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mardi 18 décembre 2018

O Adonaï - L'Expectation, une fête à étendre?



Nous avons entamé la semaine qui prépare immédiatement Noël. C’est l’enfant-Dieu lui-même qui s’annonce. Comme je vous l’ai rappelé l’an passé, nous entendons à Vêpres et partiellement dans le Verset de l’Alléuia de l’Évangile les célèbres antiennes O. Celle d’aujourd’hui nous dit ceci : « O Adonai, chef de ton peuple Israël, tu te révèles à Moïse dans le buisson ardent et tu lui donnes la Loi sur la montagne : Viens, Seigneur, nous délivrer par la vigueur de ton bras. » Elles s’assembleront au dernier jour pour former le fameux acrostiche, « Ero cras ». Demain, je serai là.
Dom Guéranger l’interprète en disant : « O Seigneur suprême ! Adonaï ! viens nous racheter, non plus dans ta puissance, mais dans ton humilité. Autrefois tu t’es manifesté à Moïse, ton serviteur, au milieu d'une flamme divine ; tu as donné la Loi à ton peuple du sein des foudres et des éclairs : maintenant il ne s'agit plus d'effrayer, mais de sauver. C'est pourquoi ta très pure Mère Marie ayant connu, ainsi que son époux Joseph, l'Edit de l'Empereur qui va les obliger d'entreprendre le voyage de Bethléhem, s'occupe des préparatifs de ton heureuse naissance.»
J’arrête là la citation, mais les préparatifs de l’heureuse naissance  permettent de mettre en avant, une fête dédiée à la Vierge Marie en Espagne. Le même auteur nous raconte qu’on avait déplacé à la date romaine du 25 mars l’Annonciation, on l’avait remplacée au 18 décembre par une fête de l’Expectation de l’Enfantement de la Sainte Vierge, nommée, Notre-Dame de l'O, ou la Fête de l’O. Pendant les huit jours qu'elle dure, dit-il, on célèbre une Messe solennelle de grand matin, à laquelle toutes les femmes enceintes, de quelque rang qu'elles soient, se font un devoir d'assister, afin d'honorer Marie dans sa divine grossesse, et de solliciter pour elles-mêmes son secours.
On ajoutait cette antienne : O Vierge  des vierges ! comment cela se pourra-t-il faire ? Nulle autre n'a jamais été, ni ne pourra jamais être semblable à vous. — Pourquoi vous étonnez-vous de moi, filles de Jérusalem ? Ce que vous voyez est un mystère divin.
Comment ne pas rendre grâce aussi pour saint Joseph qui prit chez lui Marie son Epouse. Que le saint protecteur du Carmel nous aide à préparer la naissance du Sauveur dans la paix et à l’accueillir. Amen.

Dom Guéranger ; Expectation ; Valladolid ;

P.S. On retrouve le même thème dans l'icône de la Vierge du Signe et aussi plus discrètement dans l'image de Notre-Dame de Guadalupe.


jeudi 13 décembre 2018

Le Saint Crucifix de Develier




Le Saint Crucifix de Develier

Le présent opuscule a été publié le 3 mai 1937, fête de l'Invention de la Sainte Croix, à l’occasion du tricentenaire du Saint Crucifix.      L. B., curé.

