20 sept. 2026
25ème dimanche du Temps Ordinaire (semaine I du Psautier) — Année A
Chers Frères et Sœurs,
Parabole d’espérance et de miséricorde pour chacun en ce dimanche de reprise quasi officiel du labeur. Le patron qu’est le Seigneur embauche des journaliers, il ne s’agit pas d’un contrat pour une année ou 6 mois et avec des garanties de reconduction.
Cette journée, nous pouvons la considérer plutôt comme représentant notre vie qui paraît toujours s’écouler trop vite. Quel peut donc être ce salaire et notre récompense ? Plus le tapis de notre vie se tisse, plus elle se raccourcit dans le temps, plus la question est brûlante. Parfois surgit une prise de conscience d’une urgence, avec des étapes de grâces. Thérèse d’Avila, avait d’abord été interpellée par le décès de sa maman à 14 ans. Après presque 20 ans de Carmel, ce fut une interpellation des confessions de saint Augustin et une représentation d’un Christ couvert de plaies qui marquèrent sa vocation d’union au Christ et sa mission. Tous les saints ont découvert que leur vocation était d’aimer et de se laisser aimer par le Christ. Mais dans quel but ? Le Christ crucifié attire-t-il aujourd’hui ? Fait-il trop peur ? Pouvons-nous comprendre ? Impossible sans la grâce et la perception du mystère de la résurrection. Durant les semaines du Vorbourg, nous sont proposées chaque année, deux lieux de méditations qui interpellent, la Croix glorieuse et Notre-Dame de Compassion. Les lectures patristiques de l’office des lectures n’étaient pas facile non plus, Augustin nous a rappelé que nous avons tous à vivre le mystère du Christ innocent, flagellé, crucifié pour ressusciter avec lui.
Si vous me permettez une image, et un deuxième exemple. La nouvelle férule du pape Léon me parle. A la différence de celle de Saint Paul VI, elle unit symboliquement la mission d’annoncer le mystère d’amour exprimé par le Christ sur la croix, à sa manifestation glorieuse dans la résurrection. Il y a une relation avec le crucifix de Saint Damien qui insiste sur la résurrection. Le Christ d’une des férules offertes au pape François était analogue.
La question fondamentale est donc celle du sens et la réponse se trouve dans la résurrection. Oui, mais la résurrection, qu’est-ce que c’est ? Si une approche bien construite vous intéresse je vous signale un petit ouvrage récent qui m’a fait du bien par le Père Elie Collin, « La vie du monde à venir. » L’effort nécessaire est récompensé comme après une escalade. « Sans résurrection de nos corps, dit-il, nous ne serions pas hommes, au sens plein du mot, au ciel. » Notre âme ne peut être seule concernée dans la vision de Dieu. Elle nous permettra d’être totalement saisi par lui.
Nous cheminons dans la foi… et parfois c’est très dur, mais il est là. Le Seigneur nous dit dans sa parabole « que notre vie a une valeur et qu'il désire nous aider à la découvrir. » Cette valeur, c’est lui-même présent en nous, mais pas de manière statique, il est en croissance en nous, avec nous. Le Royaume est en croissance en nous. Une des questions que nous nous posons devant tout ce travail d’une vie est : Pourquoi continuer ou commencer à travailler immédiatement ? Si la rémunération est la même, pourquoi travailler plus ? Saint Augustin répondait : « Pourquoi donc tardes-tu à suivre celui qui t’appelle, alors que tu es sûr de la rémunération mais incertain du jour ? » Du courage, il en faut pour avancer et travailler avec lui et pour lui. Qu’il soit là demain ou dans 10 ans, 20 et plus, ce qui l’intéresse c’est l’amour que tu lui portes. Nous serons aimés sans mesure mais à la mesure de notre amour. Le Seigneur ne nous demande pas les performances réelles mais aussi trompeuses d’une intelligence artificielle avec ses simulacres et ses réponses flatteuses. Il nous veut nous, comme personnes, comme vivants, comme aimants, amoureux. Il nous demande d’annoncer la Bonne Nouvelle, non pas à des tétraoctets, mais à ceux qui sont autour de nous, par la parole et notre témoignage de vie. Il ne s’agit pas de faire plaisir aux statisticiens sur les bonnes nouvelles des baptêmes d’adultes.
Pour les anciens comment ne pouvons-nous pas être sensibles aux paroles de Saint Paul : « Pour moi, vivre c’est le Christ, je désire partir pour être avec lui et mourir est un avantage. Mais si j’arrive à faire un travail utile, à cause de vous, demeurer en ce monde est encore plus nécessaire. » Nous sommes aussi des ouvriers de la dernière heure de cette façon là. Les saints sont des lumières sur notre chemin, mais c’est nous qui sommes avant tout concernés maintenant et appelés à la sainteté.
"C'est pour la liberté que le Christ nous a libérés" et il nous a libérés pour nous embaucher, pas pour ne rien faire. Un instrument des bonnes œuvres chez saint Benoît est de ne rien préférer à l'amour du Christ. L’amour du Christ, c’est la clef. S’il veut parce qu’il t’aime que tu te consacres à la prière près de lui et bien prie. Et si tu es tellement mal que tu n’y arrives pas et bien offre ce que tu vis ou demande-lui de le prendre et de l’offrir à son Père.
Les fêtes du Vorbourg se terminent aujourd’hui. Demandons à Notre-Dame de continuer à protéger notre pays, nos familles et chacun d’entre nous. Notre-Dame du Carmel et Notre-Dame du Vorbourg, priez pour nous. Amen.
