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jeudi 25 février 2021

C'est le Carême

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Notes pour la 1ère semaine de Carême

"Combien plus votre Père qui est aux cieux donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui les lui demandent !." Le Père nous exauce et répond à cette prière. La liturgie nous a déjà offert le Notre Père dans l’Évangile de mardi. La conversion nous y sommes particulièrement invités par le Seigneur lorsqu’il nous propose la fameuse règle d’or : « Donc, tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous, faites-le pour eux aussi. »  La reine Esther dans la première lecture nous a donné un bel exemple de jeûne et de prière pour sauver son Peuple.

Notre premier réflexe en pensant au carême est de nous dire pourquoi encore le carême, est-ce que ce n’est pas déjà assez difficile comme ça après une année pareille. Pour nous, c’est un temps où l’on se rapproche de Dieu. C’est le moment de faire une halte dans notre vie pour le rencontrer.

Le mot de carême vient du latin quadragesima (dies) : quarantième (jour). En ancien français, on écrivait quaresme. On devrait même plutôt dire : la carême, comme en italien et en espagnol. Il est vrai qu’on préfère le mettre au masculin, même le Covid en dépit des efforts de l’académie a de la peine à passer au féminin. Autrefois, on employait aussi le terme de sainte quarantaine pour désigner le carême. Pour les maladies, ne parle-t-on pas de mise en quarantaine.

Quarante est un chiffre qui revient fréquemment dans la Bible, plus de 90 fois. On nous dit que c’est le nombre le plus utilisé dans la Bible, c’est le nombre de la foi : c’est le temps de l’épreuve, le temps qu’il faut pour approcher Dieu, se convertir et faire appel à sa miséricorde. Il fait référence aux 40 ans que le peuple hébreu a passé dans le désert mais aussi 40 jours que Jésus a passé dans ce même désert. Aux 40 jours et quarante nuits que Noé passe dans son arche. Nous avons aussi entendu la prophétie de Jonas. « Encore quarante jours, et Ninive sera détruite ! »

Pour nous, c’est donc un temps d’approfondissement du sens de notre baptême et de notre vie avec le Seigneur. On se retrouve avec soi-même mais en portant les autres dans son cœur et pas seulement avec de bonnes intentions. Notre conversion peut prendre diverses formes. Par exemple, Mgr Gmür vient de nous commenter la tenture de l’action de carême de cette année en disant que l’artiste a tissé les contours d’un pied cassé avec des éléments végétaux pour créer un tableau qui nous amène à méditer sur la question de la justice et sur la façon dont nous pouvons vivre ensemble, réconciliés avec nos semblables et avec la nature. Délicate et très curieuse illustration à commenter et à apprécier, mais personne n'est dispensé de méditer sur la justice, le vivre ensemble avec nos frères et notre monde.

Pour nous aider nous avons aussi le message du pape pour ce Carême : C’est un temps pour renouveler notre foi, notre espérance et notre charité. 1. La foi nous appelle à accueillir la Vérité et à en devenir des témoins, devant Dieu et devant tous nos frères et sœurs. 2. L’espérance, comme “eau vive” qui nous permet de continuer notre chemin 3. La charité, quand nous la vivons à la manière du Christ, dans l’attention et la compassion à l’égard de chacun, est la plus haute expression de notre foi et de notre espérance.

Chers frères et sœurs, chaque étape de la vie est un temps pour croire, espérer et aimer. Que cet appel à vivre le Carême comme un chemin de conversion, de prière et de partage, nous aide à revisiter, dans notre mémoire communautaire et personnelle, la foi qui vient du Christ vivant, l’espérance qui est dans le souffle de l’Esprit et l’amour dont la source inépuisable est le cœur miséricordieux du Père.

Que Marie, Mère du Sauveur, fidèle au pied de la croix et au cœur de l’Eglise, nous soutienne par sa présence prévenante et que la bénédiction du Ressuscité nous accompagne dans ce chemin vers la lumière de Pâques. 

Salut, Reine des cieux,

salut, Reine des anges,

salut, tige féconde, salut, porte du ciel !

Par toi la lumière s'est levée sur le monde.

