’est qu’une sorte d’acte de « foi »
matérialiste, une affirmation qui ne peut être prouvée. Dire aussi que nous
serions dissous au final, dans une entité spirituelle qui aurait eu quelques
distractions. En quelques sorte elle aurait laissé par mégarde se répandre
quelques parties d’elle-même dans la matière. Un croyant ne peut qu’être
interpellé par le témoignage des Apôtres et de la première communauté. Quant à
nous, le Seigneur veut nous rejoindre par la foi.
Il est pourtant si loin apparemment. Un mot m’interpelle dans
la 2ème lecture, celui de « crainte » de Dieu. Elle n’est
pas en contradiction avec un amour confiant. Elle représente un aspect
caractéristique de l’amour de Dieu : on ne peut reconnaître et aimer Dieu qu’en
reconnaissant et en aimant la différence absolue par laquelle on est, soi-même,
séparé de lui. Elle provient du fait que nous constatons nos limites devant lui
qui est pourtant le tout présent dans son rapport de communion avec nous et
nous avec lui, mais aussi le tout autre. Ce tout autre s’est fait tout proche
et petit, il est ressuscité et vient nous rejoindre sur le chemin. C’est Jésus.
Jésus vient à notre aide sur nos chemins de foi, il nous
accompagne, il nous donne des explications non seulement par les témoignages et
leur réconfort, par la médiation des Ecritures. Il l’a fait pour les disciples
d’Emmaüs. Il nous parle au cœur, il nous faut conserver précieusement ce qu’il
nous dit et le discerner. Le pape Léon a encouragé les pays d’Afrique à la
justice sociale et a aussi mis en garde contre les manipulations et une
domination de l’intelligence artificielle lorsqu’elle veut remplacer progressivement la réalité par sa
simulation.
Je ne peux que conseiller de prendre du temps pour vous et
pour le Seigneur, avec l’Ecriture, et de vous laisser parler au cœur. Il est
plus grand que nous, infiniment, mais il est en nous. Il chemine à notre rythme
humain. C’est pour cela que nous comprenons mal ce qui se faisait autrefois. Il
s’était adapté à nos propres lenteurs humaines. Mais il nous aime à un tel
point qu’il nous accompagne et nous rejoint par les sacrements, en particulier
par l’Eucharistie où il s’est fait reconnaître. Il nous demande de donner notre
témoignage, là où nous sommes et où nous en sommes, avec humilité.
Marie est très silencieuse après la résurrection. Elle nous
invite à donner notre témoignage elle qui se réjouit la première de la
résurrection de son Fils. Elle a été en quelque sorte l’Eglise en prière, ou
plutôt elle se préparait à être Mère de l’Eglise.
Reine du ciel réjouis-toi, Alléluia !
2ème Dimanche de Pâques ou de la Divine Miséricorde — Année A
Éléments d'Homélie
Chers frères et sœurs, chers amis,
Avez-vous remarqué dans l’Evangile la fréquence du huitième
jour ? Jésus ressuscite le 1er jour de la semaine. Il suit le
sabbat, donc le huitième jour. Jésus apparaît à ses disciples. Thomas brille
par son absence alors que Jésus donne aux autres l’Esprit-Saint et le pouvoir
de remettre leurs péchés, c’est une sorte de Pentecôte dans chez saint Jean.
L’Evangéliste mentionne qu’il apparaît huit jours après en présence de Thomas. Nous
n’y faisons pas très attention habituellement, mais ce fameux premier jour est
celui de la résurrection et de la vie nouvelle en Dieu, l’au-delà. Il survient après
le sabbat qui est le repos de Dieu. L’octogone était fréquemment employé pour
les baptistères. Le nombre 8 représente l’au-delà, le Royaume, la vie définitive
avec Dieu.
