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dimanche 16 août 2026
Assomption
dimanche 26 juillet 2026
Trésor, perle, marguerite. Bonne fête aux anciens!
26 juil. 2026
17ème dimanche du Temps Ordinaire (semaine I du Psautier) — Année A
- Première lecture« Tu m’as demandé le discernement »1 R 3, 5.7-12
- PsaumeDe quel amour j’aime ta loi, Seigneur !Ps 118 (119), 57.72,...
- Deuxième lecture« Il nous a destinés d’avance à être configurés à l’image de son Fils ...Rm 8, 28-30
- Évangile« Il va vendre tout ce qu’il possède, et il achète ce champ »Mt 13, 44-52
- Évangile« Il va vendre tout ce qu’il possède, et il achète ce champ »Mt 13, 44-46
Introduction
Nous célébrons aujourd’hui le 17ème dimanche du temps ordinaire. Nous pouvons avoir une pensée dans notre prière pour ceux qui souffrent et s’inquiètent en raison des incendies que nous relaient les médias. Les services du feu ont bien du travail et ne manquent pas de courage. Autant de personnes évacuées dans une région de plus si accueillante, c'est dramatique. Quelle tristesse devant de telles destructions!
Hier 25 juillet était la fête de saint Jacques de Compostelle et de tous les Jacquaires et pèlerins de toutes sortes. Les dames ne sont pas les moins courageuses d’après mes souvenirs au sanctuaire. Elles marchent très vite. Aujourd’hui autre fête à ne pas oublier celle des parents de Notre-Dame, Joachim et Anne. Ils sont les saints patrons des grands-parents. La journée mondiale des mondiales des grands-parents et des personnes âgées a lieu aujourd’hui. Donc bonne fête à nous, même si je suis relativement jeune dans le club, c’est une manière de jouer les prolongations. Cette journée est une innovation du pape François. Le Pape Léon a publié un message que vous trouvez facilement sur internet pour cette 6ème journée. Pour information, le nombre de personnes âgées de plus de 60 ans s’élève aujourd’hui à 1,2 milliard. D’ici à 2050, notre famille humaine comptera 900 millions de personnes âgées supplémentaires. Je les compterai certainement de là-haut.
Le Seigneur nous invite aujourd’hui à partir à une chasse au trésor au fond de nous-mêmes et à tout faire pour acquérir une perle précieuse. L’Evangile est riche en symboles. Cela me rappelle l’histoire d’un petit garçon qui il y a une centaine d’années avait creusé un trou dans la terre et y avait vu disait-il, une grande lumière. Plusieurs années après un monastère s’y était construit. On ne peut pas le prouver, mais c’est une belle histoire. Recherchons cette lumière qui nous vient du Seigneur.
Homélie
Trésor et perle, trésor et marguerite… Chers frères et sœurs,
la perle en grec a donné la marguerite en français. Trésor et perle, deux mots
que nous retrouvons chez Matthieu, avec une certaine fréquence. Ils nous font
rêver. Tant les lectures que le psaume et l’Evangile, nous renvoient à
l’essentiel. Le Seigneur nous dit que le Royaume des cieux est plus qu’un
trésor et une perle.
Nous avons tous dans nos mémoires d’enfants des souvenirs de
trésors. Je vous laisse partir à la recherche des définitions. Il n’y a pas que
l’or, dépassé par certains métaux rares aujourd’hui, dépassés par des mots en ium
comme palladium irridium, etc. Il y a d’autres trésors comme la connaissance et
des personnes qui s’aiment. Les jeunes mariés s’appellent ainsi : mon
trésor. Après 50 ans de mariage la terminologie change : Tu es une valeur
sûre. Les parents disent fréquemment que leurs enfants sont leur trésor. C’est
une 1ère transition du matériel au spirituel. Puis vient le désir d’une valeur éternelle.
Le Royaume des cieux ou royaume du ciel signifie la victoire
définitive de Dieu sur le mal. Pour l’homme, pour nous, il s’agit de la
béatitude, l’entrée dans le repos de Dieu (CEC 1720). Il est justice, paix et
joie dans l’Esprit-Saint (CEC 2819). Ce Royaume de Dieu, nous le nommons chaque fois que nous disons le Notre
Père : « Que ton règne vienne. » Le ciel y est mentionné 2 fois.