Réjouis-toi, Vierge glorieuse,

belle entre toutes les femmes !

Salut, splendeur radieuse :

implore le Christ pour nous.

mardi 16 avril 2019

Pourquoi ne pas bénir nous aussi les oeufs à Pâques?


Ils sont si beaux ces oeufs de toutes les couleurs! Les oeufs n'étaient pas consommés durant tout le carême autrefois et conservés, puis utilisés à Pâques.  Traditionnellement ils étaient peints en rouge pour symboliser la Passion du Christ. Que se passe-t-il lorsqu'on les pèle? C'est le blanc de la résurrection.

Une légende pieuse rapporte par contre que Sainte Marie-Madeleine présenta un oeuf à Tibère et qu'il se teignit en route. Nous avons le choix.

Le directoire de la piété populaire mentionne la bénédiction des oeufs le jour de Pâques N° 150 :

La bénédiction de la table familiale

La liturgie pascale est marquée tout entière par la nouveauté: de fait, nouvelle est alors la nature, puisque, dans l’hémisphère nord, la solennité de Pâques coïncide avec le réveil du printemps; nouveaux sont le feu et l’eau; et nouveaux sont les cœurs des chrétiens, renouvelés par le sacrement de Pénitence, et comme cela est de bonne augure, par les sacrements de l’Initiation chrétienne; nouvelle, en quelque sorte, est aussi l’Eucharistie: tous ces éléments et ces signes sensibles évoquent et transmettent la vie nouvelle inaugurée par le Christ dans sa résurrection.

Parmi les pieux exercices qui sont liés à l’événement pascal, il convient de citer la traditionnelle bénédiction des œufs, qui est un symbole de la vie, et la bénédiction de la table familiale; cette dernière est une coutume traditionnelle et quotidienne dans de nombreuses familles chrétiennes, qu’il convient d’encourager; de plus, le jour de Pâques, elle revêt une signification toute particulière: le chef de famille, ou un autre membre de la communauté domestique, bénit le repas de fête en employant l’eau qui a été bénite durant la Vigile pascale, et que les fidèles ont rapportée dans leurs demeures en louant le Seigneur.

L’œuf de Pâques fait partie des symboles que certaines Églises d’Orient utilisent pour les festivités pascales. Les premiers chrétiens ont choisi l’œuf comme symbole de la résurrection du Christ et teignaient les œufs en rouge pour rappeler sa crucifixion.
On y voit un très beau signe de la vie qui éclate au grand jour en ce début du printemps pascal. De façon allégorique, on parle de la coquille de l’œuf comme étant le tombeau du Christ, d’où il est sorti vivant comme l’oisillon le fera aux beaux jours de mai.

Nouveau Rituel Romain (Livre des bénédictions) :

Si l'on bénit des oeufs :

827 W Béni sois-tu pour ces oeufs que nous prendrons en action de grâce pour ta sainte résurrection.


Rituel du diocèse de Belley-Ars

164. Bénédiction des œufs à Pâques.
C’était l’usage dans quelques monastères de donner deux œufs bénits aux jeunes gens qui avaient chanté l’office pendant la nuit du Samedi-Saint au dimanche de Pâques. Cet usage existait peut-être déjà dans les paroisses; il s’y répandit du moins bien vite, car nous trouvons la bénédiction des œufs à Pâques dans les plus anciens Rituels. On donne à ces œufs diverses couleurs, mais plus ordinairement ils sont rouges. On en vend de cette couleur à Paris, à Genève et ailleurs le jour de Pâques.
V/. Adjutórium nostrum in nómine Dómini,
R/. Qui fecit cœlum et terrain.
V/. Dóminus vobiscum,
R/. Et cum spiritu tuo.
OREMUS.
Subvéniat, quæsumus , Domine , tuæ benedictionis gratia huic ovórum creaturæ : ut cibus salúbris fiat fidélibus tuis cum gratiárum actióne suméntibus, ob resurrectiónem Dómini nostri Jesu Christi. Qui tecum vivit. Amen.
Le Prêtre jettera de l’eau bénite sur les œufs.

