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mardi 3 mai 2022

Philippe et la Divine Miséricorde


Nous fêtons ce matin les apôtres Jacques et Philippe et nous entendons le fameux dialogue entre Philippe et le Seigneur : "Montre-nous le Père et cela nous suffit". Tout au long de son encyclique Dives in Misericordia, saint Jean Paul II nous expliquait que "dans le Christ et par le Christ, Dieu devient visible dans sa miséricorde, c'est-à-dire qu'est mis en relief l'attribut de la divinité que l'Ancien Testament, à travers différents termes et concepts, avait déjà défini comme la «miséricorde»." Il cite le nom de Philippe trois fois.
Sa tombe se trouverait en Turquie, nous en avons déjà parlé.
Selon la tradition, Philippe mourut en l'an 80 après JC, âgé d’environ 85 ans , martyr pour sa foi, crucifié la tête en bas comme Saint-Pierre. Il a ensuite été enterré à Hiérapolis. Dans la nécropole antique de cette ville a été trouvée une inscription qui mentionne une église dédiée à Saint-Philippe, tandis qu’à une date non précisée, le corps de Philippe a été emporté à Constantinople pour le soustraire au danger de profanation par les barbares. Et au sixième siècle, sous le pape Pélage I, il a été transféré à Rome et enterré avec l'apôtre Jacques, dans une église construite spécialement pour eux (maintenant appelé l'église «des saints apôtres» ). Voir Zénit (italien). Sur les reliques présentes à Rome : Article de Trente Jours.
Une curiosité : Dans la basilique des Saints Apôtres, on trouve le coeur de Clémentine Sobieska, illustre dame polonaise, bien sûr, qui épousa   Jacques Stuart (leur sépulture est dans la basilique Saint Pierre de Rome).  
 

Une religieuse de l'Assomption nous offre une synthèse récente sur la découverte du professeur Francesco d'Andria de ce qui paraît être la tombe de l'Apôtre Philippe. Un sceau comportant une reproduction de la basilique et du martyrium constitue un indice très intéressant.

 

mardi 30 avril 2019

Notre Pâque et notre éternelle jeunesse avec Nicodème


Nous sommes en pleine période de célébration de la résurrection de Jésus et voilà que nous est présentée la figure de Nicodème. Il est touché par cette résurrection aussi et peut faire une relecture de ce que Jésus lui avait donné de vivre. Pour son ensevelissement, Nicodème apporta un mélange de myrrhe et d'aloès, « d'environ cent livres ». Comme le serpent de bronze avait été élevé par Moïse dans le désert, ainsi le Fils de l’homme avait été élevé, afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle. Nous pouvons faire sans peine le rapprochement entre ces deux passages d’Évangile. Comment naître d’en haut et se renouveler quand passent les années ? Où trouver une fontaine de jouvence ? « Comment est-il possible de naître quand on est déjà vieux? Est-ce qu'on peut rentrer dans le sein de sa mère pour naître une seconde fois? » (Jn 3, 4). Jésus répond: « Personne, à moins de naître de l'eau et de l'Esprit, ne peut entrer dans le Royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair n'est que chair; ce qui est né de l'Esprit est esprit » (Jn 3, 5-6). Jésus, disait Jean-Paul II avait fait passer Nicodème des réalités visibles aux réalités invisibles. Chacun de nous est né de l'homme et de la femme, d'un père et d'une mère ; cette naissance est le point de départ de toute notre existence. Nicodème pense à cette réalité naturelle. Au contraire, le Christ est venu dans le monde pour révéler une autre naissance, la naissance spirituelle.
D’une certaine manière c’est une jeunesse perpétuelle dont nous bénéficions par notre baptême et l’action du Saint-Esprit. De son côté transpercé ont jailli le sang et l’eau et il a remis l’Esprit, le souffle. Celui qui était venu reposer sur Lui, il l’a envoyé et libéré.
« Nous parlons de ce que nous savons, nous témoignons de ce que nous avons vu. » On voit dans cette parole du Seigneur une allusion à la Trinité.
C’est le même Esprit qui nous donne d’être témoins de ce mystère qui doit nous apporter une perpétuelle jeunesse. Chacun à notre manière, nous devons être des hommes du réconfort, du réconfort qu’apporte l’Esprit, Aujourd’hui, Demain, A jamais pour reprendre la formule du Jubilé de l’an 2000 qui m’est restée en mémoire.
« Nul n’est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme. » C’est ce même Esprit qui nous fera monter au ciel. Saint Augustin nous le dit ainsi : « Si donc personne que Jésus-Christ n’est pas descendu du ciel et n’y est pas remonté, quelle espérance ont les autres ? Leur espérance est fondée sur ce fait que le Christ est descendu du ciel pour que tous les hommes ne fassent qu’un en lui et avec lui, pour être à même d’y monter par lui. » (12e traité sur Saint Jean.). La Résurrection de Jésus est notre résurrection et son Ascension sera la nôtre… Alléluia, Louange à Dieu.
Amen. 

mercredi 30 janvier 2019

Le blé d'hiver



Evangile du semeur (Mc 4, 1-20)


Frères et Sœurs,

Le Seigneur nous a expliqué longuement et de manière très pédagogique sa parabole. Il est vrai que nos cœurs et nos esprits sont parfois bien lents à comprendre.  Mais avez-vous remarqué qu’il n’a pas mentionné une autre coutume de nos pays plus frais… où nous aspirons parfois au réchauffement climatique (c’est un mauvais aiguillage). Le blé d’hiver est planté à l’automne. Il fournit habituellement des rendements plus élevés que le blé de printemps. Nous laissons aux spécialistes de Courtemelon et d’ailleurs le monopole des précisions de terrain.
Ce blé attend des temps meilleurs pour donner son fruit en abondance. Peut-être est-il aussi une invitation à manifester de la patience et à confier au Seigneur le soin de ce semis (du baptême) lorsque nous touchons à l’hiver de notre vie. C’est à lui qu’il faut faire confiance.
Au printemps ces plantes qui végétaient naissent de nouveau, c’est le Seigneur qui vient à notre rencontre, tel le soleil qui va réchauffer la terre et faire pousser ces plantes à son heure. Jésus révèle l’heure de Dieu qui sort à notre rencontre pour nous appeler à prendre part à son heure de donner du fruit, « porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs leur libération, et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue, remettre en liberté les opprimés, annoncer une année favorable accordée par le Seigneur » (Lc 4, 18-19). C’est l’heure de Dieu qui, avec Jésus, se rend présent, se fait visage, chair, amour de miséricorde qui n’attend pas de situations idéales. Lui, il est le temps de Dieu qui rend juste et approprié chaque situation et chaque espace. En Jésus, l’avenir promis commence et prend vie.