Toute l’espérance d’un royaume et d’un messianisme temporel était présent dans
l’esprit des Apôtres. Il est d’abord spirituel, il dépasse l’or, l’argent et
les perles. Il est une promesse de vie éternelle.
Salomon avait demandé un bon discernement et l’intelligence,
pour au final toucher Dieu et demeurer avec lui. « Donne à ton serviteur
un cœur attentif pour qu’il sache gouverner ton peuple et discerner le bien et
le mal. » La réponse de Dieu est saisissante : « Je te donne un cœur
intelligent et sage ». La vie de Salomon témoigne que le Seigneur lui a laissé et nous laisse la
liberté. Les sentiments de Salomon obscurcirent son discernement nous dit
l’Ecriture. Nous connaissons l’histoire. La Sagesse et la connaissance de Dieu,
la clef du Royaume, réside dans la méditation des Ecritures et l’observation
des commandements nous dit le psaume. « J’aime tes volontés, plus que l’or
le plus précieux. » La Joie de l’Evangile du Pape François nous rappelle
que l’Ecriture et la tradition sont des trésors.
La possession d’une fortune matérielle et d’une puissance
temporelle, d’une tête qui fonctionne bien et vite, peuvent donner à leur
détenteur l’impression d’être tout-puissant, une sorte de maître du monde. Hélas,
notre horloge biologique nous rappelle au petit matin que nous ne sommes pas
physiquement éternels. Certaines circonstances nous rappellent que nous sommes
petits et limités. Jésus loue son Père, il le bénit pour les tout-petits
« Tu es béni, Père, Seigneur du ciel et de la terre, tu as révélé aux
tout-petits les mystères du Royaume ! » Ce sont les tout-petits qui ont
les clefs du Royaume. Les petits sont capables de toucher Dieu, d’où la
nécessité de respecter une personne
humaine du commencent à la fin.
Comment ne pas mentionner aujourd’hui sainte Thérèse de
l’Enfant-Jésus : « Je veux
chercher le moyen d’aller au Ciel par une petite voie bien droite, bien courte,
une petite voie toute nouvelle. » Elle prend la comparaison des ascenseurs
des maisons riches de l’époque. Cette petite voie sera celle de l’amour : «
Le second commandement est semblable au premier : Tu aimeras ton prochain comme
toi-même. » Je m’appliquais surtout à aimer Dieu et c’est en l’aimant que j’ai
compris qu’il ne fallait pas que mon amour se traduisît seulement par des
paroles. « Là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur ». Cette voie
est ouverte à tous.
La grande difficulté sur ce chemin est de ne pas nous laisser
égarer par un bien passager, et d’accepter que le chemin du Seigneur passe par
nos difficultés : « Quand les hommes aiment Dieu, lui-même fait tout
contribuer à leur bien, puisqu'ils sont appelés selon le dessein de son
amour. » Ce sont les paroles de Saint Paul dans l’épître de tout à
l’heure. Nous avons à notre disposition un trésor dit ailleurs Saint Paul, « nous tenons ce
trésor en des vases d’argile » (2 Co 4, 7). « Ne jetez pas vos perles aux
pourceaux, de peur qu’ils ne les piétinent, puis se retournent pour vous
déchirer. » Quand tout va mal ou trop bien, ne perdons pas l’espérance et
le désir du Royaume. Il y a en nous une capacité de résilience non seulement
psychique, mais spirituelle. Parce que le Seigneur habite en nous, et par notre
baptême, il aura le dernier mot.
Pour Dieu son trésor, c’est nous, parce qu’il venir habite en
nous et veut nous faire grandir à l’image de son Fils. Nous sommes ses perles.
Dans l’apocalypse les 12 portes de la nouvelle Jérusalem sont constituées de 12
perles. Que faire pour que le Seigneur agisse en nous et par nous?
« Nous savons seulement que notre don de soi est nécessaire. Apprenons à
nous reposer dans la tendresse des bras du Père, au cœur de notre dévouement
créatif et généreux. Avançons, engageons-nous à fond, mais laissons-le rendre
féconds nos efforts comme bon lui semble. », disait le Pape François dans la Joie de l’Evangile.
