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dimanche 1 mars 2026

Transfiguration

 


1 mars 2026

 2ème Dimanche de Carême (semaine II du Psautier) — Année A

Lectures de la messe

Nous célébrons ce matin le 2ème dimanche de Carême avec l’Evangile de la Transfiguration. Nous avons cette année ces 5 Evangiles durant le Carême : Les Tentations de Jésus, la Transfiguration, la Samaritaine, l’Aveugle-né et Lazare. Vous avez de quoi méditer sur ces mystères avec Marie. On peut être inventifs. 

Hier matin, en préparant la célébration, contrairement à mon habitude pour éviter les réveils négatifs j’ai consulté les informations et ô mauvaise surprise, j’ai appris qu’une nouvelle guerre s’était déclenchée ce qui nous en fait deux pour cette semaine. L’Evangile de la Transfiguration est un encouragement pour nous qui sommes en chemin, mais certaines circonstances historiques l’ont rattaché au bombardement de la communauté chrétienne de Nagazaki le 6 août 1945. Nous avons eu droit par hasard sur cath.ch à un excellent article sur le médecin et écrivain catholique japonais Takashi (Paul) Nagai qui a vécu ce drame, et est mort de ses conséquences. Nous allons prier pour la paix et surtout pour les enfants, c’est une intention particulièrement obligée. J’ai encore le souvenir de la chute du Shah d’Iran en 1979. Ce pays n’en finit pas de souffrir depuis 70 ans.


Chers frères et sœurs,

Cet Evangile de la Transfiguration, nous l’apprécions tous, me semble-t-il. Il est un encouragement voulu par la liturgie sur notre chemin de Carême. Nous nous rappelons que cet événement se produit alors que Pierre vient de faire sa confession : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. » Jésus annonce qu’Il doit souffrir beaucoup, mourir et ressusciter. Nous connaissons la réaction de Pierre qui le rabroue et la réplique de Jésus : « Arrière Satan ! » Pire encore, si vous me permettez, il nous annonce que ce programme est le nôtre. Il y a de quoi frémir. Pourtant le plus remarquable est qu’il nous annonce qu’il revient bientôt comme roi. Il vient dans son règne. La pédagogie de Jésus est surprenante, mais il est donné une sorte de sceau à ses paroles dans la Transfiguration. Le mot utilisé par le texte grec est metemorphote… qui nous fait penser à métamorphose en français. Un changement se produit, ce qui est caché en lui se révèle aux yeux des 3 Apôtres. L’apparence est glorieuse. Jésus apparaît entre Moïse et Elie, le législateur et le prophète. L’icône de la transfiguration porte ce titre de Metamorphosis. Et nous voyons Pierre, Jacques et Jean dans des postures diverses, renversés souvent. Pierre veut même dresser trois tentes : une pour Lui, une pour Moïse et une pour Elie. Benoît XVI commente avec Saint Augustin. Nous avons une seule demeure: le Christ ; lui, « est la Parole de Dieu, Parole de Dieu dans la Loi, Parole de Dieu dans les Prophètes ». Il ne peut donc y avoir qu’une seule tente.

Un autre étonnement réside dans le fait qu’au milieu de cette gloire, le Seigneur s’entretient avec ses interlocuteurs de sa montée vers Jérusalem, donc de sa Passion et de sa résurrection. Il ne s’agit pas de règne ou de royauté à la manière humaine. La voix du Père se fait entendre au final, c’est une épiphanie, une manifestation de Dieu : «  Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie : écoutez-le ! ». Comment Dieu peut-il trouver le comble de la joie dans ce que va vivre son Fils, sinon qu’il va répondre à tout son amour en lui manifestant le sien.

Nous pourrions nous demander : Comment n’ont-ils pas été convaincus ? Malgré ce dont ils ont été témoins ils n’arrivent pas encore à l’intégrer. Peut-on connaître un sujet par une petite lecture ou par l’écoute d’un discours ? Ne faut-il pas manger ce petit livre comme dans l’Apocalypse et faire passer son contenu dans son vécu, dans son être de chair ? Seul Jean se tiendra au pied de la croix avec les femmes. Leur sensibilité cache une force qui dépasse souvent les fanfaronnades masculines. Pourtant le Seigneur est fidèle à ses Apôtres. Nous avons tous en tête les Evangiles de la Résurrection et les Actes des Apôtres. Cela ne peut que nous nous inviter à la confiance. Il est miséricorde.

La Transfiguration est là pour aider toute l’Eglise sur son chemin. Pourquoi nous étonner de nos résistances, de nos difficultés ? Les Apôtres ont eu tellement de peine  à croire en la parole du Seigneur. Moïse qui a vu Dieu sur sa montagne, a été pris par les doutes et pour cette raison n’a pu entrer dans la Terre Promise nous dit l’Ecriture. Comme à Abraham dans la première lecture, Le Seigneur nous demande à tous d’effectuer une migration par la foi et de le suivre sur la même route difficile avec sa grâce. Car sa grâce nous accompagne maintenant.

Saint Paul nous parle des difficultés de ce parcours, de la suite du Christ. « Fils bien-aimé, avec la force de Dieu, prends ta part des souffrances liées à l’annonce de l’Évangile. » Il a eu aussi droit à son illumination, à la vision du Christ glorieux.

Dans certaines religions non chrétiennes on parle d’illumination et de cessation de toutes souffrances, il ne s’agit pas de l’union personnelle à un Dieu personnel. Le Seigneur vient donner un sens à ce que nous vivons et le vivre avec nous, en union à Lui. La résurrection personnelle et l’importance du corps sont fondamentales pour les disciples du Christ. Nous ne sommes pas qu'un mauvais rêve ou une illusion. Notre vécu non plus! Avec lui le Seigneur construit son Royaume, il étend sa tente.

Le Carmel se souvient du symbole qu’est la prière de Consécration à la Sainte Face de Sainte Thérèse Jésus, le 6 août 1896 en la fête de la Transfiguration (Prière n°12.) L’année qui suivit elle vécut à la même date une terrible tentation contre la foi.

Le Seigneur nous a dit saint Paul, nous a tous appelés à une vocation sainte, non pas à cause de nos propres actes, mais à cause de son projet à lui et de sa grâce. il a détruit la mort, et il a fait resplendir la vie et l’immortalité par l’annonce de l’Évangile.

Elle est de première importance. Le Seigneur est venu sauver l’homme et tout l’homme et tout homme et son histoire. Il se montrera avec ses plaies à ses disciples. Notre vécu n’est pas qu’un mauvais rêve.

Cette semaine nous fêtions saint Grégoire de Narek, arménien et docteur de l’Eglise du 10ème siècle par la volonté du pape François. Il a fait un long poème sur la Transfiguration. Vous me permettez un court extrait :  Les lys, baignés de rosée, Scintillaient en guirlandes de perles. Les fleurs s’enivrèrent de toute la rosée, La rosée du nuage, la nuée du Soleil. Et les étoiles entrèrent dans la ronde, Légion par légion, tout autour de la lune. Légion par légion, elles se déployèrent en croix, Sur un front embrassant les cieux : Gloire au Père et au Fils, à jamais, À l’Esprit Saint, maintenant et toujours !

Notre-Dame de la Paix priez pour nous. Amen.


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