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dimanche 9 mai 2021

Je est un autre

Notre-Dame de Paris
Le centurion Corneille aux pieds de saint Pierre

 

6ème Dimanche de Pâques — Année B - 9 mai 2021
Première lecture « Même sur les nations païennes, le don de l’Esprit Saint avait été ré... Ac 10, 25-26.34-35.4...
Psaume Le Seigneur a fait connaître sa victoire et révélé sa justice aux nations. Ps 97 (98), 1, 2-3ab...
Deuxième lecture « Dieu est amour » 1 Jn 4, 7-10
Évangile « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’o...

« Voici ce que je vous commande : c’est de vous aimer les uns les autres. »

Chers Frères et Sœurs,

Le Seigneur, en ces derniers jours qui nous séparent de l’Ascension, nous donne son Testament Spirituel. Ce passage de son deuxième discours d’adieu dans l’Évangile de saint Jean est entendu de ceux qui lui sont restés fidèles, des disciples qui de serviteurs sont devenus amis. Le Seigneur leur a partagé et confié ce qu’il a de plus précieux l’amour et la connaissance de son Père. Il se donne à eux par l’Eucharistie, action de grâce et don de lui-même sur la croix. L’Ascension conduit à une séparation plus grande apparemment, elle met un terme à sa mission, pour laisser la place à l’Esprit-Saint qui va la continuer et accomplir la sienne propre en nous apprenant à nous aimer les autres, et à libérer l’annonce de la Bonne Nouvelle : celui qui est mort est vraiment ressuscité. Il vient transformer notre monde pour qu’il participe tout entier à sa gloire et au renouvellement qui l’attend.

Nous aimer les uns les autres n’est pas une matière à option, il s’agit bien d’un commandement, d’un précepte qui nous transforme en amis du Seigneur. Il a donné une mission, à ses disciples qui  sont maintenant ses amis. Il les a choisis : « c’est moi qui vous ai choisis et établis ». Ce choix n’a pas pour but de leur donner un pouvoir de petit potentat, ou dictateur local, mais pour transmettre ce qu’il leur a enseigné: « je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître. »  Son enseignement culmine dans ce commandement : « vous aimer les uns les autres. ». Toutes les nations sont concernées par cette annonce, à commencer par les romains. Je ne sais pas si nous percevons l’importance symbolique du geste du centurion Corneille : « Celui-ci vint à sa rencontre, et, tombant à ses pieds, il se prosterna. » Il nous rappelle le témoignage de cet autre centurion au pied de la croix : « Celui-ci était vraiment le Fils de Dieu. » Pesons la différence et l’humilité du disciple. Pierre dit à Corneille : « Lève-toi. Je ne suis qu’un homme, moi aussi. ». Il n’est qu’un messager, un ami de l’époux.

Puisque l’épître donne le témoignage de l’humilité et de l’obéissance d’un militaire au commandement de l’amour, vous me permettrez de mentionner un saint que nous fêtons aujourd’hui, saint Pacôme.  A 20 ans, cet égyptien est enrôlé de force dans l'armée romaine. A Thèbes, alors qu'il se morfond dans une caserne où on l'a enfermé avec les autres conscrits récalcitrants et contraints au service, des chrétiens charitables viennent les visiter et leur apportent de quoi manger.
Une fois libéré, Pacôme se fait baptiser. Il se met au service des pauvres et des malades, puis obéit à l'appel de la solitude en se faisant ermite pendant sept ans. D’autres répondirent au même type d’appel, et il écrivit la première règle monastique.  Les exigences de sa manière de vivre l’évangile étaient semble-t-il marquées par sa vie de militaire, mais nous pouvons relever l’amour et la charité de ces chrétiens qui l’avaient approchés. L’amour du prochain était un des signes majeurs auxquels on reconnaissait les chrétiens.

L’amour du prochain ne peut tirer un trait sur l’amour de Dieu. L’écoute de la Parole se doit d’être suivie d’une application, qui à la communion avec lui. Vous vous souvenez que 3 des 10 commandements concernent plus spécifiquement l’amour de Dieu et les 7 autres, l’amour du prochain.

Peut-être n’est-il pas inutile de nous rappeler que ce que Dieu commande, Il le rend possible par sa grâce.