mardi 15 janvier 2019

Il enseignait avec autorité



Frères et Sœurs,

Un des éléments qui frappait les contemporains de Jésus était qu’il enseignait avec autorité. Cette autorité s’exprime ou s’illustre par le fait qu’il opérait des guérisons, mais aussi chassait des esprits mauvais et leur imposait le silence. Les démons selon ce que disent les Évangiles sentaient une force qui s’imposait à eux.
Jésus vient réconcilier les hommes avec son Père. Dans les guérisons de malades et le fait de chasser les esprits mauvais, il nous donne à comprendre qu’il s’agit là d’une des conséquences du retour de Dieu qui vient nous libérer, car il nous aime.
Lorsque Jésus enseigne, il ne le fait pas à la manière des scribes et des pharisiens en s’appuyant sur des traditions et de grands maîtres, il le fait parce qu’il est Dieu… L’Écriture est le fruit d’une inspiration divine qui passe par des hommes, mais là c’est celui qui est le Verbe de Dieu qui enseigne. On retrouve cela fréquemment dans des formules telles que Je vous dis, Moi je vous dis… Il enseignait à ceux qui l’entendaient, la conduite à tenir, les comportements à adopter pour être de vrais fils de Dieu.
Benoît XVI l’explique ainsi dans son « Jésus de Nazareth » : L'enseignement de Jésus ne vient pas d'un apprentissage humain, quelle qu'en soit la nature. Il provient du contact direct avec le Père, du dialogue « face à face » - de la vision de celui qui est dans « le sein du Père » (Jn   1, 18). C'est la parole du Fils. Privée de ce fondement intérieur, elle serait de la présomption. À l'époque de Jésus, c'était d'ailleurs l'opinion des scribes justement parce qu'ils refusaient d'accepter ce fondement intérieur : la vision et la connaissance face à face.
(Jean-Paul II le disait à des évêques de Colombie : « La miséricorde de Jésus et sa compassion face à la fragilité humaine ne l'empêchaient pas d'indiquer avec clarté quelle était la conduite à suivre ou les attitudes les plus conformes à la volonté divine, réduisant souvent à néant les propos insidieux de ses adversaires; cela lui gagna l'admiration des foules. »)
Ce qu’il demande nous contraint à sortir de nous-mêmes et n’est pas immédiatement confortable, vous êtes certainement d’accord avec moi, mais il nous donne sa paix déjà maintenant. Le grand confort sera bien entendu celui du Royaume… 
De toute évidence, ce passage d’Évangile nous invite à nous demander si nous prenons au sérieux la parole de Jésus. Il nous donne aussi la force de la mettre en pratique, ce n’est pas simplement l’enseignement d’un maître parmi d’autres… Il nous accompagne sur notre chemin vers son Père. Il est vrai que le fardeau est parfois bien lourd, ne craignons pas de lui demander son aide avec insistance ainsi qu’à Notre-Dame. Amen.

mardi 18 décembre 2018

O Adonaï - L'Expectation, une fête à étendre?



Nous avons entamé la semaine qui prépare immédiatement Noël. C’est l’enfant-Dieu lui-même qui s’annonce. Comme je vous l’ai rappelé l’an passé, nous entendons à Vêpres et partiellement dans le Verset de l’Alléuia de l’Évangile les célèbres antiennes O. Celle d’aujourd’hui nous dit ceci : « O Adonai, chef de ton peuple Israël, tu te révèles à Moïse dans le buisson ardent et tu lui donnes la Loi sur la montagne : Viens, Seigneur, nous délivrer par la vigueur de ton bras. » Elles s’assembleront au dernier jour pour former le fameux acrostiche, « Ero cras ». Demain, je serai là.
Dom Guéranger l’interprète en disant : « O Seigneur suprême ! Adonaï ! viens nous racheter, non plus dans ta puissance, mais dans ton humilité. Autrefois tu t’es manifesté à Moïse, ton serviteur, au milieu d'une flamme divine ; tu as donné la Loi à ton peuple du sein des foudres et des éclairs : maintenant il ne s'agit plus d'effrayer, mais de sauver. C'est pourquoi ta très pure Mère Marie ayant connu, ainsi que son époux Joseph, l'Edit de l'Empereur qui va les obliger d'entreprendre le voyage de Bethléhem, s'occupe des préparatifs de ton heureuse naissance.»
J’arrête là la citation, mais les préparatifs de l’heureuse naissance  permettent de mettre en avant, une fête dédiée à la Vierge Marie en Espagne. Le même auteur nous raconte qu’on avait déplacé à la date romaine du 25 mars l’Annonciation, on l’avait remplacée au 18 décembre par une fête de l’Expectation de l’Enfantement de la Sainte Vierge, nommée, Notre-Dame de l'O, ou la Fête de l’O. Pendant les huit jours qu'elle dure, dit-il, on célèbre une Messe solennelle de grand matin, à laquelle toutes les femmes enceintes, de quelque rang qu'elles soient, se font un devoir d'assister, afin d'honorer Marie dans sa divine grossesse, et de solliciter pour elles-mêmes son secours.
On ajoutait cette antienne : O Vierge  des vierges ! comment cela se pourra-t-il faire ? Nulle autre n'a jamais été, ni ne pourra jamais être semblable à vous. — Pourquoi vous étonnez-vous de moi, filles de Jérusalem ? Ce que vous voyez est un mystère divin.
Comment ne pas rendre grâce aussi pour saint Joseph qui prit chez lui Marie son Epouse. Que le saint protecteur du Carmel nous aide à préparer la naissance du Sauveur dans la paix et à l’accueillir. Amen.

Dom Guéranger ; Expectation ; Valladolid ;

P.S. On retrouve le même thème dans l'icône de la Vierge du Signe et aussi plus discrètement dans l'image de Notre-Dame de Guadalupe.


mercredi 28 novembre 2018

Les arbres dansent de joie, les fleuves battent des mains, la mer mugit et résonne...




Aujourd’hui encore nous constatons une sorte de contraste assez remarquable, entre une annonce de fin des temps, le jugement dernier, avec des psaumes qui manifestent la joie de la nature.
Ces psaumes appartiennent donc aux « chants du règne ».
Saint Augustin dans son commentaire sur les psaumes (97) dit que les arbres, les fleuves, la mer, les montagnes c’est nous. Qu’est-ce qu’applaudir des mains? C’est témoigner sa joie par des oeuvres.
Nous pouvons prendre l’angle d’une interprétation plus liturgique.
Avez-vous déjà vu des arbres des forêts danser de joie, des fleuves battre des mains, des montagnes chanter de joie ? Hier La conclusion était qu’il s’agissait d’une sorte de liturgie cosmique. La nature participe à cette régénération, à cette sorte de restauration que sera le retour du Christ et ce fameux jugement, on pourra même parler d’exaltation et d’élévation. Les piliers des temples représentaient des sortes de forêts, comme dans les églises d’ailleurs, il suffit d’être attentif aux décorations ; le temple de Jérusalem est au sommet d’une montagne… Nous pouvons aussi et encore voir une allusion au Temple dans la mer d’airain, une cuve de 45 tonnes d’eau, auquel est attachée tout un symbolisme.
Le Seigneur nous fait comprendre, qu’il faut passer par sa mort, par le sacrifice pour entrer dans sa résurrection et dans la gloire. Tout ce qui ne sera pas ajusté à son amour, s’évanouira comme de la vapeur, pour prendre un autre type d’images, sera brûlé et disparaîtra. Dieu étant amour, tout ce qui ne l’est pas ne peut participer aux noces de l’époux.
Ces psaumes appartiennent donc aux « chants du règne ». Le roi qui vient, c’est le Christ, lui-même. Il vient nous sauver de tous nos ennemis et de la mort qu’il a vaincue. Il vient tout régénérer. Nous retrouverons tous nos cheveux, je crois que c’est la seconde fois que cette image revient dans l’Évangile depuis mon retour de l’hôpital. Quel bonheur ! Même s’il faut accepter nos situations respectives. Le Seigneur va revenir bientôt !  Réjouissons-nous.