Vierge et Mère Marie, Mère
de l’Évangile vivant, source de joie pour les petits, prie pour nous. Amen
dimanche 19 juillet 2026
Qui sème la Zizanie?
19 juil. 2026
16ème dimanche du Temps Ordinaire (semaine IV du Psautier) — Année A
- Première lecture« Après la faute tu accordes la conversion »Sg 12, 13.16-19
- PsaumeToi qui es bon et qui pardonnes,
écoute ma prière, Seigneur.Ps 85 (86), 5-6, 9a... - Deuxième lecture« L’Esprit lui-même intercède par des gémissements inexprimables »Rm 8, 26-27
- Évangile« Laissez-les pousser ensemble jusqu’à la moisson »
La semaine dernière le Seigneur nous a proposé une parabole sur la qualité du sol nécessaire aux grains de blés pour qu’ils puissent produire jusqu’à cent pour un : Production extraordinaire pour l’époque, aujourd’hui normalement c’est 30 à 50 pour un.
Le terrain bien préparé n’est pas encore l’assurance d’une récolte facile. Tout jardinier amateur connaît les mauvaises herbes et les maladies, sans compter les insectes. Le Seigneur parle dans sa parabole de semis sauvages d’un ennemi. Il sème de mauvaises herbes, de l’ivraie. J’aime beaucoup cette parabole, parce qu’on peut tirer des éléments intéressants dans la seule traduction des mots. En grec le mot pour désigner l’ivraie est zizania, zizanie. Semer la zizanie signifie aujourd’hui : « Provoquer une mésentente, une mésintelligence. » Dans les statistiques le terme a connu un regain d’intérêt, voilà encore une expression tirée du monde de l’agriculture. La courbe de la fréquence d’utilisation du mot a été extraordinaire depuis 1974 avec personnage de BD Astérix et en 1978, année de la sortie du film de de Funès, pardonnez ces citations non bibliques…
En latin, on appelait l’ivraie ebriaca herba, l’herbe qui rend ivre… Elle avait la réputation de faire tourner la tête et d’abîmer les récoltes. Effectivement, la bactérie responsable produit une toxine qui s’attaque au cerveau. Les Romains punissaient les semeurs de cette zizanie. Nous sommes en vacances, je peux donc vous dire qu’ elle figure dans un recueil de l’empereur Justinien, le Digeste. Elle est pourtant indigeste. Il y avait deux actions en droit romain pour se défendre des fauteurs de trouble.
L’ivraie La zizanie est très utilisée pour le bétail. Elle peut prêter à sourire pour un autre motif : certaines variétés servent à aménager nos pelouses, toute une perspective de tranquillité et de distraction. Nous penserions à la vie contemplative, mais il ne s’agit pas de se reposer et de ne rien faire, même si le but est le repos en Dieu. La devise des moines est « prière et du travail ».
Nous remarquons que le Seigneur parle encore une fois à la foule comme dimanche dernier, avec seulement une parabole. Dans l’Evangile complet d’aujourd’hui que je vous ai épargné, il donne son explication détaillée aux disciples. Les difficultés de compréhension des Apôtres sont mises en évidence et aussi la nécessité de l’intervention de l’Esprit-Saint pour leur rappeler tout ce que le Seigneur leur avait dit. L’Esprit-Saint donne d’actualiser et de développer la compréhension de la parole, mais il n’invente pas. Il ne peut pas y avoir de nouvel Evangile par une révélation privée. Le Seigneur forme ses Apôtres pour leur futur ministère, même s’ils ne s’en rendent pas compte. Ils auront à répéter ce que le Seigneur leur a dit et actualiser cette parole avec l’aide de l’Esprit.
Dans la conclusion de la parabole, le Seigneur n’y va pas par 4 chemins, il parle du diable, de l’ennemi, des fils du Mauvais, de la moisson qui sera la fin du monde et des anges qui opéreront un discernement final.
Avec la Liturgie, il faut le rappeler, nous disons que Dieu veut que tous les hommes soient sauvés et qu’aucun ne se perde. Cependant Dieu veut de notre part une réponse d’amour libre à son appel. C’est une sorte de quadrature du cercle… dont seul le Seigneur a la clef. Il nous met cependant devant une importante responsabilité. L’ivraie peut avoir des conséquences terribles, elle empêche la moisson et rend malade, elle détruit la capacité de discernement. Nous le voyons dans les guerres d’aujourd’hui et celles d’hier, dans les atteintes volontaires à la vie humaine et à sa dignité du commencement à la fin, nous le voyons dans le quotidien.
