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dimanche 23 juin 2019

Qui suis-je? Certainement pas un compromis fédéral

Couper la poire en deux et plus?

23 JUIN 2019 -  dimanche 12ème Semaine du Temps Ordinaire — Année C
de la Férie -  Suisse |
Messe du jour
Première lecture« Ils regarderont vers celui qu’ils ont transpercé » (Jn 19,37)Za 12, 10-11a ; 13, ...
PsaumeMon âme a soif de toi,
Seigneur, mon Dieu.Ps 62 (63), 2, 3-4, ...
Deuxième lecture« Vous tous que le baptême a unis au Christ, vous avez revêtu le Chris...Ga 3, 26-29
Évangile« Tu es le Christ, le Messie de Dieu. – Il faut que le Fils de l’homme...Lc 9, 18-24


Frères et Sœurs,

Vous aurez constaté que l’Evangile d’aujourd’hui et les lectures tournent sur l’identité de Jésus. « Que dit-on de moi », que dit-on de Jésus ?
Le Seigneur avait commencé par demander ce que disaient de lui les foules. Elles disaient qu’il était Jean-Baptiste décapité par Hérode, ou le prophète Élie qui devait revenir à la fin des temps.  Nous allons fêter saint Jean-Baptiste demain, celui qui va diminuer et laisser croître le Christ. Nous sommes au solstice. Le soleil est arrivé au Zénit…
« Pour vous qui suis-je ? » Jésus s’adresse à Pierre comme représentant les disciples. Celui-ci dit sa foi en Jésus, il la confesse : « Tu es le Christ, le Messie de Dieu. » L’ancienne traduction disait simplement : « Le Messie de Dieu. » Qui a raison ? Le grec dit « Christon tou Theou ». Le Christ de Dieu. L’utilisation des deux mots a une valeur explicative. Christ est la traduction de  Messie en hébreu et signifie "celui qui a reçu l'onction". Le roi Saül est ainsi le premier "Oint" dans la Bible. Dans la Bible des Septante ou Bible d’Alexandrie, l’ancien testament traduit en grec à Alexandrie si vous préférez, on avait déjà traduit Messie, Messiah, par Christ. Si vous avez le courage d’utiliser internet, ce n’est pas très difficile à vérifier.
Le Messie est donc l’oint et le consacré, celui qui a une mission divine. Le terme est utilisé pour le grand-prêtre et le roi.
Vous avez peut-être entendu parler des distinctions qui ont été faites entre le « Jésus de l’histoire » et le « Christ de la foi », on pourrait aussi parler du Jésus de la piété, de celui qui est doux et humble de cœur en ce mois du Sacré-Coeur. Mais nous ne pouvons dissocier les deux mots qui forment le nom de « Jésus-Christ ».
Si le peuple est impressionné par son message et voient en lui le grand prophète, dans la réponse de Pierre, nous sentons déjà une distinction. Les Apôtres sont pour ainsi dire plus impressionné par le Christ, le Messie avec sa connotation politique, et aussi de pouvoir qu’il avait dans l’esprit du Peuple de Dieu à l’époque. Ils voient en Jésus le Roi qui va venir restaurer la puissance politique et la vraie royauté en Israël. Ils pensent certainement aux postes à occuper.
Jésus va alors lui expliquer ainsi qu’aux autres, sa mission. A vues humaines son message est une vraie catastrophe qui fera s’indigner Pierre et le faire appeler du nom de Satan par Jésus.
« Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, qu’il soit tué, et que, le troisième jour, il ressuscite. » Pour ses disciples, le chemin sera le même. La prophétie qu’est la première lecture ne laisse aucun doute : « Ils regarderont vers moi. Celui qu’ils ont transpercé, ils feront une lamentation sur lui… » Pourtant le Psaume annonce la gloire après la croix.
Nous allons revêtir le Christ, nous a dit saint Paul, c’est-à-dire prendre le même chemin que lui.
Si Jésus a interrogé ses disciples : « Pour vous, qui suis-je ? » Cette question il nous la pose aujourd’hui. « Pour vous, qui suis-je ? » Allons-nous lui répondre : « On ne sait plus trop. Au pays du compromis fédéral, nous en sommes à ton sujet, au 5e, 6e, ou 7ème accord sur ton identité. » Sans compter les théologiens et théologiennes. Puisque la canicule est annoncée, irions-nous jusqu’à comparer notre réponse à ces apéritifs que l’on prend par grande chaleur et auxquels on ajoute sans arrêt de l’eau pour remplir son verre. A la fin qu’est-ce qu’il reste ? Peut-être quelques molécules. « Vous êtes le sel de la terre ! » Croyons-nous vraiment que Jésus se contentera d’aller son chemin en se demandant « Qui suis-je ? « Moi, je suis ! », dit-il dans saint Jean. Il nous le dit aujourd’hui parce qu’il nous aime et son message ne change pas, même s’il faut se l’approprier sans cesse.
Fêtant aujourd’hui le 40ème anniversaire de notre jeune canton qui a toutefois des racines historiques bien plus profondes, nous pouvons nous permettre quelques questions. Nous ne sommes pas totalement aveugles devant la quasi-dissolution ou l’évaporation de la pensée politique chrétienne devant les idéologies à la mode, qu’elles portent le nom de gender ou de transhumanisme. Le pape François dans Amoris laetitia parlait ainsi : « Il est inquiétant que certaines idéologies, qui prétendent répondre à des aspirations parfois compréhensibles, veulent s’imposer comme une pensée unique qui détermine même l’éducation des enfants. »
Si vous avez un peu de temps, en deux ou trois clics de souris, vous pourrez retrouver très facilement les discours du pape François destinés à l’Europe. Nous sommes bien petits, certes, mais nous apprécions presque de manière méridionale, les grandes idées, alors pourquoi ne pas s’intéresser aux siennes.  « L’Église peut et doit contribuer à la renaissance d’une Europe affaiblie, mais encore dotée d’énergie et de potentialités. Son devoir coïncide avec sa mission : l’annonce de l’Évangile, qui aujourd’hui plus que jamais se traduit surtout par le fait d’aller à la rencontre des blessures de l’homme, en portant la présence forte et simple de Jésus, sa miséricorde consolante et encourageante. Dieu désire habiter parmi les hommes, mais il ne peut le faire qu’à travers des hommes et des femmes qui, comme les grands évangélisateurs du continent, soient touchés par lui et vivent l’Évangile, sans chercher autre chose. » Ce n’est pas un retour aux Princes-Évêques, mais de l’annonce de l’Évangile dont il est question.
Nous n’avons d’avenir qu’en confessant le nom de Jésus, en revêtant le Christ et en l’annonçant. C’est ainsi que se construit son Église. Marie, Mère de l’Église, Notre-Dame du Vorbourg, prie pour nous et notre pays. Amen.

