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dimanche 26 avril 2026

Le Bon Pasteur

 


26 avr. 2026 - 4ème Dimanche de Pâques (semaine IV du Psautier) — Année A


Chers Frères et Sœurs, chers amis,

Le Seigneur dans l’Evangile se présente comme le « bon berger ». Ce thème du berger est bien connu dans les Ecritures et fait certainement d’abord référence à David, le jeune homme que Dieu était allé chercher derrière son troupeau pour devenir roi d’Israël. Les références ne manquent pas d’Abel le juste à Abraham et Isaac, Jacob, Moïse. Nous gardons encore en Eglise un peu de ce langage avec la pastorale justement.

Ce passage de l’Evangile de saint Jean se déroule dans un contexte conflictuel avec les pharisiens. Le Seigneur fait un mystérieux rapprochement. A propos de cette bergerie, il mentionne un portier qui ouvre la porte au berger. Saint Augustin en  commentant ce passage réfléchit à plusieurs options. La bergerie est le peuple de Dieu, les pharisiens et responsables religieux sont les portiers. Ici ils sont sourds à l’appel. Le Seigneur devient la porte. Le Saint-Esprit, le portier qui l’ouvre. Nous pouvons sans peine faire un rapprochement sur un autre plan, personnel, avec notre cœur, notre propre conscience et notre discernement qui nous rendent sensible à l’appel du Seigneur.

Il frappe ! Alors qui est ce pasteur et que veut-il ? « Quel pasteur, en effet, appelle ses brebis par leur nom, et les conduit de ce monde jusqu’à la vie éternelle ? ». Le Seigneur à coup sûr il nous a créés pour entrer en communion avec nous et il nous parle au coeur. Nous avons tous une vocation, un appel à le suivre.

 Le pape Léon nous a donné un message pour la journée mondiale des vocations. Il en est de nombreuses dans l’Eglise, mais les vocations sacerdotales et religieuses ainsi qu’une réponse positive ont une grande importance. Je crois qu’à Moutier nous en sommes conscient.

Il nous y dit notamment que « Dans l’Évangile de Jean, Jésus se définit littéralement comme le “beau berger” (ὁ ποιμὴν ὁ καλός) ( Jn 10, 11). Cette expression désigne un berger parfait, authentique, exemplaire, car il est prêt à donner sa vie pour ses brebis, manifestant ainsi l’amour de Dieu. » J’ai été surpris par l’utilisation du mot « beau » à la place de « bon » : le bon berger. Le grec   kalos est traduit par beau ou bon. En français, nous avons dans l’oreille le « bon » maître. Mais c’est agathos qui est utilisé. Jésus dit avec ce mot, dans ce contexte-là que Dieu seul est bon. La Bible des Septante utilise le mot καλὸν lorsqu’elle traduit l’arbre de la connaissance du bien et du mal. C’est tov en hébreu. Nous retrouvons derrière ces 2 mots en grec un idéal de l’antiquité Kalos kagathos , littéralement : « bel et bon ».  Il s’agissait d’un idéal d'harmonie de corps et d'esprit dont l'athlète grec aurait été le modèle. Vous aurez remarqué que le bon berger a été mentionné dans le verset de l’alléluia, mais pas dans l’Evangile pourtant il suit bien le passage lu. Lire l’Ecriture est passionnant, et c’est toujours une véritable enquête qui nous dévoile des trésors. Je vous laisse poursuivre par vous-mêmes, mais ni perdons pas notre latin… Surtout n’oublions pas que le plus important est notre frère et notre sœur : Nous avons aussi un voix intérieure, un instinct spirituel qui nous guide et doit être éclairé.

Le Seigneur ne se laisse pas arrêter par les portes du Cénacle à la résurrection. Elles sont closes par peur des Juifs et voilà qu’il est là. L’Esprit va faire ouvrir toute grande à la Pentecôte celles du Cénacle. Si vous me permettez, il y a aussi là une relation avec la Vierge Marie. Les 3 étoiles sur son vêtement signifient Vierge, avant, pendant et après l’enfantement. Ce qui est impossible sans une action de Dieu. Il n’y a pas besoin d’être médecin pour poser cette affirmation.

Le berger a donc ouvert et reconnu le chemin par sa mort, sa descente aux enfers et sa résurrection. Il protège et défend ses brebis. Elles doivent grandir, selon un idéal de bonté et de beauté évangélique, à l’image de leur pasteur. Il ne s’agit pas de rester un de ces petits agneaux qui vous font craquer au printemps. Ils devraient tout le temps rester ainsi. La clef de notre croissance est la charité. Si la production de laine est problématique en Suisse, le Seigneur veut valoriser les produits de notre charité pour le royaume.

Le Seigneur et l’Esprit veulent que ses disciples grandissent à son image pour entrer dans le royaume et ressusciter. Ce qui n’est pas confortable, je crois que nous ne nous faisons pas d’illusions. Mais lui est là, il est notre gardien. Il nous conduit vers notre nouvelle naissance. Elle a commencé par notre baptême. Sa résurrection est déjà en nous. Chaque année par la liturgie, il vient nous le rappeler pour nous inviter à la confiance et nous rassurer. Nous le rencontrons dans son Eglise par les sacrements, la méditation des Ecritures, et des frères pour nous accompagner. Il est le bon et le beau berger qui veille toujours à la porte de notre coeur et nous aide dans nos discernements.

« Le Seigneur de la vie nous connaît et éclaire notre cœur de son regard d’amour » dit le pape Léon dans son message. Il nous accompagne dans nos choix et les missions qu’il nous donne, pour nous-même, nos familles, dans la société et l’Eglise. « Toute vocation, dit-il, ne peut que commencer par la conscience et l’expérience d’un Dieu qui est Amour (cf. 1 Jn 4, 16) : Il nous connaît profondément, il a compté les cheveux de notre tête (cf. Mt 10, 30) (et ceux que nous avons déjà perdu) et il a pensé pour chacun un chemin unique de sainteté et de service. »  

Les appels et vocations au service de l’ Eglise, en particulier, le sacerdoce et la vie religieuse sont particulièrement importants aujourd’hui. Nous ne prions pas, seulement aujourd’hui, pour les vocations. Je vous rappelle que le service romand des vocations nous a communiqué que  2026 et 2027 est une année de prière pour les vocations. Je vous laisse consulter leur site. Une vocation naît dans le cœur de la personne. C’est le rôle de la famille et de la communauté de l’accompagner et de l’aider à mûrir. Ne l’oubliez pas. Le réservoir de prêtres s’amenuise. La communauté a besoin de bergers pour célébrer et poursuivre sa marche.

Reine du ciel, réjouis-toi ! Alléluia !


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