Pourquoi l’amour est-il si important ? Un simple amour humain a sa source en Dieu et nous rapproche de lui. Il nous aide à grandir et à poursuivre notre chemin jusqu’à l’ultime rencontre. Quelle force ne confère-t-il d’ailleurs pas ? Des bribes de psychologie nous y rendent attentifs. Ce qui nous a été donné en particulier durant notre enfance par les mamans que nous fêtons aujourd’hui nous accompagne durant toute notre vie. Il suffit de nous remémorer parfois des événements heureux pour retrouver un équilibre humain. Nous avons tous eu besoin de ces attentions-là. Elles restent présentes en nous et pour cela, il faut savoir dire merci. Et plus tard, quelles catastrophes et quels désordres les séparations et la haine ne provoquent-elles pas dans notre corps et notre esprit. Quelle patience, quels soins sont nécessaires pour se reconstruire. N’est-ce pas l’amour qui guérit et relève ?

La vie spirituelle ne peut être séparée de notre vie physiologique. Elle en fait partie pour nous aider à atteindre la stature de l’homme parfait, celle du Christ qui a aimé son Père et nous a transmis cet amour. Il n’existe pas d’un côté un amour humain et de l’autre l’amour de Dieu.

Dans son encyclique, Dieu est amour, Benoît XVI, nous disait l’unité et la distinction entre l’amour eros, philia (amour d’amitié) et agapè. Ce dernier mot revient 9 fois dans notre évangile. « Ce (dernier) terme exprime l’expérience de l’amour, qui devient  une véritable découverte de l’autre. L’amour devient maintenant soin de l’autre et pour l’autre. » On peut se demander où classer l’amour d’une maman pour ses enfants. Peut-être serait-il nécessaire d’inventer une nouvelle catégorie pour l’intégrer dans l’univers de nos théologiens très abstrait ?

Maurice Zundel nous disait dans son petit livre très dense, « Je est un autre » : « Nous ne pouvons aimer vraiment les autres, nous ne pouvons leur ouvrir en nous un espace où ils se sentent accueillis que pour les aider à acquérir ou plutôt à devenir, comme nous devons le faire nous-mêmes, cette valeur infinie qui seule mérite un amour sans réserve. Et c’est pourquoi, finalement, au cœur de l’amour, au cœur de l’émerveillement, au cœur de la vérité surgit toujours ce Quelqu’un, cette présence qui est le plus beau présent, qui est le cadeau infini d’un amour illimité, le don merveilleux qui nous attend au plus intime de nous-mêmes. »

Qu’en ce mois de Mai, Marie qui a su accueillir sans réserve son Fils et le donner, que Marie nous apprenne à comprendre que « Dieu est amour ». Que la Joie qui habite Jésus soit en vous. Amen

 

dimanche 25 avril 2021

Le Bon Pasteur

 


25 avril 2021  dimanche, 4ème Semaine du Temps Pascal — Année B

 Première lecture « En nul autre que lui, il n’y a de salut » Ac 4, 8-12
Psaume La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs
est devenue la pierre d’angle. Ps 117 (118), 1.8-9,...
Deuxième lecture « Nous verrons Dieu tel qu’il est » 1 Jn 3, 1-2
Évangile « Le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis »

Chers frères et sœurs, 

Célébrant aujourd’hui le dimanche du Bon Pasteur, nous trouvons une deuxième image attribuée au Seigneur dans les textes qui nous sont proposés aujourd’hui, dans les actes des apôtres et le psaume. Il s’agit de la pierre d’angle, littéralement, la tête d’angle. N’étant pas féru de maçonnerie en ces temps  où le béton règne encore, nous avons peut-être oublié sa fonction en la confondant peut-être avec la clef de voute. Il s’agit d’une pierre située à l’angle d’un bâtiment. Elle permet selon certaines définitions, la jonction entre deux murs. Elle est aussi mentionnée dans les Évangiles synoptiques, Matthieu, Marc et Luc, avec des nuances.

Les commentaires hébraïques, disent qu’elle est la pierre de fondement du Temple de Salomon, posée au Nord-Est du Saint des Saints. Elle marque le centre du monde selon cette symbolique, et définit le centre de la foi en Dieu.