** Psaume 95

Joie au ciel ! Exulte la terre !
Les masses de la mer mugissent,
la campagne tout entière est en fête.

Les arbres des forêts dansent de joie
devant la face du Seigneur, car il vient,
car il vient pour juger la terre.

** Ps 97 aujourd’hui

Que résonnent la mer et sa richesse,
le monde et tous ses habitants ;
que les fleuves battent des mains,
que les montagnes chantent leur joie.

vendredi 25 mai 2018

Bède le Vénérable



On disait de lui: "C'est l'homme le plus savant de notre temps. Pourtant Bède n'est jamais sorti de son monastère anglais." C'était un petit orphelin de Wearmouth dans le Northumberland quand, à sept ans, on le confie à saint Benoît Biscop, abbé du monastère local. Le petit Bède trouve là sa vraie famille, la famille bénédictine. Quand il fut grand, l'abbé l'envoya fonder avec saint Ceolfrid l'abbaye-sœur de Jarrow. Il y demeura toute sa vie, réalisant en sa personne le modèle du moine bénédictin, partageant son temps entre le travail manuel (on dit de lui qu'il exerçait l'office de boulanger), l'étude et la prière.
Il vécut de 672 à 735 (jour de l'Ascension)

NominisWikipedia ; Dom Guéranger ; Introibo avec l'audience de Benoit XVI. 

jeudi 26 avril 2018

Notre-Dame du Bon Conseil


Une messe figurant dans le Missel des Messes en l'honneur de la Vierge Marie, porte le titre de Notre-Dame du Bon Conseil.
C'est la fête de cette image aujourd'hui et de son sancutaire qui a fêté ses 150 ans. L'invocation dans les litanies de Lorette a été ajoutée en 1903.

L'ensemble ci-dessous fleure bon le 19ème siècle, comme le nôtre ne s'est pas encore détaché du 20ème.



http://leblogdumesnil.unblog.fr/…/92-de-limage-miraculeuse…/
https://fr.wikipedia.org/wiki/Notre_Dame_du_Bon_Conseil https://ia802701.us.archive.org/7/…/cihm_714…/cihm_71475.pdf

Le Sanctuaire de Genazzano

Notice sur l’Image miraculeuse de la Sainte Vierge à Genazzano

Par le R. P. Frédéric de Ghyvelde, O. F. M.
Commissaire de Terre-Sainte
IMPRIMATUR
C.A. Marojs, V. G.
Quebeci, die 21 juni 1903
Ex parte nostri nihil obstat,

Fr. Columbanus Maria, O. F. M.
Comm. prov.
Marianopoli die 19 Julii 1903,

AVANT-PROPOS

La publication du récent Décret par lequel
S. S. Léon XIII Ordonne l’insertion, dans les litanies, de l’invocation de Mater Boni Consilii, O. P. N. » — Mère du Bon-Conseil, P. P. N. — nous a donné la pensée d’offrir au public pieux, dans une humble brochure, l’admirable histoire de l’Image miraculeuse de Genazzano (1). Image, qui, au témoignage même de la sainte Eglise, occupe un rang unique, parmi toutes les images existantes de la Mère de Dieu. Nous  avons choisi, entre les différentes relations, toutes également intéressantes, celle qui se trouve dans le bel ouvrage de Mgr Dillon, publiée, il y a quelques années, par la « Société de Saint-Augustin. » Nous la donnons presque textuellement, après en avoir coordonné les différents matériaux ; et nous y avons ajouté, en appendice, quelques documents liturgiques, sur la dévotion à Notre-Dame du Bon-Conseil.
Puisse la lecture pieuse de cette brochure servir à augmenter encore dans les cœurs l’amour déjà si grand de nos bonnes populations canadiennes envers l’auguste Reine du Ciel « La Mère du Bon Conseil. »

1 Genazzano, petite ville d’Italie, dans le diocèse de Palestrina.

vendredi 9 mars 2018

Après le fouet dominical, les soufflets angéliques : Sainte Françoise Romaine


Sainte Françoise Romaine (1384 - †1440), mariée contre sa volonté, veuve, puis oblate bénédictine, avait le privilège de voir son ange gardien, mais ô douleur, lorsque cette grande mystique s'écartait du droit chemin, elle avait droit à un soufflet... L'époque manifestait une certaine compréhension envers ce type de châtiments angéliques.
Qui n'apprécie pas sa basilique, à l'emplacement d'un temple dédié à Vénus et à Rome? Les moines olivétains ont un monastère en ces lieux.

Vie de la sainte ;  Wikipedia ; Monastère Sainte Françoise Romaine au Bec-Hellouin ;  Traité de l'enfer ; Dom Guéranger ; Arte : Le temple de Vénus et de Rome.

P.S. Remarquons que l'église dédiée à Sainte Catherine de Sienne (et au bx Fra Angelico) se trouve sur un temple dédié autrefois à Minerve, d'où son apllelation la Minerve. Heureux et saint rapprochement.

mercredi 21 février 2018

Les Saints Germain et Randoald


Germain, fils d'un riche sénateur de Trêves, après sa formation auprès de l'évêque de cette ville, devint moine de Luxeuil, fondée par Saint Colomban, sous l'Abbé Waldebert. Le duc Gondoin, un des principaux seigneurs d'Alsace, voulant fonder un monastère au diocèse de Bâle en un lieu appelé Grandval, recourut à l'Abbé de Luxeuil et à ses moines. Germain y fut envoyé avec quelques compagnons dont Randoald, et devint le premier  Abbé de Moutier-Grandval. Après plusieurs années de paix, le duc d'Alsace, Cathic, père de la future sainte Odile et ancêtre  du Bienheureux Léon IX, s'en vint dévaster la contrée et en particulier la vallée de Delémont. Courageusement, Germain et son prieur Randoald partirent à sa rencontre, en habits sacerdotaux et le trouvèrent dans l'église de Saint Maurice à Courtételle. Ils s'en retournèrent après l'avoir admonesté. Un des lieutenants de Cathic avec quelques hommes se lança à leur poursuite; ils les rattrapèrent et les exécutèrent, les perçant de coups de lances, le 21 février 666, veille de la fête de la chaire de Saint Pierre. On rapporte un certain nombre de miracles sur la tombe du saint et sur les lieux de son martyre. L'année suivante, notamment, la veille du jour de la naissance de Notre-Seigneur "une lumière si grande et si brillante descendit du ciel à l'endroit où reposait le corps mutilé du bienheureux que tous furent remplis d'admiration et saisis d'une grande terreur."

