Rechercher dans ce blog

dimanche 17 mai 2026

Il est dans la gloire! Il siège à la droite du Père!

  Aucune description de photo disponible.

 17 mai 2026

7ème Dimanche de Pâques (semaine III du Psautier) — Année A

Lectures de la messe

 « Père, l’heure est venue. Glorifie ton Fils afin que le Fils te glorifie. » 
Cher frères et sœurs,
Elevé sur la croix, le Seigneur s’est encore élevé parmi les ovations, aux éclats du cor, dit le refrain d’un psaume. Il est entré dans la nuée, la Shekhina, le lieu de la présence divine. Le mot signifie  être installé, habiter, résider. On pourrait aussi dire le lieu de la  gloire de Dieu. En tant que Dieu, le Seigneur y est demeuré toujours. Mais il y est entré maintenant en tant qu’homme, il nous a donc ouvert à tous et à toutes, dans son humanité, la porte de la vie divine avec son Père. Il y est en tant qu’homme, et il est bon de rappeler que Marie lors de son Assomption y a été accueillie en tant que femme. 
Cette présence du Seigneur dans la gloire pourrait nous faire penser à un éloignement, « Je m’en vais maintenant auprès de Celui qui m’a envoyé… la tristesse remplit votre cœur» avons-nous entendu.  Leur cœur a pourtant été dans la joie lors de la résurrection. Elle sera plus grande encore lorsque l’Esprit viendra sur eux. Le don de la foi a été plus fort en eux parce que le Seigneur est entré dans cette gloire. Léon le Grand explique que l’Ascension du Seigneur fit accomplir aux Apôtres de tels progrès que tout ce qui, auparavant, leur avait inspiré de la crainte, les rendait joyeux. Ils avaient dirigé leur contemplation vers la divinité de celui qui avait pris place à la droite du Père. Ils en avaient reçu une grâce. L’Esprit agissait déjà en eux puisqu’ils choisirent Matthias pour remplacer Juda avant la Pentecôte.
Nous avons eu d’autres signaux cette semaine dans la liturgie, sur les dons de Dieu qui nous ont été promis pour accomplir notre marche vers le Royaume, vers la Gloire, à l’image du Peuple de Dieu dans le désert. Ils avaient passé à travers la mer rouge, nous avons reçu le baptême, ils ont marché à travers les difficultés du désert et la nuée les accompagnait. Nous  le sommes aussi, mais maintenant certains que le Seigneur est avec nous en tant qu’homme auprès de son Père. Le chemin est sûr et balisé, mais la persévérance et la confiance en lui nous sont demandés.  Le chemin est rude, mais une force nouvelle va  être donnée à ceux qui croient en lui, celle du Saint-Esprit. Être disciple du Christ n’est « hélas » pas un chemin de facilité. Prétendre le contraire serait un mensonge, celui  de sirènes contemporaines. Notre tête est dans les cieux, mais nous marchons avec lui, maintenant. Nous écoutons sa voix dans les Ecritures et par l’Esprit dans notre cœur. Encore faut-il tendre l’oreille. 
Dans quelle direction tendre l’oreille, à quelle voix être attentif ? Elles sont  nombreuses à nous perturber dans notre quotidien, ces sirènes… Il y a eu le cirque pour le romains, et pour chaque génération, les modes, les vedettes, nos habitudes, nos obsessions et autres dadas de tous les jours. 
