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vendredi 10 juin 2016

L'apôtre des apôtres

10 juin 2016

Par volonté expresse du Pape François, la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements a publié un décret en date du 3 juin 2016, solennité du Sacré-Cœur de Jésus, par laquelle la célébration de la Sainte-Marie Madeleine, aujourd'hui mémoire obligatoire, sera élevée au Calendrier romain général au rang de fête.

La décision s'inscrit dans l'actuel contexte ecclésial, qui demande de réfléchir plus en profondeur à la dignité de la femme, la nouvelle évangélisation et la grandeur du mystère de la miséricorde divine. Jean-Paul II consacra une grande attention non seulement à l'importance des femmes dans la mission même du Christ et de l'Eglise, mais aussi et avec un accent spécial, à la fonction particulière de Marie de Magdala en tant que premier témoin qui vit le ressuscité et première messagère qui annonça aux apôtres la résurrection du Seigneur (cf. Mulieris dignitatem, n. 16). Cette importance est aujourd'hui perpétuée dans l'Eglise – en atteste l'actuel engagement d'une nouvelle évangélisation – qui veut accueillir, sans aucune distinction, des hommes et des femmes de toute race, peuple, langue et nation (cf. Apocalypse 5, 9), pour leur annoncer la bonne nouvelle de l'Evangile de Jésus Christ, les accompagner dans leur pèlerinage terrestre et leur offrir les merveilles du salut de Dieu. Sainte Marie Madeleine est un exemple d'une véritable et authentique évangélisatrice, c'est-à-dire d'une évangéliste qui annonce le joyeux message central de la Pâque.

Le Pape François a pris cette décision précisément dans le contexte du jubilé de la miséricorde pour signifier l'importance de cette femme qui manifesta un grand amour envers le Christ et qui fut tant aimée du Christ.

Arthur Roche 
Archevêque secrétaire de la Congrégation
pour le culte divin et la discipline des sacrements

Décret et texte de la préface

Sainte Marie-Madeleine : fête liturgique


Une représentation de Marie-Madeleine par Piero di Cosimo, au XVIe siècle.  

(RV) La mémoire liturgique de Sainte Marie-Madeleine sera élevée au rang de fête dans le calendrier romain. La décision, voulue par le Pape François, est annoncée dans un décret de la Congrégation pour le Culte divin et la discipline des sacrements. Cette décision se situe dans le contexte ecclésial actuel qui impose une réflexion plus approfondie sur la dignité de la femme, la nouvelle évangélisation et la grandeur du mystère de la miséricorde divine.
Dans un commentaire publié par L’Osservatore Romano, le secrétaire de la Congrégation, Mgr Arthur Roche, rappelle que dans sa lettre apostolique Mulieris dignitatem, saint Jean-Paul II met en relief le rôle particulier de Marie de Magdala. Elle est la première à rencontrer le Christ ressuscité, elle est la première à lui rendre témoignage devant les Apôtres. C'est pour cela qu'on l'a même appelée «l'apôtre des Apôtres».
Pour Jean-Paul II, cet événement est révélateur de la volonté du Christ de transmettre la vérité divine aux femmes, sur un pied d'égalité avec les hommes. Le décret publié ce vendredi met donc en valeur l’importance des femmes dans la mission du Christ et de l’Eglise. Le Pape François, explique-t-on, a pris cette décision dans le contexte du Jubilé de la Miséricorde pour souligner l’importance de cette femme, modèle authentique d’évangélisation, qui a tant aimé le Christ et que le Christ a tant aimée.
Lorsque Jésus lui dit : «Ne me touche pas, car je ne suis pas encore monté vers le Père», c’est à toute l’Église que cette invitation s’adresse, pour qu’elle entre dans une expérience de foi capable de dépasser toute appropriation matérialiste et toute compréhension humaine du mystère divin. Ces mots ont une portée ecclésiale et constituent une leçon pour les disciples de Jésus afin qu’ils ne cherchent pas les certitudes humaines ou les titres mondains, mais la foi dans le Christ vivant et ressuscité. Voilà pourquoi la célébration liturgique de cette femme aura désormais le même caractère festif réservé à la célébration des apôtres dans le calendrier romain afin qu’elle soit un modèle pour toute femme dans l’Église.