Sur certaines icônes Jésus est représenté descendant aux
enfers, au royaume de la mort. On préfère de manière plus apaisante parler d’icône
de la résurrection. Les enfers, c’est le lieu de l’impossibilité de voir Dieu,
une conséquence du péché. Jésus va rejoindre Adam et Eve et ceux qui sont là
séparés de Dieu par la faute originelle, un lieu théologique difficile. Le sommeil du Christ qui suit sa Passion, n’est
pas nécessairement un moment paisible. Adrienne von Speyer et Urs von Balthazar
l’ont exploré par la mystique et la théologie. Cette descente aux enfers et sa
remontée vers la résurrection peut signifier pour nous aujourd’hui que le
Seigneur peut nous rejoindre même au-delà de cette vie et que sa miséricorde
peut nous rejoindre partout. J’aime dire à nos anciens dont je commence à faire
sérieusement partie, que s’il ne leur est pas possible de recevoir les sacrements
et qu’ils partent : - Ayez confiance, celui qui vous accueille est miséricordieux.
Une miséricorde qui n’escamote pas la vérité mais qui l’accompagne avec nous et
nous libère. Le Christ a souffert pour nous les conséquences de nos égarements.
La miséricorde peut nous rejoindre jusque-là, mais elle a
besoin au moins de notre bonne volonté, de notre désir de voir Dieu et de nous
mettre en accord avec Lui. Comment le rejoindre, sinon par la foi et en
accueillant sa miséricorde? Le moyen le plus important qu’il nous a donné est
d’abord notre baptême. Le Seigneur est prêt ensuite à nous rattraper sans
cesse.
La miséricorde a été remise à l’honneur. Je ne sais pas si
vous avez prêté attention à une annonce faite le 31 mars dernier. On nous a
prévenu que deux mots vont changer dans la traduction du Magnificat. L’amour sera
remplacé par la miséricorde. Nous dirons dans cette prière « sa
miséricorde s’étend d’âge en âge » et non plus « son amour s’étend
d’âge en âge ». Le mouvement a commencé de se produire avec les nouvelles
traductions de la Bible au siècle passé (un mot qui m’interpelle avec mes 71
ans !). Saint Jean-Paul II l’a remis en valeur avec Sainte Faustine !
« Parler de miséricorde, c’est évoquer un amour qui pardonne, ce qui le qualifie plus précisément. »
C’est Jean-Paul II qui a instauré le dimanche de la divine miséricorde. La
miséricorde de Dieu est déjà exprimée dans l’Ancien Testament par des verbes
signifiant « être maternel » et « se pencher sur »
quelqu’un. « La miséricorde c’est l’acte ultime et suprême par lequel Dieu
vient à notre rencontre » disait le pape
François. Il vient nous tirer de l’enfer de notre solitude intérieure. «
La miséricorde c’est le chemin qui unit Dieu et l’homme, pour qu’il ouvre son
cœur à l’espérance d’être aimé pour toujours malgré les limites du péché ».
Pour en revenir à l’Apôtre Thomas, nous nous reconnaissons en
lui, dans les temps d’obscurité, plus souvent que nous le voudrions vraiment,
surtout quand tout va mal. Nous avançons à des rythmes différents, nos
expériences ne sont pas les mêmes. C’était la même chose chez les Apôtres.
Devant le tombeau vide, Jean vit et il crut. Pierre lui-même s’interrogeait silencieusement. Un peu plus
tard, il a eu son apparition. Ils n’avaient pas cru l’annonce des femmes. Les
versions d’ailleurs diffèrent. Un
commentaire dit même que dans la justice rabbinique, le témoignage des dames
était reconnu sur elle-même ou dans le cadre de la vérification de la mort d’un
mari. Le sujet est délicat. Chez saint Marc, Marie-Madeleine et Marie mère de José
ont bien constaté l’ensevelissement de la mort de Jésus. Il est l’Epoux de
l’Eglise. Quant à la résurrection… Si vous relisez Saint Marc, vous constaterez
que l’Evangéliste dit qu’elles avaient eu tellement peur de l’ange
qu’« elles ne dirent rien à personne, car elles avaient peur ». Saint
Jean nous dit que Marie-Madeleine avait témoigné la première. Les Evangiles
sont inspirés mais restent des témoignages de personnes différentes, inspirées
par l’Esprit-Saint.
Marie dans le Magnificat témoigne de la Miséricorde
prévenante de Dieu pour elle d’abord en vue de la naissance du Seigneur et de
son sacrifice. Grâce à lui, elle s’étendra d’âge en âge, à tous les hommes qui
ne veulent pas la refuser.