dimanche 9 juin 2019

Le menu de Pentecôte





Solennité de Pentrecôte - Messe du jour

Première lecture« Tous furent remplis d’Esprit Saint et se mirent à parler en d’autres...Ac 2, 1-11
Psaume
Ô Seigneur, envoie ton Esprit
qui renouvelle la face de la terre !
Deuxième lecture« Tous ceux qui se laissent conduire par l’Esprit de Dieu, ceux-là son...Rm 8, 8-17
Séquence
Évangile« L’Esprit Saint vous enseignera tout »Jn 14, 15-16.23b-26




Frères et sœurs,
L’image de la Pentecôte que nous retenons et qui est représentée le plus souvent les artistes, est celle de la descente de l’Esprit-Saint sous forme de langues de feu sur ceux qui étaient réunis autour de Marie et de tous les Apôtres. Matthias, désigné par tirage au sort entre l’Ascension Pentecôte, était là aussi. La méthode était celle utilisée par les prêtres du temple.
Qui était vraiment présent au Cénacle ? S’agissait-il des 120 disciples ayant participé au choix de Matthias ? Les Actes relèvent la présence de Marie au Cénacle avec les Apôtres demeurant dans l’attente et la prière. Qui plus qu’elle, pouvait attirer l’Esprit alors qu’elle en est l’épouse, lui qui l’avait prise sous son ombre. Au pied de la croix, elle avait été investie d’une nouvelle maternité non seulement envers Jean, mais tous les disciples. Au cénacle, elle avait prié pour que chacun reçoive des dons à la mesure de la mission qui allait lui être confiée. Les douze avec Marie représentent l’Église. « Il n'y a pas d'Église sans Pentecôte. Et je voudrais ajouter : il n'y a pas de Pentecôte sans la Vierge Marie. » disait Benoît XVI. Le jour de la Pentecôte, cinquante jours après Pâques, le Peuple Juif célébrait également le don de la Loi au Sinaï. « Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements » nous a dit Jésus dans l’Évangile. Il nous a laissé le commandement de l’amour qui inclut tous les autres. C’était aussi la fête des Moissons, et pourrait-on dire dans une optique chrétienne, la fête de la récolte et de la distribution du trésor de grâces que Jésus avait accumulé.
Vous me permettrez un contraste un peu délicat que s’était autorisé le pape Benoît XVI dans son « Jésus de Nazareth ». Il avait mentionné un passage de Flavius Josèphe dans son livre sur la guerre des Juifs. A la Pentecôte peu avant l’année 70 et la destruction du Temple, il rapporte que les prêtres auraient entendu dans celui-ci des mouvements, des grondements et de curieuses paroles : « Votre maison va vous être laissée déserte » - « Partons d'ici ! »
C’est l’inverse pour l’Église en prière réunie dans le Cénacle : « Un bruit survint du ciel comme un violent coup de vent : la maison où ils étaient assis en fut remplie tout entière. » L’Esprit vient reposer sur elle, habiter en elle et la rend féconde, comme Marie.
Un des éléments qui intrigue le plus nos contemporains est celui du don des langues. Tous comprenaient ce que disaient les Apôtres et Pierre qui s’exprime avec éloquence. C’est l’inverse du phénomène provoqué par la construction de la tour de Babel. Ce n’est plus une demeure construite par la main de l’homme pour atteindre les cieux qui va s’édifier, mais l’Église, dont l’architecte et l’inspirateur est l’Esprit-Saint. Il va se faire entendre de tous ceux qui participeront à la construction de cet édifice spirituel qui va durer jusqu’à la fin des temps. Il va assurer la cohésion de ceux qui y collaboreront et en seront en même temps les pierres vivantes.
 Quelle est cette langue que tous comprennent ? Le Latin, grand Dieu non ! diront les grecs, les coptes, les arméniens, les syriaques et presque tous nos prêtres de l’Église latine aujourd’hui. Pour nous, c’est de l’Hébreu !  Il est vrai que certains n’en ont pas que des rudiments.
Quelle est la langue de l’Esprit aujourd’hui? Comment reconnaître ses appels pour aujourd’hui ? Comment représenter l’Esprit-Saint aujourd’hui ? Quelles formes vont revêtir ses appels ? « Tous nous les entendons parler dans nos langues des merveilles de Dieu. » disaient ceux qui entendaient les Apôtres à la Pentecôte. Cela se comprend de tous les hommes de tous les temps.
Saint Ephrem le Syrien, surnommé la harpe du Saint-Esprit, et fêté aujourd’hui, décrit la Pentecôte dans un de ses poèmes. : 8 L’Esprit Lui aussi / Vêtit les Apôtres / Et les envoya / Des quatre Côtés / Accomplir leurs tâches.
Quand l’hiver de Satan fut mâté : 26 Alors gazouillèrent / Les moineaux du ciel / En nouveaux ramages, / Bravant l’épervier, / Méprisant l’hiver.
27 Voilà ce qu’opère / La chaleur ; et puis / Voilà ce qu’achève / L’Esprit Saint aussi : / Qui donc y suffit ?