 



12 .Comme on annonçait au bienheureux Germain  que Salmond entrait dans le Val par le Nord avec une grande armée et que Cathicus arrivait par un autre endroit avec une troupe considérable, prenant avec lui les reliques des saints et les livres, il se hâta d'aller à leur rencontre avec le Préposé du Monastère appelé Randoald. Mais avant qu'ils parviennent jusqu'au duc, des ennemis, remplis du diable, le jetèrent à terre. Néanmoins ils parvinrent jusquà Cathicus et le bienheureux Germain le trouva dans la basilique de saint Maurice tenant  conseil avec le comte Erico. Il lui adressa la parole en ces termes: "Ennemi de Dieu et de la vérité, pourquoi as-tu attaqué des hommes qui sont chrétiens? Comment ne crains-tu pas de vouer mon monastère au naufrage, le monastère que j'ai construit?" Alors Cathicus demanda pardon pour le forfait commis. Avec une feinte humilité, il voulut lui remettre en mains propres une caution, mais le bienheureux Germain refusa de l'accepter puisque l'autre promettait de faire satisfaction pour tout. Il le laissa donc dans cette même basilique de saint Maurice et sortit avec son seul compagnon, Randoald.
." Ensuite, comme il voulait regagner à pied son monastère avec son compagnon, des hommes remplis du démon le suivirent sur le chemin. A leur vue, Germain, prêtre de Dieu et martyr, leur adressa des paroles pacifiques en ces termes : "Mes fils, ne perpétrez pas un tel crime contre le peuple de Dieu." Mais eux, remplis du démon, le dépouillèrent de ses vêtements. Voyant que son martyre approchait, le bienheureux Germain parla ainsi à son frère Randoald : "Soyons en paix, mon frère, car aujourd'hui, nous recevons le fruit de nos travaux." Et comme on l'avait dépouillé de ses vêtements ainsi que son frère, il disait : " Je te rends grâce, bon Pasteur, parce que tu ne m'as pas frustré de tes biens. Daigne m'accueillir avec mon frère et me faire partager le sort de tes saints." Après cela vint du ciel une voix qui disait : " Viens fidèle intendant, les cieux te sont ouverts. Mes anges se réjouissent à ton sujet et s'apprêtent à te conduire dans la Jérusalem céleste." Ces paroles dites, l'un de leurs ennemis plus effronté que les autres et rempli du démon le transperça de sa lance ainsi que Randoald ; son corps gisait inanimé, son âme pénétra les cieux.

Lorsque fut achevé le cercle de l'année, arriva le jour de la naissance du Seigneur : à la vigile même du jour de la Nativité, à ce qu'on rapporte, une si grande lumière resplendit, venant du ciel, là où le corps de saint Germain avait subi la mort, que tous s'en étonnaient et étaient remplis d'une grande crainte.


mardi 6 février 2018

Hirondelle ou Tourterelle?




6 FÉVRIER 2018
 mardi, 5ème Semaine du Temps Ordinaire — Année Paire
S. Paul Miki et ses compagnons, martyrs

Première lecture« Tu as dit : “C’est ici que sera mon nom.” Écoute donc la supplicati...1 R 8, 22-23.27-30
Psaume De quel amour sont aimées tes demeures,
Seigneur, Dieu de l’univers !Ps 83 (84), 3, 4, 5....
Évangile« Vous laissez de côté le commandement de Dieu, pour vous attacher à...


PSAUME
(Ps 83 (84), 3, 4, 5.10, 11abcd)
R/ De quel amour sont aimées tes demeures,
Seigneur, Dieu de l’univers ! (Ps 83, 2)

Mon âme s’épuise à désirer
les parvis du Seigneur ;
mon cœur et ma chair sont un cri
vers le Dieu vivant !

L’oiseau lui-même s’est trouvé une maison,
et l’hirondelle, un nid pour abriter sa couvée :
tes autels, Seigneur de l’univers,
mon Roi et mon Dieu !


Quelle prière nous entendons dans la bouche de Salomon! Il n’est pas prêtre, mais il occupe une place dans la liturgie du Temple. "Seigneur, Dieu d’Israël, il n’y a pas de Dieu comme toi, ni là-haut dans les cieux, ni sur la terre ici-bas ; car tu gardes ton Alliance et ta fidélité envers tes serviteurs, quand ils marchent devant toi de tout leur cœur." Est-ce que, vraiment, Dieu habiterait sur la terre ? Oui, il y habite et Jésus qui dira ailleurs que le Temple de Dieu est son corps, nous fait comprendre la manière dont Dieu veut être servi, ne serait-ce pas d’abord dans tous ceux qui sont le temple de Dieu ici-bas. Il veut des cœurs proches de lui…
Nous désirons être un peu comme les oiseaux du psaume, tourterelles, passereaux, moineaux et hirondelles, à votre choix. Demeurer proche de lui, autant que possible. Comment nous établir à demeure dans le temple de Dieu et y rester ? Restons un peu avec Saint Augustin et son commentaire de notre  psaume 83… Mais, j’aimerais auparavant essayer avec vous de voir sur quelles bases bibliques travaillaient les Pères. Vous avez entendu tout à l’heure que le psaume mentionnait des hirondelles. J’aurais aimé des colombes ou des tourterelles, intuition qui n’était pas sans fondement. Vous savez qu’il existe différentes versions de ce que nous appelons l’Ancien Testament dont les psaumes font parties. Le texte hébreux actuel ou Massorétique a été fixé à la fin du 1er siècle après J-C, après la chute de Jérusalem prise par les romains. Mais les premiers chrétiens avaient fait usage d’une bible traduite en grec, à Alexandrie, dite Bible des LXX, selon une légende qui affirmait que 70 traducteurs seraient parvenus à la même traduction. Elle est encore utilisée par les orthodoxes. Certains commentaires disent que les juifs l’ont abandonnée parce que trop utilisée par les chrétiens et ont opté pour une traduction en grec, plus littérale et proche de l’hébreux. La LXX, passant en territoire latin, on en vint à la traduire en latin, mais il y eut plusieurs versions. Saint Augustin utilisait surtout une version de ce qu’on appelle la vetus latina, l’ancienne latine et celles qu’il trouvait sur place. Ce qui veut dire que les spécialistes voient les variations. Saint Jérôme, plus âgé qu’Augustin, a produit la version en usage jusqu’au Concile Vatican II, appelée Vulgate à laquelle a succédé la néovulgate et nos Bibles en langue vernaculaires, plus proche de l’hébreux.



Ma curiosité à propos de l’hirondelle a porté ses fruits, dans le psaume plus proche de l’hébreux, certains lisent bien hirondelle, mais dans toutes les versions issues de la LXX et de ses traductions et même la néo-vulgate, on lit tourterelle, ou colombe, ce qui fait bien entendu penser au cantique des cantiques…  Pour ne pas allonger, juste quelques lignes du commentaire d’Augustin sur ce psaume :
« Mon coeur et ma chair ont tressailli vers le Dieu vivant». … Qu’est-ce qui tressaille en toi, ô Prophète? « Mon coeur et ma chair ». Pourquoi ce tressaillement? c’est que « le passereau a trouvé une demeure pour lui, comme la tourterelle un nid, où elle placera ses petits». Qu’est-ce à dire? Deux objets tressaillent, selon lui, et dans la comparaison il montre encore deux oiseaux; c’est son coeur qui tressaille ainsi que sa chair, double objet qu’il nous ramène dans le passereau et dans la tourterelle; le passereau serait l’image de son coeur, et la tourterelle de sa chair. Le passereau a trouvé une demeure pour lui, mon coeur a trouvé un abri. Il exerce ici-bas ses ailes, dans les vertus de cette vie, dans la foi, dans l’espérance et dans la charité, pour s’élever ensuite dans sa maison; et quand il y sera arrivé, il y demeurera, et alors il n’aura plus cette voix plaintive qu’il a sur la terre.
Dans le ciel, d’où viendra notre bonheur ? Que posséderons-nous ? Que ferons-nous? Ce que nous posséderons, je l’ai dit, tout à l’heure : « Bienheureux ceux qui habitent votre maison». Tu n’es point riche, si tu n’as que ta maison, mais c’est être riche que posséder la maison de Dieu. Dans ta maison, il te faut craindre les voleurs, le mur de la maison de Dieu, est Dieu lui-même. « Bienheureux ceux qui habitent dans votre maison ».
N’est-ce donc pas l’amour de Dieu avec celui des frères que nous devons rechercher, car c’est là, la maison de Dieu. Amen.