Les exigences de Saint Thomas sont extraordinaires dans
l’Evangile, on croirait un scientifique fin 19ème, début 20e
siècle : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je
ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans
son côté, non, je ne croirai pas ! » Aujourd’hui on exigerait aussi de
prouver qu’il n’y a pas d’hallucination collective.
( « La paix soit avec vous ! » dit le Seigneur. Il la donne.
L’évêque nous la donne en son nom au début de l’Eucharistie. Il reprend ses mots.
La représentation du Caravage est
bouleversante.) Thomas a les gestes de certains spécialistes en médecine. Les
paroles de Jésus l’apaisent. Il est bien témoin de la résurrection : « Cesse d’être incrédule, sois croyant.
» Alors Thomas lui dit : « Mon Seigneur
et mon Dieu ! » « (Thomas) Parce
que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. » Plus que le
toucher de Thomas, la foi nous met en rapport spirituel avec Jésus. C’est un
cœur à cœur où passe le courant de la guérison
et de l’amour, le courant de la miséricorde. Dans son Evangile, saint
Jean insiste sur la nécessité de la foi pour rencontrer Jésus maintenant et le
laisser agir en nous, ressusciter en nous.
La miséricorde vient nous donner la paix, à tous, sans
distinction. Je crois que vous pouvez continuer personnellement sur ce sujet. Le
pape Léon ayant demandé de prier pour la paix, nous pouvons écouter quelques
mots de lui : « pour le monde, nous demandons la paix. Nous l’implorons
tout particulièrement pour le Liban et pour tout le Levant. Mais nous savons
bien – et les saints nous le rappellent – qu’il n’y a pas de paix sans
conversion des cœurs. Que saint Charbel nous aide donc à nous tourner vers Dieu
et à demander le don de la conversion pour chacun de nous. »
Reine du ciel, réjouis-toi ! Le Christ est vraiment ressuscité ! Alléluia !
Résurrection du Seigneur — Année A
Solennité
Chers Frères et Sœurs,
Quel a été le désarroi de Marie-Madeleine devant le tombeau
vide. Saint Jean nous dit qu’elle courut toute émue annoncé à Pierre et à Jean
qu’on avait enlevé et la pierre devant le tombeau et le Seigneur. « Nous
ne savons pas où ils l’ont mis. » Elle n’était donc pas seule. Les autres
Evangiles ont retenu des versions différentes dans les détails. Ils mentionnent
les noms de trois d’entre elles, Marie de Magdala, Marie mère de Jacques et
Salomé. Marie de Magdala était là lors de la mise au tombeau et avait bien
regardé où l’on avait mis Jésus. Elle était un témoin fiable de la mort et de
la mise au tombeau du Seigneur. Puis interviennent des anges Jean en mentionne deux
qui apparaissent à Marie-Madeleine après la constatation de Pierre et la
sienne ; puis c’est le Seigneur qui l’envoie annoncer la Bonne Nouvelle. Elle
est reprise par la séquence, ce très ancien poème chanté après la 2ème
lecture : Nous lui demandons : « Dis-nous, Marie Madeleine, qu’as-tu
vu en chemin ? » Elle nous répond : « J’ai vu le sépulcre du Christ
vivant, j’ai vu la gloire du Ressuscité. J’ai vu les anges ses témoins, le
suaire et les vêtements. Le Christ, mon espérance, est ressuscité ! Il vous
précédera en Galilée. »
Pierre ne dit pas qu’il ne croit pas, il ne voit pas
d’ange ; mais Jean qui courrait plus vite que le vieux Pierre insiste sur
ce fait : Il vit et il cru ! Manifestement, il veut mettre en avant
l’importance de la foi devant le tombeau vide. Mais nous ne pouvons mettre en
cause la nécessité du témoignage des premiers disciples qui avaient besoin
d’être réconfortés et relevés. Qui a vécu un deuil, mesure la douleur provoquée
par un départ et le temps très long parfois pour se reconstruire. Les premiers
messagers de la Bonne Nouvelle sont des anges, mais que de difficultés pour les
disciples de croire sans avoir vu. Bienheureux ceux qui croient sans avoir vu
dira le Seigneur à Thomas. Le message de saint Jean nous est adressé : la
foi nous permet d’adhérer au mystère du Christ et d’en vivre, de vivre de sa
vie. Pour les disciples et l’apôtre des
Apôtres, Marie-Madeleine, il s’agit de porter un témoignage et non de partager
un sentiment ou une impression subjective profonde.