Saint Augustin commentant le psaume (ps 117), interprète cette pierre comme permettant de joindre les deux peuples celui de l’Ancienne et celui de la Nouvelle Alliance, de la circoncision et des Gentils, afin que tous deux ne forment plus qu’un seul corps pour les réconcilier en Dieu. C’est la pierre qu’ont repoussée les bâtisseurs. Il nous faut un médecin pour les réconcilier et nous réconcilier. Quel est ce médecin sinon le Seigneur ?

Nous voilà donc avec trois mots : Le Bon Pasteur, la pierre d’angle et le médecin.

Cette pierre a été rejetée, méprisée par les bâtisseurs, nous dit l’autre Pierre sur laquelle le Seigneur veut bâtir son Église. « Sous le ciel, aucun autre nom n’est donné aux hommes, qui puisse nous sauver. » « C’est là l’œuvre du Seigneur, la merveille devant nos yeux. » , la merveille que Pierre annonce au monde.

Le Seigneur vient donc conduire, construire et guérir notre humanité, réconcilier le ciel et la terre. Il est le Bon Pasteur. Il le fait, cependant avec son Église et au milieu d’elle, qui annonce sa résurrection. Pour me répéter la Résurrection du Seigneur nous est annoncée par l’Église, par les disciples. Les passages de l’Écriture concernant la proclamation de la résurrection que nous entendons pendant ce temps pascal, sont un témoignage de l’Église, mais aussi le nôtre. Nous transmettons le message extraordinaire de la résurrection de Jésus, nous la célébrons. « Bien-aimés, voyez quel grand amour nous a donné le Père pour que nous soyons appelés enfants de Dieu. » Cette résurrection nous est promise et en lui, nous sommes déjà ressuscités : « Nous le savons : nous lui serons semblables car nous le verrons tel qu’il est. » Mais quels chemins difficiles, quelles douleurs, parfois.

A l’office des lectures, celle tirée de l’Apocalypse, nous avons entendu la mention de la  « Femme, ayant le soleil pour manteau, la lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles. 02 Elle est enceinte, elle crie, dans les douleurs et la torture d’un enfantement. » L’image est attribuée à Marie, mais aussi à l’Église qui donne le Christ au Monde, il sera le berger de toutes les nations, et s’il est emporté auprès de Dieu, avec la Femme, grâce à lui nous sommes devenus enfants de Dieu, annonçant la Bonne Nouvelle au Monde. L’Église est Sainte et en chemin en nous, combattue par celui qui lui fait et nous fait la guerre. Nous avons pris le petit livre, accueilli avec joie la Bonne Nouvelle, mais il a rempli nos entrailles d’amertume, alors que dans notre bouche il était doux comme le miel. (Apoc 9,10, 9-10). C’est le combat. Le Bon Pasteur vient à nous pour nous enseigner à trouver notre nourriture, nous défendre, nous soigner et avancer vers le Royaume. Il vient le faire par les successeurs des Apôtres, les pasteurs qu’il nous donne, dans ceux qu’il appelle, mais aussi par les dons et qualités diverses que l’Esprit-Saint distribue à chaque Baptisé pour le service de l’Église et sa construction.

Le pape François nous a donné un message pour ce Dimanche des vocations, je vous engage à le lire en son entier, puisque la pandémie nous en impose toujours un temps de retrait, vous l’avez très facilement en ligne. Le Centre Romand pour les Vocations nous fait également un certain nombre de propositions par le même moyen, vous le trouverez sans peine avec vos moteurs de recherche.

