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dimanche 14 juin 2026

Appel des douze et envoi en mission

 


14 juin 2026

 11ème dimanche du Temps Ordinaire (semaine III du Psautier) — Année A

 
 

Lectures de la messe


Intro

Le Seigneur envoie ses disciples prêcher pour la première fois. Il les envoie vers les brebis perdues de la maison d’Israël. La question majeure pourrait être celle-ci, sommes-nous des brebis perdues ?  Le Seigneur veut nous rejoindre où que nous soyons.

En juin 2026, nous sommes invités à prier pour les valeurs du sport, le slowup et le foot nous le rappelle. Mais les intéressés ont déjà oublié la soirée d’hier, Bibracte et Alésia connais pas (un match nul c’est Alésia). Juin est avant tout le mois du Sacré-Cœur. Nous fêtions vendredi la solennité du Sacré-Cœur de Jésus et hier c’était le Cœur Immaculé de Marie. Le samedi lui est d’ailleurs habituellement consacré dans la liturgie. C’est la raison pour laquelle Marie est célébrée régulièrement dans les sanctuaires et les communautés le matin de ce jour-là  durant l’année.

Homélie 

Chers frères et sœurs,
Comme vous êtes connaisseurs de qualité des Ecritures, vous avez remarqué que cette péricope est tirée de la première partie de l’Evangile de Matthieu qui compte 28 chapitres. Jésus après son passage au désert a commencé d’enseigner, il guérit les malades, chasse un bon nombre de démons, calme la tempête. Il donne le sermon sur la montagne et enseigne sa prière, le Notre Père. Les foules qui accourent sont immenses… Que fait Jésus ? il envoie en mission ses Apôtres mais avec une sorte de modération. Il ne demande pas à ses disciples de partir au loin.  « Allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d’Israël. » Jésus s’intéresse à ceux qui n’ont pas voulu ou qui n’ont pas pu venir. Il les appelle les brebis perdues de la maison d’Israël. Il n’envoie ses Apôtres ni aux Samaritains, considérés comme des sectaires d’Israël, ni aux païens. Il les envoie un peu à ceux que quelques années en arrière, on appelait la génération « bof »… , les indifférents. Aujourd’hui, nous avons une nouvelle version d’indifférents en programmation; on met en place des machines qui pensent à notre place et  veulent nous conduire là où d’autres voudraient nous faire aller. Nous avons pourtant une différence fondamentale avec les machines.
Le Seigneur vient s’intéresser à nous personnellement et il transforme ses jeunes Apôtres en messagers de proximité. Pourquoi ? Depuis le commencement il est passionné non par des slogans de masse et adressés à des foules. Il est passionné par ceux qui les composent, par des personnes, par des individus. Il s’est d’abord adressé à des personnes : Abraham, Moïse, David. Il aime ce qui est petit. Il a d’abord créé  le tout petit peuple qu’est Israël. Ce qui l’intéresse, c’est la qualité de son rapport à des personnes. Il n’a pas l’intention de faire du chiffre mais de rencontrer chacun sans exclure personne. Cela veut bien dire qu’il veut  rassembler tout le monde par son message. Pour lui chacun de nous est unique. Il va mettre en œuvre ses puissances de calculs et d’appréciations autrement plus puissantes que les nôtre aujourd’hui, pour préserver ce qui pour lui est le plus précieux en nous, notre capacité de voir Dieu et d’aimer. C’est là sa bourse.
Que le Seigneur s’intéresse à des personnes signifie bien qu’elles ont une qualité particulière. Elles ne sont pas simplement belles à regarder ou dignes de participer à un défilé sportif ou de mode. Plus profondément, le Seigneur considère chaque personne comme son ciel. Chacune est belle parce qu’Il  peut s’y refléter et s’y regarder, parce qu’il peut entrer en relations avec elles, non pas superficiellement, mais depuis son intérieur, depuis son coeur. Chacune est pour lui comme une sorte de miroir vivant. Il voit, et se voit, et nous voit, en lui. 
Il n’abandonne jamais la partie. Pourtant il va passer le flambeau à un autre, tant nous avons, non seulement la tête, mais le cœur dur. Il va aller jusqu’à laisser transpercer son coeur. 
Nous pouvons citer l’abbé Maurice Zundel qui est particulièrement apprécié, y compris par moi, pour nous l’expliquer. Il nous rappelle qu’avant sa passion le Seigneur avait dit : «Il est bon que je m’en aille, sinon l’Esprit Saint ne viendra pas à vous.» Aucune parole dit-il ne peut traduire l’échec de Jésus mieux que celle-là. Il a si bien échoué qu’il faut l’Esprit Saint pour que ses disciples découvrent enfin qui il est et j’ajoute : ce qu’il veut.
Israël comme ceux qui se considèrent comme propriétaire de Dieu l’ont limité. Zundel dit : « Ils en ont fait un dieu local, un dieu national, le dieu d’une nation comme si Dieu pouvait se monopoliser et ils ont attendu de Jésus qu’il serve à l’exaltation de cette nation, à la réalisation de ses ambitions. » 
Si nous parlons de petits, nous pensons aussi aux bébés. Ils se croient maître du monde en bout de table et crient très fort à table, ce qui fait rire tout le monde. Nous savons être patient, Dieu aussi avec nous et il veut nous faire grandir, pour être capables de l’accueillir pleinement. Pour annoncer la Bonne Nouvelle notre grand problème est d’essayer de faire comprendre que Dieu est au-dedans de nous. Ceux qui entendaient Jésus n’ont pas compris que le véritable sanctuaire de Dieu, c’est l’homme. Ils n’ont pas compris que le ciel authentique, c’est notre âme. «Le ciel, c’est l’âme du juste», comme dit saint Grégoire. Comment s’y prendre pour que ceux vers qui nous sommes envoyés comprennent ce message ? Comment d’abord le faire nous-mêmes ? Aux disciples les 2/3 restant de l’Evangile seront nécessaires et la venue de l’Esprit-Saint. Il en est ainsi à chaque génération.
Je ne sais pas si vous avez suivi la semaine de notre pape Léon en  Espagne, un mot sur l’amour. L’amour nous est révélé dans l’humanité du Sauveur et dans les mouvements de son Très Saint Cœur: immuable et fidèle même face à l’incompréhension et au rejet, à la peur, à la tristesse et à la résistance humaine (cf. Lc 22, 39-46).
L’amour fait vivre Dieu en nous : La vocation à l’amour, n’est pas fondée sur le calcul, ni sur le simple sentiment, n’est pas réductible à une simple philanthropie, mais  envahit notre être tout entier: feu pour l’âme, lumière pour l’esprit, élan irrésistible pour la liberté, paix et en même temps tourment pour le cœur qui bat à l’unisson avec d’autres cœurs, impliquant toute la personne. Car aimer est inhérent à l’homme, mieux encore, c’est la condition de la plénitude de son existence même. 
Ô Marie Tu es la splendeur qui n'ôte rien à la lumière du Christ, car tu existes en Lui et par Lui. En Toi, tout est « fiat » : tu es l'Immaculée, tu es transparence et plénitude de grâce (S. Jean-Paul II). Amen

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