Que la grâce de ta bénédiction † Seigneur , vienne sur ces œufs, afin qu’ils deviennent un aliment salutaire pour tes fidèles, qui les reçoivent dans l’action de grâce pour la résurrection de Notre Seigneur Jésus-Christ. Qui vit et règne avec toi dans l'unité du Saint-Esprit. Amen.

Chez Saint Augustin,  l'oeuf est symbole de l'espérance (sermon CV) :

7. Reste l'espérance, et l'espérance, me semble-t-il, peut être comparée à l'oeuf. L'espérance, en effet, n'est point encore la réalité, comme l'œuf n'est point encore un poulet; bien qu'il soit quelque chose. Si les mammifères donnent le jour à leurs petits eux-mêmes; les ovipares ne produisent que ce qui est comme l'espoir de ces petits. Ainsi donc l'espérance nous invite à mépriser les choses présentes et à attendre les biens futurs, à oublier ce qui est derrière pour nous porter avec l'Apôtre ce qui est en avant. « Seulement, dit-il, oubliant ce qui en est arrière et m'avançant vers ce qui est devant, je tends au terme; à la palme de la céleste vocation de Dieu dans le Christ-Jésus. » D'où il suit que rien n'est si contraire à l'espérance que de regarder derrière, c'est-à-dire que de se confier aux choses qui passent et qui s'en vont, au lieu de compter sur ce qui ne passera jamais, quoiqu'on ne le possède pas encore et qu'on doive seulement l'obtenir un jour.😇

Bernard
Saint Bernard (Livre des pensées) :


106. Une triple raison établit et fortifie notre espérance. « L'humilité » de la sagesse qui nous est accordée, c'est ce qu'on appelle faire cuire un oeuf à l'eau; « la fermeté » de la patience constante, c'est ce qui s'appelle faire cuire l'oeuf au feu; la « vérité » de l'inspiration secrète, c'est ce qui s'appelle faire cuire l'oeuf à la graisse.




Schola Sainte Cécile  : Oraison de la bénédiction des œufs au Rituel Romain, titre VIII, chapitre 14, depuis le XIIème siècle :

Subvéniat, quæsumus, Dómine, tuæ bene†dictiónis grátia huic ovórum creatúræ : ut cibus salúbris fiat fidélibus tuis, in tuárum gratiárum actióne suméntis, ob resurrectiónem Dómini Jesus Christi : Qui tecum vivit & regnat in sæcula sæculórum. Amen.


Orthodoxie :  Marie Madeleine donna l'oeuf rouge à l'empereur et lui dit: Christ est réssuscité 




Marie-Madeleine (anglais)

Liturgie Gallicane avec la légende: 

ORAISON DE LA BÉNÉDICTION DES ŒUFS DANS LA LITURGIE GALLICANE

Christ est ressuscité ! Marie-Madeleine a poussé ce cris en offrant l’ œuf rouge à l'empereur. Que la grâce de ta bénédiction descende, nous t’en supplions, Seigneur, sur ces œufs qui sont tes créatures, afin qu’ils soient salutaire pour tes fidèles qui les garderont en action de grâces de la résurrection de Jésus-Christ Notre Seigneur Ressuscité, qui vit, règne et triomphe aux siècles des siècles. Amen.

A signaler, sur Marie-Madeleine, une étude très bien faite de Daniel Senejoux  :  Etude  ; Aix : Retour sur la légende de Sainte Marie-Madeleine.

lundi 7 janvier 2019

Au revoir, fr. Paul




Lors de la célébration de l’Epiphanie, nous avons fait mémoire de mon confrère Fr. Paul (François de Cornulier-Lucinière)