Certains proverbes nous interpellent sur les remèdes à apporter pour éliminer l’ivraie : Le mieux est l’ennemi du bien, par exemple. Le pape François a donné un autre exemple : « Ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain ». Quel est l’herbicide humain parfait ? La tentation de la toute-puissance et la perfection technique engendrent aujourd’hui un effet dangereux. Notre humanité doit elle devenir parfaite génétiquement ? De grands savant étaient pourtant handicapés. Un monde matériellement parfait est-il possible et viable ? L’IA aujourd’hui et certains films de fiction habitent notre imagination. Pourrait-on s’extraire de la matière dont nous avons été tirés ? Les amateurs de mondes parallèles peut-être. Faut-il éliminer le mal à tout prix ?
Or le Seigneur nous demande au contraire d’accepter de continuer de vivre au cœur d’un environnement imparfait, de frères et sœurs qui ne le sont pas. Surtout, il nous demande non pas d’accepter que nous-mêmes sommes définitivement imparfaits, mais de croire qu’il est capable de nous faire don de sa miséricorde où que nous soyons et où que nous en soyons personnellement. Viser à obtenir un monde parfait sans le Christ c’est exclure la révélation et la miséricorde. Le pape François avait une grande estime pour le sacrement de réconciliation, pour lui-même et pour le donner. Il y a donc un champ où nous pouvons et devons faire le ménage: c'est le champ de notre cœur, le seul sur lequel nous puissions intervenir directement. Là aussi, il y a le blé et l'ivraie, et c'est même à partir de là qu'ils se répandent dans le grand champ du monde.
Nous avons fêté la semaine passé Notre-Dame du Mont-Carmel et bien confions-nous à elle, et écoutons son invitation pour aller à la recherche du Seigneur au fond de notre cœur. Amen.
dimanche 12 juillet 2026
Jésus monta dans une barque... Est-ce la mienne?
12 juil. 2026
15ème dimanche du Temps Ordinaire (semaine III du Psautier) — Année A
- Première lecture« La pluie fait germer la terre »Is 55, 10-11
- PsaumeTu visites la terre et tu l’abreuves, Seigneur,
tu bénis les semailles.Ps 64 (65), 10abcd, ... - Deuxième lecture« La création attend avec impatience la révélation des fils de Dieu »Rm 8, 18-23
- Évangile« Le semeur sortit pour semer »Mt 13, 1-23
- Évangile« Le semeur sortit pour semer »Mt 13, 1-9
Jésus était assis au bord de la mer, au bord du lac qu’on appelait la mer de Galilée parce qu’il y faisait frais tout simplement. Le lieu est aussi commode pour s’adresser à une foule par temps calme. Certains disent que la voix est réverbérée par l’eau, ce qui est utile à un orateur. L’eau réagit comme une surface dure, mais l’onde sonore n’est pas de la meilleure qualité si bien qu’il faut tendre l’oreille et réclamer le silence des bavards et autres perturbateurs comme dans les spectacles.
Jésus enseigne et utilise des images simples pour se mettre à la portée de ses auditeurs, mais intentionnellement, il en reste à une énigme et ne donne pas de solution. Il affirme au chapitre précédent, il voulait pourtant des disciples qui soient pour lui des frères et des sœurs, une mère même. La fin de notre Evangile se termine sur une parole curieuse : « Celui qui a des oreilles, qu’il entende ! » Mais que veut dire entendre dans sa bouche ? Entendre peut vouloir dire dans un premier sens percevoir par l’ouïe. Si elle est déficiente, c’est un classique de mettre la main en cornet ou maintenant de trafiquer son téléphone pour augmenter le son de ses aides auditives qui ont des variantes, musique, concert enregistré quand un discours ou une prédication embête, etc… Je me souviens d’une personne qui faisait exprès de faire croire qu’elle n’entendait pas lorsqu’on abordait certains thèmes. On l’avait surnommé « qu’est-ce qui dit ? ». La première raison d’une incompréhension peut être l’acoustique. J’ai lu sur cath.ch qu’une église de Winterthur avait une si mauvaise acoustique qu’on ne comprenait plus les sermons après plusieurs millions de francs de rénovation. Le mot entendre selon d’autres vient du verbe latin intendere, qui signifie « tendre vers » ou « diriger son attention vers ». Pourquoi pas ? Saint Benoît commence sa règle par ces quelques mots : « Ecoute, mon fils, les préceptes de ton Maître, prête-moi l'oreille de ton cœur »
Qu’est-ce que le Seigneur a bien voulu dire ? Pour attirer des disciples normalement il faut des miracles, valoriser ses auditeurs, même leur présenter un paradis facile.