mardi 30 janvier 2018

Béni soit Dieu de ne m’avoir pas fait femme



ÉVANGILE
« Jeune fille, je te le dis, lève-toi ! » (Mc 5, 21-43)

Nous avançons à bonne allure dans l’évangile de saint Marc, puisque nous en sommes déjà au chapitre 5. Après 3 paraboles, Jésus donne 4 signes.
Les deux d’aujourd’hui sont en faveur de femmes. Quelques mots sur l’attention de Jésus envers elles et leur rôle, dans ce début d’Evangile de saint Marc.
La belle-mère de Pierre avait bénéficié de la première guérison physique qu’il avait faite. Avec toutes les histoires qui courent sur les belles-mères, c’est un plus historique. Les deux miracles qui suivent paraissent montrer qu’il était attentif à toutes : jeunes (la petite-fille), adultes (la femme subissant des hémorragies) et anciennes (la belle-mère).
Dans ce portrait, il ne faut pas oublier Marie. Elle a d’ailleurs passé un premier moment apparemment difficile, puisque Jésus avait eu des propos qu’elle avait certainement été la seule à comprendre sur sa vraie parenté. Après ces deux miracles, il montera à Nazareth le contexte sera encore plus pénible pour elle.
Le premier rappel à la vie, c’est donc encore une femme qui en bénéficie. Ce qui interpelle aussi, c’est la douleur de ce père, de ce chef de synagogue. L’évangéliste la met en valeur et montre également non seulement l’intérêt, mais encore la compassion de Jésus. Cette époque ne brillait pas, d’après ce qu’on en sait pour sa grande considération envers l’autre moitié du monde.
Les hommes devaient remercier Dieu de leur condition dans leurs prières.  « L’homme, disait un Rabbi célèbre, est tenu de faire trois bénédictions par jour. Béni soit Dieu de m’avoir fait israélite ; de ne m’avoir pas fait femme ; de ne m’avoir pas fait ignorant ! »  « Une autre prière disait aussi de remercier le créateur pour la femme obéissante, belle, glorieuse ; ». On arrête la liste là, pour apprécier d’autant plus le cadeau fait à celle qui souffrait de pertes de sang. Sa maladie lui faisait contracter une impureté légale, elle devait se tenir à l’écart, quasiment exclue de la communauté et marginalisée… Elle n’osait approcher et vole presque un miracle à Jésus.
Les lectures ayant été suffisamment longue, je crois que nous pouvons nous contenter d’en rester sur l’invitation à la confiance que donne le Seigneur par ces deux signes. Il est attentif à chacun et à chacune, jusque dans ce qui paraît des détails. Il demande de faire manger la petite.
Il ne nous laisse pas à l’abandon même lorsque nous avons l’impression qu’il y a beaucoup de nuages entre le soleil et nous. « Seigneur, réjouis ton serviteur : vers toi, j’élève mon âme ! ». Il entend notre prière, y compris silencieuse. Il ne faut pas hésiter non plus à essayer de lui « voler » un miracle. Il se laisse toucher. Amen.

vendredi 12 janvier 2018

Le paralytique



ÉVANGILE
« Le Fils de l’homme a autorité pour pardonner les péchés sur la terre » (Mc 2, 1-12)


Que fait Jésus, au début de son ministère, selon ce que rapporte saint Marc ? Dans un premier temps, il appelle les premiers disciples qui avaient commencé à le suivre après son baptême. Ils seront les témoins de ses gestes et de ses paroles. Les Apôtres choisis par Jésus, ont en premier lieu cette fonction. Après la résurrection, avec l’aide de l’Esprit, ils témoigneront de ce qu’ils ont vu et entendu. Puis il opère des guérisons. Hier c’était un lépreux qui ne l’a pas écouté, et est allé annoncer sa guérison partout ce qui a gêné Jésus dans sa démarche. Il avait un message important à faire passer d’abord. Aujourd’hui, chez Simon Pierre, il guérit un paralytique. Nous savons bien aujourd’hui que même avec toute notre technologie, c’est presque impossible, même si la science a des pistes sérieuses en ce domaine. Elle y parviendra un jour et tant mieux ! Les drames que vivent ceux qui sont victimes de fractures de la colonne ou d’AVC ne peut que le faire souhaiter.  Ce qui est à remarquer, dans notre passage c’est que Jésus ne commence pas par le guérir, comme s’il y avait un mal plus important et plus grave. Quel est-il ? La majeure partie de l’Évangile a porté là-dessus : Le pardon des péchés. Ce qui  sépare spirituellement de Dieu est plus important et plus grave que ce qui a trait à l’état de notre corps, dans la démarche. Mieux : c’est une priorité.
Un moment où cela doit nous interpeller le plus, n’est-ce pas au moment de la mort ?
Avant chaque eucharistie, nous songeons à cela, je vous rappelle ce que disait le saint Père la semaine passée à l’audience : Chacun confesse à Dieu et à ses frères “d’avoir péché en pensées, en paroles, par action et par omission”. Oui, aussi par omission, c’est-à-dire d’avoir omis de faire le bien que j’aurais pu faire. Souvent nous nous sentons bons parce que – disons-nous – “je n’ai fait de mal à personne”. En réalité, il ne suffit pas de ne pas faire de mal au prochain, il faut encore choisir d’accomplir le bien en saisissant les occasions pour bien témoigner que nous sommes disciples de Jésus. Il est bon de souligner que nous confessons aussi bien à Dieu qu’aux frères que nous sommes pécheurs : cela nous aide à comprendre la dimension du péché qui, alors qu’elle nous sépare de Dieu, nous sépare aussi de nos frères, et vice-versa. Le péché coupe : il coupe la relation avec Dieu et il coupe la relation avec les frères, la relation dans la famille, dans la société, dans la communauté. Le péché coupe toujours, sépare, divise.

Amen.

dimanche 7 janvier 2018

L'Épiphanie du Seigneur


Adoration des mages à l'église de Lajoux
Elle provient de l'abbaye de Bellelay.


