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dimanche 27 septembre 2026

« S’étant repenti, il y alla »

 



27 sept. 2026

26ème dimanche du Temps Ordinaire (semaine II du Psautier) — Année A

 
Lectures de la messe
Chers Frères et Sœurs, bonjour à tous, bonjour à toutes. Je crois que ce matin, nous ne pouvons qu’être marqués par la visite pastorale du Pape Léon en France. Nous sommes tous un peu à Paris, à Lourdes et jusque chez Robert Schumann. Nous apprenons à le connaître avec son style. Pour les jeunes de cœur, il faut encore se familiariser avec ce quasi-contemporain d’Outre-Atlantique. J’ai été touché par un autre américain qui a été béatifié cette semaine, le très médiatique Mgr Fulton Sheen, aussi connu que Billy Graham. Le miracle retenu était le retour à la vie d’un bébé mort-né. Il nous apprend aussi que la vie en Eglise n’est pas qu’un long fleuve tranquille. Sa vie met en lumière les courses aux places et les jalousies qui peuvent se produire aussi en Eglise, tout en haut dans la hiérarchie. Les Etats-Unis ne sont heureusement pas qu’une présidence problématique, il y a des saints et ils nous ont donné le pape Léon.

Salutation liturgique

Nous célébrons le 26ème dimanche du temps ordinaire en ce 27 septembre. Nous avons pu fêter le jour de l’arrivée en France de saint Nicolas de Flüe qui par son jeûne nous rappelle que Dieu est au-dedans de nous, que nous avons à l’aimer par dessus tout. Il est tout amour et cet amour dépasse pour nous tout ce que nous pouvons imaginer. Il est source de vie.

Le Seigneur dans les lectures d’aujourd’hui nous dira ce qu’est pour lui un bon vigneron dans sa vigne.

Homélie

Chers Frères et Sœurs,

Quel récapitulatif et quelle mise en garde pour nous aussi que cet Evangile.

Si nous tenons compte du contexte, ce que dit le Seigneur paraît extrêmement grave pour tous ceux qui ne veulent pas le recevoir et l’accueillir, mais aussi pour lui dans un autre sens. Il vient donner sa vie pour nous. Notre Evangile appartient au chapitre 26 de Matthieu qui commence par nous rappeler l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem avec les rameaux… Il entre sur un petit âne dans la ville, et va jusqu’au temple. Il est le nouveau roi, le messie qui vient libérer son peuple, selon la conception humaine de l’attente de tout le Peuple. Nous rappelons les pèlerins d’Emmaüs.Tous ceux qui sont en place sentent leur pouvoir vaciller. Sont-ils les seuls concernés ? Nous sommes tous un peu avec les années des sortes de grands-prêtres et d’anciens avec des certitudes, nos crispations, nos expériences de vie.

Une lecture simple peut être faite de cette entrée à Jérusalem et de ses conséquences. Dieu vient à la rencontre de son Peuple dans l’humilité, il vient parler au cœur, il vient guérir les cœurs de ceux qui se laissent toucher par sa parole. J’ai demandé la seconde lecture au complet, par ce qu’il contient l’hymne aux Philippiens qui nous décrit de manière synthétique le mystère du Christ. Devenant homme il ne retient pas le rang qui l’égalait à Dieu. Ceux qu’il reprend ne pouvaient pas concevoir l’idée même de Dieu au-delà de tout, qui s’humilie et vient les rejoindre, en offrant son pardon. Ils se considéraient justes, parce que parfaits observants de pratiques extérieures. Au nom de cette justice-là et de privilèges, ils ont rejeté Jésus qui venait mettre en danger leur position et surtout leurs forteresses intérieures. Les gens criaient Hosannah ô fils de David, mais le Seigneur vient sans armée. Au final cependant, toute langue proclamera : « Jésus Christ est Seigneur » à la gloire de Dieu le Père.

Jésus essaye dans sa parabole de faire réagir les détenteurs de l’autorité religieuse et d’éclairer. Travailler à sa vigne qu’est-ce que cela veut dire ? Nous avons deux éléments qui sont interdépendants : annoncer la Bonne Nouvelle, mais surtout et d’abord, établir un contact intérieur avec le Seigneur, le laisser nous soigner et guérir en nous ce qui doit l’être. Annoncer la Bonne Nouvelle est une bonne chose, mais elle doit passer par ce que nous vivons avec Lui et en communion avec Lui. Il veut grandir en nous et créer une relation de communion entre tous. «Dans le Christ, on se réconforte les uns les autres, on s’encourage avec amour, on est en communion dans l’Esprit, on a de la tendresse et de la compassion, les mêmes dispositions, le même amour, l’unité passe par l’humilité. » Nous avons assez d’exemples de statues aux pieds d’argile ou rouillés. Parfois cela fait tellement de bien d’en voir une s’écrouler que nous en oublions nos propres fragilités. Comme il est bon de se complaire dans la tranquillité de ses habitudes et de ses certitudes sur fond de musique douce. Il existe une maladie psychologique au nom curieux de syllogomanie ou syndrome de Diogène. Elle fait accumuler de manière compulsive certaines choses et nous guette plus souvent qu’on ne pense. Heureusement l’informatique permet de conserver beaucoup en téraoctets jusqu’à la panne. En matière spirituelle, c’est aussi une habitude de conserver de vieux trucs en oubliant le principal à la cave ou au congélateur : les sacrements, l’amour de Dieu et du prochain qui passe par les commandements. Si vous aimez les mots compliqués la syllogomanie a une compagne, la procrastination. On repousse tout au lendemain ou à plus tard. Même un bon vin finit par tourner… Tout le monde a ri en entendant hier le pape Léon mentionner Saint Augustin à la catho. Jusqu’à son baptême, il avait mis le temps qu’il fallait depuis son catéchuménat d’enfance, puis avec Ambroise de Milan jusqu’à 33 ans. Augustin s’est rattrapé. Il vécut 76 ans et nous laissa 33 volumes qui nous sont parvenus. Travailler à la vigne du Seigneur, cela s’apprend en se mettant à son école du cœur avant tout.

Des vignerons il en faut au Seigneur et nous le devenons par étapes. J’ai retenu une phrase citée par Mgr Laurent Ulrich à Paris : « une nouvelle génération, c’est un continent nouveau à évangéliser. »

Les anciens ont leur rôle à jouer pour la mission. Même avec le temps, les nouvelles technologies, les manières d’apprendre et de communiquer, demeure tout de même le langage du coeur. Continuons donc tous, même parfois en râlant, en disant non temporairement, à répondre à l’appel du Christ. Il nous encourage. Notre avenir appartient au Seigneur. Le pape Léon a prononcé beaucoup de discours et d’homélie qui nous concernent aussi, relisez-les, elles sont à portées de téléphones ou de souris. Je termine avec une petite phrase : « le bien donne la vie, il ne l’enlève jamais. Le bien prend soin, il ne prend pas pour lui-même. Le bien n’est pas un beau concept, mais le visage rayonnant de l’amour : il est Dieu en personne ! » Notre-Dame de Lourdes, toi l’Immaculée prie pour nous. Amen.

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