(CV-RF)

Entre BD et Icônes


Quelques mots ce matin sur le thème des images qui a un certain écho en ville ces jours. Nous pourrions nous contenter de jeter sur ce sujet le regard un peu condescendant d’un adulte sur les albums pour enfants qui ont pourtant un grand intérêt pour la catéchèse. Nous avons tous eu en main, à une époque de notre vie (7 à 77 ans et plus), de petits albums, dont les planches et les premiers tirages valent parfois maintenant des millions de francs, comme il en va pour les grands peintres (culture banque.com). Les vendeurs spécialisés le savent très bien. Tout se mesure à l’argent. Mais l’image n’a-t-elle pas une autre cote ?

Jésus-Christ est le visage de la miséricorde du Père. Le mystère de la foi chrétienne est là tout entier… Lorsquest venue la «plénitude des temps» (Ga 4, 4), quand tout fut disposé selon son dessein de salut, il envoya son Fils né de la Vierge Marie pour nous révéler de façon définitive son amour. Qui le voit a vu le Père (cf. Jn 14, 9). A travers sa parole, ses gestes, et toute sa personne,[1] Jésus de Nazareth révèle la miséricorde de Dieu.


Ainsi s’exprime le pape François au début de la bulle d'indiction du jubilé extraordinaire de la miséricorde


La valeur de l’image, c’est le Christ.
Nous pouvons nous arrêter à quelques citations de l’Ecriture dans ces quelques lignes et à une mention du catéchisme.
   
Colossiens 1:4-15 -  ... le Christ Jésus … est l’image du Dieu invisible, le premier-né, avant toute créature
Jean 1:18 -  Personne n’a jamais Dieu; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, lui, l'a fait connaître.
Genèse 1:27 -  Et Dieu créa l'homme à son image.

Résumé du catéchisme n°92
92. Le Christ avait-il un vrai corps humain? (Catéchisme 476-477)
Le Christ a assumé un vrai corps humain, par lequel Dieu invisible s’est rendu visible. Pour cette raison, le Christ peut être représenté et vénéré au moyen d’images saintes.
n° 240
240. Quelle est le but des images saintes? (Catéchisme 1159-1161 ; 1192)
L’image du Christ est l’icône liturgique par excellence; les autres images représentant la Vierge et les saints signifient le Christ qui est glorifié en eux. Elles proclament le message évangélique lui-même que la Sainte Écriture transmet par la parole. Elles contribuent à réveiller et à nourrir la foi des croyants.



Dieu créa l'homme à son image. Le mot image revêt plusieurs sens, mais il y a de quoi nous inciter à réfléchir sur la dignité humaine et le respect qui lui est dû y compris dans les représentations. On ne confond pas bien entendu une image publicitaire et une image liturgique, mais en tout il peut y avoir des abus qui provoquent parfois des réactions inattendues pour ne pas dire plus. Si les représentations du religieux sont digne de respect, pourquoi pas la personne humaine créée à l’image de Dieu ?

Les bandes dessinées contemporaines ont-elles une histoire ou pré-histoire? Les présentations laïques contemporaines ont tendance à minimiser l'importance du religieux dans les présentations, idéologie oblige. (Musée belge de la BD; BNF : La BD avant la BD)