NOTICE

Le saint Crucifix de Develier est en bois ; il a 1 m. 40 de hauteur et porte la date de l’année 1600. Il est exposé à la vénération des fidèles sur un autel latéral, dans l’église de cette paroisse. A proximité, on peut lire sur une grande plaque de marbre, l’inscription suivante :
« Crucifix miraculeusement conservé lors de l’embrasement de cette église, pendant la Guerre de 30 ans, en 1637. »
Nulle image du Sauveur crucifié n’est entourée d’une plus grande vénération dans notre pays. L’origine de cette dévotion populaire remonte à l’année 1637, rappelée dans l’inscription ci-dessus. La vallée de Delémont était alors dans la désolation et sans cesse traversée par les troupes françaises, allemandes, suédoises, qui rivalisaient entre elles d’indiscipline, de rapacité et de barbarie. Un jour, une bande de soldats suédois pénètre dans l’église de Develier, la pille, et la livre aux flammes. Au lendemain du désastre, le saint Crucifix, qui auparavant était suspendu à l’arc de l’entrée du chœur, se retrouva intact dans les cendres fumantes. Ce fut une immense consolation au milieu de cette épreuve cruelle.
Dès lors, le saint Crucifix de Develier n’a cessé d’être, non seulement pour la paroisse, mais pour toute la vallée de Delémont. un objet de vénération et un but de pèlerinage. Le culte rendu à cette sainte image s’est transmis de génération en génération. Dans les malheurs et dans les souffrances de la vie, la première pensée fut souvent de recourir au saint Crucifix, objet d’une pieuse dévotion et source de bien des grâces. C’est surtout dans les maladies, que le secours de la sainte image est invoqué avec plus de confiance et plus d’empressement. Il est peu de familles à Develier et dans les environs qui n’aient à remercier le saint Crucifix de quelque faveur spéciale.
Avant la Révolution française, la ville de Delémont venait chaque année en procession au saint Crucifix, et en outre faisait célébrer une messe à l'autel de la sainte image, les trois premiers vendredis après l’invention de la Sainte-Croix. Cette dévotion, interrompue depuis 1793, a été rétablie en 1816, à la demande du magistrat de la ville, et a continué jusqu’au milieu du 19e siècle. Depuis, la procession est remplacée par trois messes au saint Crucifix.
Autrefois, la paroisse de Bassecourt venait aussi tous les ans, au mois de mai, en procession au saint Crucifix. D’autres paroisses y vinrent dans des temps de calamité.
En 1861 un don a été fait à la paroisse de Develier, à charge par elle de faire célébrer annuellement quelques messes à l’autel du saint Crucifix, et d’entretenir une lampe allumée devant cet autel, tous les dimanches et fêtes de l’année.
Ainsi, dès 1637, le culte envers un objet si cher à la piété des fidèles a toujours existé. Le 12 septembre 1869 fut notamment pour le saint Crucifix un jour à jamais mémorable. La manifestation religieuse de cette belle fête restera dans l’histoire de la sainte image comme le plus éclatant témoignage de vénération qu’elle ait reçu.
C’est en ce jour, deuxième dimanche de septembre, que Mgr Eugène Lachat,  évêque de Bâle, assisté du Rme Père Abbé de la Pierre et de plusieurs membres du chapitre cathédral de Soleure, en présence d’un clergé nombreux et d’un peuple immense, couronna au nom de N. S. P. le Pape Pie IX, la statue miraculeuse de Notre-Dame du Vorbourg, dans l’église paroissiale de Delémont, où elle avait été transportée pour la circonstance.
M. le doyen Vautrev avait eu l’heureuse idée de convier le saint Crucifix de Develier à la fête du Couronnement. Il était bien juste, en effet, que l’image du Fils fit cortège à la Mère couronnée et glorieuse.
Répondant avec empressement et avec bonheur à cette invitation, la paroisse de Develier se rendît processionnellement à la fête, avec son antique et bien aimé Crucifix, porté entre un chœur d’hommes et un chœur de jeunes filles, qui chantaient alternativement le Vexilla regis et le cantique Vive Jésus ! Vive sa croix !
Lorsque le saint Crucifix franchit la porte de Delémont, tous les fronts se découvrirent avec respect ; une émotion religieuse s’empara de tous les cœurs, et c’est au milieu d’une multitude respectueuse et au chant des saints cantiques, que la sainte image du Sauveur arriva triomphalement à l’église St-Marcel.
La grande procession, de Delémont au Vorbourg, fut une manifestation très solennelle. La foule immense avança pleine de respect et de piété, à travers les rues pavoisées et ornées de guirlandes, au son de la musique et des chants sacrés, vers la sainte chapelle. Le saint Crucifix et la Vierge couronnée attiraient tous les regards et remplissaient les âmes des sentiments les plus touchants : sentiments de compassion et de reconnaissance à la vue de l’image du divin Rédempteur crucifié pour notre salut ; sentiments de joie, de confiance et d’espérance, à la vue de l’image de sa très-sainte Mère et de la nôtre.
Arrivée au sommet de la montagne, la procession s’arrêta, et le cortège épiscopal pénétra seul dans la chapelle, où la sainte statue fut replacée sur son autel. La procession reprit ensuite le chemin de la ville, au chant des litanies de la Ste-Vierge et du Te Deum, et arriva à l’église de St-Marcel. Le saint Crucifix fut déposé dans le chœur, et y demeura jusqu’au 24 septembre, exposé à la vénération des fidèles, qui s’empressèrent de venir, chaque jour, en grand nombre, lui présenter leurs hommages et lui adresser leurs supplications. Les voix éloquentes qui avaient annoncé la parole de Dieu, le jour du couronnement, ne se faisaient plus entendre ; mais on peut dire que le saint Crucifix, pendant les douze jours qu’il passa dans l’église de Delémont, y remplit l’office d’un prédicateur capable de convaincre et de ramener au bien.

Le vendredi, 24 septembre, la paroisse de Delémont rapporta processionnellement le saint Crucifix dans l’église de Develier.
La paroisse de Develier revit avec bonheur sur son autel le saint Crucifix, et depuis lors il continue à être l'objet de la vénération des habitants et des pèlerins.
Rappelons qu’en 1918, à l’occasion du rétablissement des processions dans le Jura bernois, le saint Crucifix, grâce à l’initiative intelligente de M. le curé Paul Aubry, fut une seconde fois porté solennellement à l’église paroissiale de Delémont pour y être exposé pendant plusieurs jours à la vénération des fidèles.
Que le saint Crucifix, préservé des flammes, et la Vierge miraculeuse du Vorbourg daignent garder notre vallée et notre Jurande tout malheur, et nous conserver à jamais le trésor inappréciable de la foi catholique ! Amen.