Quel est le vêtement dont l’Esprit-Saint veut nous revêtir nous, pour cette année et pour la Nouvelle Évangélisation ? Nous pouvons nous inspirer des interpellations de l’Église à commencer par Gaudium et Spes, L'Église dans Le Monde de ce Temps et Evangelii Gaudium du pape François, La joie de l’Évangile, si vous n’avons pas le don du latin. L’annonce de l’Évangile est un l’axe principal du pontificat du Pape François. L’Église doit se transformer pour être en ‘sortie’ missionnaire. Le Carmel en sortie, c’est particulier… nous avons nos manières propres d’annoncer l’Évangile dans les médias, par l’accueil, mais aussi par la prière. Il est coutumier de rappeler que Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus est patronne des missions avec François-Xavier. Pour la mission de proximité, au noviciat, elle a aussi de grandes qualités.
L’annonce de l’Évangile ce n’est pas que l’affaire des agents pastoraux patentés et méritants qui ont des tentations disait le pape François dans son document, c’est l’affaire de tout le Peuple de Dieu.
Mais c’est aussi celle du prédicateur…  Une homélie devrait se baser sur la conviction que c’est Dieu qui veut rejoindre les autres à travers le prédicateur, et qu’il déploie sa puissance à travers la parole humaine.
Mon Dieu comme c’est difficile, de donner à manger et à boire, alors qu’il y a tant de goûts différents : l’entrée, le rôti, le roastbeef, le veau de Pentecôte, les frites, la dinde de thangsgiving, le couscous et le méchoui, les frites, pas de salades, les loukoumi, les pâtisseries très sucrées du côté du Liban et de la Syrie, les glaces, les fraises ou la tarte et je ne sais quoi, sans parler des vins, symboles de la joie de Pentecôte. Il ne faut surtout pas oublier les végétariens. Pierre aura droit peu après à une immense nappe avec toutes les nourritures de la création. Je ne connais pas le menu du Carmel aujourd’hui, mais la joie et la prière y ont certes une bonne part. Difficile de tout placer en quelques mots d’une prédication. Il y a aussi les remèdes à administrer. Avec ou sans antalgique. Autrefois au service militaire il n’y avait encore qu’un remède universel, le Treupel toujours en service… Il en faut de plusieurs variétés en Église. Parfois, on applique le vieil adage aimé de Molière « corriger les mœurs en riant ». Il est en latin, mais vous en avez eu déjà assez. D’autrefois il faut aussi, mission pénible, se transformer en Jonas, sonner le réveil et être bien entendu. « Tout à tous » :  l’Esprit-Saint est passé maître en cet art. Mais il doit aussi aider à comprendre… Nous ne pouvons parler qu’en une langue et manifestement, il a fait office de traducteur, mieux que Google et sans fautes. Qu’il pallie à nos difficultés et nos limites.
Chacun de nous a reçu l’Esprit-Saint au baptême et à la Confirmation, je ne vous demande pas de vous rappeler votre date de Confirmation, peut-être le nom de celui qui vous l’a donnée… Je vous propose simplement une petite minute de silence, pour essayer de savoir si le Maître de votre cœur et la source de toutes vos bonnes et saintes idées, ne vous propose pas quelque chose… Si vous ne l’entendez pas, il vous attend peut-être après la célébration et vous inspirera lorsque vous vous exprimerez sur ce que vous direz de Jésus. Quel menu allez-vous servir ? Va-t-on nous comprendre ? Comment vous représentez-vous l’Esprit-Saint ? Comment annoncer et faire aimer Jésus, comment transmettre la joie de la résurrection ?  Comment reconnaissons-nous l’inspiration de l’Esprit-Saint dans les paroles de nos interlocuteurs ? Comment écoutons-nous ? N’oublions jamais que l’Esprit donne de parler, mais aussi d’écouter. S’il n’intervient pas dans le cœur des auditeurs, rien ne passe. Pour grandir et pour que grandisse l’Église demandons le don de la parole, mais aussi celui de l’écoute.
Viens, Esprit-Saint, en nos coeurs, et envoie du haut du ciel, un rayon de ta lumière. Donne mérite et vertu, donne le salut final, donne la joie éternelle. Amen. Et merci de votre patience.

lundi 27 mai 2019

Rogations




Un official m'avait passé voici plusieurs années un formulaire dont les oraisons paraissent être très anciennes et remonter aux Wisigoths. Il peut très bien être utilisé lors de la célébrations des Rogations. Non seulement nos jardins ont besoin de bénédictions, mais nos agriculteurs et éleveurs pris par toute sorte de soucis, bagarre entre subventions variables, OGM, contrôles de toutes sortes, sans parler du réchauffement climatique et de ses aléas très médiatisés. 