Je me suis un peu amusé hier matin en voyant une illustration de l’Ascension. Elle figurait le Christ escaladant décontracté un escalier de petits nuages pour entrer dans la nuée. Elle fait penser à la tradition bien connue de la représentation d’une échelle sainte qu’escaladent des moines. Le Christ les attend au sommet sur son nuage. Un bon nombre est précipité en bas par des diablotins mal intentionnés. Mais il n’y a pas de dames. Elles seront donc toutes sauvées. Quelle serait la juste représentation chrétienne ? Suivre le Christ dans la confiance n’est pas tous les jours une séance de relaxation , mais il est là. Avoir confiance c’est littéralement, mettre sa foi en lui.
Permettez-moi encore un mot sur l’Ascension. Le pape Benoît XVI a écrit un petit livre intitulé « La mort et l’au-delà ». Il y mentionne notamment le développement qu’a connu le mystère de la rencontre avec le Père et l’au-delà de cette vie, en fonction du mystère du Christ. Le plus important était l’annonce de la résurrection (cf p. 139 ss). La réflexion sur l’Ascension, sur l’anthropologie, la rencontre avec Dieu, l’attente de la résurrection sont venues ensuite. Il n’y a plus d’état intermédiaire, les saints n’attendent plus « sous l’autel » mais voient Dieu. Il a fallu aussi écarter les représentations de la mythologie grecque.
En ce dimanche des médias, le message du pape Léon est centré sur la très problématique utilisation, de l’intelligence artificielle. On nous invite à voir confiance en elle, à la croire. Notre jeune pape nous met en garde contre cet envahisseur. Les médias en sont aussi, et ils peuvent vouloir manipuler plus qu’informer, personne n’est dupe. Il  est bon de prendre des temps de retrait et de se mettre à l’abri des écrans avec une lecture et de s’exercer à une réflexion personnelle critique. Des images et même des icônes, l’IA peut en confectionner de très ressemblantes et canoniques, mais elle se démasque souvent. Cette toute-puissance va aussi jusqu’à constituer des photos de personnes truquées et des films, vous l’avez lu dans vos journaux. On essaye par exemple de cloner des voix de proches pour faire sortir la carte de crédit. Il vaut mieux maintenant laisser celui qui vous appelle, s’annoncer. L’IA  n’est pas une excuse pour ne pas aider ! J’ai cru que c’était l’IA. Le Pape Léon pour cette 60ème journée des communications sociales nous rappelle d’abord que le visage et la voix sont des traits uniques et distinctifs de chaque personne. Je vous invite à le lire sur la toile ou à demander à quelqu’un un tirage papier. Il existe un désir de domination et de toute-puissance dans le cœur humain, mais il  ne peut être comblé que par celui qui est tellement tout-puissant qu’il va jusqu’au don de lui-même et se faire le tout-petit et le tout-proche, parce qu’il aime. Un mot qui a bien de la peine à être entendu dans le tintamarre du « MOI JE ». Si nos homélies sont parfois un peu longues, pardonnez-nous, nous obéissons et composons donc sans IA. 
Le Père a aimé son Fils jusqu’à nous le donner. Avec Marie demandons pour nous la venue de l’Esprit-Saint, avec nos sœurs du Carmel. Il est de coutume de faire en ce temps de préparation à la Pentecôte. Viens Esprit-Saint en nos cœurs allume en nous le feu de ton amour. Amen.

