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dimanche 10 mai 2026

Le Défenseur vient bientôt.

 10 mai 2026

 6ème Dimanche de Pâques (semaine II du Psautier) — Année A

 
 
Lectures de la messe

Fêtes des mères en Suisse :



Carmel 6e Dimanche de Pâques A - 10 mai 2026

Introduction
Mes sœurs, chers frères et sœurs, 
Bienvenue et merci de venir célébrer ce 6e Dimanche de Pâques. Il est aussi la fête des mères cette année. Alors bonne fête à toutes les mamans, leurs enfants ne les oublieront pas aujourd’hui, celles qui sont parmi nous et celles qui veillent sur nous auprès de Dieu. Nous n’oublions pas les mères spirituelles. Sainte Thérèse d’Avila était surnommée la Madre, la mère des spirituels. Il me semble que c’est une coutume au Carmel d’adopter un frère missionnaire. Nos sœurs et mères spirituelles portent le souci des prêtres notamment. Je crois n’avoir oublié personne. Le Seigneur va confier à sa mère l’Eglise naissante dans l’attente du Saint-Esprit. Il s’en va Jeudi. 




Homélie
Chers Frères et Sœurs, chers Amis,
« Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur ». Le ton liturgique nous est donné par le titre de notre Evangile. Le Seigneur s’en va bientôt, mais il fait une promesse qu’illustrent les premières lectures : le don d’un défenseur, un inspirateur de locuteurs. Belle expression pour nous faire sourire. 
Le Seigneur veut nous  faire envoyer un défenseur le Paraclet, Paracletos, le terme est utilisé par saint Jean, à 5 reprises, pour l’Esprit-Saint, mais il l’est aussi une fois pour Jésus dans sa 1ère épître comme intercesseur auprès du Père. Dans l’antiquité, il fallait habituellement se défendre tout seul, lorsqu’on était accusé. Les avocats sont apparus progressivement, mais plutôt comme des orateurs, c’étaient des  gens instruits. Saint Augustin en était un.
Il va toucher les cœurs pour que la Bonne Nouvelle soit transmise à toutes les générations. Et qu’elles puissent dire à Marie qu’elle est bienheureuse. Nous avons besoin de bons parleurs en Eglise et de haut-parleurs, mais aussi de murmurateurs dans le creux de l’oreille, de témoins de tous les jours par les actes. Nous avons besoin également de diacres. Il n’est pas nécessaire qu’ils soient très jeunes. Philippe faisait partie des 7 premiers diacres. Ce défenseur va permettre de construire l’Eglise, en transformant les cœurs. Il va la construire sur le modèle du Christ. Il va mieux encore faire vivre le Christ en elle. L’Eglise est le Corps du Christ, le temple de l’Esprit-Saint, n’est-ce pas le sens du passage de l’épître de Saint Pierre. « Soyez prêts à tout moment à présenter une défense » . Comment la présenter ? Pourquoi pas avec l’Alléluia Pascal ? Nous avons entendu hier à l’Office des lectures une réflexion de Saint Augustin. Il nous expliquait son sens :  « Alléluia. Loue le Seigneur. Tu le dis à un autre, lui-même te dit la même chose. Lorsque tous font la même exhortation, tous y répondent. Mais louez-le par tout vous-mêmes : c'est-à-dire que votre langue et votre voix ne doivent pas être seules à louer Dieu ; louez-le aussi par votre conscience, par votre vie, par vos actions. » 
Le Seigneur demande en permanence à son Père qu’il nous envoie l’Esprit, il est notre intercesseur notre Grand-Prêtre et il est exaucé. L’Esprit du Père et du Fils vient à nous pour nous transformer. Il vient en nous pour nous transformer en d’autres Christ, une expression de Sainte Catherine de Sienne que j’apprécie beaucoup. La petite troupe de ses disciples la considéraient aussi comme leur mère spirituelle.
Lorsque le père s’en va dans une famille, par exemple lors d’un décès ou même dans le cas extraordinaire de Nicolas de Flüe (il nous écoute au fond de la chapelle), les mères de famille font preuve de ressources spirituelles et personnelles parfois extraordinaires. Le Seigneur en partant auprès de son Père va confier l’Eglise naissante à Marie qui va intercéder pour elle et prier aussi pour la venue de l’Esprit et l’accueillir comme elle  l’avait fait à l’Annonciation. Nous ne comprendrons pleinement son rôle, me semble-t-il que lorsque nous serons là-haut. 
Il est intéressant pour moi de remarquer que le départ du Seigneur nous fait penser à celui d’un père qui s’en va, mais il ne veut pas de ce titre. Il est le Fils. Et nous devenons fils dans le Fils. Fils de qui donc ? de Dieu qui est le seul Père. Il est notre tête qui est déjà dans les cieux.
Nous pouvons illustrer cela par Isaac de l’Etoile, un cistercien du 12e siècle nous disait cette semaine : « Par cet Esprit, il est né du sein de la Vierge comme Fils de l'homme, et comme notre Tête ; par le même Esprit, nous renaissons pour notre part de la source baptismale comme fils de Dieu, comme son corps. » 
Entrelacs mystérieux, de la grâce et des saints d’hier, d’aujourd’hui, de demain, pour que grandisse à jamais le corps du Christ, selon la formule du Jubilé de l’an 2.000. « Oui, je viens sans tarder. » dit-il à la fin de l’Apocalypse.
En ce mois de Mai, mois de Marie, mois le plus beau, nous prions Marie avec notre pape Léon qui  a fêté l’anniversaire de son élection à Pompéi. Marie nous rassemble, elle est la Mère de l’Eglise, chaque jour elle nous apprend à accueillir l’Esprit pour devenir fils dans le Fils, enfants de Dieu. 
Je termine avec le Pape Léon : Saint Bartholoméo Longo, pensant à la foi de Marie, la définit comme « toute-puissante par la grâce ». Par son intercession, que du Dieu de la paix vienne un élan de miséricorde qui touche les cœurs, apaise le ressentiment et la haine fratricide, et éclaire ceux qui ont des responsabilités particulières de gouvernement.  Frères et sœurs, aucune puissance terrestre ne sauvera le monde, mais seulement la puissance divine de l’amour, cette puissance divine de l’amour que Jésus, le Seigneur, nous a révélée et donnée. Nous croyons en lui, nous espérons en lui, nous le suivons ! » Amen !