PRIÈRE au Saint Crucifix de Develier

Adorable Sauveur, Dieu tout-puissant et miséricordieux, je vous remercie d’avoir, pour ranimer la foi et la piété des fidèles, conservé intact au milieu des flammes le saint Crucifix de Develier.
Très doux Jésus ! plein de confiance en votre douloureuse Passion et en votre cruelle agonie sur la croix, je m’offre à Vous en sacrifice de reconnaissance pour tout ce que vous avez fait et souffert pour mon salut. Et comme vous avez préservé des flammes votre sainte image, je vous supplie, par vos mérites infinis, et ceux de Marie, co-rédemptrice du genre humain, de me préserver du péché et de garder mon âme pour la vie éternelle. Ainsi soit-il.
(50 j. d’indulg., François von Streng, Evêque de Bâle et Lugano, 3 mai 1937)


INVOCATIONS

Nous Vous adorons, ô Jésus, et nous Vous bénissons, parce que Vous avez racheté le monde par votre sainte Croix ! (100 j. d’indulg.)
*
Mon Jésus, pardon et miséricorde, par les mérites de vos saintes plaies !
(300 j. d'indulg.)
*
Père éternel, je Vous offre les plaies de Notre Seigneur Jésus-Christ, pour guérir celles de nos âmes ! (300 j. d'indulg.)




L’AMI DE TOUS LES JOURS
Pieuses réflexions du R. P. d’Alzon

Avez-vous un crucifix et comment vous comportez-vous à son égard ?
Quittez-le le moins possible : mettez-le sur votre table quand vous écrivez, sur vos genoux quand vous travaillez, afin de le regarder de temps en temps, et quand vous vous endormez, laissez-le entre vos mains.
Certes, rien n’est plus sanctifiant que la communion fréquente et l’adoration du Saint-Sacrement ; mais on ne peut toujours avoir Notre Seigneur Jésus-Christ substantiellement présent dans le cœur, on ne peut être constamment à ses pieds ; on peut toujours avoir son image sur soi, et cette image vous dit bien des choses.
Si, le matin en vous levant, vous baisez votre crucifix avec amour et vous promettez à Notre Seigneur Jésus-Christ de porter votre croix tout le long du jour ;
Si, pendant votre méditation, vous tenez la Croix entre vos mains et vous vous proposez de vous immoler 6ur l’autel du sacrifice de Jésus-Christ ;
Si pour réveiller votre ferveur, vous portez de temps en temps la main sur votre crucifix ;
Si vous le serrez fortement dans les moments d’angoisse, de peines, de luttes, de tentations ;
Si, au moment de partir pour quelque bonne œuvre, vous l’adorez en vous rappelant que c’est encore Jésu6-Christ que vous allez secourir dans la personne des pauvres et des petits ;
Si, au moment de pratiquer quelque sacrifice, vous baisez les plaies divines qui sont les fontaines de la vie de l’Eglise et les sources de notre perfection ;
Si, le soir, vous allez à ses pieds rendre compte de votre journée, de votre orgueil devant ses abaissements, de vos vanités devant ses humiliations, de votre lâcheté devant ses angoisses, de votre paresse en présence de la sueur de sang répandue sur ce corps divin, de votre égoïsme en face de son amour infini, de votre impatience, de vos dépits, de votre défaut de charité en face de ses longues attentes sur votre cœur ;
Ah ! il me paraît bien difficile que votre crucifix ne devienne pas pour vous un ami, un confident.
Notre Seigneur vous aimera, vous instruira, vous fortifiera à travers son image ; et, dans un commerce plus continuel, uni à Dieu par cet intermédiaire muet, vous sentirez comme une transformation de tout votre être : ce ne sera plus seulement le bois, le métal qui reproduira pour vous les traits du Seigneur, ils se graveront d’une manière plus vivante dans votre âme. Vous sentirez Faction plus immédiate de Celui qui, pour vous, a été attaché à la Croix. Vous voudrez vous transformer en Lui et dire comme saint Paul : Vivre, pour moi, c’est Jésus-Christ. Et votre vie, prenant un caractère nouveau, vous découvrira de nouveaux horizons dans la science chrétienne, si vous vous laissez emporter par l’amour ; et toute vie, toute science, tout bonheur se résumeront pour vous dans ces deux mots : Jésus-Christ crucifié.
Vous avouerai-je en toute simplicité que le meilleur moment pour moi est surtout le soir avant de m’endormir. Il ne faut pas beaucoup d’efforts pour se laisser aller à penser à ce bon Maître dont on tient les mains. On lui dit qu’on l’aime ; on lui demande pardon de ses sottises ; on est tout à coup frappé de ce pardon qui tombe du haut de la Croix ; on songe au mal que l’on a fait au bon Dieu, au temps que l’on a perdu, aux grâces que l’on a reçues. On le remercie de ses bienfaits ; on lui fait des promesses enflammées ; on rougit d’être dans un bon lit, quand il est mort sur le gibet ; on s’excite à l’amour, à réparer le temps perdu. On adore Dieu le Père en lui présentant son Fils ; on invoque le Saint-Esprit qu’il nous a envoyé ; on prie pour l’Eglise qui naquit sur le Calvaire ; puis on prend courage dans la pensée de l’amour et de la puissance de Dieu ; et, si le sommeil n’est pas venu, on trouve le temps court en pareille compagnie.
Voilà quelques idées qui, je le désire, vous porteront à lier un commerce intime avec votre crucifix. Il vous rendra Jésus-Christ présent à l’esprit et au cœur ; que voulez-vous de plus ?