7 JANVIER 2018
L'Épiphanie du Seigneur — Année B
Solennité
Première lecture« La gloire du Seigneur s’est levée sur toi »Is 60, 1-6
Psaume Toutes les nations, Seigneur,
se prosterneront devant toi.
cf. 71,1171 (72), 1-2, 7-8, 1...
Deuxième lecture« Il est maintenant révélé que les nations sont associées  ...Ep 3, 2-3a.5-6
Évangile Nous sommes venus d’Orient adorer le roi

Frères et Sœurs,
Nous voyons deux titres mentionnés au début de l’évangile, celui de roi, basileus, attribué à Hérode et celui de Magoi, de mages, aux visiteurs guidés depuis l’Orient, par l’étoile. Hérode était un personnage, terrible, courageux, génial en matière architectural. Songez, frères et sœurs, à ses constructions, d’abord le Temple, qui n’avait pas été achevé du vivant de Jésus, puis les forteresses, Machéronte, l’Hérodium, Massada et la ville de Césarée. Il avait rassemblé presque tout le territoire de l’ancien Israël par la force, le courage, une diplomatie des plus audacieuses et la ruse. Les romains lui avaient reconnu le titre de roi. Mais ce mégalomane paranoïaque à un degré incroyable, était le plus cruel des hommes. Un auteur célèbre, de la fin du 3ème, début du 4ème siècle, Macrobe, rapporte qu’Auguste aurait dit de lui : « Il vaut mieux être le cochon d'Hérode que son fils » (Macrobe, Saturnalia, 2 : 4, 11). Il avait fait exécuter son épouse préférée et plusieurs de ses fils.
Dès lors, nous imaginons l’effet qu’a pu provoquer chez Hérode, la  demande des mages : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? ». Il sentait déjà le trône vaciller sous ses pieds, lui qu’on accusait d’être à la solde des romains et illégitime. Il n’était pas le descendant de David. Un enfant peut-il être dangereux ? L’histoire d’Israël nous dit que Salomon fut couronné roi d’Israël à 12 ans, Manassé à 12 ans aussi, Josias à 8 ans. C’est dire si, dans l’esprit de ce monarque, un enfant descendant de David, pouvait représenter un danger.
Que voulaient faire les mages ? « Nous sommes venus nous prosterner devant lui. » L’acte est réservé aux détenteurs de l’autorité publique à l’époque. Même aujourd’hui on salue ceux qui sont établis dans une fonction publique, pour reconnaître leur nouvelle responsabilité. Cela se fait  différemment, le sens de la poignée de main change, ce n’est plus celui de la période électorale.
Les mages avaient été conduits par une étoile, depuis l’Orient. Elle semble avoir disparu au-dessus de Jérusalem. Ce sont ceux qui connaissaient les Ecritures qui ont donné la réponse à la question des mages. Matthieu veut certainement attirer notre attention sur elles, qui contiennent la lumière. « Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es certes pas le dernier parmi les chefs-lieux de Juda, car de toi sortira un chef, qui sera le berger de mon peuple Israël. » Selon les notes de nos Bibles, c’est une combinaison qui n’est pas littérale du prophète Michée et du 2ème livre de Samuel. L’étoile à sa manière confirme les Écritures en brillant à nouveau et en conduisant ces voyageurs à la crèche.
Ces trois sages, ces trois mages sont venus de loin. Ils avaient appris par leur science étonnante et païenne, cet événement extraordinaire et caché qu’était la naissance de l’enfant. Ne serait-ce pas une indication que Dieu aime tous les hommes et veut les conduire à son Fils, à travers leurs cultures et leurs religions ? « Les rois mages n'ont-ils pas trouvé le Christ (Mt 2,1-12) grâce à l'étoile, c'est-à-dire grâce à leur « superstition », grâce à leur religion ? Par leur intermédiaire, leur religion ne s'est-elle pas présentée pour ainsi dire à genoux devant le Christ et comme courant au-devant du Christ? » (Benoît 16 – Foi, vérité, tolérance) On insiste beaucoup aujourd’hui sur la laïcisation et l’oubli du Christ par pans entiers de nos sociétés. Où brille l’étoile aujourd’hui ? Où sont les sages d’aujourd’hui qui la cherchent? La crèche, n’est-ce pas les lieux où l’évangile est vécu, où le Christ est vivant ? N’est-ce pas dans son Église qu’il est vivant avant tout ? L’Église n’est-ce pas le lieu où il naît aujourd’hui, où il se laisse approcher et reconnaître ? Il est déjà tout près de ceux qui se sont éloignés de lui, il fait briller son étoile.
Les mages se sont fait pèlerins, ils ont accepté de regarder vers l’étoile, de se mettre en route et d’apporter leurs dons. Vous me permettez une citation d’un sermon de mes auteurs préférés pour l’Épiphanie, saint Augustin : « Au-dessus de la couronne de gloire qui apportait la joie à toute la terre, on voyait donc voltiger et briller, au milieu des ténèbres, les mystérieuses et bleuâtres lueurs destinées à annoncer le Sauveur; et, par la route de feu qu'elle traçait, avec un empressement joyeux, dans les airs, l'étoile amenait d'Orient les trois mages , comme trois pierres précieuses à ajouter à la couronne du Christ naissant dans l'innocence : ils devaient y être incrustés à titre de prémices et en fléchissant le genou. Voilà donc que des milliers de pierres précieuses viennent s'attacher à la couronne de cet enfant qui naît pour rajeunir la vieillesse d'un monde devenu caduc. » Ils lui ont apporté l’or de la royauté, l’encens de la divinité et la myrrhe pour annoncer le moyen par lequel il allait régner.
Le pape hier nous invitait à suivre l’exemple des mages et leur parcours en cette fête de l’épiphanie : Trois gestes des Mages orientent notre marche à la rencontre du Seigneur qui se manifeste aujourd’hui comme lumière et salut pour tous les peuples. Les Mages voient l’étoile, ils marchent et ils offrent des présents.
Les mages sont  allés à la rencontre du Christ en acceptant de se laisser surprendre et ils l’ont été. Qu’ont-ils vu ? Un enfant sur les genoux de sa mère ? « Ils entrèrent dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère. » - « Voici qu’a brillé (à leurs yeux) la splendeur de Dieu : sa puissance est apparue grâce à la Vierge, car le Très-Haut a choisi une humble naissance pour manifester dans cette humilité sa propre majesté. » Qui aurait peur d’approcher d’un enfant ?

Marie, l’étoile de la mer est experte en étoiles. Qu’elle fasse briller encore plus celle qui nous conduit, nous à notre Bethléem, dans l’Église de son Fils pour l’y adorer et nous prosterner. Amen.

jeudi 7 décembre 2017

Saint Ambroise de Milan


Ambroise de Milan, un don de Dieu à l'Eglise en Europe. Augustin n'osait pas le déranger dans sa méditation, mais l'Esprit agissait en lui à la prière du saint évêque et de Monique.