Ca n’est pas le cas. Jésus va donner des explications à ses Apôtres et à eux seuls pour qu’ils transmettent son enseignement.
Que fait Jésus ? il prend une parabole, une comparaison tirée de la terre.
Le semeur a besoin d’un terrain bien préparée et de bonnes conditions climatiques pour que le grain jeté en terre, germe et donne du fruit.
La parole du Seigneur qui entre dans un cœur disponible et bien préparé en produit aussi, ce n’est pas difficile à comprendre même pour moi. Comment lui prêter l’oreille de son cœur ?
Existe-t-il un listing, de ce qu’on doit faire pour bien préparer cette terre-là, c’est-à-dire se disposer soi-même pour accueillir l’Esprit-Saint. Nous avons des signaux. Comme nous fêtions saint Benoît patron de l’Europe, je suis allé me replonger dans sa règle. Au début, il donne un mode d’emploi relativement long qu’il a intitulé de l’outillage des bonnes œuvres. Le mot fait penser aux œuvres de miséricordes qu’aimait beaucoup le pape François. Chez saint Benoît c’est plutôt l’étape qui précède, la remise d’un outillage avec leur mode d’emploi que sont les commandements, à commencer par l’amour de Dieu et du prochain. Chez les moines, il y a une devise ora et labora, prie et travaille. Benoît compare son monastère à un atelier pour bien préparer sa terre… Il compte, tenez-vous bien, 73 outils des bonnes œuvres. Le chek-up final devait prendre bien du temps après une journée de travail aux champs et dans les scriptoriums. Comment ai-je utilisé mes outils matériels et spirituels ? Qui me dira si je l’ai bien fait.
Le Seigneur, dans la partie de l’Evangile que je n’ai pas lue explique en particulier aux Apôtres, le sens de ses comparaisons. Il est mystérieux pour nous de constater sa manière de procéder. Pourquoi ne nous explique-t-il pas à nous tout et tout de suite. Il ne se contente pas de nous dire. Un examen personnel vous suffit. Mais il veut que nous passions par l’explication d’un autre. Pourquoi faut-il passer par les explications d’autres parfois ? Il existe dans l’Eglise, ce qu’on appelle un Magistère. Il a la charge d'interpréter authentiquement la parole de Dieu, transmise ou écrite. Cela ne veut surtout pas dire que nous n’avons rien à discerner, à dire ou à faire, pour que la parole donne du fruit dans notre quotidien. Nous avons été créés avec une liberté. Le Seigneur signale à ses apôtres que certains comprennent moins vite que d’autres et sont moins perméables à l’action de l’Esprit-Saint. Il veut que tous les hommes soient sauvés et qu’aucun ne se perde, nous compris.
Vouloir semer est peut-être un signal que nous avons entendu confusément un appel du Seigneur à transmettre la bonne nouvelle. Soyons y attentifs. Je vous dis cela parce que nos autorités fédérales paraissent dire que les disciples du Christ ne sont plus assez importants pour qu’on donne des dispenses pour le service militaire. Quel mystère au regard de l’histoire de l’Eglise dans ses débuts.
Terminons avec Maurice Zundel. Il dit dans un de ses sermons que « les âmes de bonne volonté seront seules touchées et orientées vers une connaissance plus parfaite du Seigneur. Les âmes de lumière comprendront le sens miséricordieux de cette pédagogie et verront plus loin que les mots. » L’entêtement génère parfois une surdité profonde… Comme en forêt ces jours, notre cœur peut devenir aussi dur et imperméable que du béton. « Seigneur rends-nous doux et humble de cœur, fais-de nous des témoins de ta miséricorde. » O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours avec vous ! Amen.
dimanche 5 juillet 2026
Soignez l'âne du Seigneur pendant vos vacances!
