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lundi 6 avril 2026

Homélie du jour de Pâques

 

5 avr. 2026

 Résurrection du Seigneur — Année A
Solennité


Chers Frères et Sœurs,

Quel a été le désarroi de Marie-Madeleine devant le tombeau vide. Saint Jean nous dit qu’elle courut toute émue annoncé à Pierre et à Jean qu’on avait enlevé et la pierre devant le tombeau et le Seigneur. « Nous ne savons pas où ils l’ont mis. » Elle n’était donc pas seule. Les autres Evangiles ont retenu des versions différentes dans les détails. Ils mentionnent les noms de trois d’entre elles, Marie de Magdala, Marie mère de Jacques et Salomé. Marie de Magdala était là lors de la mise au tombeau et avait bien regardé où l’on avait mis Jésus. Elle était un témoin fiable de la mort et de la mise au tombeau du Seigneur. Puis interviennent des anges Jean en mentionne deux qui apparaissent à Marie-Madeleine après la constatation de Pierre et la sienne ; puis c’est le Seigneur qui l’envoie annoncer la Bonne Nouvelle. Elle est reprise par la séquence, ce très ancien poème chanté après la 2ème lecture : Nous lui demandons : « Dis-nous, Marie Madeleine, qu’as-tu vu en chemin ? » Elle nous répond : « J’ai vu le sépulcre du Christ vivant, j’ai vu la gloire du Ressuscité. J’ai vu les anges ses témoins, le suaire et les vêtements. Le Christ, mon espérance, est ressuscité ! Il vous précédera en Galilée. »

Pierre ne dit pas qu’il ne croit pas, il ne voit pas d’ange ; mais Jean qui courrait plus vite que le vieux Pierre insiste sur ce fait : Il vit et il cru ! Manifestement, il veut mettre en avant l’importance de la foi devant le tombeau vide. Mais nous ne pouvons mettre en cause la nécessité du témoignage des premiers disciples qui avaient besoin d’être réconfortés et relevés. Qui a vécu un deuil, mesure la douleur provoquée par un départ et le temps très long parfois pour se reconstruire. Les premiers messagers de la Bonne Nouvelle sont des anges, mais que de difficultés pour les disciples de croire sans avoir vu. Bienheureux ceux qui croient sans avoir vu dira le Seigneur à Thomas. Le message de saint Jean nous est adressé : la foi nous permet d’adhérer au mystère du Christ et d’en vivre, de vivre de sa vie.  Pour les disciples et l’apôtre des Apôtres, Marie-Madeleine, il s’agit de porter un témoignage et non de partager un sentiment ou une impression subjective profonde.

Le Jura Pastoral vous propose cette année un témoignage de votre  foi en la Résurrection de Jésus sous la forme d’une icône. S’agit-il d’une icône de la résurrection ? Au lieu de dire oui ou non, prenons l’option de dire que c’est un oui plus. Il s’agit formellement de l’Anastasis en grec du relèvement après la descente du Christ aux enfers. Après la mort physique de Jésus , son âme est descendue jusqu’au plus profond de l’abandon spirituel que peut ressentir celui qui n’est plus en communion avec Dieu et qui se perçoit en état de séparation avec Lui. Avec le Seigneur, nous ne sommes jamais seul, il demeure avec nous. Il va jusqu’au racine de la séparation entre l’homme et Dieu, et il nous relève. La mort ne peut pas le retenir. Il entraîne Adam et Eve avec lui. La résurrection a commencé. L’état du Samedi Saint a été exploré spirituellement par Adrienne von Speyer et Hans Urs von Balthasar le grand théologien suisse du 20ème siècle. Il est bon de nous rappeler qu’en Suisse nous avons eu d’importantes figures de maîtres dans la vie spirituelle. Le Christ porte habituellement un vêtement blanc qui signifie sa victoire sur la mort et un manteau doré. Il saisit Adam par une main pour le tirer. Eve est suppliante à côté de lui. Ici il ne touche aucun des deux. J’apprécie particulièrement sur ce thème, une représentation d’une petite église en Turquie, celle du Saint-Sauveur in Chora de l’ancienne Constantinople. Il les prend chacun par une main pour les faire remonter vers la vie et leur rendre la communion avec Dieu. Un passage de l’Evangile de Matthieu après la mort de Jésus est énigmatique. Il dit ceci : 27,52 Les tombeaux s’ouvrirent ; les corps de nombreux saints qui étaient morts ressuscitèrent, 53 et, sortant des tombeaux après la résurrection de Jésus, ils entrèrent dans la Ville sainte, et se montrèrent à un grand nombre de gens.  La question est intéressante pour ceux qui aiment des recherches sur le sujet. Les Pères de l’Eglise méditent sur lui. De quelle résurrection s’agit-il ?

Une question pour aujourd’hui : quel sens a pour nous la résurrection ? Son idée même paraît se dissoudre fréquemment dans une sorte d’indifférence savante et d’une auto-suffisance tranquille, avec un sourire amusé et narquois, avec en plus un fond d’orientalisme. Elle est affublée d’une étiquette de non-scientifique, de superstition, de naïveté. Nous pourrions commencer par nous demander si nous n’aurions pas envie de vivre toujours, dans un monde enfin pacifié avec l’amour partout et pour toujours, de connaître clairement le sens de ce que nous vivons avec notre corps ? Quelle est la réalité qui se trouve derrière ce que nous percevons par nos sens ? Nous pouvons en approcher par des concepts, mais pas au-delà. Est-ce qu’il ne serait pas opportun de nous interroger sur ce « Lui avec nous », avant que notre corps ne commence à ralentir ? Le Seigneur est venu nous dire qu’il veut nous rencontrer et commencer de partager sa vie avec nous dès maintenant.  Au final, il ne s’agit pas simplement de jouer des prolongations, mais de vivre ave Lui. Nous vivons aujourd’hui déjà de La Résurrection du Christ qui nous habite par le baptême. Il nous demande d’en témoigner chaque jour. « Le Christ, mon espérance, est ressuscité ! ».

Reine du ciel, réjouis-toi, alleluia. Car celui qu’il te fut donné de porter, alleluia. Est ressuscité comme il l’avait dit, alleluia. Prie Dieu pour nous, alleluia.  



https://fr.wikipedia.org/wiki/Saint-Sauveur-in-Chora

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