Oui, vraiment heureuse, Marie, de l'avoir emporté sur le prêtre Zacharie : celui-ci s'était dérobé à la foi, Marie, elle, a corrigé cette erreur. Comment, d'ailleurs, le Seigneur, voulant racheter le monde, n'aurait-Il pas inauguré son oeuvre par Marie, celle qui est la première à accueillir le Fils et son fruit de salut ?  Commentaire sur l'Evangile de Saint Luc (croire.com)

A propos de Marie, il faut aussi lire ses commentaires sur la Virginité



Ambroise vit cet agneau dans la basilique qui porte son nom à Milan

mardi 5 décembre 2017

Jessé père de David



5 décembre 2017 - mardi, 1ère Semaine de l'Avent —

    Première lecture « Sur lui reposera l’esprit du Seigneur » Is 11, 1-10
    Psaume En ces jours-là fleurira la justice,
    grande paix jusqu’à la fin des temps.
      71 (72), 1-2, 7-8, 1...
    Évangile « Jésus exulta de joie sous l’action de l’Esprit Saint »

Un rameau sortira de la souche de Jessé, père de David, un rejeton jaillira de ses racines… Nous sommes bien entrés dans le temps de l’Avent, temps d’attente et d’espérance.
Ce sont les petits qui loueront le Seigneur et l’accueilleront, eux les enfants des Hébreux. Nous pouvons faire un rapprochement avec l’accueil de Jésus lors du dimanche des rameaux. « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. »
Mais quel est donc ce fameux rameau ? Jessé engendra David nous rapporte Matthieu dans sa généalogie. Il était son huitième fils, un chiffre symbolique qui ne nous échappe pas. Souvent Jessé est représenté sur sa couche, regardant ailleurs, dormant ou la main appuyée sur sa joue droite… C’est le signe des songes, dans les icônes pour saint Joseph notamment.
Que demander au Seigneur en ce temps de l’Avent ? La joie et la grâce de la contemplation du Mystère. La patience, certainement, et une charité toujours active, comme celle de Marie. Nos deux mystères préférés sont des mystères joyeux, l’Annonciation et la Visitation. Autre image aussi celle de l’icône de la Vierge du signe. Celui que l’univers entier ne pouvait contenir se fait petit enfant dans le sein de Marie.
Il est le plus petit, dans la parfaite obéissance à son Père. Il se prépare dans cette vie cachée à nous révéler et nous faire connaître le Père. « Personne ne connaît qui est le Fils, sinon le Père ; et personne ne connaît qui est le Père, sinon le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler. »   

Qu’il augmente encore notre joie et l’approfondisse en ce temps de l’avent, qu’il ouvre encore mieux nos yeux et nous donne d’entendre la Bonne Nouvelle qui nous est réservée et guérisse l’oreille de notre cœur.

samedi 21 octobre 2017

Triple couronne



Nous avons dans la région bâloise qui se paganise aujourd'hui à grande vitesse, trois monuments de la théologie : Erasme, Karl Barth et Hans Urs von Balthasar. On a beaucoup parlé de ce dernier sur KTO ces jours, et il faudrait être vraiment très savant ou prétentieux pour prétendre bien parler d'eux. Une erreur à ne pas commettre : prendre le Père Hans Urs pour un théologien thomiste-conservateur en raison des expressions de son attachement à l'Église. Il fut un vrai révolutionnaire dans son domaine.
Hans Urs von Balthasar avait écrit un petit livre sur le Rosaire, intitulé : triple couronne - le salut du mode dans la prière mariale (Le Sycomore P. Lethielleux 1978.) Il n'a pas anticipé les mystères lumineux de Jean-Paul II qui ont bouleversé le schéma du rosaire.

En ce samedi, jour de Marie, un extrait de l'introduction : 


Le chemin entre Dieu et nous est ouvert dans les deux sens : « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie » — et : « Je suis venu dans le monde comme la Lumière, afin que quiconque croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres. » (Jn 14, 6 ; 12, 46)
Mais comment la Voie a-t-elle pu parvenir jusqu’à nous, la Lumière pénétrer jusqu’à nous, le Verbe habiter parmi nous ? Car il le fallait pour nous permettre d'aller à Dieu par une voie praticable à l'homme. Autrement, la Lumière n’aurait lui que dans les ténèbres, et celles-ci ne l’auraient pas comprise, la Lumière serait venue chez elle (car le monde appartient à Dieu) et les siens ne l’auraient pas reçue. Il fallait quelqu’un pour accueillir le Verbe, si totalement qu'il pût trouver place en un être humain, afin de s'incarner en lui, comme l’enfant dans sa mère.
Cette mère qui s’offre et s’ouvre sans réserve au Verbe de Dieu, ce n'est pas nous ! Aucun de nous ne dit à Dieu le oui sans réserve. Aussi le consentement parfait nous reste-t-il inaccessible. Et pourtant il est une des conditions requises pour que le Verbe de Dieu parvienne réellement jusqu’à nous et devienne la Voie où nous pourrons marcher. Dieu n’aurait pu se faire homme dans un cœur qui ne lui fût qu’à moitié donné. Car l’enfant est essentiellement dépendant de sa mère, il se nourrit de sa substance corporelle et spirituelle, c’est elle qui le forme à une vraie et féconde humanité. Une mère qui nous dépasse, condition requise pour que s’ouvre une voie entre Dieu et nous, n’est pas pour autant isolée, mais elle crée pour nous la possibilité de devenir à notre tour capables de dire oui, en sorte que le Verbe parvienne aussi jusqu’à nous, et nous en lui jusqu’à Dieu. « Heureux le corps qui t’a porté, le sein qui t’a nourri. Oui, heureux en vérité ceux qui entendent la parole de Dieu et qui la gardent!» (Lc 11, 27-28)
« Quiconque fait la volonté de mon Père céleste est mon frère, ma sœur, ma mère. » (Mc 3, 35)
Par son « avant » perpétuel, Marie permet notre « avec ». La communauté que Dieu, en elle, noue avec l’homme en devenant un enfant des hommes est le substrat d’une communauté qui nous relie entre nous comme enfants de Dieu et que nous appelons l’Eglise de Dieu. La Mère est le préalable permanent, le point de départ et l’accomplissement de l’Eglise, à laquelle, si nous voulons, nous pouvons appartenir en hommes qui s’acheminent vers le oui parfait et tendent à son enracinement dans toute notre vie. Ainsi nous pouvons et devons dire, nous les imparfaits, à celle qui est l'accomplie, et qui nous introduit et nous attire à sa plénitude : « Ave Maria ». Mais non pas en la séparant de son Fils : elle n'est que la réponse, il est la Parole.

dimanche 15 octobre 2017

Le Mariage du Fils



15 OCTOBRE 2017 - 28ème dimanche du Temps Ordinaire — Année A

Lectures de la messe

Première lecture « Le Seigneur préparera un festin ; il essuiera les larmes sur tous le...Is 25, 6-10a

Psaume J’habiterai la maison du Seigneur
pour la durée de mes jours.Ps 22 (23), 1-2ab, 2...

Deuxième lecture « Je peux tout en celui qui me donne la force »Ph 4, 12-14.19-20

Évangile« Tous ceux que vous trouverez, invitez-les à la noce »Mt 22, 1-14


Frères et Sœurs,

Bienvenue pour cette célébration du 28e Dimanche du temps ordinaire. Si vous le voulez bien, nous pourrons avoir une pensée pour nos sœurs carmélites qui fêtent aujourd’hui leur fondatrice, sainte Thérèse d’Avila.