Célébration de la bénédiction du territoire (Rituel du diocèse de Perpignan)


1/ Au Levant (à l’Est)

lecture de l’Evangile selon St Jean :
Au commencement était le Verbe, et le Verbe était Dieu, et il était auprès de Dieu. Tout a été fait par Lui, et rien ne s’est fait sans lui. Il était la Vie, et la Vie était la Lumière des Hommes. Et la Lumière brille dans les Ténèbres, mais les ténèbres ne l’ont pas saisie. Il y eut un homme envoyé de Dieu, son nom était Jean. Il vint pour témoigner, pour rendre témoignage à la Lumière. Il n’était pas la lumière, mais il était le témoin de la lumière. Le Verbe était la Lumière véritable qui éclaire tout homme venant en ce monde. Le Verbe était dans le monde, et le monde a été fait par lui. Il est venu chez les siens, mais les siens ne l’ont pas reçu. A ceux qui l’ont reçu et cru, il a été donné le pouvoir de devenir enfants de dieu. A ceux qui croient en son nom, lui qui ne fut engendré ni du sang, ni d’un vouloir d’homme, mais de Dieu. Et le Verbe s’est fait chair, et il a habité parmi nous.

Avec le reliquaire de la Sainte Croix, le Célébrant  trace un signe de croix en direction du levant, et répand de l’eau bénite.


Oraison

Dieu Eternel et Tout Puissant, daigne bénir ce territoire, pour lequel, nous, tes faibles serviteurs, nous te prions. ET Que ta bénédiction nous sanctifie, afin qu’avec ton Eglise, nous parvenions jusqu’à ta lumière sans déclin, par J. C. N. S





2/ Au Midi  (Sud) :

Lecture de l’Evangile selon St Luc
En ce temps-là, l’Ange Gabriel fut envoyé  par Dieu dans une ville de Galilée appelée Nazareth, à une jeune fille accordée en mariage à un homme nommé Joseph, de la famille de David. Et le nom de la jeune fille était Marie. L’Ange entra chez elle et lui dit : réjouis-toi, Marie, tu as toute la faveur de Dieu. Le Seigneur est avec toi. A ces mots, elle fut toute troublée et se demandait ce que pouvait signifier cette salutation. L’ange lui dit sois sans crainte Marie, car tu as trouvé grâce devant Dieu. Voici que tu vas être enceinte, tu enfanteras un fils, et tu lui donneras le nom de jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très Haut. Le Seigneur lui donnera le trône de David son père. Il régnera pour toujours sur la famille de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. Marie dit à l’ange : comment cela va-t-il se faire, puisque je suis vierge ?  L’ange lui répondit : l’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre. C’est pourquoi l’enfant qui va naître sera saint, et sera appelé Fils de Dieu. Marie dit alors : je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole. Et l’ange la quitta.

Oraison :
Dieu créateur et maître de toutes choses, toi qui as posé les semences sur la terre, les fais fructifier et nous les donne en usage par ta miséricorde, accorde nous, par l’intercession de la bienheureuse Mère de Dieu, de bénir toutes les terres cultivées et les semences qui y ont été déposées. Fais germer en nous un esprit nouveau, pour qui nous puissions donner des fruits pour ta gloire, par J. C. N. S.


3/ Au Couchant (Ouest)

lecture de l’Evangile selon saint Marc
En ce temps-là, Jésus Ressuscité se manifesta aux Onze Apôtres , alors qu’ils étaient à table, et il leur reprocha leur incrédulité et la dureté de leur cœur, parce qu’ils n’avaient pas cru ceux qui l’avaient vu ressuscité. Et il leur dit : Allez dans le monde entier, proclamez l’Evangile à toutes les créatures. Celui qui croira sera sauvé, et celui qui ne croira pas sera condamné .

Oraison :
Dieu Eternel et tout Puissant, bâtisseur et gardien de la Jérusalem céleste : construis et garde nos cités, et notre territoire avec ses maisons, afin qu’en nos foyers habitent la paix et la charité, par J. C. N. S.

4/ Au Nord :

lecture de l’Evangile selon St Matthieu :
En ce temps-là , Jésus dit à ses disciples : il en sera de la venue du Fils de l’homme comme de l’éclair qui traverse le ciel d’Orient en Occident. Après ce signe, le ciel s’obscurcira, et la lune ne donnera plus sa lumière. Les étoiles tomberont du ciel. Alors seront rassemblés toutes les nations, et le Fils de l’homme apparaîtra, venant des nuées, avec une grande foule et en majesté. Il enverra ses anges avec la trompette, et ils appelleront les élus des quatre points de la terre. Lorsque le figuier est vert, vous dites : déjà les feuilles sont sorties, et vous savez que l’été est proche. De même, lorsque vous verrez ces signes, vous comprendrez que le passage est proche. Le ciel et la terre passeront, mes paroles ne passeront pas.

