- Première lecture « Dieu l’a fait Seigneur et Christ » Ac 2, 14a.36-41
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Psaume
Le Seigneur est mon berger :
rien ne saurait me manquer.
ou : Alléluia ! Ps 22 (23), 1-2ab, 2... - Deuxième lecture « Vous êtes retournés vers le berger de vos âmes » 1 P 2, 20b-25
- Évangile « Je suis la porte des brebis » Jn 10, 1-10
Chers Frères et Sœurs, chers amis,
Le Seigneur dans l’Evangile se présente comme le « bon
berger ». Ce thème du berger est bien connu dans les Ecritures et fait
certainement d’abord référence à David, le jeune homme que Dieu était allé
chercher derrière son troupeau pour devenir roi d’Israël. Les références ne
manquent pas d’Abel le juste à Abraham et Isaac, Jacob, Moïse. Nous gardons
encore en Eglise un peu de ce langage avec la pastorale justement.
Ce passage de l’Evangile de saint Jean se déroule dans un
contexte conflictuel avec les pharisiens. Le Seigneur fait un mystérieux
rapprochement. A propos de cette bergerie, il mentionne un portier qui ouvre la
porte au berger. Saint Augustin en commentant
ce passage réfléchit à plusieurs options. La bergerie est le peuple de Dieu,
les pharisiens et responsables religieux sont les portiers. Ici ils sont sourds
à l’appel. Le Seigneur devient la porte. Le Saint-Esprit, le portier qui
l’ouvre. Nous pouvons sans peine faire un rapprochement sur un autre plan, personnel,
avec notre cœur, notre propre conscience et notre discernement qui nous rendent
sensible à l’appel du Seigneur.
Il frappe ! Alors qui est ce pasteur et que
veut-il ? « Quel pasteur, en effet, appelle ses brebis par leur nom,
et les conduit de ce monde jusqu’à la vie éternelle ? ». Le Seigneur à
coup sûr il nous a créés pour entrer en communion avec nous et il nous parle au
coeur. Nous avons tous une vocation, un appel à le suivre.
Le pape Léon nous a
donné un message pour la journée mondiale des vocations. Il en est de
nombreuses dans l’Eglise, mais les vocations sacerdotales et religieuses ainsi
qu’une réponse positive ont une grande importance. Je crois qu’à Moutier nous
en sommes conscient.
Il nous y dit notamment que « Dans l’Évangile de Jean,
Jésus se définit littéralement comme le “beau berger” (ὁ ποιμὴν ὁ καλός) ( Jn
10, 11). Cette expression désigne un berger parfait, authentique, exemplaire,
car il est prêt à donner sa vie pour ses brebis, manifestant ainsi l’amour de
Dieu. » J’ai été surpris par l’utilisation du mot « beau » à la
place de « bon » : le bon berger. Le grec kalos est
traduit par beau ou bon. En français, nous avons dans l’oreille le
« bon » maître. Mais c’est agathos qui est utilisé. Jésus dit avec ce
mot, dans ce contexte-là que Dieu seul est bon. La Bible des Septante utilise
le mot καλὸν lorsqu’elle traduit l’arbre de la connaissance du bien et du mal.
C’est tov en hébreu. Nous retrouvons derrière ces 2 mots en grec un idéal de l’antiquité
Kalos kagathos , littéralement : « bel et bon ». Il s’agissait d’un idéal d'harmonie de corps
et d'esprit dont l'athlète grec aurait été le modèle. Vous aurez remarqué que
le bon berger a été mentionné dans le verset de l’alléluia, mais pas dans
l’Evangile pourtant il suit bien le passage lu. Lire l’Ecriture est passionnant,
et c’est toujours une véritable enquête qui nous dévoile des trésors. Je vous
laisse poursuivre par vous-mêmes, mais ni perdons pas notre latin… Surtout
n’oublions pas que le plus important est notre frère et notre sœur : Nous
avons aussi un voix intérieure, un instinct spirituel qui nous guide et doit
être éclairé.
Le Seigneur ne se laisse pas arrêter par les portes du
Cénacle à la résurrection. Elles sont closes par peur des Juifs et voilà qu’il
est là. L’Esprit va faire ouvrir toute grande à la Pentecôte celles du Cénacle.
Si vous me permettez, il y a aussi là une relation avec la Vierge Marie. Les 3
étoiles sur son vêtement signifient Vierge, avant, pendant et après
l’enfantement. Ce qui est impossible sans une action de Dieu. Il n’y a pas
besoin d’être médecin pour poser cette affirmation.
Le berger a donc ouvert et reconnu le chemin par sa mort, sa
descente aux enfers et sa résurrection. Il protège et défend ses brebis. Elles
doivent grandir, selon un idéal de bonté et de beauté évangélique, à l’image de
leur pasteur. Il ne s’agit pas de rester un de ces petits agneaux qui vous font
craquer au printemps. Ils devraient tout le temps rester ainsi. La clef de
notre croissance est la charité. Si la production de laine est problématique en
Suisse, le Seigneur veut valoriser les produits de notre charité pour le
royaume.
Le Seigneur et l’Esprit veulent que ses disciples grandissent
à son image pour entrer dans le royaume et ressusciter. Ce qui n’est pas
confortable, je crois que nous ne nous faisons pas d’illusions. Mais lui est
là, il est notre gardien. Il nous conduit vers notre nouvelle naissance. Elle a
commencé par notre baptême. Sa résurrection est déjà en nous. Chaque année par
la liturgie, il vient nous le rappeler pour nous inviter à la confiance et nous
rassurer. Nous le rencontrons dans son Eglise par les sacrements, la méditation
des Ecritures, et des frères pour nous accompagner. Il est le bon et le beau
berger qui veille toujours à la porte de notre coeur et nous aide dans nos
discernements.
« Le Seigneur de la vie nous connaît et éclaire notre cœur de
son regard d’amour » dit le pape Léon dans son message. Il nous accompagne dans
nos choix et les missions qu’il nous donne, pour nous-même, nos familles, dans
la société et l’Eglise. « Toute vocation, dit-il, ne peut que commencer
par la conscience et l’expérience d’un Dieu qui est Amour (cf. 1 Jn 4, 16) : Il
nous connaît profondément, il a compté les cheveux de notre tête (cf. Mt 10,
30) (et ceux que nous avons déjà perdu) et il a pensé pour chacun un chemin
unique de sainteté et de service. »
Les appels et vocations au service de l’ Eglise, en
particulier, le sacerdoce et la vie religieuse sont particulièrement importants
aujourd’hui. Nous ne prions pas, seulement aujourd’hui, pour les vocations. Je
vous rappelle que le service romand des vocations nous a communiqué que
2026 et 2027 est une année de prière pour les vocations. Je vous laisse
consulter leur site. Une vocation naît dans le cœur de la personne. C’est le
rôle de la famille et de la communauté de l’accompagner et de l’aider à mûrir. Ne
l’oubliez pas. Le réservoir de prêtres s’amenuise. La communauté a besoin de
bergers pour célébrer et poursuivre sa marche.
Reine du ciel, réjouis-toi ! Alléluia !