Le Jura Pastoral vous propose cette année un témoignage de
votre foi en la Résurrection de Jésus sous
la forme d’une icône. S’agit-il d’une icône de la résurrection ? Au lieu
de dire oui ou non, prenons l’option de dire que c’est un oui plus. Il s’agit
formellement de l’Anastasis en grec du relèvement après la descente du Christ aux
enfers. Après la mort physique de Jésus , son âme est descendue jusqu’au plus
profond de l’abandon spirituel que peut ressentir celui qui n’est plus en
communion avec Dieu et qui se perçoit en état de séparation avec Lui. Avec le
Seigneur, nous ne sommes jamais seul, il demeure avec nous. Il va jusqu’au
racine de la séparation entre l’homme et Dieu, et il nous relève. La mort ne
peut pas le retenir. Il entraîne Adam et Eve avec lui. La résurrection a
commencé. L’état du Samedi Saint a été exploré spirituellement par Adrienne von
Speyer et Hans Urs von Balthasar le grand théologien suisse du 20ème
siècle. Il est bon de nous rappeler qu’en Suisse nous avons eu d’importantes
figures de maîtres dans la vie spirituelle. Le Christ porte habituellement un
vêtement blanc qui signifie sa victoire sur la mort et un manteau doré. Il
saisit Adam par une main pour le tirer. Eve est suppliante à côté de lui. Ici
il ne touche aucun des deux. J’apprécie particulièrement sur ce thème, une représentation
d’une petite église en Turquie, celle du Saint-Sauveur in Chora de l’ancienne
Constantinople. Il les prend chacun par une main pour les faire remonter vers
la vie et leur rendre la communion avec Dieu. Un passage de l’Evangile de
Matthieu après la mort de Jésus est énigmatique. Il dit ceci : 27,52 Les
tombeaux s’ouvrirent ; les corps de nombreux saints qui étaient morts
ressuscitèrent, 53 et, sortant des tombeaux après la résurrection de Jésus, ils
entrèrent dans la Ville sainte, et se montrèrent à un grand nombre de gens. La question est intéressante pour ceux qui
aiment des recherches sur le sujet. Les Pères de l’Eglise méditent sur lui. De
quelle résurrection s’agit-il ?
Une question pour aujourd’hui : quel sens a pour nous la
résurrection ? Son idée même paraît se dissoudre fréquemment dans une
sorte d’indifférence savante et d’une auto-suffisance tranquille, avec un
sourire amusé et narquois, avec en plus un fond d’orientalisme. Elle est
affublée d’une étiquette de non-scientifique, de superstition, de naïveté. Nous
pourrions commencer par nous demander si nous n’aurions pas envie de vivre
toujours, dans un monde enfin pacifié avec l’amour partout et pour toujours, de
connaître clairement le sens de ce que nous vivons avec notre corps ? Quelle
est la réalité qui se trouve derrière ce que nous percevons par nos sens ?
Nous pouvons en approcher par des concepts, mais pas au-delà. Est-ce qu’il ne
serait pas opportun de nous interroger sur ce « Lui avec nous »,
avant que notre corps ne commence à ralentir ? Le Seigneur est venu nous dire
qu’il veut nous rencontrer et commencer de partager sa vie avec nous dès
maintenant. Au final, il ne s’agit pas
simplement de jouer des prolongations, mais de vivre ave Lui. Nous vivons aujourd’hui
déjà de La Résurrection du Christ qui nous habite par le baptême. Il nous
demande d’en témoigner chaque jour. « Le Christ, mon espérance, est
ressuscité ! ».
Reine du ciel, réjouis-toi, alleluia. Car celui qu’il te fut
donné de porter, alleluia. Est ressuscité comme il l’avait dit, alleluia. Prie
Dieu pour nous, alleluia.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Saint-Sauveur-in-Chora
5ème Dimanche de Carême (semaine I du Psautier) — Année A
Eléments d'homélie
« Lazare, viens dehors ! »
Chers frères et sœurs,
Vous avez entendu que la nouvelle de la maladie de Lazare a
été annoncée à Jésus alors qu’il se trouvait de l’autre côté du Jourdain
peut-être à Béthanie où Jean-Baptiste, ou Bethabara selon d’autres traditions.
