A la veille de la venue du pape François qui insiste tant sur la miséricorde, un très beau texte de son prédécesseur :
APPELÉS A LA COMMUNION - Comprendre l'Église aujourd'hui - Joseph, cardinal Ratzinger.
Il me semble que c'est là un élément d'une très grande
importance. Au coeur même de cette nouvelle charge, qui enlève le pouvoir aux
puissances de la destruction, il y a la grâce du pardon. C'est elle qui
constitue l'Église. L'Eglise est fondée sur le pardon. Pierre lui-même en est
l'exemple personnalisé : lui qui, après avoir trébuché, a reconnu sa faute et
reçu le pardon, est habilité à détenir les clefs. L'Église est, par son
essence, le lieu du pardon et le chaos en est banni. Elle est maintenue par le pardon,
et Pierre en est l'image pour toujours : elle n'est pas une communauté de
parfaits, mais une communauté de pécheurs qui ont besoin du pardon et qui le
cherchent. Derrière le discours sur l'autorité suprême, la puissance de Dieu se
révèle être miséricorde, et en tant que telle pierre angulaire de l'Église.
Nous entendons en arrière-plan ces mots du Seigneur : « Ce ne sont pas les
bien-portants qui ont besoin du médecin, mais les malades : je ne suis pas venu
appeler les justes mais les pécheurs» (Mc 2, 17).
L'Eglise ne peut naître que là où l'homme rejoint sa vérité,
et cette vérité consiste précisément dans le fait qu'il a besoin de la grâce.
Là où l'orgueil l'empêche d'accéder à cette connaissance, il ne trouve pas le
chemin qui mène à Jésus. Les clefs du Royaume des cieux sont les paroles du
pardon, que bien sûr aucun homme ne peut prononcer de lui-même, mais que seule
la puissance de Dieu rend effectives. Nous sommes maintenant en mesure de
comprendre également pourquoi cette péricope est suivie immédiatement d'une
annonce de la Passion : par sa mort, Jésus a barré la porte à la mort, à la
puissance des enfers, et ainsi il a expié toutes les fautes, de sorte que de
cette mort sourd continuellement la force du pardon.
Message pour la deuxième Journée mondiale de prière
pour la sauvegarde de la création
1er septembre 2016
Usons de miséricorde envers notre maison commune
En union avec les frères et les sœurs orthodoxes, et avec l’adhésion d’autres Églises et Communautés chrétiennes, l’Église catholique célèbre aujourd’hui l’annuelle « Journée mondiale de prière pour la sauvegarde de la création ». Cette occasion entend offrir « à chacun des croyants et aux communautés la précieuse opportunité de renouveler leur adhésion personnelle à leur vocation de gardiens de la création, en rendant grâce à Dieu pour l’œuvre merveilleuse qu’Il a confiée à nos soins et en invoquant son aide pour la protection de la création et sa miséricorde pour les péchés commis contre le monde dans lequel nous vivons ».[1]
Pape François - ANGELUS
Place Saint Pierre
Dimanche, 3 Juillet, 2016
Traduction privée et de travail
Chers frères et sœurs, bonjour!
Le passage de l'Evangile d'aujourd'hui, tiré du dixième chapitre de l'Évangile de Luc (vv. 1-12.17-20), nous aide à comprendre combien il est nécessaire d'invoquer Dieu, «Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson.» (v. 2). Les «ouvriers» dont Jésus parle sont les missionnaires du Royaume de Dieu, que Lui-même a appelés et envoyés «deux par deux devant lui dans toutes les villes et lieux qu'il avait l'intention de visiter (v. 1). » Leur tâche est de proclamer un message de salut destiné à tous. Les missionnaires prêchent toujours un message de salut destiné à tous; non seulement les missionnaires qui partent, même nous, les missionnaires chrétiens qui disent une bonne parole pour le salut. Et ceci est le don que Jésus nous donne avec le Saint-Esprit. Cette annonce c’est de dire : « Le royaume de Dieu est proche de vous», parce que Jésus a " rapproché " Dieu de nous; (v. 9) Dieu est devenu l'un de nous; en Jésus, Dieu règne au milieu de nous, son amour miséricordieux est victorieux du péché et de la misère humaine.
L'Evangile de ce dimanche présente l'événement miraculeux qui
a eu lieu à Cana, un village de Galilée, au cours d’une fête accompagnant la
célébration d’un mariage auquel participent également Marie et Jésus, avec ses
premiers disciples (Jn 2,1-11). La Mère fait remarquer à son Fils que le vin est
venu à manquer, et Jésus, après lui avoir fait remarquer que son heure n’est
pas encore venue, répond cependant à sa demande et donne aux époux le meilleur
vin de toute la fête. L'évangéliste note que "ce fut le début des signes
accomplis par Jésus; il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui » (v.
11).
