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dimanche 28 décembre 2025

La Sainte Famille

 

28 déc. 2025

 La Sainte Famille — Année A
Fête

 
 

Lectures de la messe


Chers frères et sœurs,

Nous suivons ce matin la Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph en Egypte et son retour. Vous avez remarqué que les lectures changent en fonction des cycles liturgiques A, B et C. Nous avons une fois Matthieu avec la fuite en Egypte et deux fois Luc, avec la Présentation au Temple et le Recouvrement de Jésus adolescent dans le Temple.

Nous partons aujourd’hui en Egypte et nous sommes un peu chahutés, non par les pas de l’âne qui transporte vaillamment ses précieux fardeaux, mais par le calendrier. Nous n’avons pas encore fêté les rois.

La fuite en Egypte est particulièrement appréciée des coptes. Ils fêtent l’entrée de la Sainte Famille en Egypte le 1er juin. Les évangiles apocryphes relatent de belles histoires, avec des sources qui jaillissent, des palmiers qui s’inclinent pour donner leurs fruits, des idoles qui s’effondrent. Nous avons le droit de rêver.

Le rôle de saint Joseph, est mis en valeur, avec deux nouveaux songes. Le père adoptif de Jésus en a fait trois dans les évangiles. Le patriarche Joseph en avait fait et en interprétait.

Célébrer la Sainte Famille nous invite à nous rappeler que nous avons été accueillis et élevés dans une famille, que parfois nous en avons fondé et que nous sommes appelés à appartenir à une autre famille spirituelle, la famille de Dieu, l’Eglise. Elles sont donc trois. Vos prêtres sont là pour vous rappeler que nous sommes tous invités à entrer dans cette famille et que nous y appartenons déjà par le baptême. En parler est fréquemment délicat surtout au temps de Noël, en raison des difficultés qu’elles traversent toutes. Je n’ai guère besoin de les énumérer et d’arracher quelques pansements pour les rappeler.

Sur le site de l’Eglise en France, j’ai compté environ 120 documents qui en parlent. Ils n’ont pas le volume de 2 petites pages à gros caractères d’une homélie dominicale tranquille.

Le jubilé des familles a été célébré le 1er juin, alors que le pape Léon XIV venait d’être choisi le 8 mai, comme nouveau pape. Après des ordinations, c’était une de ses premières prédications en tant que pape.  Le jubilé ne s’est pas adressé pas seulement à la petite cellule familiale, mais aussi aux enfants, aux grands parents et aux personnes âgées, composition qui met le doigt certainement sur la question de souffrances et des conséquences de l’éclatement des familles, parfois de leur dissolution, des enfants isolés, de la vie que l’on retire, de celle qui s’allonge avec ses conséquences. Nous pouvons mettre également un grand point d’interrogation sur la diminution des naissances dans notre région.   Il nous avait rappelé la prière du Seigneur pour nous.  

Notre mission en nous rassemblant est de manifester que nous sommes  “un” comme le Seigneur veut que nous soyons “un”, dans nos familles et là où nous vivons, travaillons et étudions : différents, mais un, nombreux, mais un, toujours, en toutes circonstances et à tous les âges de la vie. Si nous nous aimons  sur le fondement du Christ, qui est « l’alpha et l’oméga », « le commencement et la fin » (cf. Ap 22, 13), nous serons un signe de paix pour tous, dans la société et dans le monde. C’est dans les familles que se construit l’avenir des peuples.

La prière du Seigneur nous rappelle  qu’un jour nous serons tous un et que le mariage n’est pas qu’un idéal hypothétique, pour rêver.

La Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph a ceci de merveilleux qu’elle nous montre les ressources que nous pouvons puiser dans la prière et un amour mutuel pour avancer sur le chemin de la grande rencontre avec le Seigneur, vers l’unité. Même lorsque des divisions ont eu lieu, elle est le signe qu’il est possible encore de grandir et de se reconstruire dans la charité et le respect mutuel. On a beaucoup parlé de résilience depuis la 2ème partie du 20ème siècle et de cette capacité des enfants de se relever et de grandir s’ils ont été entourés d’affection pendant leur petite enfance. Cela est vrai, l’amour fait grandir et guérit.

La Sainte Famille doit fuir en Egypte, et Jésus parvient à traverser ce temps d’exil et d’épreuve grâce à l’amour de ses parents, de Joseph, son père adoptif et de Marie. Les enfants sont notre priorité et notre espérance, un trésor plus important que des richesses, parce qu’ils sont aimés de Dieu et portent le Seigneur en eux comme nous. J’ai vu une de mes petites cousines pendant ce temps de Noël. Elle était née en Australie. Avec mes 71 ans, j’étais dans l’admiration de voir cette jeunesse et ses capacités. Il faut accepter de voir le temps s’écouler et se réjouir qu’un peu de la lumière que nous avons reçue soit transmise. Les anciens ont une bonne place dans les Evangiles de l’enfance du Christ .

Que le Seigneur mette de la joie dans les yeux de ces petits pour que nous puissions l’y reconnaître.

Vous me permettez de conclure avec la prière du pape François pour le Synode de la famille, en 2013. Il a dit de très bonnes choses : Jésus, Marie et Joseph en vous nous contemplons la splendeur de l’amour véritable, à vous nous nous adressons avec confiance.

Sainte Famille de Nazareth, fais aussi de nos familles des lieux de communion et des cénacles de prière, des écoles authentiques de l’Évangile et des petites Églises domestiques.

Sainte Famille de Nazareth, que jamais plus dans les familles on fasse l’expérience de la violence, de la fermeture et de la division : que quiconque a été blessé ou scandalisé connaisse rapidement consolation et guérison.

Sainte Famille de Nazareth, réveille en tous la conscience du caractère sacré et inviolable de la famille, sa beauté dans le projet de Dieu. Jésus, Marie et Joseph écoutez-nous, exaucez notre prière. Amen



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