Chers frères et sœurs,
Nous suivons ce matin la Sainte Famille de Jésus, Marie et
Joseph en Egypte et son retour. Vous avez remarqué que les lectures changent en
fonction des cycles liturgiques A, B et C. Nous avons une fois Matthieu avec la
fuite en Egypte et deux fois Luc, avec la Présentation au Temple et le Recouvrement
de Jésus adolescent dans le Temple.
Nous partons aujourd’hui en Egypte et nous sommes un peu chahutés,
non par les pas de l’âne qui transporte vaillamment ses précieux fardeaux, mais
par le calendrier. Nous n’avons pas encore fêté les rois.
La fuite en Egypte est particulièrement appréciée des coptes.
Ils fêtent l’entrée de la Sainte Famille en Egypte le 1er juin. Les évangiles apocryphes relatent
de belles histoires, avec des sources qui jaillissent, des palmiers qui s’inclinent
pour donner leurs fruits, des idoles qui s’effondrent. Nous avons le droit de
rêver.
Le rôle de saint Joseph, est mis en valeur, avec deux
nouveaux songes. Le père adoptif de Jésus en a fait trois dans les évangiles. Le
patriarche Joseph en avait fait et en interprétait.
Célébrer la Sainte Famille nous invite à nous rappeler que
nous avons été accueillis et élevés dans une famille, que parfois nous en avons
fondé et que nous sommes appelés à appartenir à une autre famille spirituelle,
la famille de Dieu, l’Eglise. Elles sont donc trois. Vos prêtres sont là pour
vous rappeler que nous sommes tous invités à entrer dans cette famille et que
nous y appartenons déjà par le baptême. En parler est fréquemment délicat
surtout au temps de Noël, en raison des difficultés qu’elles traversent toutes.
Je n’ai guère besoin de les énumérer et d’arracher quelques pansements pour les
rappeler.
Sur le site de l’Eglise en France, j’ai compté environ 120 documents
qui en parlent. Ils n’ont pas le volume de 2 petites pages à gros caractères d’une
homélie dominicale tranquille.
Le jubilé des familles a été célébré le 1er juin, alors que le pape Léon XIV venait d’être
choisi le 8 mai, comme nouveau pape. Après des ordinations, c’était une de ses
premières prédications en tant que pape. Le jubilé ne s’est pas adressé pas seulement à
la petite cellule familiale, mais aussi aux enfants, aux grands parents et aux
personnes âgées, composition qui met le doigt certainement sur la question de
souffrances et des conséquences de l’éclatement des familles, parfois de leur
dissolution, des enfants isolés, de la vie que l’on retire, de celle qui s’allonge
avec ses conséquences. Nous pouvons mettre également un grand point d’interrogation
sur la diminution des naissances dans notre région. Il nous
avait rappelé la prière du Seigneur pour nous.
Notre mission en nous rassemblant est de manifester que nous
sommes “un” comme le Seigneur veut que
nous soyons “un”, dans nos familles et là où nous vivons, travaillons et
étudions : différents, mais un, nombreux, mais un, toujours, en toutes
circonstances et à tous les âges de la vie. Si nous nous aimons sur le fondement du Christ, qui est « l’alpha
et l’oméga », « le commencement et la fin » (cf. Ap 22, 13), nous serons un
signe de paix pour tous, dans la société et dans le monde. C’est dans les
familles que se construit l’avenir des peuples.
La prière du Seigneur nous rappelle qu’un jour nous serons tous un et que le
mariage n’est pas qu’un idéal hypothétique, pour rêver.
La Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph a ceci de
merveilleux qu’elle nous montre les ressources que nous pouvons puiser dans la
prière et un amour mutuel pour avancer sur le chemin de la grande rencontre
avec le Seigneur, vers l’unité. Même lorsque des divisions ont eu lieu, elle
est le signe qu’il est possible encore de grandir et de se reconstruire dans la
charité et le respect mutuel. On a beaucoup parlé de résilience depuis la 2ème
partie du 20ème siècle et de cette capacité des enfants de se
relever et de grandir s’ils ont été entourés d’affection pendant leur petite
enfance. Cela est vrai, l’amour fait grandir et guérit.
La Sainte Famille doit fuir en Egypte, et Jésus parvient à
traverser ce temps d’exil et d’épreuve grâce à l’amour de ses parents, de Joseph,
son père adoptif et de Marie. Les enfants sont notre priorité et notre
espérance, un trésor plus important que des richesses, parce qu’ils sont aimés
de Dieu et portent le Seigneur en eux comme nous. J’ai vu une de mes petites
cousines pendant ce temps de Noël. Elle était née en Australie. Avec mes 71 ans,
j’étais dans l’admiration de voir cette jeunesse et ses capacités. Il faut accepter
de voir le temps s’écouler et se réjouir qu’un peu de la lumière que nous avons
reçue soit transmise. Les anciens ont une bonne place dans les Evangiles de l’enfance
du Christ .
Que le Seigneur mette de la joie dans les yeux de ces petits
pour que nous puissions l’y reconnaître.
Vous me permettez de conclure avec la prière du pape François
pour le Synode de la famille, en 2013. Il a dit de très bonnes choses : Jésus,
Marie et Joseph en vous nous contemplons la splendeur de l’amour véritable, à
vous nous nous adressons avec confiance.
Sainte Famille de Nazareth, fais aussi de nos familles des
lieux de communion et des cénacles de prière, des écoles authentiques de
l’Évangile et des petites Églises domestiques.
Sainte Famille de Nazareth, que jamais plus dans les familles
on fasse l’expérience de la violence, de la fermeture et de la division : que
quiconque a été blessé ou scandalisé connaisse rapidement consolation et
guérison.
Sainte Famille de Nazareth, réveille en tous la conscience du
caractère sacré et inviolable de la famille, sa beauté dans le projet de Dieu. Jésus,
Marie et Joseph écoutez-nous, exaucez notre prière. Amen
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