Chers frères et sœurs, 

Nous avons une pensée particulière ce matin envers les personnes qui nous sont recommandées durant cette Eucharistie et pour leurs familles. Vous me permettrez quelques mots après le départ pour la maison du Père de mon confrère, frère Paul. Au commencement de notre ministère ici au Vorbourg, nous étions trois  avec le Père Robert, ce qui nous permettait de méditer sur la Trinité. Certains nous surnommaient les trois rois, ce qui nous amusait bien. Puis vint le temps où nous nous sommes retrouvés à deux avec fr. Paul, ce qui permettait de méditer sur les deux natures du Christ. Maintenant je suis pour ainsi dire contraint de me pencher sur le mystère de Dieu un. La galette des rois aurait dû attendre toute la semaine pour que soit trouvée la fève pour le seul roi disponible, heureusement, j’ai obtenu de l’aide cette année.
Frère Paul qui était diacre est donc finalement parti suite à une leucémie aiguë le 29 décembre, à l’âge de 80 ans, étant né à Meknès au Maroc le 10 décembre 1938. Sa famille, de très ancienne tradition, s’en revint ensuite dans la région de Nantes. Frère Paul y effectua sa scolarité, puis entra au séminaire et voulut faire son service militaire, ce qui le conduisit en Algérie, où il sut montrer qu’il n’appréciait pas du tout voir de mauvais traitements infligés parfois aux prisonniers. Au séminaire, il côtoya, parmi  ses confrères séminaristes 2 futurs martyrs de Tibhirine, récemment béatifiés.
A la fin de son séminaire, ayant rencontré presque par hasard dans le train, le Père Bonaventure Sodar, un des fondateurs de notre monastère, il s’était retrouvé en Suisse.
Sa principale amitié spirituelle, il la réservait à Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus qui l’aidait à faire usage de son ascenseur pour le ciel et à se simplifier. Il appréciait également beaucoup Saint Louis-Marie Grignon de Montfort qui avait œuvré dans sa région. Vous l‘avez vu persévérant fidèlement dans son service et la prière, au cours des 23 ans qu’il a passés ici au Vorbourg. Si nous avons dans l’esprit l’image de son état de malade, il est certainement bon de rappeler ses qualités en période où il accomplissait différemment sa mission. Etre malade, c’est aussi accomplir un service pour l’Église, la remarque est valable pour tout le monde.
Fr. Paul était connu pour son amour du Latin et ses qualités de traducteur. Il a d’ailleurs prêté ses services pour traduire bon nombre de vie de nos saints jurassiens que vous trouvez sur le site abbaye-saint-benoit.ch.
Ici au sanctuaire, il avait la responsabilité du chant en raison d’une des fonctions occupée et reconnue au monastère du Bouveret où il était chantre. Il était aussi était féru de poésie, capable de nous débiter tout un train de quatrain. Par modestie, il tenait fermement que son frère de Nantes, était bien plus doué que lui dans cet exercice. Tant qu’il le put, il travailla à la cuisine commune mais s’occupa aussi des fleurs. Il aimait beaucoup observer les oiseaux et la nature, ce qui est commun aux moines habituellement.
En retournant à la maison du Père, il a retrouvé ses parents et 5 de ses frères et sœurs, dont l’un Pierre-Noël qui était parachutiste, avait sauté à Dien Bien Phu. Il en gardait un souvenir ému. Je vous serais reconnaissant de prier pour son frère Benoît, dernier survivant de la fratrie, qui est affecté par ce départ et pour lui, bien entendu,. Demandons au Seigneur et à Notre-Dame de montrer une semblable fidélité à nos missions que lui à la sienne et  à ses vœux (51 ans de vie monastique).

dimanche 9 septembre 2018

Vers un renouvellement de ses "OUI"

Hier, je fêtais mes 30 ans de profession solennelle et 33 ans de profession tout court... Me voilà aujourd'hui prêtre auxiliaire du Vorbourg et en approfondissement de mon appel. Le blog aura bientôt un nouveau nom, le temps de quelques jours de réflexion.

lundi 9 juillet 2018

"Voici, je reviens bientôt" - Un aurevoir du gardien de la chapelle du Vorbourg.