dimanche 10 mai 2026

Le Défenseur vient bientôt.

 10 mai 2026

 6ème Dimanche de Pâques (semaine II du Psautier) — Année A

 
 
Lectures de la messe

Fêtes des mères en Suisse :



Carmel 6e Dimanche de Pâques A - 10 mai 2026

Introduction
Mes sœurs, chers frères et sœurs, 
Bienvenue et merci de venir célébrer ce 6e Dimanche de Pâques. Il est aussi la fête des mères cette année. Alors bonne fête à toutes les mamans, leurs enfants ne les oublieront pas aujourd’hui, celles qui sont parmi nous et celles qui veillent sur nous auprès de Dieu. Nous n’oublions pas les mères spirituelles. Sainte Thérèse d’Avila était surnommée la Madre, la mère des spirituels. Il me semble que c’est une coutume au Carmel d’adopter un frère missionnaire. Nos sœurs et mères spirituelles portent le souci des prêtres notamment. Je crois n’avoir oublié personne. Le Seigneur va confier à sa mère l’Eglise naissante dans l’attente du Saint-Esprit. Il s’en va Jeudi. 




Homélie
Chers Frères et Sœurs, chers Amis,
« Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur ». Le ton liturgique nous est donné par le titre de notre Evangile. Le Seigneur s’en va bientôt, mais il fait une promesse qu’illustrent les premières lectures : le don d’un défenseur, un inspirateur de locuteurs. Belle expression pour nous faire sourire. 
Le Seigneur veut nous  faire envoyer un défenseur le Paraclet, Paracletos, le terme est utilisé par saint Jean, à 5 reprises, pour l’Esprit-Saint, mais il l’est aussi une fois pour Jésus dans sa 1ère épître comme intercesseur auprès du Père. Dans l’antiquité, il fallait habituellement se défendre tout seul, lorsqu’on était accusé. Les avocats sont apparus progressivement, mais plutôt comme des orateurs, c’étaient des  gens instruits. Saint Augustin en était un.
Il va toucher les cœurs pour que la Bonne Nouvelle soit transmise à toutes les générations. Et qu’elles puissent dire à Marie qu’elle est bienheureuse. Nous avons besoin de bons parleurs en Eglise et de haut-parleurs, mais aussi de murmurateurs dans le creux de l’oreille, de témoins de tous les jours par les actes. Nous avons besoin également de diacres. Il n’est pas nécessaire qu’ils soient très jeunes. Philippe faisait partie des 7 premiers diacres. Ce défenseur va permettre de construire l’Eglise, en transformant les cœurs. Il va la construire sur le modèle du Christ. Il va mieux encore faire vivre le Christ en elle. L’Eglise est le Corps du Christ, le temple de l’Esprit-Saint, n’est-ce pas le sens du passage de l’épître de Saint Pierre. « Soyez prêts à tout moment à présenter une défense » . Comment la présenter ? Pourquoi pas avec l’Alléluia Pascal ? Nous avons entendu hier à l’Office des lectures une réflexion de Saint Augustin. Il nous expliquait son sens :  « Alléluia. Loue le Seigneur. Tu le dis à un autre, lui-même te dit la même chose. Lorsque tous font la même exhortation, tous y répondent. Mais louez-le par tout vous-mêmes : c'est-à-dire que votre langue et votre voix ne doivent pas être seules à louer Dieu ; louez-le aussi par votre conscience, par votre vie, par vos actions. » 
Le Seigneur demande en permanence à son Père qu’il nous envoie l’Esprit, il est notre intercesseur notre Grand-Prêtre et il est exaucé. L’Esprit du Père et du Fils vient à nous pour nous transformer. Il vient en nous pour nous transformer en d’autres Christ, une expression de Sainte Catherine de Sienne que j’apprécie beaucoup. La petite troupe de ses disciples la considéraient aussi comme leur mère spirituelle.
Lorsque le père s’en va dans une famille, par exemple lors d’un décès ou même dans le cas extraordinaire de Nicolas de Flüe (il nous écoute au fond de la chapelle), les mères de famille font preuve de ressources spirituelles et personnelles parfois extraordinaires. Le Seigneur en partant auprès de son Père va confier l’Eglise naissante à Marie qui va intercéder pour elle et prier aussi pour la venue de l’Esprit et l’accueillir comme elle  l’avait fait à l’Annonciation. Nous ne comprendrons pleinement son rôle, me semble-t-il que lorsque nous serons là-haut. 
Il est intéressant pour moi de remarquer que le départ du Seigneur nous fait penser à celui d’un père qui s’en va, mais il ne veut pas de ce titre. Il est le Fils. Et nous devenons fils dans le Fils. Fils de qui donc ? de Dieu qui est le seul Père. Il est notre tête qui est déjà dans les cieux.
Nous pouvons illustrer cela par Isaac de l’Etoile, un cistercien du 12e siècle nous disait cette semaine : « Par cet Esprit, il est né du sein de la Vierge comme Fils de l'homme, et comme notre Tête ; par le même Esprit, nous renaissons pour notre part de la source baptismale comme fils de Dieu, comme son corps. » 
Entrelacs mystérieux, de la grâce et des saints d’hier, d’aujourd’hui, de demain, pour que grandisse à jamais le corps du Christ, selon la formule du Jubilé de l’an 2.000. « Oui, je viens sans tarder. » dit-il à la fin de l’Apocalypse.
En ce mois de Mai, mois de Marie, mois le plus beau, nous prions Marie avec notre pape Léon qui  a fêté l’anniversaire de son élection à Pompéi. Marie nous rassemble, elle est la Mère de l’Eglise, chaque jour elle nous apprend à accueillir l’Esprit pour devenir fils dans le Fils, enfants de Dieu. 
Je termine avec le Pape Léon : Saint Bartholoméo Longo, pensant à la foi de Marie, la définit comme « toute-puissante par la grâce ». Par son intercession, que du Dieu de la paix vienne un élan de miséricorde qui touche les cœurs, apaise le ressentiment et la haine fratricide, et éclaire ceux qui ont des responsabilités particulières de gouvernement.  Frères et sœurs, aucune puissance terrestre ne sauvera le monde, mais seulement la puissance divine de l’amour, cette puissance divine de l’amour que Jésus, le Seigneur, nous a révélée et donnée. Nous croyons en lui, nous espérons en lui, nous le suivons ! » Amen !