Priez la sainte Vierge qu’elle vous apprenne comment vous devez coller vos lèvres sur les plaies de son divin Fils et y prendre le courage...
Que la croix soit votre bien, votre espoir, votre vie, votre récompense !

N. B. — La Fête du Saint Crucifix de Develier se célèbre le lundi qui est ou qui suit le 3 mai, Invention de la Sainte-Croix.

IMPRIMATUR.
Solodori, die 26 Aprilis 1937.
E. FOLLETÊTE. Vic. gen.

samedi 8 décembre 2018

L'Immaculée Conception aujourd'hui



Frères et Sœurs,
Pourquoi ne pas commencer notre médiation par l’impressionnante définition de Pie IX
La doctrine qui enseigne que la Bienheureuse Vierge Marie, dès le premier instant de sa Conception, a été, par une grâce et un privilège spécial du Dieu Tout-Puissant, en vue des mérites de Jésus-Christ, Sauveur du genre humain, préservée et exempte de toute tache du péché originel, est révélée de Dieu, et par conséquent qu'elle doit être crue fermement et constamment par tous les fidèles.
Lorsque l’on parle de l’Immaculée Conception, que reste-t-il dans la mémoire commune aujourd’hui ? Un empêchement au commerce le samedi avant Noël, dans les cantons où c’est fête chômée… Une contestation commerciale… Sur France, on envisage plutôt de manifester, le sujet passe au second plan, mais la pauvreté ne se tait plus, ce qui veut dire qu’elle est grave. L’archevêque de Paris Mgr Aupetit disait dans son message que la conscience de Dieu le Père qui nous apprend à nous « aimer les uns les autres » et a façonné l’âme de son pays a été oubliée. L’oubli de Dieu nous laisse déboussolés et enfermés dans l’individualisme et le chacun pour soi. La proclamation du dogme de l’Immaculée Conception qui se réfère à un don fait à Marie en même temps que son existence, est victime d’un oubli communautaire, pour moi, c’est assez de me souvenir qu’il a 164 ans cette année. Fort heureusement, Notre-Dame a obtenu du Père une permission pour ne pas oublier cette proclamation, il s’agit de Lourdes. « Je suis l’Immaculée Conception… » a dit Notre-Dame à Bernadette 4 ans plus tard. Et depuis Marie se révèle aux petits et à ceux qui se laissent toucher. Ses paroles ne sont plus mentionnées qu’en parler Bigourdan depuis bien longtemps, au pied de sa statue.
L’Immaculée Conception ce privilège de Marie, est un don pour elle, mais aussi pour nous Pie IX le disait dans sa Constitution Apostolique Ineffabilis Deus « Que les enfants de l'Église catholique dans tous leurs périls, dans leurs angoisses, dans leurs nécessités, dans leurs doutes et dans leurs craintes,  se réfugient avec une entière confiance auprès de cette très douce Mère de miséricorde et de grâce. »
Si l’on oublie ce privilège mystérieux de Marie, c’est que nous sommes aidés par l’air du temps qui a tendance à mettre entre parenthèses la notion de péché et celle de péché originel. Il est mystérieux quant à sa communication et à sa nature. Les théologiens ont bien de la peine sur ce sujet, ce qui ne veut pas dire qu’il n’existe pas et que Marie soit venue à Lourdes pour ne rien dire. Pardonnez-moi mes sœurs, mais il y a une sorte d’absence d’amour qui nous colle à la peau.
Marie n’étant pas touchée par ce phénomène, ce non-être, nous comprenons combien elle nous est utile, nous aime et veut nous ouvrir à l’amour de Dieu. Ce qu’elle veut pour nous, c’est la vie éternelle.
Terminons avec une pétale de rose du Carmel et Thérèse de l’Enfant-Jésus : Comment le Bon Dieu se laisserait-Il vaincre en générosité? Comment purifierait-Il dans les flammes du purgatoire des âmes consumées des feux de l'amour divin? Il est vrai que nulle vie humaine n'est exempte de fautes, seule la Vierge Immaculée se présente absolument pure devant la Majesté-Divine.. Quelle joie de penser que cette Vierge est notre mère! Puisqu'elle nous aime et qu'elle connaît notre faiblesse, qu'avons nous à craindre.  (Père Rouland.)



dimanche 2 décembre 2018

Heureux Avent!


Bénédiction de la couronne et ces cierges de l'Avent :

Seigneur Jésus-Christ notre Dieu, dans le principe, uni au Père et à l’Esprit, Tu créas du néant l’espace et le temps, et tous les êtres visibles et invisibles. Quand les temps furent accomplis, Tu devins homme par la puissance du Saint-Esprit et le consentement de Marie, la Vierge d’Israël, devenue ainsi la Mère de son Seigneur et son Dieu. Tu es au principe et au milieu du temps. Tu es encore à la fin des temps, comme terme de toute chose, Toi l’Alpha et l’Oméga. Dans la crèche, à Bethléem, en ta naissance selon la chair, Tu as commencé à te manifester comme un homme parmi les hommes, Toi, Dieu créateur de tout. Au cœur de la nuit des temps, Tu t’es montré comme la lumière du monde. Du lever du soleil à son coucher, du Nord au Midi, tous les peuples se prosternent devant ta majesté et ta douceur, et ils te louent avec les anges.