Oraison :
Ecarte de nos maisons, Seigneur, le mal qui nous éloigne de toi, et écarte de nous les orages et les tempêtes. Garde-nous de tout malheur, afin que nous puissions jouir des fruits de la terre et de notre travail, et marcher vers ton royaume dans la paix, par J. C. N. S.



Cette célébration, indiquée dans les plus anciens rituels  du diocèse de Perpignan, se faisait autrefois pour la fête de l’invention de la croix, le 3 Mai, surtout lors du fameux « pardon de Marcevol » On avait l’habitude de la célébrer aussi lors des quatre-temps du printemps, ou dans les ermitages tels que Força Réal. Il est probable que cette magnifique liturgie aux accents cosmiques, qui va de la création à la Parousie en passant par le temps de l’Incarnation et le temps de l’Eglise, nous vienne de la liturgie Wisigothique qui avait cours avant la liturgie Romano-Franque imposé par Charlemagne et ses successeurs.
Elle se célèbre généralement en procession, où l’on peut chanter un chant de procession entre les stations aux quatre points cardinaux, ou les Litanies.



dimanche 19 mai 2019

Ce mal qui empoisonne le bien que vous faites! Mais aimez-vous les uns les autres!




Homélie  5e Dimanche de Pâques, 19 mai 2019  :

« Je vous donne un commandement nouveau, c’est de vous aimer les uns les autres. »
Frères et Sœurs,
Avec ce passage du chapitre 13 de saint Jean et le dernier entretien de Jésus, nous sentons se rapprocher son Ascension et sa séparation d’avec ses Apôtres. Il donne ses dernières recommandations avec le commandement ultime et nouveau, celui de l’amour que nous avons à nous porter les uns aux autres.
Le Fils de l’Homme va être glorifié dans ces élévations que seront le calvaire, la remontée des enfers et la résurrection, l’Ascension et sa session à la droite de Dieu son Père, dans son humanité. 
Que veut dire le Seigneur en parlant de commandement nouveau ? Joseph Ratzinger dans sa retraite donnée au Vatican et intitulée le Ressuscité disait ceci : On ne reçoit l'amour qu'en aimant. Chez Jean, l'amour fraternel s'insère dans l'amour trinitaire. Il constitue le « commandement nouveau », non pas au sens d'un commandement extérieur, mais comme réalisant la structure intime de l'essence chrétienne. … Jean exprime une vérité extrêmement importante : l'amour abstrait n'aura jamais de force dans le monde s'il ne plonge ses racines dans des communautés concrètes bâties sur l'amour fraternel. La civilisation de l'amour ne se construit qu'à partir de petites communautés fraternelles. On doit commencer par le particulier pour parvenir à l'universel. L'édification d'espaces de fraternité est aujourd'hui non moins importante qu'au temps de saint Jean ou de saint Benoît (ou de sainte Thérèse)… les fraternités de moines, proposent les modèles de la nouvelle cité de frères dans la foi.
Nous avons de beaux exemples contemporains de l’amour fraternel dans la vie des saints fondateurs, non seulement hier, mais aujourd’hui, comme l’a fait Jean Vanier avec ceux qui ont fondé l’Arche.
L’Apocalyse nous a dit que Dieu va établir sa demeure parmi les hommes qu’il demeurera avec eux et qu’ils seront son Peuple. Cette réalisation avec son architecte invisible commence maintenant.
Jésus ne laisse apparemment que ce commandement de l’amour comme pierre fondamentale du temple spirituel. L’amour fraternel est pour ainsi dire le feu qui brûle le nouvel holocauste et le transforme en parfum d’agréable odeur qui monte devant Dieu et lui plaît. Ce ne sont plus les odeurs de sainte cuisine qui envahissaient la ville sainte, mais un sacrifice spirituel qui n’en est pas moins un sacrifice réel. « Il nous faut passer par bien des épreuves pour entrer dans le royaume de Dieu. » Les épreuves viennent du dehors de la communauté chrétienne, mais aussi de son intérieur, du scandale, et également du péché qui nous a touché personnellement.
Ayant entendu la mention de Juda, tout à l’heure, nous pouvons nous demander : En quoi est-ce que Dieu peut être glorifié avec cette trahison ? Ne serait-ce pas d’abord parce qu’elle va permettre la manifestation de l’amour que Dieu a pour tous les hommes, un amour qui va jusqu’au don de sa vie, mais pas au prix de la vérité.
L’amour est parfois sali par notre humanité tortueuse dans l’expression des actes bons qu’elle pose, comme si le diable essayait d’en empoisonner la racine. C’est Judas dans le groupe des douze, c’est la partie blessée de nous-mêmes qui se révolte, qui se dresse contre Dieu, est prête au reniement, tout en s’indignant comme Pierre de sa fidélité.
Le Seigneur nous demande de porter l’Évangile en vivant son commandement. Si nous ne le respectons pas, ce n’est plus la ville sainte que nous bâtissons, mais des châteaux de sable au bord de la mer. Nous célébrons alors des cultes païens contemporains.
La commission théologique internationale dans son dernier document nous parle de l’évangélisation en ces termes «  L’évangélisation ne consiste pas seulement dans la proclamation confiante de l’amour salvifique de Dieu, mais dans la mise en œuvre d’une vie fidèle à la miséricorde qu’Il a manifestée dans l’événement de Jésus Christ, par lequel l’histoire tout entière s’ouvre à la réalisation du Règne de Dieu. » (citation d'une note doctrinale de la cdf)
L’Évangélisation a toujours rencontré des obstacles que ce soit face à l’ancien empire ou aux diverses idéologies totalitaires. Nous avons à faire face aujourd’hui, à celles qui subsistent, mais également à ce que la commission théologique internationale appelle « La réduction « libérale » de la liberté religieuse », une forme de neutralité religieuse qui s’étend au-delà des rapports du citoyen avec l’État, à la culture et à l’éthique. « Le moralement neutre », se met à contrôler le domaine de tous les jugements humains, il commence à assumer les traits d’un État « éthiquement autoritaire ». Il impose ses dogmes et sa vision de l’homme. Les personnes touchées d’un handicap mental sont chères à Jean Vanier, ce qui nous amène prendre pour exemple les enfants trisomiques qui sont aujourd’hui massivement victimes de ce « moralement neutre » et du silence. Où est la charité ?
Le plus grand obstacle à l’annonce de l’Évangile demeurera l’oubli du respect du commandement nouveau : Nous aimer les uns les autres. « L'amour abstrait n'aura jamais de force dans le monde s'il ne plonge ses racines dans des communautés concrètes bâties sur l'amour fraternel. »