On retrouve ce nom dans une traduction française des évangiles en syriaque. Jusqu’à
l’autre Béthanie en Judée, cela fait dans les 30 km par une route qui n’était
pas sûre (1,5 jour pour descendre, 2,5 pour remonter à, pieds). Béthanie, c’est
la maison des figues, des dattes, du pauvre ou de la miséricorde. Jésus paraît
prendre son temps. Il fait des réponses énigmatiques « Cette maladie ne conduit
pas à la mort. » , « Lazare, notre ami, s’est endormi ; mais je vais aller
le tirer de ce sommeil. » Puis il leur dit : « Lazare est mort, et je me
réjouis de n’avoir pas été là. » On croirait presque entendre un médecin
voulant ménager son patient. Il pleure ensuite devant Marthe, Marie et le tombeau
de Lazare. « Lui, homme véritable a pleuré son ami Lazare » nous dit
la préface. Jésus, disait le pape François dans Amoris Laetitia se laisse impliquer dans le drame de la mort
dans la maison Lazare (cf. Mc 5, 22-24.35-43 ; Jn 11, 1-44).
La richesse de cet Evangile est telle qu’on hésite à en faire
un résumé. Il serait presque destructeur.
Le lien est intéressant
entre le lieu du départ de Jésus vers Jérusalem par la Béthanie. Il monte à Jérusalem,
où il va donner sa vie, mourir et ressusciter.
Nous pouvons le voir comme notre chemin de baptisés. Le baptême conduit
à la résurrection, elle a même commencé en nous à cette occasion.
La mystérieuse prophétie d’Ezékiel au 6e siècle, trouve
sa réalisation à l’Annonciation lorsque le Seigneur devient homme. Il vient
ouvrir nos tombeaux, il nous promet déjà la résurrection qui est la fin définitive de notre pèlerinage,
avec notre corps ressuscité. Saint Paul essaye de nous faire comprendre que par
l’Esprit, nous allons grandir et parcourir un chemin de vie. Nous vivons en
quelque sorte d’une résurrection par étape.
Le retour à la vie de Lazare, et les réflexions de Jésus sur
la mort nous invitent, à revisiter nos perspectives sur nos parcours de vie,
leurs sens, la fin de la vie et la vie après cette vie. « Cette maladie ne conduit pas à la mort » ,
« Lazare, notre ami, s’est endormi ; mais je vais aller le tirer de ce
sommeil ». Le Seigneur paraît nous inviter à changer nos perspectives sur
ces questions. Les explorations et les expérimentations sont nombreuses sur ces sujets aujourd’hui, où tout est
calibré et minuté, y compris nos émotions. Les neurologues les traquent et
cherchent à lire nos arrière-pensées et nos dernières pensées. Ils simulent
même parfois des situations limites. Il existe aussi en médecine une expression
intéressante : Le phénomène de Lazare ou autoréanimation. L’expression ne correspond pas à ce qu’a vécu
Lazare dans l’Evangile. Il s’agirait plutôt de rares phénomènes d’expériences
limites mentionnées dans l’antiquité, notamment par Platon. Ce n’est pas notre
sujet. Le retour à la vie de Lazare ne l’a été que pour un temps. Saint
Augustin nous dit que le Seigneur
pendant son ministère ressuscita trois morts
dans leurs corps pour montrer un symbole de la résurrection des âmes qui
se fait par la foi, lors du baptême.
La résurrection du Seigneur ouvre une autre perspective que
le retour à la vie de Lazare. Elle est de nature bien différente. C’est un
dépassement et un accomplissement de notre humanité avec le Christ et en lui, à
son image, qui nous est promis par sa résurrection. Nous sommes devant un
mystère de foi qui nous fait comprendre d’abord que notre corps n’est pas qu’un malheureux
accident d’une histoire définitivement incompréhensible. Il n’est pas un
mauvais rêve d’une entité spirituelle. Le Seigneur veut nous tirer de notre sommeil,
pour le rencontrer Lui, avec notre corps et notre âme capables de Dieu,
ensemble. Un père Carme, Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus a écrit un ouvrage
de mystique intitulé, Je veux voir Dieu. Par le baptême, je reçois la capacité
de voir Dieu et une union particulière
au Christ.
