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dimanche 4 janvier 2026

Epiphanie

 


Atelier Saint-André

4 janv. 2026

 L'Épiphanie du Seigneur — Année A
Solennité

 
 

Lectures de la messe

Mes sœurs, chers frères et sœurs,

Nous nous réjouissons chaque année de cette manifestation du Christ aux nations, aux Gentils, par la médiation des mages. Epiphanie veut dire manifestation. Habituellement les pères disent avec saint Jean Chrysostome qu’il y a 3 manifestations, 3 épiphanies :  La visite des Mages, le baptême de Jésus dans le Jourdain et les noces de Cana. Jean-Chrysostome avait baptisé une petite fille épiphanie… Voilà une petite reine.

En parcourant l’Evangile de l’enfance de Matthieu, impossible de ne pas remarquer que l’Evangéliste est très attaché à mettre en valeur la royauté. D’abord celle de David et de sa descendance, puis un autre roi, l’usurpateur Hérode et enfin ces mages sur lesquels la royauté a fini par déteindre. Ce sont des magoi, des sages, enchanteurs, magiciens et autres astrologues. Ils apparaissent pour la première fois dans la Bible des Septante, écrite en grec avec le prophète Daniel (1-5). Ils viennent de Babylone et de Perse. Nous connaissons leurs sites d’observation, les célèbres ziggurat. La tradition les a revêtus de manteaux et de couronnes de rois. Les psaumes y ont aidé : « Les rois de Tarsis et des Îles apporteront des présents. Les rois de Saba et de Seba feront leur offrande. Tous les rois se prosterneront devant lui, tous les pays le serviront. »  Ils représentent les nations païennes et les sagesses universelles. Cette histoire comme la fuite en Egypte, ne paraissent pas être nécessairement de pures comparaisons spirituelles, avec les pérégrinations du peuple de Dieu,  à lire entre autres M. Petitfils.  Faut-il voir une allusion à l’étoile des Mages dans l’Apocalypse de Jean : « Moi, je suis le rejeton de la race de David, l’étoile resplendissante du matin » ? Le Talmud de Babylone mentionnerait que, dans les derniers temps du règne d’Hérode Ier, un grand nombre de Gentils (goïm) s’étaient rendus à Jérusalem afin de voir se lever l’étoile de Jacob. Le sujet a intéressé   Benoît XVI, les mages de Cologne ont peut-être aidé. Divers facteurs ont concouru pour faire percevoir dans le langage lumineux de l'étoile, un message d'espérance. Mais tout cela pouvait mettre en chemin seulement un homme ayant un désir intérieur, de l’espérance, un homme à la recherche de la véritable Étoile du salut. Les réflexions sur l’étoile et sa nature ne manquent pas. Benoît XVI a creusé le sujet vous pouvez le relire.  

Le message de fond de l’Epiphanie nous est délivré par saint Paul : « Ce mystère, c’est que toutes les nations sont associées au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’Évangile. » Il n’est plus question de génétique, mais bien de la foi qui nous permet de devenir enfant de Dieu. «  La miséricordieuse providence de Dieu a voulu, sur la fin des temps, venir au secours du monde en détresse. Elle décida que le salut de toutes les nations se ferait dans le Christ. » L’étoile  guida les trois mages pour leur faire connaître et adorer le Roi du ciel et de la terre. Cette étoile nous invite toujours à suivre leur exemple et à être disponibles à cette grâce qui attire tous les hommes vers le Christ, nous dit Léon le Grand… La foi d’Abraham lui fit entreprendre sa recherche de Dieu, c’est par elle aussi que nous sommes appelés à accueillir le Christ en nous (Cf Hb 11).

La fête de l’Epiphanie nous réjouit le cœur. Mais nous avons bien de la peine à entrer dans une compréhension du mystère du cheminement de Dieu parmi nous et en nous. Combien de fois nous demandons-nous où a passé notre étoile ? Aussitôt après cette rencontre, et l’adoration  des mages l’étoile disparaît au-dessus de la crèche, mais sa lumière brille dans le cœur de chacun de ces trois hommes. Ils vont avoir à la transmettre et en vivre. Le Seigneur est en eux par la foi.  

Marc Zundel dans une de ses méditations nous demande de nous étonner… Toute la Sagesse de ces hommes de science les a amenés vers un petit enfant de rien du tout. De grands savants s’inclinant devant un enfant, n’est-ce pas le plus grand des mystères ? Une plaisanterie du siècle passé disait que des pères jésuites suggéraient à des parents de leur confier leurs enfants : « Nous en ferons quelque chose ». Le mystère ici, c’est que les Mages se mettent à l’école de cet enfant.  En lui, dit Zundel, ils cherchent toute la lumière, toute la beauté, toute la sagesse, toute la grandeur, toute la vie, en lui ils reconnaissent le Dieu vivant. Le plus terrible est qu’Hérode a tellement peur de ce concurrent, qu’il va ordonner un massacre. Pourtant il est  déjà un vieil homme et ne vivra plus très longtemps. Devant cet enfant ne devrions-nous pas nous-mêmes déposer les armes… Même lorsque l’âge avance, surtout lorsque l’âge avance, ne devrions-nous pas déposer devant la crèche nos fardeaux, nos difficultés qu’il va transformer en or, en encens et en myrrhe ? Ne va-t-il pas transformer nos larmes en perles ? Ne va-t-il pas nous donner paix, joie et consolation ?

Cette fin d’année nous a provoqué quelques tristes surprises, des non-cadeaux , avec le drame vécu par ces enfants à Montana… Ce sont des gosses pour les plus anciens d’entre nous. Tout ce gâchis, nous  ne comprenons pas. Les guerres déclenchées et menées en ces temps non plus. Pourtant l’Enfant-Dieu avec toutes ces difficultés, ces tristesses vient construire un nouveau royaume et l’habiter. Il vient pour nous conduire vers une terre nouvelle. Il est le soleil invaincu.

La dernière porte sainte de l’Espérance va se fermer pour l’Epiphanie à Rome… Mais son étoile brille dans nos cœurs.  

Une étoile a guidé les Mages jusqu'à Jérusalem, puis à Bethléem. Les anciennes prophéties comparaient le Messie qui devait venir à un astre céleste. Ce symbole a également été attribué à Marie : si le Christ est l'étoile qui conduit à Dieu, Marie est l'étoile qui conduit à Jésus (cf S. JP II).

Salut, Étoile de la mer, ô très sainte mère de Dieu, toi qui es vierge à tout jamais, ô bienheureuse Porte du ciel. Tu es Mère, montre-le nous ! Montre-nous ton Fils. Que celui qui pour nous est né en acceptant d'être ton Fils accueille par toi nos prières. O Mère Très Sainte confie-nous ton Fils, donne-nous ton Fils. Amen.


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