Prière de Jean Vanier à Marie :

Ô Marie, donne-nous des cœurs attentifs,
humbles et doux
pour accueillir avec tendresse et compassion
tous les pauvres que tu envoies vers nous.

Donne-nous des cœurs pleins de miséricorde
pour les aimer, les servir,
éteindre toute discorde
et voir en nos frères souffrants et brisés
la présence de Jésus vivant.

Seigneur, bénis-nous de la main de tes pauvres.
Seigneur, souris-nous dans le regard de tes pauvres.
Seigneur, reçois-nous un jour
dans l’heureuse compagnie de tes pauvres.

Amen !



mardi 30 avril 2019

Notre Pâque et notre éternelle jeunesse avec Nicodème


Nous sommes en pleine période de célébration de la résurrection de Jésus et voilà que nous est présentée la figure de Nicodème. Il est touché par cette résurrection aussi et peut faire une relecture de ce que Jésus lui avait donné de vivre. Pour son ensevelissement, Nicodème apporta un mélange de myrrhe et d'aloès, « d'environ cent livres ». Comme le serpent de bronze avait été élevé par Moïse dans le désert, ainsi le Fils de l’homme avait été élevé, afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle. Nous pouvons faire sans peine le rapprochement entre ces deux passages d’Évangile. Comment naître d’en haut et se renouveler quand passent les années ? Où trouver une fontaine de jouvence ? « Comment est-il possible de naître quand on est déjà vieux? Est-ce qu'on peut rentrer dans le sein de sa mère pour naître une seconde fois? » (Jn 3, 4). Jésus répond: « Personne, à moins de naître de l'eau et de l'Esprit, ne peut entrer dans le Royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair n'est que chair; ce qui est né de l'Esprit est esprit » (Jn 3, 5-6). Jésus, disait Jean-Paul II avait fait passer Nicodème des réalités visibles aux réalités invisibles. Chacun de nous est né de l'homme et de la femme, d'un père et d'une mère ; cette naissance est le point de départ de toute notre existence. Nicodème pense à cette réalité naturelle. Au contraire, le Christ est venu dans le monde pour révéler une autre naissance, la naissance spirituelle.
D’une certaine manière c’est une jeunesse perpétuelle dont nous bénéficions par notre baptême et l’action du Saint-Esprit. De son côté transpercé ont jailli le sang et l’eau et il a remis l’Esprit, le souffle. Celui qui était venu reposer sur Lui, il l’a envoyé et libéré.
« Nous parlons de ce que nous savons, nous témoignons de ce que nous avons vu. » On voit dans cette parole du Seigneur une allusion à la Trinité.
C’est le même Esprit qui nous donne d’être témoins de ce mystère qui doit nous apporter une perpétuelle jeunesse. Chacun à notre manière, nous devons être des hommes du réconfort, du réconfort qu’apporte l’Esprit, Aujourd’hui, Demain, A jamais pour reprendre la formule du Jubilé de l’an 2000 qui m’est restée en mémoire.
« Nul n’est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme. » C’est ce même Esprit qui nous fera monter au ciel. Saint Augustin nous le dit ainsi : « Si donc personne que Jésus-Christ n’est pas descendu du ciel et n’y est pas remonté, quelle espérance ont les autres ? Leur espérance est fondée sur ce fait que le Christ est descendu du ciel pour que tous les hommes ne fassent qu’un en lui et avec lui, pour être à même d’y monter par lui. » (12e traité sur Saint Jean.). La Résurrection de Jésus est notre résurrection et son Ascension sera la nôtre… Alléluia, Louange à Dieu.
Amen. 

mardi 16 avril 2019

Pourquoi ne pas bénir nous aussi les oeufs à Pâques?


Ils sont si beaux ces oeufs de toutes les couleurs! Les oeufs n'étaient pas consommés durant tout le carême autrefois et conservés, puis utilisés à Pâques.  Traditionnellement ils étaient peints en rouge pour symboliser la Passion du Christ. Que se passe-t-il lorsqu'on les pèle? C'est le blanc de la résurrection.