Tout ne se passe pas qu’au niveau de la pensée et des
sentiments. Il ne s’agit pas de minimiser l’importance de mon corps et même de
ses lourdeurs, ou de vouloir lui échapper. Une vie humaine n’est pas un jeu
informatique ultra-rapide. Apprendre à aimer comme Jésus et avec lui est un
apprentissage permanent. Je ne peux aimer totalement, humainement, Jésus et mon
frère et ma soeur, qu’avec mon âme et mon corps aujourd’hui, dans notre temps,
en gardant le meilleur de ce qu’on nous a transmis. Le Seigneur aimait autant
nos prédécesseurs anciens que nous-mêmes. On ne peut pas dire que suivre le
Christ ait été suivre le cours d’un long fleuve de tranquilles évidences
spirituelles.
Nous pouvons retenir le chagrin du Seigneur, sa tristesse, sa
compassion devant la mort de Lazare. Il a attendu pour lui rendre la vie. Il
n’est pas indifférent à ce que nous vivons. Nous sommes contraints d’intégrer
la dimension du temps dans notre cheminement de chrétien, de l’accepter comme une
chance de croissance. Elle nous est donnée par l’amour du Père, mais ce n’est
pas la plus petite des difficultés à gérer. Avec notre baptême, la résurrection
de Jésus est déjà en nous, mais il ne nous donne pas tout, tout de suite. Ce
n’est pas une voie de facilité, mais il est avec nous.
Que Marie Notre-Dame de l’Annonce nous aide à accueillir le
mystère du Christ qui grandit en nous et veut nous ressusciter avec lui . Amen.
4ème Dimanche de Carême, de Lætare (semaine IV du Psautier) — Année A
Chers frères et sœurs chers amis,
Les textes de ces dimanches de
Carême sont particulièrement long. Saint Augustin à l’occasion de son
commentaire à ses auditeurs disait lui-même que s’il voulait expliquer ce
passage dans tous ses détails, un jour ne suffirait pas. Le pasteur est
sensible à ce problème. Il le prend pour excuse pour n’expliquer que ce qui est
important. Excellent motif pour tenter d’être
sobre soi-même.
De la première lecture , nous retenons
le choix de David et son onction. Nous pouvons nous rappeler que le Seigneur
dans les Evangiles porte régulièrement mais discrètement le titre de Fils de
David. Nous notons également l’onction d’huile de David par Samuel. Elle
accompagne la venue de l’Esprit pour lui donner la lumière et la force
d’accomplir la mission pour laquelle il a été choisi.
Il est le berger du psaume et il
doit mener son peuple vers la maison du Seigneur où il devra demeurer pour
l’éternité. Comme au désert il habitera dans une tente avant d’entrer dans le
temple et l’éternité bienheureuse avec son Père.
Saint Paul nous dit que dans le
Seigneur, nous sommes lumière et que nous avons à nous conduire en enfants de
lumière, appelés à ressusciter : « relève-toi d’entre les morts, et
le Christ t’illuminera. »
Saint Jean dans l’Evangile nous
rapporte qu’en sortant du Temple, Jésus rencontre un aveugle-né. Ce sont ses
disciples qui l’interpellent sur la cause de son mal. Ils ne vont pas
rechercher des explications scientifiques, mais ils se tournent vers une cause
spirituelle. Qui a péché, lui ou ses parents ? Cela nous paraît absurde,
comme pécher avant de naître ? Nous dirions aujourd’hui pourquoi en plus
mettre une responsabilité sur des parents ? Saint Augustin commente en
disant que nous sommes des aveugles de naissance et avons besoin du Christ pour
voir clair. Il fait allusion au péché originel. Comme nous sommes en carême,
nous pouvons nous rappeler la définition du catéchisme : « 1849 Le
péché est une faute contre la raison, la vérité, la conscience droite ; il est
un manquement à l’amour véritable, envers Dieu et envers le prochain, à cause
d’un attachement pervers à certains biens. Il blesse la nature de l’homme et
porte atteinte à la solidarité humaine. »
Nous allons retenir cet aspect de
manquement à l’amour. Jésus ne se lance pas dans des explications, il connaît
le diagnostic mieux que tout le monde. Il vient guérir et réparer : « Ni
lui, ni ses parents n’ont péché. Mais c’était pour que les œuvres de Dieu se
manifestent en lui. » C’est lui, Jésus qui apporte la solution et le
remède. Il est la solution et le remède, il vient révéler que la rupture
provoquée par l’homme peut être abolie. Ce n’est pas une petite affaire, en
voyant ce que nous sommes encore capables de faire aujourd’hui en matière de
guerres et d’inégalités et d’injustice. Nous ne pouvons pas nier l’obscurité
qui nous entoure encore. Il donne toutefois des signes. Cet aveugle-né en a été
un à son époque.