Merci d’être venus participer à cette célébration du 14ème dimanche du Temps Ordinaire. Elle est assez particulière, puisque nous bénéficions de la participation de la chorale de Courtételle dirigée par M. Joël Voyame. Elle l’est aussi parce que pour moi, c’est certainement le dernier dimanche que je célèbre en tant que Gardien du Vorbourg, le mandat de la communauté prenant fin le 31 juillet. Il y aura des prolongations pour le mois d’août, mais c’est le Père Jean-Marie qui va assumer la finale en tant que gardien remplaçant. Pardonnez les analogies sportives, je n’ai pu m’empêcher. Je vous donnerai de brèves explications après l’Évangile.
Le Seigneur nous interpelle aujourd’hui sur la manière dont nous recevons la parole de Dieu de la part de ceux que nous connaissons et côtoyons. Il n’est pas facile d’annoncer l’Évangile chez soi, vous en faites l’expérience en famille. Mais les prêtres de nos paroisses savent que cela n’est pas toujours, mais avec la grâce de Dieu, rien n’est impossible.
Prions les uns pour les autres et reconnaissons que nous avons besoin de pardon et de miséricorde.




Frères et Sœurs,

L’Évangile nous interpelle certainement et si le Seigneur a rencontré des difficultés dans son pays, il est difficile de relativiser son expérience, le Seigneur étant le Seigneur.
La question peut être d’ailleurs retournée… qui est notre famille ? Ceux qui nous ont vu grandir, passer nos examens comme les plus jeunes aujourd’hui… S’agit-il de nos familles religieuses ? Le problème est de reconnaître le Seigneur dans l’autre, tant les étiquettes et les préjugés créent des murs aussi efficaces que ceux qui divisent certains pays aujourd’hui.
Aujourd’hui, je vais me permettre de donner une certaine satisfaction à ceux qui souhaitaient d’avoir de temps à autre, ce qu’on appelait le sermon des foins autrefois. Ils sont terminés depuis longtemps, en tout cas dans la vallée, mais ça ne fait rien.
Mon sermon sera une fameuse petite phrase de saint Augustin que je vous laisse appliquer : « Aime et fais ce que tu veux. » Amen.