Dans les temples païens on illustrait les exploits des dieux... Nous songeons également aux tombeaux égyptiens couverts de fresques. Ce type de représentations n'était pas possible dans le Judaïsme, Dieu ne peut absolument pas l'être, tout comme dans l'Islam. Toutefois chez les chrétiens, en raison de l'Incarnation la chose est non seulement possible mais une manière d'en témoigner. Les saints peuvent aussi être représentés, comme bénéficiaires et médiateurs (secondaires) de la grâce venue du Christ.
Dans les églises depuis la plus haute antiquité la catéchèse a passé par les fresques et les sculptures. Quiconque s’est donné la peine de lever les yeux sur les portails d’une église ou cathédrale ancienne, sur les vitraux, les mosaïques, etc… se rend compte de la richesse des enseignements qui sont là. Le Christ se rend plus proche de nous à travers ces illustrations. L’icône dans la tradition orientale est un mode de présent du Christ et des saints. J’avais été frappé en lisant voici bien des années l’ouvrage de celui qui était le Père Christoph Schönborn, intitulé : L'icône du Christ. Fondements théologiques aux éditions du Cerf. L’ouvrage a subi ou bénéficié de plusieurs rééditions. A l’époque de la querelle des images en Occident, certains allaient jusqu’à considérer que la présence du Christ était aussi importante sinon plus que l’eucharistie. Abus certain, mais n’oublions pas que beaucoup donnèrent leur vie pour la défense des images et l’empereur ne joua pas le beau rôle (iconoclasme). Rome défendit toujours fidèlement le culte des images, accueillant bon nombre d’artistes chassés d’orient ou ne pouvant plus y exercer leur art. Sans exagération, on peut dire que bon nombre des plus belles et anciennes réalisations se retrouvent en Italie (Ravenne) et en Occident grâce à cette protection.  
En Cappadoce dans le centre de la Turquie actuelle, et dans l’empire d’Orient de manière générale, l’iconoclasme amena la destruction de bon nombre de ces trésors. Parfois nous avons d’heureuses surprises. Par exemple, voici quelques semaines les agences de presse ont relaté la découverte d’une église très ancienne de Cappadoce,  à Nevsehir elle daterait du Vème siècle et ses images paraissent avoir échappé à l’iconoclasme. Ailleurs, une représentation de saint Paul datant du VIème siècle a été retrouvée à Ephèse en 2002.

Nous pourrions aussi aborder le thème des différentes manières d’aborder les représentations en Orient et en Occident, ainsi que celui du blasphème qui voulant porter atteinte à Dieu, blesse d’abord inutilement les convictions de l’homme.

À compléter, donc

Quelques pistes :

Egon Sendler, L'icône, Image de l'invisible : Éléments de théologie, esthétique et technique, Paris, Desclée de Brouwer, coll. « Christus » (no 54), 1981, 251 p. (ISBN 2-220-02370-2)
Christoph Schönborn : L'icône du Christ. Fondements théologiques aux éditions du Cerf
Bandes dessinées pour enfants et catéchèse.
Le classement a été fait selon les éditeurs par une sœur de la librairie Saint-Augustin à Saint-Maurice, un grand travail.


jeudi 9 juin 2016

Saint Éphrem le Syrien (306-373)


Source de l'image : Anna Presbytera

En fêtant Ephrem, nous avons une place dans notre prière pour les chrétiens d'Orient.

La réflexion de Saint Éphrem le Syrien sur le thème de Dieu créateur est importante : rien n'est isolé dans la création, et le monde est, à côté de l'Ecriture Sainte, une Bible de Dieu. En utilisant de manière erronée sa liberté, l'homme renverse l'ordre de l'univers. Pour Ephrem, le rôle de la femme est important. La façon dont il en parle est toujours inspirée par la sensibilité et le respect : la demeure de Jésus dans le sein de Marie a grandement élevé la dignité de la femme. Pour Ephrem, de même qu'il n'y a pas de Rédemption sans Jésus, il n'y a pas d'incarnation sans Marie. Les dimensions divines et humaines du mystère de notre rédemption se trouvent déjà dans les textes de Saint Éphrem le Syrien; de manière poétique et avec des images fondamentalement tirées des Ecritures, il anticipe le cadre théologique et, d'une certaine manière, le langage même des grandes définitions christologiques des Conciles du V siècle.