Une légende pieuse rapporte par contre que Sainte Marie-Madeleine présenta un oeuf à Tibère et qu'il se teignit en route. Nous avons le choix.

Le directoire de la piété populaire mentionne la bénédiction des oeufs le jour de Pâques N° 150 :

La bénédiction de la table familiale

La liturgie pascale est marquée tout entière par la nouveauté: de fait, nouvelle est alors la nature, puisque, dans l’hémisphère nord, la solennité de Pâques coïncide avec le réveil du printemps; nouveaux sont le feu et l’eau; et nouveaux sont les cœurs des chrétiens, renouvelés par le sacrement de Pénitence, et comme cela est de bonne augure, par les sacrements de l’Initiation chrétienne; nouvelle, en quelque sorte, est aussi l’Eucharistie: tous ces éléments et ces signes sensibles évoquent et transmettent la vie nouvelle inaugurée par le Christ dans sa résurrection.

Parmi les pieux exercices qui sont liés à l’événement pascal, il convient de citer la traditionnelle bénédiction des œufs, qui est un symbole de la vie, et la bénédiction de la table familiale; cette dernière est une coutume traditionnelle et quotidienne dans de nombreuses familles chrétiennes, qu’il convient d’encourager; de plus, le jour de Pâques, elle revêt une signification toute particulière: le chef de famille, ou un autre membre de la communauté domestique, bénit le repas de fête en employant l’eau qui a été bénite durant la Vigile pascale, et que les fidèles ont rapportée dans leurs demeures en louant le Seigneur.

L’œuf de Pâques fait partie des symboles que certaines Églises d’Orient utilisent pour les festivités pascales. Les premiers chrétiens ont choisi l’œuf comme symbole de la résurrection du Christ et teignaient les œufs en rouge pour rappeler sa crucifixion.
On y voit un très beau signe de la vie qui éclate au grand jour en ce début du printemps pascal. De façon allégorique, on parle de la coquille de l’œuf comme étant le tombeau du Christ, d’où il est sorti vivant comme l’oisillon le fera aux beaux jours de mai.

Nouveau Rituel Romain (Livre des bénédictions) :

Si l'on bénit des oeufs :

827 W Béni sois-tu pour ces oeufs que nous prendrons en action de grâce pour ta sainte résurrection.


Rituel du diocèse de Belley-Ars

164. Bénédiction des œufs à Pâques.
C’était l’usage dans quelques monastères de donner deux œufs bénits aux jeunes gens qui avaient chanté l’office pendant la nuit du Samedi-Saint au dimanche de Pâques. Cet usage existait peut-être déjà dans les paroisses; il s’y répandit du moins bien vite, car nous trouvons la bénédiction des œufs à Pâques dans les plus anciens Rituels. On donne à ces œufs diverses couleurs, mais plus ordinairement ils sont rouges. On en vend de cette couleur à Paris, à Genève et ailleurs le jour de Pâques.
V/. Adjutórium nostrum in nómine Dómini,
R/. Qui fecit cœlum et terrain.
V/. Dóminus vobiscum,
R/. Et cum spiritu tuo.
OREMUS.
Subvéniat, quæsumus , Domine , tuæ benedictionis gratia huic ovórum creaturæ : ut cibus salúbris fiat fidélibus tuis cum gratiárum actióne suméntibus, ob resurrectiónem Dómini nostri Jesu Christi. Qui tecum vivit. Amen.
Le Prêtre jettera de l’eau bénite sur les œufs.

Que la grâce de ta bénédiction † Seigneur , vienne sur ces œufs, afin qu’ils deviennent un aliment salutaire pour tes fidèles, qui les reçoivent dans l’action de grâce pour la résurrection de Notre Seigneur Jésus-Christ. Qui vit et règne avec toi dans l'unité du Saint-Esprit. Amen.

Chez Saint Augustin,  l'oeuf est symbole de l'espérance (sermon CV) :

7. Reste l'espérance, et l'espérance, me semble-t-il, peut être comparée à l'oeuf. L'espérance, en effet, n'est point encore la réalité, comme l'œuf n'est point encore un poulet; bien qu'il soit quelque chose. Si les mammifères donnent le jour à leurs petits eux-mêmes; les ovipares ne produisent que ce qui est comme l'espoir de ces petits. Ainsi donc l'espérance nous invite à mépriser les choses présentes et à attendre les biens futurs, à oublier ce qui est derrière pour nous porter avec l'Apôtre ce qui est en avant. « Seulement, dit-il, oubliant ce qui en est arrière et m'avançant vers ce qui est devant, je tends au terme; à la palme de la céleste vocation de Dieu dans le Christ-Jésus. » D'où il suit que rien n'est si contraire à l'espérance que de regarder derrière, c'est-à-dire que de se confier aux choses qui passent et qui s'en vont, au lieu de compter sur ce qui ne passera jamais, quoiqu'on ne le possède pas encore et qu'on doive seulement l'obtenir un jour.😇

Bernard
Saint Bernard (Livre des pensées) :


106. Une triple raison établit et fortifie notre espérance. « L'humilité » de la sagesse qui nous est accordée, c'est ce qu'on appelle faire cuire un oeuf à l'eau; « la fermeté » de la patience constante, c'est ce qui s'appelle faire cuire l'oeuf au feu; la « vérité » de l'inspiration secrète, c'est ce qui s'appelle faire cuire l'oeuf à la graisse.