Que ta bénédiction descende sur ces cierges et les couronnes de l’Avent de nos familles. + Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen

(Inspiré de Sagesse Orthodoxe)


Frères et Sœurs,

Quand les choses ne se déroulent pas selon nos vœux, nous avons pour habitude de nous dire : Finalement ailleurs les choses vont plus mal encore, que ce soit chez nos voisins Français que nous plaignons fréquemment ou dans le Sud. Du côté des soins médicaux les listes de comparaison s’allongent en matière de maladie, de traitements, de médicaments, de prothèses, de diagnostiques et de malchance.
Qui aujourd’hui n’est pas en recherche d’espérance ? Je ne souhaite à personne d’avoir une douleur violente, mais cela arrive. Parfois nous nous demandons lorsque les difficultés nous contraignent à nous recentrer sur l’essentiel et que nous touchons aux limites de nos possibilités ou de notre existence : Seigneur, vas-tu venir enfin nous sauver ? Au secours, nous crions et nous t’attendons. L’Avent a pour but de raviver le désir de salut, nous aimerions de toute nos forces que le Messie revienne, que la lumière revienne. L’obscurité qui s’étend encore accroît ce désir. Pour ma part, je déteste cette période de l’année où la nuit occupe une telle partie de la journée.
Il faut bien constater que le Seigneur a dans l’Evangile des annonces peu rassurantes. Il nous dit par exemple : Les hommes mourront de peur dans l’attente de ce qui doit arriver au monde, car les puissances des cieux seront ébranlées.
L’Évangile parle d’abord de la fin des temps alors que nous associons plus volontiers cette période de l’année liturgique à l’attente de Noël, à la joie, les illuminations aidant. Les liturgistes ont curieusement divisé ce temps entre une première période qui a quelques ressemblances avec l’environnement de la Toussaint, et le retour du Christ à la fin du monde. Et une seconde durant laquelle, la liturgie prépare directement à Noël, à la Nativité. C’est discutable, mais c’est ainsi… On verra le Fils de l’homme venir dans une nuée, avec puissance et grande gloire. Quand ces événements commenceront, redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche. Si la peur nous habite, c’est que nous avons besoin d’un puissant remède. Pourquoi avoir tant de crainte alors que le remède est là. Il va venir, et il est déjà à l’œuvre.
Nous entendons un appel à la sainteté. Le Seigneur nous demande de nous tenir prêts à cette rencontre. Sa venue est l’annonce d’une joie sans fin qui doit couronner cette rencontre, celle d’Israël, dans la première lecture.
Elle exprime cette attente fondamentale et l’annonce de la venue d’un personnage mystérieux : « 15 En ces jours-là, en ce temps-là, je ferai germer pour David un Germe de justice, et il exercera dans le pays le droit et la justice. » Tous attendaient la fin d’une oppression après la déportation à Babylone. Ce sera le même sentiment qui dominera dans le Peuple avant la naissance Jésus.
La promesse des prophètes va être exaucée, non seulement pour les juifs, mais pour tous les hommes.



Le bref passage de l’épître de Saint Paul aux Thessaloniciens contient le mot de venue, celle de notre Seigneur Jésus. « Qu'ainsi il affermisse vos cœurs les rendant irréprochables en sainteté devant Dieu notre Père, lors de la venue de notre Seigneur Jésus avec tous les Saints. Amen » Une traduction littérale utilise ici le mot « avènement », l’avènement de notre Seigneur (Kurios), Jésus, d’où le nom de Jésus-Christ. L’avènement, c’est « parousia » en grec. La parousie c’est la fin des temps. Comme cela a été fréquemment dit, l’avènement a une consonance particulière chez les latins puisqu’elle fait référence à la première entrée glorieuse de l’empereur dans une ville importante. On trouve mentionnées sur d’anciennes monnaies romaines l’expression « Felix adventus », (ce qui est l’occasion d’avoir une prière pour notre évêque). Heureux avènement… Nous pouvons nous souhaiter un heureux Avent. Le contexte plaît à Thessalonique, puisque la cité bien que située en Grèce est complètement romanisée. Elle porte le nom d’une demi-sœur d’Alexandre le Grand porte le nom de « victoire » Niké. Victoire des Thessaliens… Vous voyez qu’on fabriquait des prénoms autrefois, de quoi inspirer de nouveaux prénoms originaux aujourd’hui…
Saint Paul fait entendre un appel à la sainteté, le cœur des Thessaloniciens doit s’affermir, les rendant irréprochable « en sainteté devant Dieu notre Père ». Comment y parvenir ? Saint Paul n’utilise pas simplement une référence au droit et à la justice, mais à l’amour : « que le Seigneur vous donne, entre vous et à l’égard de tous les hommes, un amour de plus en plus intense et débordant, comme celui que nous avons pour vous. » Nous voilà en présence du grand moyen qui va nous permettre d’accueillir dans la paix, Celui qui vient.
Intérieurement nous attendons la venue du Seigneur avec une espérance qui paraît être aussi vacillante et frêle que celle de la bougie qui a été allumée. Il nous faut la protéger et l’alimenter, comme Marie protège et conserve précieusement en elle celui qui est la lumière du monde : « Que Marie, Fille de Sion élue par Dieu pour devenir la Mère du Rédempteur, nous guide et nous accompagne; qu'Elle rende fructueuse et riche de joie notre préparation à Noël. » En toi, sainte Vierge Marie,  S'éveille la source de la vie, Bénie sois-tu, Arche d'alliance ! Apprends-nous aujourd’hui encore à attendre la venue de ton Fils. Amen

