Rechercher dans ce blog

jeudi 1 janvier 2026

Sainte Marie Mère de Dieu



1 janv. 2026

 Sainte Marie, Mère de Dieu —
Solennité

 
 

Lectures de la messe

 Chers frères et sœurs, chers amis,

Ce premier jour de la nouvelle année s’avère donc très particulier. Il est non seulement le jour officiel de l’agrégation de Moutier au territoire cantonal, avec ses 7302 habitants, mais c’est encore la journée mondiale de la paix. Il est l’octave de la Nativité, la fête de Marie Mère de Dieu c’est aussi le rappel de la circoncision de Jésus. Lui qui est Dieu,  est devenu petit enfant et il devient très officiellement aussi membre du Peuple de Dieu. Vous me concéderez que le cas de Jésus est vraiment particulier. La première communication de la Bonne Nouvelle de cette naissance avait été faite par un ange à des particuliers, à des pauvres qui ont la priorité. Elle n’est pas transmise une notification officielle au Sénat et à l’armée, ni aux prêtres du temple, mais par le bouche à oreille. L’ange leur a dit : « Ne craignez pas, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple. » Les bergers sont les premiers apôtres. Les bergers racontent ce qu’ils ont  entendu de la part de leur messager et vu de leurs yeux à la crèche. Certains disent qu’aujourd’hui, le téléphone arabe est toujours plus rapide que les médias qui se trompent parfois au milieu de tant de mauvaises nouvelles… Quelle nouvelle est annoncée ? Celle de la naissance d’un enfant. Il porte un nom particulier : Jésus, « Dieu sauve ». Matthieu a presque fait de la naissance de Jésus, une confrontation de rois, avec un roi légitime et un usurpateur, Hérode, et même des mages d’Orient qui s’inclinent. Pas de bergers chez Matthieu, pas de téléphone arabe, mais un examen des Ecritures pour renseigner les mages qui sont devenus des rois. On parlerait plutôt de voie officielle.

La liturgie avec le titre de Mère de Dieu donné à Marie, nous fait penser qu’elle prépare Jésus à être présenté aux mages et en quelque sorte à tous les peuples de la terre. Dans ma jeunesse de religieux, j’avais été intrigué par une icône que j’avais reçue et qui montrait Marie assise sur un siège avec des coussins confortables et portant l’enfant Jésus qui bénissait. On lit que dans l’Antiquité, les femmes de pouvoir en Egypte, régnaient par leurs enfants mineurs. Un cérémonial byzantin rapporte que l’enfant impérial, porphyrogénète, était présenté officiellement et béni par le patriarche. Cela aide à comprendre l’image.

Nous ne sommes pas là pour faire de l’archéologie, bien que le pape Léon ait rappelé récemment aux intéressés qu’elle est une école d’incarnation. L’intelligence artificielle ne résout pas tout, elle n’a pas la dignité humaine, ni l’histoire humaine, elle n’est pas capable de Dieu. « Le christianisme n’est pas né d’une idée, mais d’une chair ; ni d’un concept abstrait, mais d’un sein, d’un corps, d’un tombeau. », leur a-t-il dit. C’est un petit roi sans armée qui nous est présenté aujourd’hui sur les genoux de sa mère et il vient nous annoncer la paix. Sommes-nous capables de le découvrir ce petit roi ? Je crois que la moitié du Jura ou plus, est allée admirer l’admirable crèche de Porrentruy qui est une véritable merveille. Avez-vous repéré Jésus ? Dans une église, il est d’abord dans l’Eucharistie, au tabernacle. J’avais commencé par là, mardi et ô bonheur j’ai trouvé ensuite, presque tout de suite, en remontant à contre-courant, son image toute petite au bout de l’immense crèche, « grand comme ça ». La leçon a son importance : où vais-je trouver Jésus,  Marie et Joseph, fils de David? Ce n’est pas dans un palais impérial, mais dans la vie cachée. Non dans l’infiniment grand, mais dans le petit, le discret. Léon le Grand, le pape de mon anniversaire, disait dans une de ses homélies hier : « La naissance du Seigneur Jésus, c'est la naissance de la paix. » Pour assurer la paix on pense d’abord à une force armée, pas à un petit enfant. Notre pape d’aujourd’hui nous a écrit un message pour cette journée mondiale de la paix. Il est intitulé : « La paix soit avec vous tous - Vers une paix désarmée et désarmante ». Dieu n’aime pas la guerre, sinon celle, spirituelle, que nous avons à mener à l’intérieur de nous-mêmes avec l’aide de la grâce pour ressembler à son Fils et entrer dans sa famille. 

La paix n’est malheureusement dans l’air du temps. C’est à pleurer en pensant aux victimes des guerres actuelles… L’ironie a voulu qu’un missile de superpuissance soit  tombé le soir de Noël, dans un champ d’oignons au Nigéria, un immense pays. Voulait-on totalement empêcher de pleurer le soir de Noël. Les oignons sont connus pour leurs effets. La paix devrait être désarmée et désarmante, elle doit commencer par la paix dans les cœurs : « Bien que beaucoup de personnes aujourd’hui aient un cœur disposé à la paix, un grand sentiment d’impuissance les envahit devant le cours des événements de plus en plus incertain. » Le pape Léon mentionne dans son message, Saint Jean XXIII : « la perspective d’un désarmement intégral ne peut s’affirmer que par le renouveau du cœur et de l’intelligence. » La solution proposée ne date pas d’aujourd’hui, mais de la crèche.

Le Jubilé de l’Espérance arrive à son terme et le pape formule le vœu qu’il porte un fruit de paix. Il a incité des millions d’êtres humains à se redécouvrir pèlerins et à entreprendre en eux-mêmes un désarmement du cœur, de l’esprit auquel Dieu ne tardera pas à répondre en accomplissant ses promesses de vie.

Le Jura est petit, même avec ses 82.000 habitants de bonne volonté. Nous avons accueilli cette nuit Moutier dans le territoire cantonal et dans nos institutions civiles. Nous  avons aussi une nouvelle région pastorale de La Vallée de Delémont-Moutier. C’est une chance, mais aussi une invitation à prendre conscience de nos responsabilités personnelles en Eglise et à nous interroger comment annoncer le Christ autour de nous. Il est petit et caché, ses moyens sont modestes. Nous ne pouvons nous fier qu’à une parole et à un souffle léger, celui de l’Esprit. L’Eglise n’est pas un monument historique, elle est d’abord constituée de ceux qui sont capables d’aimer, de se réunir autour de l’Eucharistie et de l’Enfant de la crèche, pour lui demander la paix. Le Seigneur la promet aux hommes et aux femmes de Bonne Volonté.  Marie Mère de Dieu, Mère de l’Eglise donne-nous ton Fils Amen.


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire