8 mars 2026
3ème Dimanche de Carême (semaine III du Psautier) — Année A
Eléments pour la célébration de ce dimanche de la Samaritaine
Introduction
Chers Frères et Sœur, bonjour à tous et à toutes.
Je suis heureux de pouvoir venir célébrer avec vous ce 3ème dimanche de Carême avec une des lectures traditionnelles à cette occasion, celle de l’Evangile de la Samaritaine. Jésus vient auprès d’elle et lui demande à boire. La situation est particulière, juifs et samaritains ne s’entendaient pas depuis la séparation des 2 royaumes de Juda et d’Israël 1000 ans avant cette rencontre. Jésus ne se laisse pas arrêter par nos limites humaines et notre péché. Aujourd’hui est célébré traditionnellement un des derniers temps de préparation pour les baptisés de Pâques. Cela se fait à Sainte-Marie à Bienne. Nous allons donc prier pour eux. Il faut savoir qu’en France par exemple, il y a un accroissement du nombre de baptêmes d’adultes. En France, il y en a eu 17.800 l’an passé.
etc...
Chers Frères et Sœurs, chers amis,
Il est particulier de venir parler à la Neuveville d’un puits, du puits de la Samaritaine. Vous êtes riches d’un si beau lac et dans la forêt vous avez quelques cascades avec de superbes vasques! De l’eau vive ! L’eau de manque pas. Au pays de l’or noir on parle d’or bleu, et on craint pour les centrales de désalinisation en ce temps sinistre de guerres là-bas. Mais c’est d’eau spirituelle dont il est question. A Porrentruy il y a une remarquable fontaine qui illustre l’Evangile d’aujourd’hui. D’après ce que j’ai vu elle a été réalisée par un certain Laurent Perrenoud de Cressier en 1564. Il y en a une à Fribourg dans la Basse-ville.
Mais nous sommes au pays de Jésus aujourd’hui, plutôt au-delà de ses frontières, près de Samarie au pied du Mont Garizim, à Naplouse. C’est à mi-chemin entre Jérusalem et le lac de Tibériade. C’est la sixième heure et il a soif, la sixième heure, c’est midi. Cela nous fait penser par contraste à sa 5ème parole sur la croix et au psaume 69, « Dans ma soif ils m’ont donné du vinaigre. » Du côté de Jésus coulera du sang et de l’eau.
L’image est présente dans l’Apocalypse : L’ange me montra l’eau de la vie : un fleuve resplendissant comme du cristal, qui jaillit du trône de Dieu et de l’Agneau. L’Esprit et l’Épouse disent : « Viens ! » Celui qui entend, qu’il dise : « Viens ! » Celui qui a soif, qu’il vienne. Celui qui le désire, qu’il reçoive l’eau de la vie, gratuitement. On n’en finirait pas. Cette Samaritaine est très étonnée. La tradition dit qu’elle s’appelait Photine qui veut dire lumière on pense à Lucille en pays latin.
Jésus a soif, il a un profond désir de notre amour, de l’amour de cette femme qui nous représente. Sa mission apparaît dans sa demande à la Samaritaine et il la lui explique. Il commence par piquer sa curiosité. D’abord c’est une samaritaine, donc issue d’un peuple qui, pour un juif n’a pas été fidèle à l’alliance et s’est allié à des occupants. Elle est aussi une femme, et s’adresser à une femme dans des conditions qui ne respectent pas les codes sociaux de l’époque était mal vu. Maurice Zundel le dit avec ses mots : « Comment peut-il lui adresser la parole après des siècles d’inimitié entre son peuple à lui et son peuple à elle? Elle ne se prive pas de lui en faire la remarque. Il répond d’une manière énigmatique, pour éveiller en elle cette soif que lui seul peut étancher. Si elle savait qui il est, c’est elle qui lui aurait demandé à boire. » Le dialogue est passionnant. « Mais, lui dit-elle sans ménagement, il n’a rien pour puiser l’eau vive qu’il se targue de pouvoir lui donner. Il renchérit alors sur son offre, en promettant une eau qui éteindrait définitivement la soif de celui qui la boirait, en devenant en lui une source jaillissant en vie éternelle. »
On n’aimerait à cette occasion n’être que spectateur, tellement c’est humainement amusant, mais nous sentons le désir nous aussi de recevoir de cette eau au vertu si particulière. On nous vante tellement les vertus de certaines sources aujourd’hui. De l’eau, chez nous, nous avons la chance de la voir venir dans nos maisons. Mais une source jaillissant en vie éternelle, c’est une autre affaire ! Ce thème est très présent chez saint Jean.
L’image de Moïse qui frappe dans le désert le rocher mais avec une foi insuffisante pour en faire jaillir l’eau, est singulière : « Puisque vous n’avez pas eu assez de foi pour manifester ma sainteté devant les fils d’Israël, vous ne ferez pas entrer cette assemblée dans le pays que je lui donne. » Le Seigneur demande la foi, et non de jouer éventuellement, seulement, à pile ou face. Heureusement il y a la grâce.
Nous n’en finirions pas de commenter et d’apprécier cet Evangile, mais aussi l’épitre de Saint Paul qui contient ces mots fondamentaux de foi, d’espérance, d’amour et de grâce et tout cela pourquoi ? Pour être en paix avec Dieu. Dieu nous aime dans notre situation, la preuve en est que le Christ est mort pour nous.
Cet Evangile paraît avoir habité notre pape Léon au début de son pontificat. Il en déjà parlé à 3 reprises. «Si tu savais le don de Dieu!» (Jn 4, 10). Jésus révèle à cette femme qu’il existe une eau vive qui désaltère pour toujours, une source jaillissante qui ne s’épuise jamais: c’est la vie même de Dieu donnée à l’humanité.
Nous avons la chance, malgré des situations personnelles difficiles de ne pas être soumis aux drames que vivent certaines autres personnes dans le monde. Ces fuites sur les routes, les nuages de poussière et d’explosions nous scandalisent . Nous en avons assez de voir tant dans de violences. Mais sous un autre angle ne passons-nous pas par une période de désertification et de soif spirituelle ? Il serait certainement utile de retourner à nos puits spirituels et peut-être les dégager de tous ces débris contemporains qui les obstruent. Vous les énumérez encore mieux que moi : le vacarme médiatique, les injustices discrètes et bruyantes, la consommation. Le carême nous aide à désencombrer notre cœur et à écouter le Seigneur et à raviver le don de Dieu. Il ne s’agit pas de la garder pour nous-mêmes, mais de le transmettre . « Celui donnera à boire un verre d’eau fraîche seulement à un de ces petits à titre de disciple, je vous le dis en vérité, il ne perdra pas sa récompense. » La mission est là : devenir des portes lumières.
Je vous propose de terminer ce moment de méditation par une des prières pour ceux qui se préparent au baptême.
Père des miséricordes,
par ton propre Fils, tu as manifesté ta tendresse
à l’égard de la Samaritaine,
Et dans ton amour paternel
tu as voulu offrir à tous les pécheurs le salut ;
Regarde tout particulièrement
ceux qui désirent recevoir tes sacrements
pour devenir tes fils d’adoption :
Délivre-les de l’esclavage du péché et du joug pesant du démon,
Pour qu’ils reçoivent le joug du Christ, doux et léger ;
Protège-les au milieu de tous les dangers,
Pour qu’en te servant fidèlement dans la paix et la joie ils puissent
toujours te rendre grâce. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. AMEN.
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