5 juil. 2026
14ème dimanche du Temps Ordinaire (semaine II du Psautier) — Année A
- Première lecture« Voici ton roi qui vient à toi : il est pauvre »Za 9, 9-10
- PsaumeMon Dieu, mon Roi,
je bénirai ton nom toujours et à jamais ! ou : Alléluia !Ps 144 (145), 1-2, 8... - Deuxième lecture« Si, par l’Esprit, vous tuez les agissements de l’homme pécheur, vous...Rm 8, 9.11-13
- Évangile« Je suis doux et humble de cœur »
Chers frères et sœurs,
Le Seigneur nous parle de repos par deux fois. Il nous dit
qu’il est doux et humble de cœur, qu’il ne propose qu’un fardeau léger que peut
transporter un petit âne. Comme vous avez du temps pour regarder la nature,
vous en verrez des noirs, des gris, des tachetés, une oreille levée… ils crient
très fort pour faire peur au loup. Ânes et ânesses sont mentionnées plus de 100
fois dans l’ancien Testament, et une dizaine de fois dans le nouveau. C’est la
monture de Jésus qui entre dans Jérusalem le jour des rameaux. Il prend en
quelque sorte la voiture du pauvre.
Jésus n’est pas un roi qui vient s’imposer par la force. Il
vient en paix à notre rencontre pour dialoguer. Il a pourtant un message dont
l’Evangile ne nous cache pas l’importance. « Tout m’a été remis par mon
Père ; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le
Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler. » Connaître
Dieu, c’est être comme lui. Le Fils nous révèle le Père, il veut nous faire
devenir comme Lui, dans le sens de parvenir à une communion avec lui. Il opère
un dévoilement, une révélation. L’évangile utilise le mot grec apokalupsai
dont est tiré le nom de l’apocalypse.
Il nous propose donc une transformation pour devenir comme
lui et pour voir perpétuellement son Père. Il vient nous transformer, mais pas
nous contraindre à entrer dans un moule. Oui, il veut que sa domination
s’étende d’une mer à l’autre. Mais il vient l’établir par un dialogue et nous
donner son Esprit. Il vient nous transformer de l’intérieur parce qu’il
respecte notre liberté. Un vrai mariage
nécessite un échange de consentements libres et sans contrainte.
Le Seigneur vient établir un dialogue de liberté à liberté,
mais où nous sommes au plus profond de nous-mêmes ses créatures, capables de
Dieu selon la formule, mais en croissance et appelées à faire des choix pour
lui. L’insistance est grande dans les enseignements du pape Léon sur les
questionnements autour de l’intelligence artificielle. Son encyclique commence
par ces mots : « La magnifique humanité créée par Dieu se trouve
aujourd’hui face à un choix décisif ». La rencontre avec Dieu n’est pas un transfert
de données, et il ne s’agit pas de questions dont les réponses sont formulées
par un intelligence artificielle qui nous les dicte, mais d’une croissance humaine
dans l’amour, de personne à personne. Le Seigneur conclut : « Oui,
mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. », ce qui signifie qu’il
ne nous demande pas comme les pharisiens et les scribes de son temps d’être de
fins connaisseurs d’une casuistique, de couper les cheveux en quatre pour être
en règle, de l’extérieur. Il nous invite à une transformation intérieure du
coeur. « Je suis doux et humble de cœur ». Deux personnes qui
s’aiment vraiment finissent dit-on par se ressembler.
Quels sont nos moyens ? Ceux qui nous sont proposés
pendant les vacances, vous les connaissez, un peu de lecture de l’Ecriture
puisqu’on a le temps, faire un retour tranquille sur ce qu’a été notre parcours
pendant l’année, y compris avec le Seigneur. Surtout n’oublions pas les
rencontres. C’est le moment de mettre en forme des projets et de demander
l’aide du Saint-Esprit. Demandez-lui de bonnes idées, même en prenant une bière
sous un parasol me disait quelqu’un l’autre jour. Vous avez suffisamment de
livre de spiritualité à disposition, papier ou électroniques. Dans les thèmes d’actualité, l’intelligence
artificielle occupe une place importante. Comment être disciples du Christ
aujourd’hui ? Comment trouver de bonnes méthodes pour vivre ensemble.