Le pape prend pour exemple Saint Joseph, nous disant que les Évangiles racontent quatre songes (cf. Mt 1, 20 ; 2, 13.19.22). C’étaient des appels divins, mais ils ne furent pas faciles à accueillir. Après chaque songe, Joseph a dû changer ses plans et se remettre en cause, sacrifiant ses projets pour satisfaire ceux, mystérieux, de Dieu. Joseph est le « gardien de Jésus et de l’Église,  et le gardien des vocations. » Lorsque Dieu appelle non pas quelqu’un mais nous appelle à le suivre, il provoque du dérangement dans notre vie intérieure d’abord. Il ouvre les fenêtres, fait entrer de la lumière et invite Marie à venir nous aider à remettre un ordre certain, il y a des balais spirituels à passer, des aspirateurs, des coups de torchon et de désinfectant, etc… pour rendre la maisons accueillante à Jésus. Et puis il se peut qu’il nous invite à le suivre de plus près. Comme à Joseph, il nous est dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas » (Mt 1, 20). Ces paroles sont pour nous aussi : « Ne pas craindre de prendre chez nous Jésus et Marie. » Acceptons-nous d’apprendre la fidélité de chaque jour, de cette fidélité qui est le secret de la joie. Elle n’est certes pas à confondre avec une émotion passagère, certes bienvenue. Avec Marie ne méditons-nous pas  les mystères joyeux ? Une autre question à méditer sérieusement est celle de l’accueil des vocations sacerdotales. La diminution des forces est patente, y compris les prêtres dits retraités. Parfois des questions graves montent dans notre cœur. Quelle place préparons-nous aux jeunes qui se laisseraient toucher ? N’auront-ils pour perspectives "que" la consécration eucharistique parce qu’ils seront seuls à pouvoir le faire? C’est le plus grand mystère certes, mais il y a bon nombre d’interrogations. Quelle est notre faim de l’Eucharistie et de rencontrer le Christ dans ceux qu’il appelle au sacerdoce, à la mission spécifique de Bon Pasteur ? Ne les voyons-nous que comme susceptibles de pouvoir simplement  un jour remplir un cahier des charges et nous laisser tranquilles pour tout le reste? Est-ce qu’au fond il n’y a pas une question très grave, quelle place suis-je prêt à laisser au Seigneur ? au Ressuscité dans ma vie, est-il mon bon pasteur et ma pierre d’angle? Amen.

 Moutons de Soay
 

dimanche 14 mars 2021

Le serpent d'airain

 


Sculpture du Serpent d'airain de Moïse
(en forme de caducée) sur le mont Nébo.


4ème Dimanche de Carême, de Lætare — Année B
Première lecture La colère et la miséricorde du Seigneur manifestées par l’exil et la d... 2 Ch 36, 14-16.19-23
Psaume Que ma langue s’attache à mon palais si je perds ton souvenir ! 136 (137), 1-2, 3, 4...
Deuxième lecture « Morts par suite des fautes, c’est bien par grâce que vous êtes sauvé... Ep 2, 4-10
Évangile « Dieu a envoyé son Fils pour que, par lui, le monde soit sauvé » Jn 3, 14-21

Homélie :

« De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle. »

Chers frères et sœurs,

Le serpent de bronze nous a, je pense tous impressionnés lorsque nous l’avons découvert dans le livre des Nombres. Le serpent associé à la guérison a été longtemps le symbole des pharmacies et pharmaciens. Il se réfère à des divinités grecques : la déesse de la santé Gigeya et son père, le dieu de la médecine et de la guérison Esculape, étaient accompagnés d’un serpent. Toutes les infirmières sont des déesses et les médecins des dieux, c’est bien connu, mais avec une minuscule. Nous le sommes tous d’ailleurs selon l’Écriture. Place aux laïques.

La guérison est aussi rattachée à ce fameux serpent de bronze élevé dans le désert, qui guérissait ceux qui regardaient vers lui et lui seul. Le Seigneur lui-même s’identifie à ce symbole qui interroge. C’est une créature ambivalente car dans la symbolique, on rapproche saraph, le serpent brûlant et les séraphins. Celui qui est fourbe et trompeur et celui qui garde la porte d’entrée du paradis. Le fameux serpent d’airain, conservé par les hébreux, ayant engendré un culte idolâtrique, c’est le roi Ézékias qui le fit disparaître (2R18,4). Saint Jean nous rappelle la valeur salutaire de cette image. Le Seigneur Jésus est celui qui guérit et sauve ceux qui se tournent vers lui. « Ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle. » Celui qui regarde la croix de Jésus avec amour demande la vie éternelle. Nous avons chez nous un crucifix ou nous portons une petite croix pour demander la vie éternelle. « Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. »