Jésus lui met de la boue qu’il
confectionne sur les yeux et l’envoie se laver à la fontaine de Siloé qui veut
dire envoyé nous dit l’Evangile. Si vous faites une recherche sur la toile,
vous découvrirez que les archéologues ont bien découvert ce bassin et une
inscription Siloé. Il appartient au monde réel.
Dans la symbolique, nous pouvons
faire un rapport entre la création de l’homme au commencement dans l’Ecriture,
Dieu l’a tiré de la terre. Jésus confectionne de la boue et envoie cet aveugle
se laver. Il recouvre la vue avec de l’eau, ce qui nous fait penser au baptême,
mais aussi aux habitudes de purification juive.
Les ophtalmologues disent
qu’aujourd’hui, selon le type de cécité, il est possible pour certains bébés
d’être soignés et de guérir. « Le cerveau des bébés est beaucoup plus
adaptable qu’on ne le pensait dit un article : même si la vue manque au tout
début de la vie, il peut ensuite apprendre à reconnaître le monde qui
l’entoure. » Si l’œil est malade, cela a des conséquences sur le cerveau,
le phénomène est connu.
« Moi, je suis la lumière du
Monde » : Le Seigneur veut nous rendre la capacité de le voir et de
le reconnaître spirituellement. Nous demeurons dans une certaine obscurité,
mais nous avons une capacité intérieure de percevoir le Seigneur par les yeux
de la foi, mais aussi nos frères. La foi n’est pas un acte aveugle ni une
abdication de la raison insistait le pape Léon ce midi à l’angélus. On ne peut
contraindre qui que ce soit à croire.
Ceux qui reçoivent cette grâce
reconnaissent le Fils de Dieu, ils n’en restent pas à la constatation et aux interrogations face à un phénomène
extraordinaire. Il s’agit donc d’une capacité de discernement intérieur que
Dieu donne. Les pharisiens en restent à une constatation externe : « Cet homme-là n’est pas de Dieu, puisqu’il
n’observe pas le repos du sabbat. ». Jésus guérit le jour du sabbat, donc pour
eux, il travaille pendant le repos de Dieu… Mais celui qui est Dieu peut-il se
reposer ? C’est impossible. Et qui peut empêcher celui qui reconnaît
d’annoncer la Bonne Nouvelle : Celui qui est la lumière des nations peut
être vu et sa lumière transmise. Cet aveugle-né voit Jésus avec ses yeux guéris.
Mais avec la foi, il peut dire : « Je crois, Seigneur ! » et voir en
profondeur. Dieu est déjà présent en tout homme, avec la foi il ne peut que le
deviner comme à tâton. Nous avons à respecter l’action de l’Esprit-Saint dans
ceux qui sont encore en chemin. Ce don de Dieu n’est pas non plus un acquis
lorsque nous sommes en chemin. La finalité de notre chemin de foi est de voir
Dieu dans la vision bienheureuse, et plus encore de ressusciter avec le Christ.
Celui qui me suit ne marche pas dans les ténèbres.
Vous me permettrez en conclusion
de mentionner le commentaire du Pape Léon sur « Lumen Gentium » à
l’audience générale mercredi dernier.
« Le Christ, Lumière des Nations, par le don de son Corps et de son
Sang, rassemble définitivement ce peuple en lui de toutes les nations ; il est
unifié par la foi en lui, par l’adhésion à lui, par une vie animée par l’Esprit
du Ressuscité. » Marie Mère de l’Eglise, prie pour nous ! Amen.