Quelques explications maintenant. Il y a eu de nouvelles options pastorales pour le sanctuaire et nous aurons la joie d’accueillir un nouveau gardien en la personne de l’abbé Bernard Miserez que vous connaissez presque tous. Mais en sus, vous vous demandez peut-être pourquoi, je dois déjà m’absenter, car il était prévu que je fasse la transition jusqu’en septembre. Je préfère être clair. Depuis au moins une année et demie, je ressentais de la fatigue et j’ai passé un hiver vraiment éprouvant. Après toute une batterie d’examens, on a enfin découvert la raison majeure de ces problèmes qui n’étaient pas psychologiques : mes coronaires sont sérieusement obstruées et s’il n’y a pas de pontages, les conséquences sont celles que vous devinez. Les médecins voulaient me garder à Bâle, mais j’ai promis d’être sage pour vous dire au revoir, pas totalement toutefois… Beaucoup sont passés par là et on sait que la chirurgie ainsi que ses procédures ont bien évoluées depuis 40 ans. Mon papa, Jean, qui s’était beaucoup dépensé pour ses constructions de réseaux de télévision, les premiers de Suisse, est mort à 44 ans, dans ces circonstances. J’en ai 20 de plus, et les temps ont changé. Alors on y va dans la confiance avec votre prière. J’aimerais pouvoir encore vous rendre service. Pour le futur, je serai encore prêtre auxiliaire dans la région et au Vorbourg. On ne déracine pas facilement, un jurassien qui a passé tout son ministère de prêtre dans son pays. J’avais célébré ma première messe à Develier, ce fut un bon moment.
Je ne pensais pas revenir dans le Jura une fois entré au monastère, il y a 33 ans et j’ai vécu 2 fois plus longtemps ici que là-bas depuis que je suis religieux. Je ne m’étonne pas trop de ce qui m’arrive, en me rappelant les derniers gardiens de la communauté présente ici depuis 1949, le Père Maurice Ioset, mais aussi le Père Robert Martin. Le Père Jean Ribeaud avait aussi eu une période difficile à la fin de son mandat. Il nous faut tous avancer dans la confiance. C’est Notre-Dame du Vorbourg qui attire ici, aide et soutien. Quant à nous, gardiens, nous ne faisons que passer.
La communauté est, bien entendu, attachée à la chapelle. Quand vous regarderez de temps à autre le petit vitrail à côté de celui de Mgr Haenggi, ayez une pensée pour elle. Portez aussi fr. Paul dans votre prière. Il s’est beaucoup dépensé au service du chant, des fleurs et de l’entretien. Nous avons fait tout ce que nous avons pu avec notre pauvreté et nos qualités personnelles.
Durant les 13 premières années, je m’étais consacré à votre service, mais aussi à un autre travail, en faisant des numérisations d'écrits de Pères de l’Église : Jean Chrysostome, Augustin et autres http://www.abbaye-saint-benoit.ch/bibliotheque.htm que je vous ai resservi fréquemment, ils ont été repris par un très grand nombre de séminaristes francophones de par le monde, ce qui a été pour moi une forme d’apostolat missionnaire. Les 10 ans qui ont suivi, cela a été le sanctuaire. La charge de gardien dans la communauté est éminemment inconfortable. Vous êtes soumis au pape, à l’évêque, au chapelain puis recteur, à l’Abbé. Bien que responsable de communauté sur le papier, vous êtes court-circuité urbi et orbi, vous n’avez aucune autorité, mais la sympathie des pèlerins et le secours de Notre-Dame. Elle est là heureusement. Et en plus tous les devoirs et les réclamations à certains moments. C'est tout un labeur diplomatique et de suggestions perpétuelles au risque de paraître parfois importun… Un grand merci aussi à la Bourgeoisie de Delémont, toujours attentive. 
Pour synthétiser une expérience, si vous aimez les comparaisons parlantes, il m’en est venu une en voyant des chameaux à la télévision il y a quelques jours. Au temps de Noël, et de l’Épiphanie, quelqu’un avec un petit cadeau, nous avait surnommé les 3 rois, ce qui nous avait bien fait rire. Nous étions venus des bords du lac avec des dromadaires à une bosse, mais il a fallu passer au chameau à 2 bosses. Il y a les principes et la discussion, une forme de pastorale. Ainsi fonctionne l’Église, dans la durée…
Même si le passage officiel de témoin ne doit avoir lieu qu’en septembre aux fêtes du Vorbourg, je voudrais déjà remercier tous ceux qui nous ont aidés dans ce service. Un merci particulier à la bourgeoisie de Delémont, aux chapelains puis recteurs qui se sont succédés et aussi à ma famille. Nous avons vu passer plusieurs générations d’anciens et nous passons aussi de ce côté de la barrière, mais le cœur spirituel reste jeune, et nous vous assurons tous que nous vous portons dans notre prière.
Quant à moi, pour paraphraser la devise locale, avec les médecins, la grâce de Dieu, et votre prière… « Je reviens bientôt ».
Le pape François m’a fait parvenir par la secrétairerie d’État quelques mots chaleureux et une bénédiction à destination de tous.  Je vous lis cette lettre :


mercredi 6 septembre 2017

EGLISE DE SAINT - HIPPOLYTE SUR LE DOUBS - LE SAINT SUAIRE

 Le mariage de la Vierge,
vitrail de la collégiale Notre-Dame

Lorsque le passant visite l’église de Saint-Hippolyte, petite ville Franc-Comtoise, au confluent du Doubs et du Dessoubre, clans un site très pittoresque, son attention est attirée, à l’entrée du chœur d’une chapelle, par une plaque de marbre noir sur laquelle figure une inscription ainsi conçue :  
« Le Saint Suaire de Notre Seigneur Jésus-Christ, envoyé en France à la IVème croisade et confié au Comte Humbert de la Roche Saint-Hippolyte par les Chanoines de Lirey en Champagne (acte du 6 juillet 1418) a été vénéré dans cette chapelle pendant trente-quatre ans avant d’être cédé au Duc Louis de Savoie et à son épouse Anne de Chypre par Marguerite de Charny, veuve du Comte Humbert (lettres de Chambéry1452) »
Ce Suaire est vénéré aujourd’hui dans la Chapelle royale de Turin.
Aussitôt, des souvenirs de catéchisme se mêlent aux nombreuses questions de catéchisme qu'appelle le présence de cette plaque.
Ce Suaire est-il le Linceul dans lequel fut enseveli le corps de Jésus. ?
Comment est-il parvenu dans cette petite ville de Franche-Comté ?
Pourquoi n’y est-il pas resté ?

lundi 26 juin 2017

Lever du soleil

En été le soleil se lève au nord-est
ce qui provoque un éclairage inhabituel.

samedi 1 avril 2017

Perruques obligatoires?