Prière à Marie médiatrice :

« Ô Marie, notre Médiatrice, c'est en Vous que le genre humain met toute sa joie. Il attend Votre protection. En Vous seule il trouve refuge et voici que, moi aussi, je viens avec toute ma ferveur, car je n'ai pas le courage d'approcher votre Fils : aussi j'implore Votre intercession pour obtenir mon salut. Ô Vous qui êtes compatissante, ô Vous qui êtes la Mère du Dieu de miséricorde, ayez pitié de moi. Ainsi soit-il. » 


mardi 7 juin 2016

Les enfants ont droit à un père et une mère

Suite à la décision rapidement expédiée du Conseil des Etats sur la modification du droit de l'adoption en Suisse, il est judicieux de se rappeler ce que nous disait notamment Amoris Laetitia sur la question qui fait débat à savoir l'adoption d'un enfant par un couple de parents de même sexe.

Amour de père et de mère

172. « Dès qu’ils naissent, les enfants commencent à recevoir en don, avec la nourriture et les soins, la confirmation des qualités spirituelles de l’amour. Les actes de l’amour passent à travers le don du nom personnel, la transmission du langage, les intentions des regards, les illuminations des sourires. Ils apprennent ainsi que la beauté du lien entre les êtres humains vise notre âme, recherche notre liberté, accepte la diversité de l’autre, le reconnaît et le respecte comme interlocuteur […] et cela est l’amour, qui apporte une étincelle de celui de Dieu ! ».[187] Tout enfant a le droit de recevoir l’amour d’une mère et d’un père, tous deux nécessaires pour sa maturation intégrale et harmonieuse. Comme l’ont dit les Evêques d’Australie, tous deux « contribuent, chacun d’une manière différente, à l’éducation d’un enfant. Respecter la dignité d’un enfant signifie affirmer son besoin ainsi que son droit naturel à une mère et à un père ».[Conférence des Évêques catholiques d’Australie, Lettre past. Don’t Mess with Marriage, 13 (24 novembre 2015), p. 11.] Il ne s’agit pas seulement de l’amour d’un père et d’une mère séparément, mais aussi de l’amour entre eux, perçu comme source de sa propre existence, comme un nid protecteur et comme fondement de la famille. Autrement, l’enfant semble être réduit à une possession capricieuse. Tous deux, homme et femme, père et mère, sont « les coopérateurs de l’amour du Dieu Créateur et comme ses interprètes ».[189] Ils montrent à leurs enfants le visage maternel et le visage paternel du Seigneur. En outre, ensemble, ils enseignent la valeur de la réciprocité, de la rencontre entre des personnes différentes, où chacun apporte sa propre identité et sait aussi recevoir de l’autre. Si pour quelque raison inévitable l’un des deux manque, il est important de chercher une manière de le compenser, en vue de favoriser la maturation adéquate de l’enfant.

Les cloches de Lajoux



Lajoux a eu le bonheur de bénir 3 nouvelles cloches :
Augustin - Norbert - Claire.

La référence à Bellelay est claire. Le lieu m'est toujours cher, un de mes ancêtres maternels étant de là-haut, et quelques chanoines ayant porté le nom de Voirol, dont le fameux Abbé Jean-Georges, mais "ça date".

Le nouveau Custode de Terre Sainte a fait son entrée à Jérusalem



Américain, fr. Patton est le nouveau custode. C'est un nom à pacifier dans nos imaginaires! Les pèlerins avertis aiment parfois à plaisanter sur la présence massive des franciscains  en Terre Sainte où ils rendent de grands services. 
Prions pour la charge du nouvel élus. 

Ça n'était pas arrivé depuis douze ans. Un nouveau custode de Terre Sainte, le frère franciscain Francesco Patton, a fait son entrée solennelle à Jerusalem. Hier il était le nouveau custode élu. Aujourd'hui il est le nouveau custode en fonction. 
Cette passation s'est faite lors d'une cérémonie qui prit place au couvent Saint-Sauveur. 

Avant cela, porte de Jaffa, une foule nombreuse de religieux et religieuses, de chrétiens de toute dénomination, de badauds surpris par cette agitation, d'autorités ecclésiales et civiles, se pressait à l'entrée ouest de la ville. Celle par laquelle se font depuis des temps immémoriaux les entrées solennelles.