7 juin 2026 10ème dimanche du Temps Ordinaire (semaine II du Psautier) — Année A
Lectures de la messe
Intro
Ce 10ème dimanche du temps ordinaire et 1er Dimanche en vert nous conduit sur les chemins de la miséricorde à la rencontre du Seigneur. Le thème nous est cher et familier, tant les papes Jean-Paul II et François ont insisté sur cette question. Nous en avons besoin tant pour nous, personnellement, que communautairement, en Eglise. Vous avez entendu que le pape Léon s’est rendu visite en Espagne. Il a longuement parlé aux autorités qui l’accueillaient de la spiritualité du carmel avec Jean de la Croix et Thérèse d’Avila. Leur passion pour le mystère divin a fait d’eux des amis. Leur mystique est une mystique « des yeux ouverts », c’est-à-dire qu’elle n’est pas étrangère à l’histoire. Au contraire, elle nous conduit à la racine des questions, au cœur de la réalité.
Nous allons recevoir ici à Develier une visiteuse de marque venant du Carmel de Dijon, sainte Elisabeth de la Trinité. Elle vient aussi nous partager son expérience spirituelle de carmélite et nous inviter à ouvrir l’oreille de notre cœur, et les yeux de notre foi.
Homélie
« Je
veux la miséricorde, non le sacrifice. En effet, je ne suis pas venu appeler
des justes, mais des pécheurs. »
Chers frères
et sœurs
Les thèmes
d’aujourd’hui et l’Evangile nous sont
familiers. Mais n’y sommes-nous pas un peu trop habitués ? L’office des
lectures a commencé par ces mots d’un évêque et martyr adressés à l’Eglise de Rome :
« Ignace, appelé aussi Théophore (Porte-Dieu), à l'Église, qui a obtenu
miséricorde par la magnificence, du Père très-haut et de Jésus Christ, son Fils
unique. »
L’Eglise de
Rome a commencée par un cadeau, celui de la miséricorde venue par la
magnificence, la grandeur, la majesté du
Père Très-Haut et de Jésus-Christ, son Fils unique. La miséricorde nous vient
du cœur de la Trinité : De l’échange et du don d’amour du Père, dans
l’Esprit qui peut nous être transmis par le sacrifice de Jésus. L’Esprit répandu vient nous rendre capable de
participer au mystère de la Trinité. Il a saisi le cœur d’Elisabeth pour la
transformer. Elle a pris dans son nom de Carmélite, ce mystère. Toutes nos
sœurs ont une noble particule spirituelle.
Le Seigneur
avait fait comprendre à Pierre au soir du Jeudi Saint la nécessité d’une
purification venant de lui : « Si je ne te lave pas, tu n’auras pas
de part avec moi. ». Devant sa réaction, il l’a rassuré, mais en même temps
avec l’exemple de Juda, il a mis ses Apôtres en garde de ne pas se prendre pour
Dieu, de ne pas s’établir en juges du mystère divin et de la miséricorde
divine. Il y a un secret entre Dieu et les âmes de chacun d’entre nous. Les pharisiens s’étaient portés juges de ce
qu’accomplissait le Seigneur durant son ministère.
La
miséricorde passe aussi par le service du lavement des pieds que nous nous
rendons les uns aux autres, par ce travail de l’amour qui nous vient du
Seigneur. Nous nous disons parfois qu’il pourrait nous transformer par sa grâce
sans nous faire franchir des étapes qui nous font pousser bien des soupirs.
« Je veux la fidélité, non le sacrifice, la connaissance de Dieu plus que
les holocaustes. » La connaissance de Dieu, n’est pas qu’une affaire de concept, mais bien de vie avec le Christ, en
mettant en pratique ce qu’il demande. La formule du pape François reprise par
son successeur hier à Madrid, a du juste : « la réalité est supérieure à
l’idée ». Le Christ ne peut naître et grandir en nous que par la réalité, le
vécu. C’est son mode de de connaissance privilégié. Nous pourrions faire un jeu
de mot avec naissance et connaissance. En rester à une connaissance
intellectuelle, fais de nous des pharisiens qui pensent mettre la main sur
Dieu.
Saint Paul
prend l’exemple d’Abraham pour nous demander de persévérer d’espérer contre
toute espérance : « Devant la promesse de Dieu, il n’hésita pas, il
ne manqua pas de foi. » « Il est devenu le père d’un grand nombre de
nations. »
Les saints
héritent de ce type de maternité ou de paternité spirituelle. Fréquemment, nous sommes d’abord intéressés
par les miracles retenus lorsqu’il y a de nouveaux saints et bienheureux dans
l’Eglise.
En raison
des circonstances, vous me permettez de rappeler ceux retenus pour Elisabeth. Le premier concerne un
cistercien, Dom Jean Chanut, moine de
l’Abbaye de Cîteaux avait été guéri en 1943 d’une tuberculose des reins. Il est
devenu Abbé de cette Abbaye, puis est décédé en Afrique en 1980. Notre
carmélite a été bienveillante envers un pratiquant de la règle de saint Benoît.
Il n’y a pas que Cluny en Bourgogne… La charité du Carmel englobe les fils de
Saint Benoît.
Le deuxième
miracle concerne une professeur de religion atteinte d’une maladie orpheline, elle
a été guérie sur le parking du Carmel le 2 avril 2002. Comme quoi nous
pourrions aussi y être exaucé !
Les écrits d’Elisabeth ( prières, poésies et
lettres) nécessitent pour les approcher de les parcourir tranquillement chez
soi, il ne s’agit pas de faire de la lecture à grande vitesse. Elle était
pianiste de grande qualité. Laissez résonner la musique de ses mots en vous. Ce
sont de belles lectures de vacances. Les tempéraments et les styles sont
différents au Carmel, mais Dieu joue juste de tous ses instruments et les
accorde constamment à son fils.
Pour la vie
de l’Eglise le miracle le plus important est celui de la miséricorde du
Seigneur. Elle lui permet et nous permet de grandir, d’accueillir le don de la
foi, de vivre dans l’espérance et la charité.
Nous allons
conclure avec le début de la prière de
Sainte Elisabeth à la Trinité, la très très très sainte Trinité comme le disait
Saint Jean-Paul II .
O mon Dieu, Trinité que j’adore,
aidez-moi à m’oublier entièrement
pour m’établir en vous, immobile et paisible
comme si déjà mon âme était dans l’éternité!
Que rien ne puisse troubler ma paix ni me faire sortir
de Vous,
ô mon Immuable, mais que chaque minute m’emporte
plus loin dans la profondeur de votre Mystère.
Pacifiez mon âme, faites-en votre ciel,
votre demeure aimée et le lieu de votre repos;
que je ne vous y laisse jamais seul,
mais que je sois là tout entière,
tout éveillée en ma foi, tout adorante,
toute livrée à votre action créatrice.
Notre-Dame du Mont-Carmel : priez pour
nous ! Amen.