Le Seigneur essayait de ramener à lui son peuple par ses prophètes, avons-nous entendu dans le livre des chroniques, mais n’étant pas écouté, ce n’est pas seulement un symbole qui a été détruit, mais le temple lui-même. Nous nous représentons bien cette catastrophe et l’exil à Babylone. Nous percevons en arrière-fond, le paradis terrestre, Abraham, toute une symbolique attachée aussi au pèlerinage du pape François. La conversion qui a du se réaliser  en exil pour le Peuple de Dieu a été un temps de purification et d’évolution liturgique. Aux sacrifices du temple, Dieu a préféré la louange sortie des lèvres et des cœurs de ceux qui voulaient retourner à lui et à Jérusalem « Je veux que ma langue s’attache à mon palais, si je t’oublie Jérusalem et ne t’élève au sommet de ma joie. » Le Seigneur pardonne et reconstruit Jérusalem : « Quiconque parmi vous fait partie de son peuple, qu’il monte à Jérusalem. » La joie revient, Jérusalem au sommet de notre joie, de celle de tous les peuples qui vont chanter les psaumes des montées, des montées vers la Jérusalem d’en-haut. Ce retour et la guérison complète va se réaliser avec l’élévation du Fils de l’Homme sur la croix et son sacrifice.

L’épître mériterait d’être lue et méditée sans commentaire, le tableau est grandiose et englobe toute l’histoire du salut et du mystère du Christ jusqu’à la résurrection et notre installation dans la gloire : « il nous a fait siéger aux cieux, dans le Christ  Jésus. » Plus d’exil, la vie sans fin. Le séraphin devant la porte s’écarte. Tenons ouverte la porte de l’espérance dans nos cœurs. Ne laissons pas les courants de la tristesse et des difficultés la refermer. Peut-être avons-nous besoin de la calle de la charité d’un frère ou d’une sœur pour la maintenir ouverte à certains moments. N’avons-nous pas le devoir d’être les serviteurs de la joie de ceux qui nous entourent, de nos compagnons de pèlerinage vers le Royaume.

Qui nous rappellera que Dieu est riche en miséricorde ? «Seigneur, montre-nous le Père et cela nous suffit». Saint Jean-Paul II a utilisé ces mots « riche en miséricorde » comme titre de sa fameuse encyclique : « la miséricorde ne fait pas partie seulement de la notion de Dieu; elle caractérise la vie de tout le peuple d'Israël, de chacun de ses fils et de ses filles: elle est le contenu de leur intimité avec le Seigneur, le contenu de leur dialogue avec lui. » C’est un des thèmes les plus chers au Pape François. Il l’a exprimé avec force en Irak par ces mots : « De ce lieu source de foi, de la terre de notre père Abraham, nous affirmons que Dieu est miséricordieux et que l’offense la plus blasphématoire est de profaner son nom en haïssant le frère. »

Qui nous rappellera le grand amour dont le Seigneur nous a aimés ? Qui en témoignera par sa vie ? Qui sera pour nous une présence de Jésus miséricordieux ? Qui nous rappellera le don de Dieu ?

Dieu nous a faits, il nous a faits pour le Paradis et la joie. Il nous a créés dans le Christ Jésus. Il nous a créés en vue de la réalisation d’œuvres bonnes qu’il a préparées d’avance pour que nous les pratiquions. Il veut faire de nous des témoins de sa miséricorde. Nous pourrons contempler un jour ce qu’elle a été pour nous.

Sainte Thérèse de Jésus concluait une de ses lettres ainsi : Que le Seigneur soit toujours béni, j'espère en sa miséricorde que nous nous retrouverons vous et moi là où nous verrons plus clairement ce qu'il a opéré de grand en nous; et nous le louerons à jamais. (Au P. Garcia de Toledo à Avila)

Ô Mère de miséricorde, soyez le secours, le soutien de tous les pauvres affligés, la consolation de ceux qui pleurent, le remède des malades. Vous qui êtes la fille bien aimée de Dieu le Père, la Mère immaculée de Dieu le Fils, l’épouse de l’Esprit-Saint, Vous que l’archange a saluée pleine de grâces, soyez notre avocate, demandez miséricorde pour les pécheurs que nous sommes. Rendez-nous notre joie d’enfants de Dieu, car le Fils de l’homme a été élevé, afin que par lui tout homme qui croit ait la vie éternelle. Amen.