Schola Sainte Cécile  : Oraison de la bénédiction des œufs au Rituel Romain, titre VIII, chapitre 14, depuis le XIIème siècle :

Subvéniat, quæsumus, Dómine, tuæ bene†dictiónis grátia huic ovórum creatúræ : ut cibus salúbris fiat fidélibus tuis, in tuárum gratiárum actióne suméntis, ob resurrectiónem Dómini Jesus Christi : Qui tecum vivit & regnat in sæcula sæculórum. Amen.


Orthodoxie :  Marie Madeleine donna l'oeuf rouge à l'empereur et lui dit: Christ est réssuscité 




Marie-Madeleine (anglais)

Liturgie Gallicane avec la légende: 

ORAISON DE LA BÉNÉDICTION DES ŒUFS DANS LA LITURGIE GALLICANE

Christ est ressuscité ! Marie-Madeleine a poussé ce cris en offrant l’ œuf rouge à l'empereur. Que la grâce de ta bénédiction descende, nous t’en supplions, Seigneur, sur ces œufs qui sont tes créatures, afin qu’ils soient salutaire pour tes fidèles qui les garderont en action de grâces de la résurrection de Jésus-Christ Notre Seigneur Ressuscité, qui vit, règne et triomphe aux siècles des siècles. Amen.

A signaler, sur Marie-Madeleine, une étude très bien faite de Daniel Senejoux  :  Etude  ; Aix : Retour sur la légende de Sainte Marie-Madeleine.

Mardi Saint et une croix de feu




Mes chères Sœurs,

Nous avions coutume au monastère de chanter les lamentations de Jérémie depuis le lundi de la semaine sainte. Celle d’aujourd’hui commence par les gémissements du peuple d’Israël et se poursuit… « Ô vous qui passez sur le chemin, regardez et voyez s’il est une douleur semblable à ma douleur. » En ce Mardi Saint, je vous partage d’abord un moment de grande peine et de douleur avec l’incendie de Notre-Dame de Paris. Pardonnez cette émotion, même si nous savons qu’un bâtiment est là pour symboliser l’Église et abriter la communauté locale et qu’il peut être reconstruit. « Ce jour-là, il devait y avoir feu de joie à la Grève, plantation de mai à la chapelle de Braque et mystère au Palais de Justice. » pour continuer avec Victor Hugo, « Ce n’est pas un feu de joie qui brûlait magnifiquement au milieu de la place. », Non, hier, c’était le vaisseau de Notre-Dame qui a montré du ciel une croix de feu. Toute une symbolique. Le palais de Justice passe… « Certes, ce fut un triste jeu - Quand à Paris dame Justice, - Pour avoir mangé trop d’épice, - Se mit tout le palais en feu. » Oui, Seigneur, le palais de justice passe encore, mais pas Notre-Dame… Quelle tristesse ! Je relisais dimanche soir, Flavius Josèphe et sa description de l’incendie du Temple de Jérusalem que Titus avait voulu pourtant épargner, je n’ai pu m’empêcher un rapprochement. Nous savons que nos églises d’ici-bas ne sont que l’image de l’Église du ciel, mais cette croix de feu vue du ciel n’a pu qu’impressionner.
Est-ce le vaisseau de l’Église qui brûle vraiment ? Non ! vraiment ! Nous ne pouvons nous consoler qu’en utilisant les images des mystiques et un autre feu, un contre-feu. Sainte Thérèse d’Avila avec son ardeur disait : Le monde est en feu ! Ce n’est pas le moment de traiter avec Dieu d’affaires de peu d’importance ! Ce n’est pas seulement le monde qui est en feu, l’église visible donne aussi l’impression de l’être. L’Église a besoin de toute votre amour de contemplatives. Le Seigneur en a besoin pour éteindre les incendies destructeurs et allumer les contre-feux de l’amour de Dieu, si vous permettez l’image.
Le Seigneur en ce mardi saint annonce le reniement de Pierre. « Seigneur, pourquoi ne puis-je pas te suivre à présent ? Je donnerai ma vie pour toi ! » Jésus réplique : « Tu donneras ta vie pour moi ? Amen, amen, je te le dis : le coq ne chantera pas avant que tu m’aies renié trois fois. »
Le monde est en feu ! Ce n’est pas le moment de traiter avec Dieu d’affaires de peu d’importance ! Les bons sentiments à la suite d’une lecture ne suffisent pas, il faut le temps de la grâce et le temps de Dieu pour qu’un autre incendie soit allumé que nul ne pourra éteindre, celui de la vive flamme de l’amour. Il y a deux incendies, celui du mauvais qui détruit et celui de la vive flamme d’amour qui brûle sans consumer, purifie, brille, éclaire, illumine joyeusement.
Je donnerai ma vie pour toi ! Nous savons tous par expérience, que vivre et ressentir fortement un beau passage d’une lecture, ce n’est pas encore le réel… Le temps de Dieu et la grâce du moment sont nécessaires pour que l’or soit purifié au feu. Nous sommes trop petits et insignifiants, nous ne sommes pas à notre place si nous voulons sauver le Seigneur… N’est-ce pas difficile à accepter bien souvent ? Il nous faut attendre son heure et le temps de la grâce. Lui seul peut enflammer notre cœur avec la vive flamme de son amour pour le transformer. Ce sera une flamme qui ne s’éteindra jamais. Dieu aime accrocher des étoiles à son firmament. Amen.