La conférence des évêques suisses, par solidarité avec la Grande-Bretagne, s'interroge s'il faut établir des perruques obligatoires pour leurs chanoines, ceci dans le but de faire respecter une certaine égalité entre tous. Il y a eu en effet des variantes au cours des siècles, à témoin ces deux chanoines de Moutiers-Grandval. Ils étaient, il est vrai, religieux.


Le restaurant du 1er Vorbourg offrait d'excellentes carpes pour ce 1er avril.

jeudi 16 février 2017

Soleil Levant





HYMNE : SOLEIL LEVANT
D. Rimaud — CNPL

Soleil levant
Sur ceux qui gisent dans la mort,
Tu es venu 
pour que voient ceux qui ne voient pas,
Et tu guéris l’aveugle-né.
Ô viens, Seigneur Jésus !
Lumière sur le monde ;
Que nous chantions pour ton retour :

Béni soit au nom du Seigneur 
Celui qui vient sauver son peuple ! 



vendredi 23 décembre 2016

Noël en Terre Sainte


Un petit groupe de pèlerins de Suisse est présent en Terre Sainte avec M. l'abbé Yves Prongué. A Bethléem ils participeront à la Messe de Noël, certainement au champ des Bergers. Il me signale qu'à Nazareth, il y a une nouveauté Suisse à la basilique de l'Annonciation : Notre-Dame des Ermites y est représentée.

Le retour des cloches


Elles sont là ces chères petites... La plus ancienne m'intrigue. Qui arrivera à déchiffrer ses inscriptions?
Malheureusement mon généreux photographe a juste manqué la date et le déchiffrement est problématique à cause des oiseaux de l'éclairage et de l'âge. Il sera nécessaire de remonter...
En attendant, entre ancien français et mauvaise lecture, ça donne quelque chose de ce type:

L AN 172(?) I A Y ESTE FAIT PAR LA GENEROSITATION (?) ET BONSOING DE M. LE RECTEUR DE M(?)ALOREILLE ET DE MESSIEURS DU MAIESTRAT DE DELEMONT POUR LA CHAPELLE DU VORBOURG.


Au bon coeur des déchiffreurs! Il semble qu'elle date d'avant la Révolution... peut-être.



mercredi 16 novembre 2016

Sur les bords du Lac de Constance



Immense lac que celui de Constance ; l'actualité a rappelé son existence aux romands en raison de la grippe aviaire. Notre saint du jour, Othmar s'est mis de la partie. Le pauvre était mort de faim en raison d'un attrait très classique de pieux nobles laïques pour les biens du monastère de saint Gall. On l'accusa de vilennie et on l'enferma sur une île.Il a protégé de la tempête ceux qui ramenaient son corps dans la barque naviguant sur ce même lac. Les luminaires ne furent pas soufflés, la barque ne fut pas renversée et les valeureux marins eurent à boire pour la traversée, mais ce n'était pas de l'eau. Leur petite fiasque ne s'épuisa pas, comme à Cana dit la légende. Heureusement toute l'eau ne fut pas changée en vin.
Voilà un contemplatif... et le fil des idées originales me fit ressouvenir de ces pauvres poules condamnées à la vie contemplative en raison de la grippe aviaire.

L'Evangile m'apporta une heureuse mise en place de cet ensemble disparate.