mercredi 28 novembre 2018

Les arbres dansent de joie, les fleuves battent des mains, la mer mugit et résonne...




Aujourd’hui encore nous constatons une sorte de contraste assez remarquable, entre une annonce de fin des temps, le jugement dernier, avec des psaumes qui manifestent la joie de la nature.
Ces psaumes appartiennent donc aux « chants du règne ».
Saint Augustin dans son commentaire sur les psaumes (97) dit que les arbres, les fleuves, la mer, les montagnes c’est nous. Qu’est-ce qu’applaudir des mains? C’est témoigner sa joie par des oeuvres.
Nous pouvons prendre l’angle d’une interprétation plus liturgique.
Avez-vous déjà vu des arbres des forêts danser de joie, des fleuves battre des mains, des montagnes chanter de joie ? Hier La conclusion était qu’il s’agissait d’une sorte de liturgie cosmique. La nature participe à cette régénération, à cette sorte de restauration que sera le retour du Christ et ce fameux jugement, on pourra même parler d’exaltation et d’élévation. Les piliers des temples représentaient des sortes de forêts, comme dans les églises d’ailleurs, il suffit d’être attentif aux décorations ; le temple de Jérusalem est au sommet d’une montagne… Nous pouvons aussi et encore voir une allusion au Temple dans la mer d’airain, une cuve de 45 tonnes d’eau, auquel est attachée tout un symbolisme.
Le Seigneur nous fait comprendre, qu’il faut passer par sa mort, par le sacrifice pour entrer dans sa résurrection et dans la gloire. Tout ce qui ne sera pas ajusté à son amour, s’évanouira comme de la vapeur, pour prendre un autre type d’images, sera brûlé et disparaîtra. Dieu étant amour, tout ce qui ne l’est pas ne peut participer aux noces de l’époux.
Ces psaumes appartiennent donc aux « chants du règne ». Le roi qui vient, c’est le Christ, lui-même. Il vient nous sauver de tous nos ennemis et de la mort qu’il a vaincue. Il vient tout régénérer. Nous retrouverons tous nos cheveux, je crois que c’est la seconde fois que cette image revient dans l’Évangile depuis mon retour de l’hôpital. Quel bonheur ! Même s’il faut accepter nos situations respectives. Le Seigneur va revenir bientôt !  Réjouissons-nous.

** Psaume 95

Joie au ciel ! Exulte la terre !
Les masses de la mer mugissent,
la campagne tout entière est en fête.

Les arbres des forêts dansent de joie
devant la face du Seigneur, car il vient,
car il vient pour juger la terre.

** Ps 97 aujourd’hui

Que résonnent la mer et sa richesse,
le monde et tous ses habitants ;
que les fleuves battent des mains,
que les montagnes chantent leur joie.

dimanche 18 novembre 2018

Dites 33 et réjouissez-vous, il revient!