Les miracles, sont donc
des signes extraordinaires qui accompagnent la prédication de la Bonne Nouvelle,
et sont destinés à susciter ou renforcer la foi en Jésus. Dans le miracle de
Cana, nous pouvons voir un acte de bonté de la part de Jésus envers les jeunes
mariés, un signe de la bénédiction de Dieu pour le mariage. L'amour entre l’homme
et la femme est donc un bon moyen de vivre l'Evangile, pour aller avec joie sur
le chemin de la sainteté.
Mais le miracle de Cana ne regarde pas seulement les époux. Chaque personne
humaine est appelée à rencontrer le Seigneur dans sa vie. La foi chrétienne est
un don que nous recevons par le baptême et qui nous permet de rencontrer Dieu.
La foi traverse des moments de joie et de tristesse, de lumière et les
ténèbres, comme dans toute expérience authentique d’amour. L'histoire des noces
de Cana nous invite à redécouvrir que Jésus ne vient à nous comme un juge prêt
à condamner nos péchés, ni comme un commandant qui nous oblige à suivre
aveuglément ses ordres; Il se manifeste comme Sauveur de l'humanité, comme un
frère, comme notre frère aîné, le Fils du Père : il se présente comme
celui qui répond aux attentes et aux promesses de joie qui habitent dans le
cœur de chacun de nous.
Ensuite, nous pouvons nous demander : est-ce que je
connais vraiment le Seigneur? Est-ce que je le sens proche de moi, de ma vie? Est-ce
que je lui réponds sur la même longueur d'onde de l'amour sponsal du conjoint qu’il
manifeste chaque jour à tout le monde, à chaque être humain? Il est temps de
nous rendre compte que Jésus nous cherche et nous invite à lui faire de la
place dans l’intimité de notre cœur. Et sur ce chemin de foi avec lui, nous ne
sommes pas seuls: nous avons reçu le don du Sang du Christ. Les grandes jarres
de pierre que Jésus fait remplir d'eau pour les transformer en vin (v. 7) sont
un signe du passage de l'Ancienne à la Nouveau Alliance : à la place de l'eau
utilisée pour le rituel de purification, nous avons reçu le Sang de Jésus,
versé sacramentellement dans l'Eucharistie et de manière réelle à la Passion et
sur la Croix. Les sacrements qui découlent du mystère pascal, instillent en
nous la force surnaturelle et nous permettent de bénéficier de la miséricorde
infinie de Dieu.
La Vierge Marie, modèle de méditation de la parole et des gestes
du Seigneur, nous aide à redécouvrir la foi avec la beauté et la richesse de
l'Eucharistie et des autres sacrements, qui rendent présent l'amour fidèle de
Dieu pour nous. Ainsi, nous pourrons tomber amoureux de plus en plus du
Seigneur Jésus, notre Epoux, et aller à sa rencontre avec les lampes allumées
de notre foi joyeuse, devenant ainsi ses témoins dans le monde.
Après l'Angélus:
Chers frères et sœurs, aujourd'hui a lieu la Journée
Mondiale des Migrants et des Réfugiés. Dans le contexte de l'Année Sainte de la
Miséricorde, il est également célébré comme le Jubilé des Migrants. Je suis
donc heureux de saluer avec grande affection les communautés ethniques ici présentes,
vous tous, venant de diverses régions d'Italie, en particulier du Latium. Chers
migrants et réfugiés, chacun de vous porte en lui une histoire, une culture,
des valeurs précieuses; et souvent malheureusement des expériences de pauvreté,
d'oppression et de peur. Votre présence sur cette place est un signe d'espérance
en Dieu. Ne vous laissez pas voler l’espérance et la joie de vivre, résultant
de l'expérience de la miséricorde divine, grâce aussi aux personnes qui vous
accueillent et vous aident. Le passage de la Porte Sainte et la messe que
bientôt vous allez vivre, remplira votre cœur de paix. Durant cette messe, je
tiens à remercier - et vous remerciez aussi avec moi - les détenus de la prison
d’Opera, pour le don des hosties qu’ils ont confectionnées, et qui seront
utilisées pour cette célébration. Nous les saluons d'ici avec des
applaudissements, tous ensembles ...
Je salue avec affection, vous tous, pèlerins venus d'Italie
et d'autres pays: en particulier, l'association culturelle Napredak, Sarajevo; les
étudiants espagnols de Badajoz et Palma de Majorque; et les jeunes d’Osteria
Grande (Bologne).
Maintenant, je vous invite tous à vous tourner vers Dieu par
une prière pour les victimes des attaques qui ont eu lieu ces derniers jours en
Indonésie et au Burkina Faso. Que le Seigneur accueille les victimes dans sa
maison, et soutienne l'engagement de la communauté
internationale pour construire la paix. Prions Notre-Dame: Je vous salue Marie,
...
Je vous souhaite à tous un bon dimanche. S'il vous plaît n’oubliez
pas de prier pour moi. Bon appétit et au revoir!