L’Evangile parle du mariage du fils d’un roi aujourd’hui. Thérèse d’Avila, a vécu la mystérieuse ascension de l’âme dans son union à Dieu, à l'image d'un mariage. L'Écriture et les mystiques font volontiers usage de cette comparaison. Vous connaissez certainement quelques-uns de ses écrits, château de l’âme, livre des demeures…

Nous allons confier aussi au Seigneur tous ceux qui vivent dans l’état de mariage et s’y préparent, ainsi que nos familles.

Tous, nous avons besoin de miséricorde et nous demandons au Seigneur son pardon au début de cette eucharistie.


mardi 10 octobre 2017

Marthe et Marie



10 OCTOBRE 2017 - Mardi, 27ème Semaine du Temps Ordinaire — Année
Lectures de la messe
Première lecture « Voyant comment ils se détournaient de leur conduite mauvaise, Dieu...Jon 3, 1-10
Psaume Si tu retiens les fautes, Seigneur,
Seigneur, qui subsistera ?Ps 129 (103), 1-2, 3...
Évangile« Une femme nommée Marthe le reçut. Marie a choisi la meilleure part »

Cet Evangile nous le connaissons presque par cœur. Ceux qui sont dans l’action aspirent à ce qu’ils estiment être un une façon de vivre dans la tranquillité et le repos… parfois c’est l’inverse, les tenants d’un mode de vie contemplatif désireraient avec ardeur l’action directe et l’annonce de l’Evangile. Mais au final chacun revient à sa mission spécifique qui ne se limite pas à son poste de télévision… ou à passer ses ardeurs dans une lecture ou des habitudes peut-être en forme d’auto-justification. Nous désirons par moment embrasser une condition qui n’est pas celle à laquelle nous sommes appelés… Mais la question n’est-elle pas :  à quoi sommes-nous appelés?

vendredi 29 septembre 2017

Michel, Gabriel, Raphaël et le Mariage



Michel, Gabriel et Raphaël… Saint Grégoire le Grand dans un résumé synthétique que nous lisons à l’occasion de cette fête, à l'office des lectures*, nous explique qui ils sont. Des esprits, des messagers de Dieu de très haut rang… des princes. Oui, les anges existent, pas besoin de chercher d’autres extra-terrestres… Leurs noms expliquent leurs missions. Saint Grégoire nous en donne la signification. Michel veut dire « Qui est comme Dieu ? », Gabriel : « Force de Dieu ». Raphaël : « Dieu guérit »… Tous trois figurent sur la tapisserie devant l’autel, qui est une interprétation de l’antépendium de l’ancienne cathédrale de Bâle.
Une partie de l’inscription se réfère à leur nom avec trois possibiilités de traductions au moins : « Qui, comme le Dieu fort, comme le Sauveur qui guérit, doit être béni. ». - « Qui est, comme Dieu, un médecin fort, un sauveur béni. ». « Qui est, comme le Dieu fort, médecin et sauveur. ».
Ils sont représentés avec saint Benoît, l’empereur saint Henri et son épouse Cunégonde, prosternés aux pieds du Christ. J’aime beaucoup les prendre en exemple pour le mariage, surtout en ce temps où le sujet est débattu. Saint Henri, patron secondaire du diocèse de Bâle est aussi patron des oblats bénédictins. L’empereur et l’impératrice nous rappellent que le Christ est au centre. Le Christ est l’époux et son Eglise, l’Epouse. Il n’est l’époux que d’une seule épouse. Il a élevé le mariage à la dignité de sacrement. Henri et Cunégonde sont restés fidèles l’un à l’autre, à une époque où le fait de ne pas avoir d’enfants pouvait amener à une nullité du mariage dans ces milieux de haute noblesse.
Les trois archanges pourraient nous inviter à quelques ébauches de réflexions sur leur rôle dans le mariage.
Michel, pourrait être considéré comme celui qui le défend. Qui est comme Dieu ? Qui oserait donc mettre en cause un sacrement et celui qui a uni deux époux ? Il le défend… Gabriel est plutôt l’archange des mystères Joyeux et de l’enfance… Il annonce la naissance de Jean-Baptiste, celle du Christ à Marie et à Joseph. Raphaël, Dieu guérit, est celui qui prépare les mariages, une sorte d’entremetteur et de conseiller pour les fiancés. Il est en quelque sorte la compassion et la tendresse de Dieu. Il sera aussi celui qui aide aux guérisons intérieures et aux réparations lorsque les choses se passent mal, et que s’accroissent les épreuves et les blessures. L’infirmier et le médecin de Dieu en quelque sorte. Il est aussi l’ange gardien.
Nous pouvons confier à ces trois grands messagers de Dieu nos familles, qui ont besoin de ces trois formes de l’attention de Dieu pour elles et pour nous.

Que Marie Reine des Anges vienne aussi à notre aide. Amen.



* HOMÉLIE DE S. GRÉGOIRE LE GRAND

Les noms des anges

Il faut savoir que le nom d’anges désigne leur fonction, et non leur nature. Car ces esprits bienheureux de la patrie céleste sont bien toujours des esprits, mais on ne peut les appeler toujours des « anges », parce qu’ils ne sont des anges que lorsqu’ils portent un message. On appelle « anges » ceux qui portent les messages moins importants, et « archanges » ceux qui annoncent les plus grands événements.

C’est pourquoi l’archange Gabriel fut envoyé à la Vierge Marie : pour ce ministère, il s’imposait d’envoyer un ange du plus haut rang annoncer le plus haut de tous les événements.

En outre, certains d’entre eux sont désignés par un nom propre, afin de signifier par les mots la nature de leur action. En effet, ce n’est pas dans la sainte cité, où la vision de Dieu tout-puissant confère une connaissance parfaite, qu’ils reçoivent leurs noms particuliers, comme si, sans l’aide de ces noms, on n’avait pas pu connaître leurs personnes. C’est lorsqu’ils viennent vers nous pour exercer un ministère qu’ils reçoivent chez nous des noms tirés de leur fonction. C’est ainsi que Michel veut dire « Qui est comme Dieu ? », Gabriel : « Force de Dieu ». Raphaël : « Dieu guérit ».

Chaque fois qu’il est besoin d’un déploiement de force extraordinaire, c’est Michel qui est envoyé : son action et son nom font comprendre que nul ne peut faire ce qu’il appartient à Dieu seul de faire. L’antique ennemi, qui a désiré par orgueil être semblable à Dieu, disait : J’escaladerai les cieux, par-dessus les étoiles du ciel j’érigerai mon trône, je ressemblerai au Très-Haut. Or, l’Apocalypse nous dit qu’à la fin du monde, lorsqu’il sera laissé à sa propre force, avant d’être éliminé par le supplice final, il devra combattre contre l’archange Michel : Il y eut un combat contre l’archange Michel.

À la Vierge Marie, c’est Gabriel qui est envoyé, dont le nom signifie « Force de Dieu » : ne venait-il pas annoncer celui qui voulut se manifester dans une humble condition pour triompher des puissances démoniaques ? C’est donc par la « force de Dieu » qu’il devait être annoncé, celui qui venait comme le Dieu des armées, le vaillant des combats.

Raphaël, comme nous l’avons dit, se traduit : « Dieu guérit ». En effet, il délivra des ténèbres les yeux de Tobie lorsqu’il les toucha comme pour remplir l’office de soignant. Celui qui fut envoyé pour soigner est bien digne d’être appelé « Dieu guérit ».