Homélie 33e Dimanche B
Apparemment difficile évangile que celui du retour du Christ à la fin des temps, mais pourquoi en ce 33ème dimanche ne pas le voir sous l’angle du divin médecin. Les nôtres nous demandent bien en consultation de dire parfois 33…
Frères et Sœurs,
Quel tableau apocalyptique nous dresse le Seigneur, lorsqu’il annonce son retour à la fin des temps.
Nous sommes peut-être blasés, tant nos médias nous abreuvent d’images de catastrophes anciennes ou à venir, ou de fictions sanglantes. Vous avez peut-être été attentifs aux commémorations de la première guerre mondiale et aux illustrations des horreurs qui se sont déroulées il y a cent ans. Ne parlons pas de celles qui ont précédé cette guerre-là, les siècles précédents, ni de la 2ème guerre mondiale, ni de celles qui se déroulent à plus de mille kilomètres, sans parler des guerres du silence dans les milieux scientifiques. Nous oublions tout rapidement. Peut-être parce que nous voulons vivre et survivre, de toutes nos forces. « Ceux qui ont l’intelligence et les maîtres de justice, pour reprendre l’expression de Daniel, combien y en a-t-il ? » Qui tire les leçons du passé ? Qui écoute l’enseignement des Écritures ? Nous avons parfois l’impression de vivre sous administration d’une forme de morphine, parlant le langage de l’ennemi. Ne sommes-nous pas d’une certaine façon, aveugles, sourds et muets, parce que nous ne voulons ni voir, ni entendre, ni parler… Scotch sur les yeux, scotch sur les oreilles et scotch sur la bouche. La Bible c’est un recueil de livres et d’histoires anciennes et dépassées que nos anciennes grands-mamans n’arrivent même plus à porter, ni à lire pensons-nous. Les nouvelles l’ouvrent-elles encore ? Bien sûr que oui peut-être que non ? Certains anciens disaient que la fin des temps aurait lieu lorsque la mousse pousserait sur les marches des églises. Aujourd’hui, ascenseurs et touristes ne permettent plus, il est vrai de vérifier le proverbe.
Pourtant ce temps, le temps, aura une fin affirment même nos scientifiques. Ils parlent de milliards d’années. Bon, nous disons-nous, de toutes façons il est assez éloigné, pour que ce ne soit pas mon premier problème. Il est bien vrai que notre apocalypse personnelle est plus rapprochée. Notre horloge biologique, nos consultations chez les médecins nous le rappellent, ainsi que les semainiers pour les médicaments qui se remplissent, sans parler de certaines pages de nos journaux où nos contemporains apparaissent de plus en plus souvent ou se font plus rares.
Voilà de bonnes raisons pour nous rappeler que le credo mentionne le retour du Christ pour juger les vivants et les morts, la résurrection de la chair et la vie éternelle. Nous ne pouvons négliger ce point.
Dans son Credo du Peuple de Dieu saint Paul VI exprimait ainsi ce moment : « Il est monté au ciel et il viendra de nouveau, en gloire cette fois, pour juger les vivants et les mort: chacun selon ses mérites - ceux qui ont répondu à l’amour et à la pitié de Dieu allant à la vie éternelle, ceux qui les ont refusés jusqu’au bout allant au feu qui ne s’éteint pas. Et son règne n’aura pas de fin. »
Le Seigneur, dans son ministère a utilisé à dessein des images fortes, dans un but pédagogique certainement. Un théologien connu le Père Sesboüé engageait à ne pas essayer de régler par nous-mêmes le point des fins dernières. « Le ciel et la terre passeront, mes paroles ne passeront pas. ». Nous ne sommes ni maîtres du temps, ni de l’espace, ni du cœur des hommes, ni de leurs erreurs ou de leurs fautes, et encore moins de Dieu lui-même.
Seul un enfant a l’impression qu’il est quasiment divin et que le monde est à son service.
Nous devrions être comme lui, face à celui qui est notre Père. Non pas inconscients, mais confiants en lui. La peur vient de l’ignorance et de la méconnaissance de Dieu, notre Père, qui respecte toutefois notre liberté.
Le pape François au début de son pontificat avait adressé des paroles d’encouragements et incitait à la confiance : « Quand nous pensons au retour du Christ et à son jugement dernier, qui manifestera, jusqu’à ses dernières conséquences, le bien que chacun aura accompli ou aura omis d’accomplir durant sa vie terrestre, nous sentons que nous nous trouvons face à un mystère qui nous dépasse, que nous ne réussissons même pas à imaginer. Un mystère qui, presque instinctivement, suscite en nous un sens de crainte, et peut-être même d’inquiétude. Cependant, si nous réfléchissons bien sur cette réalité, celle-ci ne peut qu’élargir le cœur d’un chrétien et constituer un grand motif de réconfort et de confiance. » Il disait encore que ce jugement était déjà commencé maintenant. L’accueil que nous réservons à sa parole, à nos frères, c’est à lui que nous le réservons. Si nous pensons au jugement dernier dans la perspective de la rencontre de l’épouse et de l’époux (du Christ et de son Église que nous formons), toute peur et hésitation disparaît et laisse place à l’attente et à une joie profonde.
Sur les icônes orientales du jugement dernier on représente à la droite du Fils la Vierge Très Pure qui implore sa pitié par son amour maternel. Elle est la Mère de Dieu et de tout le genre humain et donc la nôtre. Elle touche le cœur de son Fils en notre faveur, lui qui a voulu qu’il soit toujours ouvert. Faisons-lui confiance, il présente sans cesse ses blessures au Père, il est notre intercesseur auprès de lui. Dieu est miséricorde. Amen.

dimanche 14 octobre 2018

Que demandez-vous? La Vie? Quelle vie?