En effet, aujourd'hui, le Seigneur met en garde ceux qui ne font pas fructifier les dons reçus. Les banquiers n'ont pas toujours bonne réputation, mais au bout de quelques instants je me suis demandé : au fait, est-ce que le Seigneur n'est pas le banquier?  La vie contemplative, n'est-ce pas lui remettre notre petite pièce le don reçu de lui ? N'est-ce pas lui qui va le faire fructifier? N'est-ce pas lui notre banquier? Il y a eu tant de saints dans la vie monastique, de sainte Gertrude aux saintes Thérèse(s).
Un laïc par sa prière ne remet-il pas aussi son écot au banquier céleste? Ne devons-nous pas de toutes façons tous le faire? Le Seigneur peut accomplir des miracles et changer le lac de Constance en vin, celui de la charité.

vendredi 11 novembre 2016

Vézelay et le chapiteau de Judas



Ayant fait un pèlerinage motorisé sur les bords de la Loire, à l'arrêt de Vézelay, j'ai recherché le fameux Christ miséricordieux du pape François portant Judas sur ses épaules. Même à la fin de l'année de la Miséricorde, il ne faut pas désespérer de cette miséricorde, "elle s'étend d'âges en âges sur ceux qui le craignent." Des indulgences nous en avons encore à foison et gratuitement. Luther aurait peut-être aimé vivre en notre temps et serait resté dans l'Eglise catholique c'est sûr.

lundi 10 octobre 2016

Terre Sainte


Une pensée pour nos frères de Terre Sainte.

Les pèlerins du Jura sont bien rentrés.


jeudi 29 septembre 2016

Au revoir Martial


Il faut signaler le départ pour le ciel en cette fête de Saint Michel et des archanges, du chanoine Martial Carraux chapelain de Valère. Merci Martial pour ta présence fraternelle, ton écoute, pour tous les services que tu as rendu, pour l'accueil des pèlerins et les pèlerinages. 


vendredi 16 septembre 2016

Année de la Miséricorde et bonne humeur



Certaines blagues courent à propos des confesseurs en cette Année Sainte de la réconciliation.

Un fidèle va s'accuser chez son curé d'avoir peut-être parlé de manière trop dure envers son évêque dont les positions ne lui plaisaient pas.
Celui se fâche : - Vous vous rendez compte de ce que vous faites? L'évêque, c'est le Christ présent dans le diocèse, il faut le respecter. Comme pénitence, s'il y a des restructurations dans votre paroisse et que vous devrez aller à la messe à 20 km de chez vous, vous irez dire au conseil de paroisse qu'il faut accepter paisiblement et par obéissance sa décision. Vous direz en plus deux rosaires à genoux auprès de Notre-Dame.

Le pauvre pécheur trouve la pénitence disproportionnée et il va chez un capucin qui prend sa grosse voix et se fâche, mais se contente d'un rosaire.

Ensuite, comme c'est toujours un peu difficile il se rend chez un dominicain qui lui dit : - En effet, c'est délicat, mais c'est contre l'homme que vous vous êtes emportés pas contre l'évêque. Repentez-vous et dites deux dizaines de votre chapelet.

Par hasard, il croise un jésuite et essaye chez lui. Celui-ci dit : ne vous en faites pas, votre intention était de faire le bien,  abonnez-vous à ma revue et restons-en là.

Après avoir lu un exemplaire de la revue qu'il lui avait passé, il renonce. La ligne ne lui plaisant pas, il aurait protesté à chaque numéro et à coup sûr péché encore plus. Un péché de révolte envers l'opinion d'un fils de saint Ignace est pire que celui contre une décision de l'évêque. De surcroît, elle est très chère.

Que faire? Il se rend chez un père bénédictin. Celui-ci lui dit : écoutez, demandez au Seigneur la patience et la persévérance. Pour votre pénitence allez regarder les conseils que le curé vous donne pour l'année de la miséricorde. Si c'est trop difficile, dites un "Je vous salue", ou mieux je le dirai pour vous. Venez me dire bonjour à Noël.

vendredi 26 août 2016

Une pensée pour les victimes italiennes


Le tremblement de terre qui a frappé l'Italie centrale émeut... Déjà au moins 267 morts et nous attendons la suite de ce macabre décompte. Les restaurateurs italiens ont instauré un mode de participation solidaire original. Une variété de spaghettis portant le nom d'un village détruit,  Amatrice, ils versent 2 euros d'aide par commande de ce plat. "Spaghetti all'amatriciana" .

Recette

P.S. La petite ville de Norcia (Nursie), lieu de naissance de saint Benoît a été aussi touchée.