
17 mai 2026
7ème Dimanche de Pâques (semaine III du Psautier) — Année A
- Première lecture « Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière » Ac 1, 12-14
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Psaume
J’en suis sûr, je verrai les bontés du Seigneur
sur la terre des vivants.
ou Alléluia ! Ps 26 (27), 1, 4, 7... - Deuxième lecture « Si l’on vous insulte pour le nom du Christ, heureux êtes-vous » 1 P 4, 13-16
- Évangile « Père, glorifie ton Fils » Jn 17, 1b-11a
« Père, l’heure est venue. Glorifie ton Fils afin que le Fils te glorifie. »
Cher frères et sœurs,
Elevé sur la croix, le Seigneur s’est encore élevé parmi les ovations, aux éclats du cor, dit le refrain d’un psaume. Il est entré dans la nuée, la Shekhina, le lieu de la présence divine. Le mot signifie être installé, habiter, résider. On pourrait aussi dire le lieu de la gloire de Dieu. En tant que Dieu, le Seigneur y est demeuré toujours. Mais il y est entré maintenant en tant qu’homme, il nous a donc ouvert à tous et à toutes, dans son humanité, la porte de la vie divine avec son Père. Il y est en tant qu’homme, et il est bon de rappeler que Marie lors de son Assomption y a été accueillie en tant que femme.
Cette présence du Seigneur dans la gloire pourrait nous faire penser à un éloignement, « Je m’en vais maintenant auprès de Celui qui m’a envoyé… la tristesse remplit votre cœur» avons-nous entendu. Leur cœur a pourtant été dans la joie lors de la résurrection. Elle sera plus grande encore lorsque l’Esprit viendra sur eux. Le don de la foi a été plus fort en eux parce que le Seigneur est entré dans cette gloire. Léon le Grand explique que l’Ascension du Seigneur fit accomplir aux Apôtres de tels progrès que tout ce qui, auparavant, leur avait inspiré de la crainte, les rendait joyeux. Ils avaient dirigé leur contemplation vers la divinité de celui qui avait pris place à la droite du Père. Ils en avaient reçu une grâce. L’Esprit agissait déjà en eux puisqu’ils choisirent Matthias pour remplacer Juda avant la Pentecôte.
Nous avons eu d’autres signaux cette semaine dans la liturgie, sur les dons de Dieu qui nous ont été promis pour accomplir notre marche vers le Royaume, vers la Gloire, à l’image du Peuple de Dieu dans le désert. Ils avaient passé à travers la mer rouge, nous avons reçu le baptême, ils ont marché à travers les difficultés du désert et la nuée les accompagnait. Nous le sommes aussi, mais maintenant certains que le Seigneur est avec nous en tant qu’homme auprès de son Père. Le chemin est sûr et balisé, mais la persévérance et la confiance en lui nous sont demandés. Le chemin est rude, mais une force nouvelle va être donnée à ceux qui croient en lui, celle du Saint-Esprit. Être disciple du Christ n’est « hélas » pas un chemin de facilité. Prétendre le contraire serait un mensonge, celui de sirènes contemporaines. Notre tête est dans les cieux, mais nous marchons avec lui, maintenant. Nous écoutons sa voix dans les Ecritures et par l’Esprit dans notre cœur. Encore faut-il tendre l’oreille.
Dans quelle direction tendre l’oreille, à quelle voix être attentif ? Elles sont nombreuses à nous perturber dans notre quotidien, ces sirènes… Il y a eu le cirque pour le romains, et pour chaque génération, les modes, les vedettes, nos habitudes, nos obsessions et autres dadas de tous les jours.
Je me suis un peu amusé hier matin en voyant une illustration de l’Ascension. Elle figurait le Christ escaladant décontracté un escalier de petits nuages pour entrer dans la nuée. Elle fait penser à la tradition bien connue de la représentation d’une échelle sainte qu’escaladent des moines. Le Christ les attend au sommet sur son nuage. Un bon nombre est précipité en bas par des diablotins mal intentionnés. Mais il n’y a pas de dames. Elles seront donc toutes sauvées. Quelle serait la juste représentation chrétienne ? Suivre le Christ dans la confiance n’est pas tous les jours une séance de relaxation , mais il est là. Avoir confiance c’est littéralement, mettre sa foi en lui.
Permettez-moi encore un mot sur l’Ascension. Le pape Benoît XVI a écrit un petit livre intitulé « La mort et l’au-delà ». Il y mentionne notamment le développement qu’a connu le mystère de la rencontre avec le Père et l’au-delà de cette vie, en fonction du mystère du Christ. Le plus important était l’annonce de la résurrection (cf p. 139 ss). La réflexion sur l’Ascension, sur l’anthropologie, la rencontre avec Dieu, l’attente de la résurrection sont venues ensuite. Il n’y a plus d’état intermédiaire, les saints n’attendent plus « sous l’autel » mais voient Dieu. Il a fallu aussi écarter les représentations de la mythologie grecque.
En ce dimanche des médias, le message du pape Léon est centré sur la très problématique utilisation, de l’intelligence artificielle. On nous invite à voir confiance en elle, à la croire. Notre jeune pape nous met en garde contre cet envahisseur. Les médias en sont aussi, et ils peuvent vouloir manipuler plus qu’informer, personne n’est dupe. Il est bon de prendre des temps de retrait et de se mettre à l’abri des écrans avec une lecture et de s’exercer à une réflexion personnelle critique. Des images et même des icônes, l’IA peut en confectionner de très ressemblantes et canoniques, mais elle se démasque souvent. Cette toute-puissance va aussi jusqu’à constituer des photos de personnes truquées et des films, vous l’avez lu dans vos journaux. On essaye par exemple de cloner des voix de proches pour faire sortir la carte de crédit. Il vaut mieux maintenant laisser celui qui vous appelle, s’annoncer. L’IA n’est pas une excuse pour ne pas aider ! J’ai cru que c’était l’IA. Le Pape Léon pour cette 60ème journée des communications sociales nous rappelle d’abord que le visage et la voix sont des traits uniques et distinctifs de chaque personne. Je vous invite à le lire sur la toile ou à demander à quelqu’un un tirage papier. Il existe un désir de domination et de toute-puissance dans le cœur humain, mais il ne peut être comblé que par celui qui est tellement tout-puissant qu’il va jusqu’au don de lui-même et se faire le tout-petit et le tout-proche, parce qu’il aime. Un mot qui a bien de la peine à être entendu dans le tintamarre du « MOI JE ». Si nos homélies sont parfois un peu longues, pardonnez-nous, nous obéissons et composons donc sans IA.
Le Père a aimé son Fils jusqu’à nous le donner. Avec Marie demandons pour nous la venue de l’Esprit-Saint, avec nos sœurs du Carmel. Il est de coutume de faire en ce temps de préparation à la Pentecôte. Viens Esprit-Saint en nos cœurs allume en nous le feu de ton amour. Amen.
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