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dimanche 21 décembre 2025

Le songe de Joseph et sa foi

 



21 déc. 2025

 4ème Dimanche de l'Avent (semaine IV du Psautier) — Année A

 
 

Lectures de la messe


Frères et Sœurs, Mes Sœurs,

 

A quelques encablures de Noël, nous ne pouvons qu’être touchés par les lectures d’aujourd’hui, émerveillés par cette lumière qui se glisse entre les tableaux qui nous sont proposés. Depuis chez moi, je vois le soleil qui se glisse entre les sapins de la colline Sur Chaux, et qui laisse échapper quelques rayons. Il joue aussi avec le brouillard. Il va se lever et reprendre sa course comme un dormeur qui s’éveille, pour rejoindre dans 6 mois, la chapelle du Vorbourg. C’est le Carmel qui le réveille, le Carmel qui éveille le soleil invaincu et s’émerveillera devant l’enfant de la crèche.

Saint Joseph, Joseph le Juste, dans notre Evangile, s’interroge sur la situation de Marie, il cherche de la lumière, le secret de Marie et il reçoit sa réponse dans un songe. A son réveil,  en se levant de sa couche, sa décision est prise, il rejette toute crainte et choisit. « Il prit chez lui son épouse ».

Que peut signifier l’attribut de Juste que lui donne saint Matthieu? En hébreu biblique c’est tsaddiq et en grec, δίκαιος (dikaios). Jésus dira que le premier Juste fut Abel. Le juste est celui qui est fidèle à la loi et à l’alliance, celui qui craint Dieu, d’une sainte crainte révérencielle. Il est celui qui croit et qui vit en conformité avec sa foi. Joseph avait pris conscience que Marie était enceinte. Il avait passé par un dilemme. Un des éléments en avait été certainement celui de faire entrer l’enfant à naître, le nasciturus, dans la famille de David. Comment être ajusté au dessein de  Dieu, sinon dans  le discernement , l’obéissance et la miséricorde, mais aussi et d’abord l’amour.  

Les partisans d’une appartenance littérale à la lignée davidique selon un filiation génétique dirait-on aujourd’hui, se raccrochent à une possible appartenance de Marie à la famille de David, David à la conduite variable. Cette réponse avait été formulée par quelques Pères de l’Eglise dans les polémiques avec le judaïsme. On cite saint Justin, Irénée et saint Jean Damascène ainsi que le Protévangile de Jacques. Je suis allé les réexplorer hier, et les références sont toujours exactes…

Notre temps pousse les choses encore plus loin. Il est aussi  très friand de recherches génétiques. Certains sont allés jusqu’à faire des recherches sur le Saint Suaire, pour constater, ai-je lu, un obstacle en raison de ses manipulations par un grand nombre de femmes qui ont laissé des traces. Ces questionnements sont ceux d’aujourd’hui. Une réponse du Seigneur devrait d’ailleurs nous interpeller : Mt 3, 9 « Produisez donc un fruit digne de la conversion. 09 N’allez pas dire en vous-mêmes : “Nous avons Abraham pour père” ; car, je vous le dis : des pierres que voici, Dieu peut faire surgir des enfants à Abraham. » Il peut ressusciter les morts, nous ressusciter. Or, c’est bien la foi d’Abraham qui est mise en valeur par l’épître aux Hébreux. « Grâce à la foi, Abraham obéit à l’appel de Dieu ». Il devient juste par elle.

Joseph homme des songes, comme le patriarche, a assumé la responsabilité de protéger sa petite famille, de la nourrir aussi, jusqu’en Egypte. Il a été l’image du Père son lieutenant et sa présence.

La prophétie d’Isaïe prononcée 800 ans avant la naissance de Jésus se réalise. Le roi Achaz mentionné dans la généalogie de Jésus par Matthieu, avait 20 ans lorsqu'il devint roi et il régna 16 ans à Jérusalem. Mais Isaïe et le Seigneur lui reprochent son manque de foi. Pourtant Dieu lui promet un signe : Voici que la Vierge est enceinte, elle enfantera un fils, qu’elle appellera Emmanuel (c’est-à-dire : Dieu-avec-nous).

C’est par la foi de Joseph qui avait manqué à Achaz que Jésus entre dans la maison de David. C’est par la foi que nous entrons nous-mêmes dans la maison de Dieu, et pas par la génétique. Marie a cru en la parole de l'Ange. Tout commence par la foi.

Ayons soin de cet enfant de la foi qui veut naître en nous et que nous avons à protéger et à soigner. Les enfants attendent les cadeaux et les chocolats pour Noël. La première lecture nous a dit que l’Enfant-Dieu a commencé de se nourrir de crème et de miel jusqu’à ce qu’il sache rejeter le mal et choisir le bien. Accompagnons les enfants, entourons-les de notre amour pour qu’ils puissent se faire une provision de bonheur et de lumière intérieure qui leur sera utile toute leur vie. Surtout n’oublions pas de leur transmettre la lumière du Christ, la foi. 

Essayons d’aménager notre crèche intérieure pour bien le recevoir. Il y aura aussi le bœuf et l’âne, les animaux serons présents. J’aime partager un souvenir de famille. Ma mère lorsqu’elle était toute petite, il y a un peu moins de 100 ans, allait se réfugier à l’étable parce qu’il y faisait plus chaud… Nous avons aussi à veiller sur un foyer de chaleur intérieure, celui de notre prière.

Hier le pape Léon à l’audience a rappelé que la prière chrétienne est  profondément mariale, parce qu’en Marie de Nazareth nous voyons l’une des nôtres qui engendre. Dieu l’a rendue féconde et est venu nous rencontrer avec ses traits. Elle est la Mère de Dieu et notre Mère. « Notre espérance ». Elle ressemble à son Fils, et le Fils lui ressemble. Et nous ressemblons à cette Mère qui a donné visage, corps, voix à la Parole de Dieu. Nous lui ressemblons, car nous pouvons engendrer la Parole de Dieu ici en dessous. Jésus veut renaître en nous : nous pouvons lui donner corps et voix, notre corps et notre voix, avec notre coeur. C’est la naissance que la création attend. Rendons grâce aussi à saint Joseph qui a fait grandir le Christ et à su s’effacer devant son fils adoptif. Amen.


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