Sur la toile j’ai trouvé au moins 30 livres de spiritualité chrétienne pour
l’été en 2 clics de souris. Sans aller au bout du monde, il y a suffisamment
d’église à visiter avec l’avantage d’y être un moment au frais… Il faut des
arguments de vente.
Un moment avec soi-même, un moment en famille, un moment avec
des amis, de la détente et du repos, je ne vous donne pas de conseils.
Il y a tout
un passage sur Marie dans l’encyclique du pape Léon. Terminons avec ses
quelques mots : Avec la même foi que Marie, devenons des tisseurs
d’espérance dans notre monde, en partageant ce que nous sommes et ce que nous
avons, afin que la présence de Jésus grandisse au milieu de nous et que son
Royaume prenne forme. Amen
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dimanche 28 juin 2026
En est-il digne?
En union de prières pour Mgr Gérard Daucourt touché dans sa santé.
28 juin 2026
13ème dimanche du Temps Ordinaire (semaine I du Psautier) — Année A
- Première lecture« Celui qui s’arrête chez nous est un saint homme de Dieu »2 R 4, 8-11.14-16a
- PsaumeTon amour, Seigneur,
sans fin je le chante !Ps 88 (89), 2-3, 16-... - Deuxième lectureUnis, par le baptême, à la mort et à la résurrection du ChristRm 6, 3-4.8-11
- Évangile« Celui qui ne prend pas sa croix n’est pas digne de moi. Qui vous acc...Mt 10, 37-42
Chers frères et chers amis,
En ce chaud dimanche, nous pouvons après nos lectures, nous interroger sur ce que peut bien vouloir dire le Seigneur avec un catalogue d’exigences qui ne peuvent que nous troubler, surtout lorsque nous les rencontrons dans le vrai sur nos chemins de vie.
Que signifie être digne ? Nous n’allons pas faire l’inventaire de définitions, surtout par ces températures. L’une d’entre elles qui sonne bien est celle-ci : Être à la hauteur de quelque chose ou de quelqu’un, mériter. Cela se calcule en fonction des finances aujourd’hui, ou de l’appartenance à une catégorie sociale. Comme Mgr Daucourt avait été à la section orientale de la promotion pour l’unité des chrétiens à Rome, cela légitime l’utilisation d’un mot grec. Il s’agit du mot axios dans notre texte. Le Seigneur l’utilise à trois reprises. Il veut tout et il faut tout lui donner pour être comme lui parce qu’il se donne totalement à nous et à son Père. Seigneur tu exagères. L’amour exagère toujours. Dieu nous donne d’exister et d’agir par nous-mêmes. Une intelligence artificielle n’a pas de dignité.
Axios est le terme le plus courant pour exprimer qu'une personne est digne ou méritante, capable d’agir avec le Seigneur. Ce mot est employé dans l'acclamation liturgique orthodoxe lors des ordinations. En est-il digne ? Demande-t-on à propos du candidat. Et l’assemblée approuve. Oui il en est digne. Chez les latins c’est celui qui présente le candidat qui répond.
Au fil des années, tous les anciens candidats, s’interrogent eux-mêmes sur ce sujet et sur la galère où ils ont embarqué, comme Pierre que nous fêtons demain. Donner son oui tous les jours, c’est une autre affaire, comme transformer un tir en but. Le foot mérite une salutation.
Vous me permettez un jeu de mot et un rapprochement. En lisant le mot grec axios, je me suis demandé s’il y avait un rapport avec le mot axe. Lui vient du latin Axis : ἄξων (akon), de ἄγων, pousser, tourner. Nous pourrions penser à la vis d’un pressoir et nous demander Seigneur qu’est-ce que tu nous demandes ? Il s’agit quasiment de tout lui sacrifier comme il s’est donné lui-même. Il nous demande de le préférer à tout.
