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dimanche 16 août 2026

Assomption



Notes pour la Solennité de l'Assomption de la Vierge Marie

La fête de l’Assomption est une grande joie parce qu’elle signifie que l’humanité dans ses qualités corporelles masculine et féminine, se trouve maintenant introduite auprès de Dieu. Il est manifesté que Dieu accueille pleinement sa création dans sa communion. C’est en soi incompréhensible, car comment de la matière peut-elle être capable de rencontrer Dieu et le voir. Nous serons transformés, c’est évident et nécessaire, comme Marie et le Seigneur l’ont été. Le Seigneur partageait encore son repas avec ses Apôtres à la résurrection.
Marie a attendu et appelé la venue de l’Esprit sur l’Eglise à la Pentecôte, elle a accompagné  ses premiers pas. A l’Assomption  la tradition dit que Marie avait environ 60 ans. Est-elle partie à Ephèse ou à Jérusalem ? A Ephèse, dans la Turquie actuelle, on voit la mer au loin. Ephèse est la ville de saint Jean à qui Jésus avait confié Marie.
Les Orientaux parlent plutôt de Dormition, Marie pour eux serait morte à l’imitation de Jésus, mais Pie XII avait laissé la question en raison d’une autre tradition et des propos d’un enfant Gilles Bouhours… mais elle est bien entrée dans la gloire avec son corps et son âme. Dans les icônes on représente habituellement les Apôtres encore vivants ramenés par les anges auprès du corps de Notre-Dame et le Seigneur qui tient son âme entre ses bras sous la forme d’un petit enfant. L’image est, il est vrai touchante.
L’image de l’Apocalypse est grandiose, Marie représente l’Eglise. Celle qui a enfanté le Christ est portée au désert, à l’abri et soutient maintenant de là-haut ceux qui bataillent spirituellement pour la foi. Elle nous aide et nous accompagne. Il nous faut la prier. 
Ce qu’il faut aussi souligner pour nous, c’est l’importance de la corporéité et de la résurrection de nos corps au dernier jour. Nous avons été baptisé dans la mort et la résurrection du Christ.
Ces derniers jours, j’ai relu une biographie d’une extraordinaire psychiatre d’origine suisse qui a initié l’accompagnement des personnes en fin de vie. Elle a rappelé l’indispensable compassion qui doit leur être manifestée, elles sont des personnes jusu’au bout. Elle avait été marquée dans sa jeunesse par des dessins de papillons qu’avaient représentés des enfants dans une salle de camp de concentration, exprimant que leur âme allait s’échapper de leur corps. Ce sont des lignes déchirantes. La foi  va encore plus loin et nous enseigne que le dernier mot appartient à Dieu pour notre âme et notre corps. Nous le verrons des yeux de notre corps transformé en raison d’une grâce du Christ. Nous avons entendu saint Paul : de même que tous les hommes meurent en Adam, de même c’est dans le Christ que tous recevront la vie.
Dieu ne néglige et ne rejette pas ce qu’il a créé, il assumé notre chair. Nous ressusciterons à la manière du Christ au dernier jour. Le Christ est vraiment ressuscité, l’homme tout entier est ressuscité et pourquoi ne pas laisser Dieu nous faire une extraordinaire surprise.  
Et Marie ? Nous avons tous été impressionnés, les plus anciens en particulier, par ce rendez-vous du soleil avec la lune, de quoi nous rappeler Charles Trénet. Ca n’était une apocalypse, mais une éclipse. Même avec 10% de soleil, je voyais bien le Carmel à plus de 500 mètres. Le soleil brille très fort… La lune peut-elle vraiment cacher le soleil ? C’est très bref. Je crois que les anciens n’arriveront plus à revoir le phénomène dans sa totalité en 2081 avant de rencontrer le Seigneur, sinon de haut ou de prendre l’avion pour une autre partie de la planète.
Marie est figurée par la lune dans la symbolique, mais elle l’a sous ses pieds, la couronne de 12 étoiles est celle des Apôtres et de l’Eglise. Au contraire de l’éclipse du soleil, elle ne fait pas obstacle à la lumière du Christ. Elle est totalement transparente à la grâce. Saint Bernard parle d’Aqueduc. Elle nous amène au Christ et nous rapproche de lui qui est la résurrection et la vie. 
Le pape Léon hier matin a mentionné deux images de Marie, dont celle de la dormition. La plus récente, occidentale, nous montre en revanche la Vierge Marie debout dans le ciel, enveloppée de lumière, souvent entourée d’anges et de saints. Ici, se trouve au centre le corps glorifié de la Vierge. Marie a été élevée au ciel corps et âme, c’est-à-dire dans l’intégralité de sa personne. Cette femme qui, sur terre, a donné chair et sang au Verbe incarné et l’a suivi jusqu’à l’union parfaite dans le sacrifice d’amour, a été attirée par Lui pour toujours dans la gloire.
Nous aussi avec notre chair transformée par l’amour du Rédempteur, nous vivrons éternellement, dans une fête sans fin. 
Louons le Seigneur, qui a fait de grandes choses en sa Très Sainte Mère et en la nôtre ! Amen !