Dimanche 14 octobre canonisations

Frères et Sœurs,

Dans l’Évangile le Seigneur dit au jeune homme riche : « Une seule chose te manque : va, vends ce que tu as et donne-le aux pauvres ; alors tu auras  un trésor au ciel. Puis viens, suis-moi. »
S’il est un risque que chacun mesure ou a mesuré un jour, n’est-ce pas celui de devenir pauvre pour suivre le Christ pauvre. A Paris dans le métro ou ailleurs, vous avez parfois de tristes surprises qui vous rappellent que vous êtes un privilégié. Vincent de Paul a tant travaillé sa vie durant pour les démunis. Des figures prophétiques sont régulièrement suscitées. Mgr Romero qui a tant défendus et a lutté contre la pauvreté, voulait-il ajouter quelques pauvres de plus en demandant aux riches de secourir leurs frères? Certainement pas, il voulait que les puissants ouvrent leur cœur au Christ présent en eux et manifestent que tous les hommes sont solidaires et fils d’un même Père. Nous avons d’illustres exemples dans l’antiquité comme Paulin de Nolles. Toute la doctrine sociale de l’Église à laquelle ont tant œuvré Paul VI et d’autres en notre temps, ont une importance fondamentale. Guerres et révolutions surviennent en partie en raison de la pauvreté.
Des pauvres vous en aurez toujours… Mais moi vous ne m’aurez pas toujours?
L’orgueil de la richesse, et sa puissance élèvent des murs entre le Christ et ceux qui les possèdent. Il est vrai que ce danger pourra concerner aussi dans l’Église ceux qui détiennent l’autorité sur ses finances, clercs ou laïques. Une connaissance minimale de l’histoire de l’Église est suffisamment parlante, que ce soient des ecclésiastiques ou des gestionnaires cupides. Cela sent si bon, et quels parfums attirants…  C’est une certitude, le danger n’est pas inexistant. Mais, il est bon de se rappeler cette parole du Seigneur   « 25 Qui d'entre vous d'ailleurs peut, en s'en inquiétant, ajouter une coudée à la longueur de sa vie?  (Luc (BJ) 12) »
Notre trésor ne doit pas être entre lui et nous, mais dans les cieux. Il est vrai toutefois qu’en ce temps, un contradicteur aura quelques bonnes raison d’apporter un grain de sel en disant qu’une très bonne assurance, des réserves financières alliées à la technologie peuvent permettre un certain allongement de notre vie ici-bas. Quelles différences entre ce que nous bénéficions et les plus pauvres !
Mais alors nous pouvons légitimement nous poser la question : Qu’est-ce que la vie ? Bios ou Zoé ?
Une bonne assurance vie, ne serait-elle pas celle qui permet de rejoindre le lieu où se trouveraient les biens de ce jeune homme, en sécurité ? « Désirons ensemble la patrie céleste, soupirons vers la patrie céleste, sentons-nous pèlerins ici-bas, dit saint Augustin » (Commentaire de l’Évangile de saint Jean, Homélie 35, 9).
Ne s’agit-il pas de la vie éternelle ?
Quelles primes payer ? On ne peut acheter le ciel ! Et moi, nous demande le Seigneur ? Moi… non plus.
Les autres textes nous ont appris à aller  à l’essentiel. Ce qui est le plus important est la Sagesse, la Parole de Dieu vivante, nous a dit l’épître aux Hébreux.
Qu’est-ce qui est donc si important ? Simplement MOI… Alors que faire ? Nous tourner vers Lui qui est l’essentiel.
Qu’est donc le plus grand bien de l’Église et dans l’Église ? N’est-ce pas le Christ ? Ecclesiam Suam, Son Eglise… L’Église du Christ. Paul VI dont deux miracles ont été reconnus qui concernent des enfants à naître, souhaitait de toute son âme, un rajeunissement de l’Église pour qu’elle puisse au Christ de de nouveaux enfants.
Il avait émis 3 pensées dans cette encyclique : D'abord la pensée que l'heure sonne pour l'Eglise d'approfondir la conscience qu'elle a d'elle-même, de méditer sur le mystère qui est le sien, d'explorer, pour sa propre instruction et sa propre édification, la doctrine qu'elle connaît déjà  
Puis, disait-il, de cette conscience éclairée et agissante, dérive un désir spontané de confronter à l'image idéale de l'Eglise, telle que le Christ la vit, la voulut et l'aima comme son Epouse sainte et immaculée. (Eph.., 5, 27), le visage réel que l'Eglise présente aujourd'hui.
Notre troisième pensée a pour objet les relations que l'Église doit aujourd'hui établir avec le monde qui l'entoure et dans lequel elle vit et travaille ;
Là se présente ce qu'on appelle le problème du dialogue entre l'Eglise et le monde moderne.
Paul VI, malgré sa faiblesse, avait l’œil perçant, au propre et au figuré. Je me souviens l’avoir croisé un jour, en 1977. Il a réussi à tenir ferme le vaisseau de l’Église, alors qu’à l’image de grands paquebots que l’on met en cale sèche, on changeait d’une certaine manière ses moteurs en lui ouvrant les entrailles. C’est impressionnant. Il l’a conduit ensuite au large. Quel courage.
Il mentionnait Notre-Dame dans sa réflexion sur cet idéal fascinant d'un christianisme plénier, humblement et profondément vécu. Il nous demandait de ramener notre pensée vers la Vierge Marie, qui l’accueillit avec une fidélité merveilleuse ; bien plus, qui l'a vécu dans son existence terrestre et qui maintenant, au ciel, en goûte tout l'éclat et le bonheur. Marie Mère de l’Église, prie pour nous pauvre pécheur et donne-nous le Christ notre seule vraie richesse. Amen.