Ce sacrifice n’est toutefois pas une négation, un anéantissement, mais il donne un sens à tout ce que nous vivons. Il est donateur de vie et dispensateur de joie. Il s’agit de l’axe grâce auquel il nous fait rouler pour annoncer la Bonne Nouvelle. Etre digne de lui, c’est avancer avec ce véhicule. Aimer il nous demande de ne pas le faire tout seul, mais avec lui. Il nous demande de mêler du divin à notre amour. L’amour de Dieu mêlé au nôtre n’est pas simplement un agent conservateur, mais un multiplicateur, comme à Cana. Il change notre eau ou notre modeste tentative de vinification en un grand cru. Je me souviens d’un test avec le raisin de ma vigne grimpante, ça n’a pas été fabuleux. Le Seigneur est capable de miracles avec notre piquette.
La première lecture nous permet de nous interroger sur notre accueil. Nous avons une leçon d’hospitalité orientale : Suis-je capable de discerner dans celui qui me visite, un messager du Seigneur ? Le cadeau d’Elisée, un enfant pour cette femme est remarquable et nous fait penser à Elisabeth et Zacharie. Et aussi à Sarah qui avait ri… Les plus anciens sont capables de transmettre la joie de l’Evangile. Fréquemment on nous dit que nous appartenons à une Eglise vieillissante. Pourtant les Ecritures nous enseignent que nous sommes capables d’annoncer la Bonne Nouvelle à nos âges respectifs. Mercredi je suis allé célébrer dans le home à Courgenay. Il y faisait bon frais et ils y étaient très attentifs. Vous êtes en meilleur situation physique, mais ne pourriez-vous pas vous poser cette banale question : est-ce que je n’arriverais pas à transmettre une Bonne Nouvelle aux plus jeunes, à rouler pour le Seigneur sur l’axe et les roues de mes bonnes idées et des siennes. Vous ne portez pas que des médailles Bene Merenti, vous êtes des porteurs de la joie de l’Evangile. Celui qui donnera à boire, même un simple verre d’eau fraîche ne perdra pas sa récompense et celui qui en apportera un non plus, surtout en cette période de sécheresse. Y a-t-il des sourciers spirituels parmi vous ? Le Seigneur est en panne de messagers.
« Qui vous accueille m’accueille ; et qui m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé. »
Je crois que cela suffit.
Je conclu avec une Hymne à la Mère de Dieu particulièrement célèbre dans la liturgie byzantine :
Il est digne, en vérité, de te célébrer, ô Mère de Dieu, toujours bienheureuse et toute-immaculée, et mère de notre Dieu. Toi, plus vénérable que les Chérubins, et incomparablement plus glorieuse que les Séraphins, qui sans corruption enfantas Dieu le Verbe, toi, véritablement Mère de Dieu, nous te magnifions. Amen.
dimanche 14 juin 2026
Appel des douze et envoi en mission
14 juin 2026
11ème dimanche du Temps Ordinaire (semaine III du Psautier) — Année A
- Première lecture« Vous serez pour moi un royaume de prêtres, une nation sainte »Ex 19, 2-6a
- PsaumeIl nous a faits, et nous sommes à lui,
nous, son peuple, son troupeau.Ps 99 (100), 1-2, 3,... - Deuxième lecture« Si nous avons été réconciliés par la mort du Fils, à plus forte rai...Rm 5, 6-11
- Évangile« Jésus appela ses douze disciples et les envoya en mission »Mt 9, 36 – 10, 8
Intro
Le Seigneur envoie ses disciples prêcher pour la première fois. Il les envoie vers les brebis perdues de la maison d’Israël. La question majeure pourrait être celle-ci, sommes-nous des brebis perdues ? Le Seigneur veut nous rejoindre où que nous soyons.
En juin 2026, nous sommes invités à prier pour les valeurs du sport, le slowup et le foot nous le rappelle. Mais les intéressés ont déjà oublié la soirée d’hier, Bibracte et Alésia connais pas (un match nul c’est Alésia). Juin est avant tout le mois du Sacré-Cœur. Nous fêtions vendredi la solennité du Sacré-Cœur de Jésus et hier c’était le Cœur Immaculé de Marie. Le samedi lui est d’ailleurs habituellement consacré dans la liturgie. C’est la raison pour laquelle Marie est célébrée régulièrement dans les sanctuaires et les communautés le matin de ce jour-là durant l’année.

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